Le débat sur Amoris Lætitiæ n’est pas clos…

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S’adressant, le 9 décembre dernier, aux prêtres de son diocèse en proie à la confusion et aux interrogations sur Amoris Lætita, Mgr James Conley, évêque de Lincoln (Nebraska), leur a précisé que le débat sur l’exhortation apostolique n’était pas clos…

« Amoris Lætitia continuera à être discutée entre les évêques de l’Église et avec le pape, afin d’apporter clarté et compréhension sur des questions difficiles. Je comprends qu’un désaccord dans l’Église puisse être source de découragement. L’histoire de l’Église comporte de grandes disputes théologiques : elles ont été source de division mais, à la finale, elles ont conduit à la clarté et au renouveau […] L’Église est l’épouse du Christ, et elle est protégée et guidée par le Saint Esprit […] Nous pouvons avoir confiance que la grâce permanente de Dieu nous conduira, comme ce fut le cas dans bien des moments de difficulté ou de désaccord dans l’histoire de l’Église. Les leçons qu’il faut tirer de l’histoire, c’est que nous ne devons pas éprouver de désarroi ou d’anxiété face au défis de notre temps ».

4 comments

  1. Courivaud

    Non seulement, le débat n’est pas clos….mais il ne fait que commencer « dans le grand public » puisque les « Dubia » ont été diffusées largement. Cette fois, il revient aux catholiques « du rang » de se manifester par les moyens convenables pour appuyer ces cardinaux, théologiens et chercheurs dans leur volonté de restaurer le Magistère infaillible…. et la fonction du pape, garant de ce Magistère.

    La situation est grave, mais pour l’instant, les initiatives ne se coordonnent pas parmi les fidèles ne serait-ce que pour s’informer de cette crise qui, si elle n’est pas résolue, peut aboutir à la disparition accélérée de l’Eglise catholique en tant qu’institution visible dans le monde de ce temps et à l’arrivée « d’un peu plus d’enfer » sur la terre…..

    Il y a urgence à s’unir sur un plan concret, il me semble.

    Pour ceux qui lisent l’anglais et qui veulent en savoir plus sur l’aspect théologique de cette crise, il est possible d’accéder au site de « Latin Mass Society » (Rorate Caeli… à la bonne date liturgique !) pour y lire un commentaire réalisé par John Lamont, professeur honoraire de philosophe de la religion, à l’Université catholique d’Australie (Brisbane dans le Queensland).

    Voici le lien de cet article (« Considerations on the dubia of the four cardinals ») :

    http://rorate-caeli.blogspot.com/2016/12/article-considerations-on-dubia-of-four.html

  2. Jean-Baptiste

    De quelque côté qu’on se tourne, on ne peut rien trouver qui puisse justifier le discours d’Amoris laetitia et encore moins ses conséquences dans certains diocèses, et au contraire, la situation qui découle de tout cela apparait de la gravité la plus extrême.
    Pour résumer la situation, il apparait que les préconisations (implicites mais évidentes ) d’Amoris laetitia étant raisonnablement incompatibles avec le respect du dépôt de la foi qu’il a charge de préserver et qu’il prétend préserver, le pape François est conduit à piétiner la raison par la négation des principes d’identité et de non contradiction qui sont les lois naturelles de notre intelligence. C’est pourquoi avec Amoris laetitia, qui promeut un effondrement de tout – car qu’est-ce que l’homme sans la raison que le créateur a déposée en lui et qui contribue à faire de lui un être à Son image, en même temps que sans la lumière de la Révélation, impossible à entendre sans l’intervention de la raison ? –L’Église entre dans la nuit.

    De cette nuit, la manière inqualifiable dont le pape François et ses proches ont cru pouvoir accueillir les Doubias des quatre cardinaux dont le cardinal Burke, et le faible nombre des soutiens que ces derniers ont reçu de la part de leurs pairs cardinaux(un seul pour l’instant) ainsi que des évêques ( trois seulement de ces derniers ont exprimé leur soutien) offrent déjà une tragique illustration. De fait, l’accueil qui leur a été fait n’est pas acceptable.
    En effet, c’est avec une parfaite courtoisie, en même temps qu’avec une parfaite clarté, qu’ils ont exprimé leurs doutes. Et à partir du moment où ils avaient ces doutes, ils avaient bel et bien le droit et même le devoir de les exprimer, y compris, si besoin était, publiquement. Voir à ce sujet Thomas d’Aquin : « S’il y avait danger pour la foi, les supérieurs devraient être repris par les inférieurs, même en public » ( Secunda secundae, question 34,article 4). L’absence de réponse sur le fond n’est pas acceptable. Mais il est vrai qu’il n’y en a pas!
    Mais plus encore, il y a même quelque chose d’inqualifiable dans les insultes proférées par des proches du pape, qui ont déclaré que les quatre cardinaux avaient un état d’esprit mauvais et avaient besoin de « se convertir dans leur vie ». Qu’attendent-ils ? Une confession publique, comme dans les pays dominés par des idéologies totalitaires ? Pour aller au bout de notre pensée à ce sujet, on ne fait que trouver là la concrétisation d’un enchainement redoutable, à savoir que lorsqu’on prend ses distances par rapport à la raison, on entre dans l’arbitraire, et si l’on exerce un pouvoir, dans la tyrannie.

    • Courivaud

      Merci, cher Monsieur, pour votre éclairage qui nous aidera à la patience – et à l’offrir comme il convient – dans cette nuit qui, en fait, a commencé depuis plusieurs décennies, lorsque le principe d’autorité a été remis en cause au sein de l’Eglise catholique.

      Nous sommes dans cette nuit d’épreuve, et il faut le soutien dans la prière, donné par toutes les composantes de l’Eglise à travers le monde, et dans l’appui à donner à ces cardinaux et ces théologiens courageux qui doivent prendre une décision lourde de conséquences, si le pape François 1er persistait dans l’erreur.

      … et nous ne devons pas rester dans cette nuit. Saint Paul écrit avec pertinence que cette nuit se termine et déjà le jour approche. Cela nous sera rappelé dans quelques jours. Et prenons des forces dans la prière et les sacrements (les vrais, ceux qui sont dispensés « ‘en état de grâce ») pour sortir de cette nuit, aussi courageusement que ces cardinaux et ces théologiens.

  3. Jean-Baptiste

    A Courivaud

    Merci de l’appui de votre second post.

    Je m’avise d’ailleurs que j’aurais dû moi-même appuyer votre premier post avec lequel je suis absolument d’accord, et quant à l’appréciation que vous portez de gravité extrême de la situation , et quant à l’urgence que vous évoquez de s’unir sur un plan concret. Totalement d’accord, il faut qu’assez vite maintenant les choses s’organisent pratiquement, car non seulement il faut prier, mais il faut agir.

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