Charles Chaput For Greater Glory

Mgr Charles Chaput recommande avec « enthousiasme » le film « For Greater Glory »

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Comme en Vendée, une Messe clandestine pour les Cristeros (image du film For Greater Glory)

Sous le titre « Le témoignage extraordinaire de gens ordinaires : Viva Cristo Rey ! », Mgr Charles Chaput, le nouvel archevêque de Philadelphie (Pennsylvanie), consacre son éditorial hebdomadaire du CatholicPhilly, l’organe officiel de l’archidiocèse, au film For Greater Glory, sorti sur les écrans américains le 1er juin dernier.

Je signale, au passage, que pour son premier week-end d’exploitation (du 1er au 3 juin), For Greater Glory a déjà engrangé près de 2 millions de $ de recettes, alors même qu’il n’est projeté que sur 757 écrans aux États-Unis, loin derrière le “blockbuster” Snow White and the Huntsman sorti le même jour mais dans 3 373 salles ! Si ce dernier film est en tête des recettes pour le week-end passé, For Greater Glory est à la très honorable 10ème place de ce classement par recettes. Mais revenons à Mgr Chaput… Voici des extraits de son éditorial.

(…) Puisque les bonnes choses sont faites pour être partagées, je peux déjà recommander – en fait, je recommande avec enthousiasme – un film que pas un catholique de devra rater ce été.

For Greater Glory sort dans des salles sélectionnées ce vendredi 1er juin [l’éditorial est daté du 29 mai, ce qui laisse entendre que Mgr Chaput l’a vu en projection de presse ; le 1er juin il était, de toute manière, soit en route pour l’Italie, soit déjà à Milan pour la Rencontre Internationale des Familles]. Écrit, réalisé et interprété avec un talent remarquable, [le film] raconte la Guerre des Cristeros au Mexique (qu’on connaît aussi sous le nom de La Cristiada, 1926-1929). En grande partie ignorée jusqu’à ces derniers temps – et même au Mexique – cette guerre fut la conséquence de la constitution mexicaine athée de 1917, de la législation antireligieuse et de la féroce persécution anticléricale qui s’ensuivirent du fait du gouvernement du Président Plutarco Elias Calles qui arriva au pouvoir en 1924.

La riposte catholique au régime de Calles prit d’abord la forme de pétitions non violentes, de suspension des actes du culte et de boycott économique. Mais la résistance populaire sanglante éclata en 1926. En 1929, 50 000 rebelles Cristeros combattaient le gouvernement fédéral. Un petit nombre de prêtres prirent les armes avec leurs ouailles. Plus de 90 000 personnes trouvèrent la mort dans les combats. Au cours de ce conflit, les autorités assassinèrent des milliers de laïcs catholiques et des dizaines de prêtres.

Le bienheureux Miguel Pro, un prêtre jésuite, fut exécuté sans jugement en 1927. Le bienheureux José Sanchez del Rio, âgé de 14 ans, fut abattu en 1928 pour avoir refuser de renier sa foi. Dans chacun de ces deux cas, les derniers mots des martyrs furent Viva Cristo Rey ! (Vive le Christ Roi !). L’Église a depuis honoré des dizaines d’autres martyrs mexicains pour leur héroïsme pendant la persécution de Calles.

En 1929, sous la double pression des succès des Cristeros et de la diplomatie des États-Unis, les autorités fédérales acceptèrent d’assouplir certaines restrictions pour l’Église et de cesser la persécution violente. Les évêques mexicains acceptèrent cette paix négociée. La rébellion des Cristeros s’éteignit doucement. Mais le gouvernement renia bientôt des promesses. Une brutale politique antireligieuse reprit et se poursuivit.

Les autorités fédérales assassinèrent en représailles des centaines d’anciens chefs Cristeros et des milliers d’anciens combattants Cristeros. Et le gouvernement poursuivit sa belligérance contre l’Église au cours des années 1930, une campagne de violence athée et de haine antireligieuse qui procura la toile de fond de deux des meilleurs ouvrages de Graham Greene : son récit de voyage Routes sans lois (1939) et, assurément, son meilleurs roman La Puissance et la Gloire (1940).

Évidemment, une histoire captivante ne se transforme pas automatiquement en un bon film. Beaucoup trop de films destinés à une audience familiale ou au marché religieux souffrent de beaucoup de bonnes intentions mais d’un manque de moyens, d’un talent inadapté et d’un faible savoir faire professionnel.

For Greater Glory réussit là ou tant d’autres films similaires ont échoué (…).

Qualifier ce film d’émouvant et de puissant serait le desservir. For Greater Glory est beaucoup plus qu’un pieux exercice : c’est le portrait extraordinaire de gens ordinaires qui se battent pour la défense de leurs convictions. C’est un des films parmi les plus captivants d’un réalisateur ou d’un studio qu’il m’ait été donné de voir depuis ces dernières années [je signale en passant que Mgr Chaput avait été aussi très appréciatif du film de Mel Gibson : La Passion du Christ] (…).

Nous autres Américains, en 2012, nous vivons dans un pays différent et à une époque différente. Nous sommes bénis d’avoir des libertés que les Cristeros ne pouvaient qu’imaginer. Mais ces libertés dépendent de notre empressement à les défendre. La liberté religieuse n’est jamais garantie par autre chose que par notre propre vigilance. Même dans ce pays, le mépris pour la foi religieuse, et toute spécialement pour la foi catholique, est vivant et bien vivant.

For Greater Glory saisit avec une puissance et une élégance mémorables, jusqu’où le sectarisme peut mener et ce qu’il en coûte de lui résister. »

Comme je l’ai écrit ici, ce film sort providentiellement dans le contexte nouveau et sans précédent du combat que l’Église catholique unie mène actuellement contre les attaques du gouvernement Obama contre la liberté religieuse. Il eut été surprenant que l’excellent archevêque de Philadelphie manquât d’y faire une allusion plus qu’appuyée à la fin de son éditorial…

 

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