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La photo – peu banale – du dimanche…

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Oui, vous l’avez sans doute reconnu : il s’agit du cardinal Timothy Dolan, archevêque de New York et président de la Conférence épiscopale des États-Unis (United States Conference of Catholic Bishops).

Cette photo peu banale – mais il est rare que les photos du cardinal, prises au naturel, le soient… – est d’hier lors de la cérémonie de remise des diplômes à 1 500 étudiants de la Catholic University of America (CUA), l’université catholique de Washington D.C. Mais me direz-vous, la capitale fédérale héberge aussi la Georgetown University, l’université jésuite de Washington… C’est bien ce que je dis : la CUA est l’université catholique de Washington… Ce que le cardinal Dolan dira, indirectement, dans son Commencement Address à la CUA (Commencement pourra sembler paradoxal pour un Français : comment qualifier de Commencement une cérémonie ou un discours qui marquent la fin des études ? C’est que la fin des études sont le Commencement d’une autre étape dans la vie d’un étudiant…). Ce discours du cardinal fut à la fois brillant, humoristique et très profond. Je ne peux pas le traduire ici, faute de temps (vous pourrez le retrouver ici et, en partie, là). Il y développe, avec profondeur, le thème de la « loi du don de soi » ou commandement d’amour, et appelle les jeunes diplômés à se mobiliser pour la défense de la liberté religieuse aux États-Unis. Comme il fallait s’y attendre, le discours du cardinal fourmille de traits d’humour et d’anecdotes. « C’est la première fois que je me mets en rouge depuis que j’ai été créé cardinal [pas tout à fait vrai : le cardinal a prêché en rouge dans sa cathédrale de New York…]. Et j’ai oublié ma ceinture rouge. Heureusement, le cardinal Wuerl [archevêque de Washington et présent à la cérémonie] en avait une en plus [extra], en fait… une plus plus [two extras] » jouant avec les mots : extra (X en abrégé) était une mesure de taille… Il rappelle avec humour qu’il est un ancien étudiant de la CUA où il obtint son doctorat en histoire de l’Église : « Je suis entré dans cette Université la même année [1980 donc] où s’ouvrait la Colonel Brooks’ Tavern [un pub et restaurant assez proche de la CUA dans le quartier de Brookland  de Washington]. J’ai du y passer plus de temps qu’à la Mullen Library [la bibliothèque de la CUA] ! ». Pour conclure ce petit papier dominical, une anecdote d’intérêt servie par le cardinal : « Il n’y a pas longtemps à un dîner j’étais assis à côté de l’amiral Mike Mullen du Corps des Marines, le chef d’état-major des armées, qui est lui-même catholique, et qui m’a demandé : “Quel est le pourcentage de catholiques dans la population américaine ?”. Je lui ai répondu : “Je ne sais pas exactement, mais je pense que c’est autour de 24 %”. “Mais savez-vous, m’a-t-il répondu, que 40 % des membres du Corps des Marines se reconnaissent catholique ? ». Je ne le savais pas, mais cela ne m’a pas surpris, pas plus que l’amiral Mullen, car au cœur de l’ethos de l’Église est la loi du don de soi et je pense qu’il serait difficile d’être un Marine (…) si vous ne croyez pas en cela ».

Profitez bien de cette belle photo du cardinal Dolan que même notre ami Nicolas Senèze de La Croix devrait apprécier, puisque Son Éminence n’est pas en cappa magna mais seulement en ferraiolo

(Merci à A.-Ch. de m’avoir signalé cette photo…)

 

3 comments

  1. Nicolas Jaisson

    On peut interpréter la chose d’une manière moins flatteuse pour les catholiques. En effet les Marines manifestent de plus en plus leur colère d’être engagés dans des guerres « absurdes » pour pourchasser des terroristes qui n’existent que dans la tête des agents de la CIA qui les ont fabriqués, alimentés et armés. Les militaires américains supportent si mal la chose qu’ils sont affectés par une contagion de suicides dus aux antidépresseurs qu’ils ingurgitent pour tenir le coup. Naturellement, on imagine mal un prélat de cette « trempe » expliquer cela au général en chef des Marines. Mais le fait que les catholiques soient majoritaires dans leur rang tendrait à prouver que leur sens de l’engagement n’est pas éclairé par une claire compréhension des conflits où ils engagent leur personne qui risque d’en sortir détraquée physiquement et psychiquement. Ils ne sont pas nécessairement idiots, mais la transformation en « machines de guerre » ne réussit visiblement pas à l’humanité des catholiques comme des autres.

