Les anglo-catholiques américains, la liturgie extraordinaire et la communion dans l’Église

 

L’affaire a fait grand bruit la semaine dernière dans le petit monde traditionaliste et traditionalisant des États-Unis quand le blogue The Anglo-Catholic – qui comme son nom l’indique est un blogue dédié aux anglicans (ou épiscopaliens en Amérique) qui sont entrés ou veulent entrer dans l’Église catholique – publia le 27 juillet, sous la plume de son blogueur Christian Clay Columba Campbell, ancien anglican de la Traditional Anglican Communionet devenu catholique d’usage anglican à Orlando (Floride), un triste commentaire de Monseigneur Jeffrey N. Steenson, ordinaire de l’Ordinariat personnel de la Chaire de Saint-Pierre aux États-Unis.

 

Sur la forme extraordinaire, Monseigneur Steenson va devoir reprendre sa copie…

Le blogueur avait rencontré à Orlando quelques mois auparavant Monseigneur Steenson et la conversation avait abordé la question de l’usage de la forme extraordinaire dans l’ordinariat personnel. « Monseigneur Steenson ne me cacha rien de son aversion pour le traditionalisme catholique et pour ce qu’on nomme la forme extraordinaire du rite romain, écrit le blogueur. Il a déclaré que l’ordinariat ne devrait rien avoir à faire avec ces gens-là (…) Il me laissa même entendre que rien que mon inclination pour la messe latine traditionnelle devrait me faire comprendre que j’étais “hors de la communion” de mon ordinaire territorial ». Une déclaration stupéfiante et scandaleuse. Primo, parce que ce n’est peut-être pas à un catholique de fraîche date et qui n’était rien moins qu’un schismatique – et même un “évêque” schismatique – voici moins d’un an, de juger avec témérité qui est ou n’est pas en « communion » avec son évêque territorial. Secundo, parce que la constitution apostolique Anglicanorum Cœtibus dispose que, pour célébrer les Saints Mystères, l’ordinariat personnel pourra utiliser ad libitum un missel propre inspiré du missel anglican mais revu et approuvé par le Saint-Siège (notamment pour le Canon qui était défectueux), et/ou le missel romain qui, depuis Summorum Pontificum de 2007, comporte deux versions ou deux formes : ordinaire et extraordinaire, aucune autorité épiscopale ne pouvant empêcher un prêtre de célébrer selon la forme extraordinaire… Christian Clay Columba Campbell qui voit, non sans raison, des convergences possibles entre anglicans traditionnels et catholiques traditionalistes, se disait déçu d’une telle position et du manque de vision à long terme de Monseigneur Steenson.

On s’excita beaucoup chez les commentateurs du fameux bogue de l’abbé John Zuhlsdorf et, évidemment, ce brouhaha remonta jusqu’aux oreilles de l’ordinaire de l’Ordinariat personnel de la Chaire de Saint-Pierre qui se sentit obligé de publier un communiqué sur son site le 30 juillet, marquant un certain retour en arrière par rapport à ses précédentes déclarations orales : « Une partie de notre clergé veut aussi apprendre à célébrer selon la forme extraordinaire du rite romain. Ils sont tout à fait encouragé à le faire, conformément aux dispositions de Summorum Pontificum et sous la supervision de l’évêque local peuvent assister ces communautés stables qui utilisent la forme extraordinaire. Mais la forme extraordinaire n’est pas partie intégrante de notre patrimoine anglican [le Missel dit de Paul VI le serait-il donc ?] et n’est pas d’usage propre dans nos communautés. L’ordinariat demeurera fixé sur son objectif de ramener les chrétiens de la tradition anglicane dans la pleine communion de l’Église catholique. Nous aussi nous sommes heureux que l’Église ait permit la continuité de l’usage de la forme extraordinaire, en particulier comme une réponse pastorale aux catholiques traditionalistes, et nous considérons tout cela comme une symphonie ordonnée de louange à la Sainte Trinité ».

On donnera à Monseigneur Steenson tout juste la moyenne, avec mention marginale « peut mieux faire » !

 

2 comments

  1. Garmon

    Vous êtes un peu vaches ; quand vous devez faire du « rétropédalage » comme on dit maintenant, vous avez que ça coûte et c’est difficle.
    Moi quand je reconnais une faute, j’ai du mal.
    L’enfant prodigue est fêté dans la joie, son père va vers lui, alors qu’il a tout juste la contrition imprafaite, est sans le sous et ventre creux…

  2. THEOBALD François

    Il serait bon de donner un lexique définissant des termes que je vois apparaître pour la première fois ; et un court historique du sujet. Sinon j’ai bien peur de ne pas suivre ces nouvelles péripéties tout en nuances !

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