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40 Days for Life : “Libération” en parle…

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Kathy Forck devant l’avortoir de Columbia (Missouri) avec ses deux pancartes : « Marie, je vous en prie, mettez un terme à Planned Parenthood » et « On ne peut pas être à la fois catholique et pour l’avortement » (pancarte de l’American Life League). Photo : © Julie Mjerczak (Libération)

Et en termes “objectifs” s’il vous plaît… Pas dans son édition “papier” évidemment (faut quand même pas exagérer…), mais dans l’un des blogues que son site web héberge. Il s’agit de celui de la journaliste Julie Mjerczak qui travaillait à Bruxelles pour suivre l’actualité européenne pour ce quotidien, et a pris un congé sabbatique de quatre mois qu’elle passe dans le Missouri où elle a repris la plume pour suivre la vie du Midwest en cette période électorale. Sous le titre « Il faut être trois pour faire une enfant », elle a publié le 25 octobre un reportage centré sur une militante catholique pro-vie, Kathy Forck, qui dirige avec son époux la vigile locale de Columbia des 40 Days for Life. Très sincèrement, cela se laisse lire… Jugez-en vous-mêmes.

Quatre fois par semaine, Kathy Forck vient prier à Columbia. De 14 h à 18 h, devant le centre du planning familial [Planned Parenthood] de la ville, elle prie « pour la vie » et pour qu’on « arrête de tuer des bébés ». Kathy a 63 ans, quatre enfants, bientôt six petits-enfants et, depuis 2009, elle consacre presque tout son temps à la cause « pro-life ». Kathy a toujours été une catholique fervente. Un héritage familial. Mais c’est il y a trois ans seulement qu’elle a entendu « l’appel de dieu ». Depuis, elle dirige avec son mari le mouvement « 40 Days for Life » de Columbia qui rassemble autour de 300 personnes. Kathy a la voix douce. Elle parle sans colère ni violence. « Je n’ai que de la compassion pour les femmes qui avortent », dit-elle. Mais ses certitudes sont inébranlables. « Il faut être trois pour faire un enfant : une mère, un père et Dieu », avance-t-elle posément comme une évidence. « Et quand il dit oui, il y a une raison. Dieu a un projet pour chacun d’entre nous », poursuit-elle. Aucune exception ne peut se justifier. Ni l’inceste, ni le viol. « On ne tue pas les enfants d’un meurtrier, pourquoi tuer ceux d’un violeur ? ».

J’ai rencontré Kathy lors de la tournée en bus de Todd Akin, le candidat républicain du Missouri au Sénat (celui qui a fait scandale en déclarant que les femmes victimes d’un véritable viol ne tombaient pas enceintes). Elle était devant la permanence du parti avec ses pancartes anti-avortement. Mardi dernier, je suis allée la voir en action. Sur le trottoir étroit de Providence Road, debout ou assise sur une chaise pliante, parfois agenouillée, dans le brouhaha du flux incessant de voitures, la Bible à la main ou brandissant une pancarte, elle prie pour la fin de l’avortement et propose son aide aux femmes qui se rendent au planning familial. « On n’est pas là pour les maudire, mais pour leur venir en aide. On leur dit : s’il vous plaît, laissez-nous vous aider avec votre bébé ». Cela va du réconfort jusqu’à la prise en charge dans des maisons d’accueil.

Kathy met 40 minutes en voiture pour venir jusqu’au planning familial [Planned Parenthood] de Providence Road. Dans le Missouri, c’est le seul endroit avec l’antenne de Saint-Louis qui pratiquent toujours les IVG chirurgicaux. Et encore pas tout le temps. Faute de médecin, le centre de Columbia est régulièrement contraint de suspendre ses interventions. C’est d’ailleurs le cas en ce moment.

Kathy est aussi contre la contraception. Parce que rien ne doit faire obstacle à la vie et à la volonté divine, mais aussi parce que cela dévalue la femme et fait d’elle « un objet sexuel ». Kathy est tombée dans « le piège ». Avec son premier mari. « Il ne me respectait pas. Tout tournait autour du sexe ». Elle a fini par divorcer en 1995. « Il m’a trompée, il a abusé de moi et il buvait. La contraception mène au désastre de tellement de mariages »

Le 6 novembre, Kathy votera bien sûr pour le candidat républicain Todd Akin. Comme elle le souligne, « il est aux côtés des pro-life depuis toujours ». Et pour Romney ? « Oui, sans hésiter », dit-elle. La liste des convertis est suffisamment longue pour qu’elle ne s’indigne pas de ses valses-hésitations. Elle cite Reagan qui était pro-choice [pro choice, pour l’avortement] avant d’être pro-life [pro-vie]. Elle pense que Romney finira par trouver le bon chemin. Pas comme Obama « qui n’a rien fait pendant quatre ans, à part tuer des bébés », se désole-t-elle en faisant référence à l’augmentation de la subvention fédérale au planning familial [Planned Parenthood]. « On ne peut pas continuer comme ça ! ». 

 

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