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Cristeros ! Un entretien avec le distributeur

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Hubert de TorcyÀ la veille de la sortie en salles du film américano-mexicain CristerosCristiada dans la version mexicaine et For Greater Glory dans l’états-unienne, j’ai interrogé celui qui a rendu possible cette sorte de “miracle” : Hubert de Torcy.

Membre de la Communauté de l’Émmanuel, Hubert de Torcy est le directeur de la rédaction du mensuel L’1visible et le patron de la maison de production vidéo SAJE.

Pour savoir où pouvoir découvrir sur les écrans français ce film exceptionnel : c’est par ici !

1. Comment et quand avez-vous été sensibilisé au film américano-mexicain Cristiada/For Greater Glory ?

J’ai découvert la bande-annonce du film sur internet comme beaucoup de monde (peut-être grâce à vous d’ailleurs), lors de sa sortie aux États-Unis il y a deux ans. Et depuis, je guettais son arrivée en France en scrutant Allociné régulièrement. Et systématiquement, le site annonçait comme date de sortie : « Prochainement », ce qui, je l’ai compris depuis, n’est pas très bon signe, surtout quand il n’y a pas de nom indiqué sur la ligne « Distributeur ».

2. Qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans la distribution en France de ce film ?

Tout simplement le fait qu’apparemment aucun distributeur du marché ne s’intéressait à ce film. Mais ce n’est pas le seul film qui soit dans ce cas. Il y a bien d’autres films chrétiens, produits à l’étranger, en Italie, en Espagne, aux États-Unis, au Mexique notamment, qui ne verront jamais le jour en France si personne ne s’en occupe. Ce n’est d’ailleurs à mon sens pas le résultat d’un supposé complot ou d’une censure anonyme, comme certains croient pouvoir l’expliquer sur des blogs ici ou là – je vois d’ailleurs très mal comment quiconque pourrait vouloir censurer un film en France quand on voit combien le marché de la distribution audiovisuelle est atomisé. Je pense que d’un côté, on a des producteurs étrangers pour qui souvent c’est une première expérience et qui ne sont pas nécessairement dans des circuits et des modes de distribution très conventionnels. Ils ont donc du mal à atteindre les distributeurs locaux. Je pense aussi que de l’autre côté, on a des distributeurs qui sont mal à l’aise avec ces films engagés, qui pour prendre à jargon à la mode, sont des « films de niche », mais pour lesquels ils n’ont pas nécessairement accès à la « niche » en question (les réseaux et les médias cathos).

3. Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées ?

Remonter jusqu’au producteur pour récupérer les droits n’a pas été chose facile. Cela n’a été possible que grâce à deux membres de notre équipe qui sont parvenus à le rencontrer à Rome et à le convaincre de nous céder les droits, alors que nous n’étions pas des professionnels de la distribution audiovisuelle.

5. Le producteur du film a-t-il été surpris ou touchés de votre initiative ?

Une fois que le contact a été établi, le contact est vraiment très bien passé. C’est un homme exceptionnel qui a une foi profonde et qui veut proposer un cinéma de qualité, porteur d’un authentique message chrétien, et susceptible de rejoindre un large public. Il sortait d’une expérience douloureuse de distribution en Espagne, par la Fox, qui lui avait fait payer un montant considérable pour sortir le film en achetant beaucoup d’espace publicitaire. La Fox a en réalité opéré comme elle fait d’ordinaire pour un « blockbuster » classique. Mais le public catholique n’était pas au rendez-vous la première semaine car il n’avait pas été alerté via ses propres réseaux. Les résultats en première semaine ont été si mauvais qu’il n’est pas resté plus d’une semaine à l’affiche. Suite à cette expérience, le producteur était convaincu qu’il fallait pour la France passer, non pas par des professionnels expérimentés, mais par des personnes motivées capables d’alerter le public catho sur ce très beau film.

6. SAJE Distribution a-t-elle été créée pour cette opération ?

SAJE existait déjà comme société de production audiovisuelle. Nous avions déjà réalisé un certain nombre de clips vidéos, de documentaires ainsi qu’une fiction (la mini-série humoristique Le Cathologue) – voir notre site. Donc nous n’avons fait que créer une nouvelle branche, que nous avons appelée SAJE Distribution. Et bien entendu, si ce premier film marche, nous avons bien l’intention de continuer l’aventure.

8. Assurément, le XXe siècle fut un siècle de persécutions inouïes et sans précédent contre les chrétiens : le martyre des Cristeros y prend sa douloureuse place. Selon vous, en quoi le rappel de la persécution dont ils furent les victimes, est-il utile aujourd’hui ?

Il est utile à bien des égards. Tout d’abord parce que le témoignage des saints est toujours un profond stimulant pour la Foi. Ensuite parce que ces persécutions qu’ont connues les Cristeros il y a moins de 100 ans, se poursuivent encore malheureusement aujourd’hui dans bien des endroits sur cette planète. Et ce film a le mérite de nous amener à nous poser cette question, me semble-t-il : en pareille situation, quel choix serait le mien ? Celui de la non-violence ? Celui des armes ? Existe-t-il une guerre qui soit juste et si oui, quelles en sont les conditions ? Ces questions traversent tout le film et de nombreuses réponses très différentes y sont apportées. À chacun de se poser la question.

 

4 comments

  1. Jamet

    Ca serait trop de demander aux catholiques de se respecter eux-mêmes et de s’appeler catholiques et non « catho » (cette vulgarité langagière!), ou bien ont-ils honte de leur nom !

  2. alix

    @Jamet
    Je pense qu’il y a des moments où il convient d’appeler Paris Paris et d’autres la capitale de la France, voire Paname. Vous n’aimez pas ‘catho’ : soit. Mais ce terme décontracté peut, en certains lieux et certaines circonstances, disposer efficacement ceux qu’on a en face de soi, quand catholique ferait pompeux ou poussiéreux. A l’ ENS autrefois, on appelait ‘talas’ ceux qui allaient ‘t à la’ messe, un terme que les concernés se sont vite appropriés, avec un brin d’autodérision et d’esprit de fronde. Pas de honte, n’ayez crainte!
    Pour ma part, je me désigne tantôt comme catholique et tantôt comme chrétienne, selon que je sens l’un ou l’autre plus approprié.

  3. Alain Vignes

    J’ai vu ce film, car j’habite en Espagne, c’est vrai que nous avons été surtout avertis par les réseaux chrétiens,bien que j’ai vu des affiches mais effectivement il n’est restéque très peu de temps dans les salles……
    Je me réjouis qu’il soit distribué en France car c’est un film très émouvant qui se comprend très bien quand on sait que TOUS les présidents mexicains du PRI (parti révolutionnaire institutionnel -majoritaire) TOUS ont été franc-maçons !!!!!,

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