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Kerouac, Lennon et Marley ne furent pas ceux que les médias de la contreculture nous décrivent

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Le blogue The American Catholic, qui traite « de politique et de culture d’un point de vue catholique », a publié hier dimanche un intéressant article de David J. Hartline, auteur en octobre d’un essai The Catholic Tide Continues to Turn (le courant catholique continue à s’inverser) qui en complète un autre, du même auteur, publié voici six ans The Tide is Turning Toward Catholicism (le courant s’inverse pour le catholicisme). Hartline nous apporte des réflexions intéressantes – et je dois le dire qui sont de véritables découvertes pour moi – sur la fin de vie de trois figures particulièrement emblématiques de ce qu’ont été les cultures beat, rock et rasta, nommément : Jack Kerouac, John Lennon et Bob Marley

« À la fin des années 1960, alors que trop de gens laissaient tomber Dieu et brûlaient des drapeaux américains, Jack Kerouac avait renoué avec sa foi catholique et se rendait à des manifestations antiaméricaines dans le seul but d’empêcher qu’on brûle des drapeaux. Kerouac ne se gênait pas pour dire à tous ceux qui voulaient bien l’écouter que les comportements sexuels qui avaient été largement promus dans de nombreux secteurs provoqueraient l’effondrement du pays. Il confia qu’il s’était livré à peu près à toutes les formes imaginables de comportements sexuels et que cela l’avait laissé vide et tout proche de l’abîme émotionnel. Alors que trop d’intellectuels catholiques d’alors embrassaient les vues de certains théologiens qui eux-mêmes embrassaient franchement l’hérésie, Kerouac lui embrassa une conception très traditionnelle de la foi. Sa citation est célèbre : « Je ne veux pas qu’on me considère comme un poète beat, je veux qu’on me considère comme un catholique ».

La révélation en a été faite voici peu d’années. Que John Lennon se soit plaint de ne pouvoir voter pour Ronald Reagan en 1980 (car il était citoyen britannique) semble en avoir choqué plus d’un et cela fut vite enterré par la grosse presse. Pourtant, des années auparavant, d’autres informations avaient fait surface : John Lennon avait passé les toutes dernières années de sa vie à lire des livres religieux et à regarder des programmes religieux à la télévision. Il semble que la diffusion à la télévision en 1977 du Jésus de Nazareth [de Franco Zeffirelli] ait eu une énorme influence sur l’ancien Beatle. L’ancien secrétaire particulier de Lennon a raconté une discussion houleuse entre son père, qui était socialiste, et Lennon. Lennon lui asséna qu’un gouvernement tentaculaire cela ne marchait pas et que la clef du bonheur c’était la foi pas le gouvernement.

Bob Marley fut adulé par les adeptes de la culture de la drogue et de la contre-culture en général, pour avoir été adepte de l’usage de la drogue et du mouvement Rastafari. Ce qui est intéressant, c’est que Marley a lui-même fait savoir à la fin de sa vie qu’il n’était adepte ni de l’un ni de l’autre. Marley a vécu ses derniers jours en adepte de la religion traditionnelle de l’Église orthodoxe éthiopienne, assistant à la divine Liturgie et prenant part aux dévotions religieuses. »

Intéressant, n’est-il pas ?

5 comments

      • Majeur

        Je ne pensais pas à « Dharma Bums » publié en 1958, mais à « Dharma » écrit entre 1953 et 1956 et publié plus de 20 ans après la mort de Kerouac, qui est « une exploration des textes canoniques du bouddhisme » comme l’indique le prière d’insérer.

        Les deux textes sont proches dans le temps et cela en effet ne prive pas son auteur de pouvoir être par la suite touché par le Christ.

  1. Pierre Le Morvan

    Et moi, ma mémoire est bonne, j’avais lu en 1970 : « En fait, je ne suis pas un beat mais un mystique catholique, étrange, solitaire et fou ».

  2. C’est à la page 143 de One and Only – The untold story of On The Road (Gerald Nicosia & Anne Marie Santos – Viva Editions) ) qu’on trouve la photo la plus paradoxale de Jack Kerouac, prise dans sa chambre alors qu’il regarde les photos de sa « collection » de petites amies. Au mur, dans un petit cadre, la croix noire de la tempérance et son Rosaire suspendu à une lampe murale. Mais ça ne l’a pas empêché de renier avant même avant sa naissance, Janet (Jan) Michele, sa fille unique et légitime a qui il a légué une enfer de misère en partage. Mais c’est par cette fabulation intitulée « On The Road » écrite dans une crise de frustration que le pauvre Jack continue de mystifier tous ses admirateurs.

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