  2. Christophoros

    A monsieur Nicolas Jaisson :
    En ce qui concerne les rapports du monde catholique avec le pouvoir politique, chez les anglo-saxons, je laisse le soin à St Thomas Moore et St Thomas Becket le soin de vous les faire saisir.
    Mais avant toute chose, votre raisonnement échappe au B à Ba de l’éthique militaire : la morale de ceux qui iront là où vous n’oseriez jamais aller pour payer les choix et parfois les erreurs politiques de ceux que vous avez élu.
    Quand on risque autre-chose que de se faire virer ou engueuler, ça replace les choses importantes dans le bon ordre, et le « marine » dont la devise pratique est « improviser s’adapter…dominer l’épreuve » peut vivre pleinement sa foi « comme à travers le feu » (reprenant la bible et le titre de Jean Montaurier).

    « Pour eux, la Patrie semble n’être qu’une idée ; pour nous, elle est une terre. Ils l’ont dans le cerveau, nous, nous l’avons sous les pieds… c’est plus solide ! Il est vieux comme le diable leur monde qu’ils disent nouveau et qu’ils veulent fonder dans l’absence de Dieu… Vieux comme le diable… On nous dit que nous sommes les suppôts des vieilles superstitions ; faut rire ! Mais en face de ces démons qui renaissent de siècle en siècle, sommes une jeunesse, Messieurs ! Sommes la jeunesse de Dieu. La jeunesse de la fidélité ! Et cette jeunesse veut préserver pour elle et pour ses fils, la créance humaine, la liberté de l’homme intérieur.  »

    Charette (militaire malgré lui)

  3. Nicolas Jaisson

    @Cristophoros
    Vous dites: « la morale de ceux qui iront là où vous n’oseriez jamais aller pour payer les choix et parfois les erreurs politiques de ceux que vous avez élu. »
    Le sujet était les catholiques s’engageant dans l’armée américaine, il me semble, en vue de combattre le terroriste se cachant dans des contrées reculées. Mon propos n’était pas de critiquer le militaire en général, même si vous avez raison de dire que le militaire se trouve dans la situation curieuse d’être soumis à des politiques. Je voulais montrer que cette subordination aux politiques tendait à transformer le soldat en machine de combat dotée d’une capacité de jugement limité, à la fois par ses ordres et par une vision d’ensemble qui lui échappe parce que pensée par d’autres qui ne sont pas militaires et qui poursuivent des objectifs qui échappent pour une part au rayon d’action du militaire. Je ne voulais pas dévaloriser le Marine américain catholique en tant que tel, mais plutôt leur condition de « décérébré « qui risque d’engendrer des dommages irréparables pour eux-mêmes et leurs victimes, quand leur part d’humanité est trop contredite par des ordres inhumains, parce que visant justement à la destruction de toute trace d’humanité civilisée chez l’ennemi. Le cas des conflits au MO où sont engagés les forces de l’OTAN est particulièrement révélateur de ce point de vue, puisqu’il s’agit en Irak comme en Syrie ou en Libye de détruire les fondements même de la vie en société, afin de faire s’écrouler un régime que l’on souhaite remplacer par un autre converti au « valeurs « de la communauté internationale qui tente d’imposer sa vision maçonnique du bien vivre ensemble. Le catholique mis dans cette situation de se soumettre à un pouvoir civil à la fois inhumain et anticatholique vit un conflit insupportable entre les valeurs de l’Evangile d’une part et l’exécution des ordres reçus d’autre part, sauf à renoncer à sa Foi, car il n’y pas de milieu entre deux maîtres aussi fondamentalement opposés. Je crains donc que les militaires catholiques qui s’engagent corps et âme dans cette voie du sacrifice dans la guerre au terrorisme ne soient que des catholiques de façade. Par ailleurs, contrairement à ce que vous dites, le pouvoir civil est élu certes, mais ses représentants sont imposés par le système qui les choisit en fonction de leur conformité avec les valeurs prônées par la « communauté internationale » et non celles que les civils voudraient voir incarner par les politiques. Le pouvoir civil n’est donc qu’une apparence démocratique prolongé par le bras armé du militaire qui s’illusionne en croyant se sacrifier pour des civils trop mous pour se défendre eux-mêmes. Tout se passe en effet comme si la force armée avait été confisquée par la coterie mondialiste qui a ravi l’exécutif pour mieux servir ses intérêts particuliers et non les intérêts généraux de la Nation, au sens républicain du mot.

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