Aumônier militaire et collectionneur de “zucchetto” des papes

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L’abbé Kevin Peek est un jeune prêtre de l’archidiocèse d’Atlanta (Géorgie), ordonné en 1998, qui, tout récemment, encore était aumônier militaire en Afghanistan et se trouve actuellement en cantonnement au Fort Carson dans le Colorado, un camp militaire qui héberge, notamment, la 4ème Division d’Infanterie.
Ce prêtre possède une particularité, celle d’avoir une modeste mais très chère collection de zucchetti, c’est-à-dire de calottes, portées par des papes ! En fait, il n’en possède que trois qu’il a religieusement, si je puis dire, installées dans une petite vitrine qu’il a lui même fabriquée.
Comment se les est-il procurées ? C’est toute une histoire…

Une substitution de zucchetto…

Aucun de mes lecteurs n’ignore qu’il y a, à Rome, un célèbre magasin de vêtements ecclésiastiques : la maison Gammarelli, fournisseur des papes depuis 1798. Ce que vous pourriez ignorer – et que j’ignorais moi-même –, c’est que contre un modeste billet de 50 € vous pouvez y acheter une zucchetto blanche du même modèle que celles qu’utilise le pape régnant. Ce que vous ignorez certainement – en tout cas je n’en savais rien moi-même –, c’est qu’il est une coutume pour le pape régnant de porter, ne serait-ce que quelques minutes, la zucchetto qu’un visiteur peut lui présenter. Toute la question étant de pouvoir approcher le Pape et pour cela il faut quand même un peu de culot. L’abbé Peek n’en est pas dépourvu !
La première zucchetto qui est entrée dans sa collection a été portée par le bienheureux Jean-Paul II. Il l’obtint en 1996 alors qu’il était encore séminariste et que son année de séminaire était en pèlerinage à Rome pour assister à la Messe privée du pape et être reçu en audience. Alors que les séminaristes visitaient Rome, notre abbé faisait l’emplette d’une zucchetto chez Gammarelli ! Après la Messe privée, le pape vint saluer tous les séminaristes américains et quand il arriva à la auteur de l’abbé Peek ce dernier lui montra la zucchetto achetée que le pape substitua à la sienne puis, quand il eut fini de saluer la délégation, le pape remit sa zucchetto et rendit celle que s’était procurée l’abbé Peek. Le tour était joué !
La deuxième fut portée par Benoît XVI. L’histoire se déroulé dix ans plus tard mais là, l’abbé Peek dut franchir des barrières lors d’une audience générale et réussit à se trouver près de la papamobile alors que le Souverain Pontife y montait. On en sait trop comment il fit, mais l’abbé Peek réussit à attirer l’attention de Benoît XVI et lui tendit la zucchetto qu’il avait achetée. Le pape la lui prit, s’en couvrit la tête et lui offrit la sienne propre à l’étonnement de tous les présents ! Et de deux.
La troisième lui fut offerte par un prêtre âgé de l’archidiocèse d’Atlanta, qui possédait une zucchetto du vénérable Pie XII mais ne savait trop ce qu’elle deviendrait à sa mort et qui pourrait bien y trouver de l’intérêt. Ayant appris qu’un jeune prêtre de son archidiocèse avait commencé une collection de zucchetto, il lui fit parvenir sa précieuse relique sous une simple enveloppe en papier kraft ! Jamais deux sans trois !

 

L'abbé Peek collectionne-t-il aussi les barettes (bireta) ? Ici, en tenue très “classique” de prêtre catholique lors d'une remise de diplômes dans un établissement d'études supérieures d'Atlanta, dont il fut l'aumônier

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