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USCCB : Magister commente les résultats des élections

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Les changements statutaires à la tête de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (United States Conference of Catholic Bishops, USCCB), que nous avons signalés ici, semblent s’inscrire, comme on a pu le lire dans la presse américaine, dans une « herméneutique de continuité »… Les grands vainqueurs de l’élection sont des évêques “conservateurs” représentatifs du courant principal de l’épiscopat étatsunien. Les grands perdants sont des évêques marqués comme “bergogliens”. Pour préparer l’élection du président et du vice président de l’USCCB, tous les évêques avaient du envoyer au secrétariat de la Conférence la liste des 5 évêques qu’ils préféraient pour ces fonctions. À partir de toutes ces réponses, le secrétariat publia la liste des 10 évêques qui avaient reçu le plus de suffrages. L’archevêque Blase Cupich – on prononce supitch – cardinal désigné par le pape François (on le nomme aux États-Unis « le Bergoglio de Chicago »), ne figurait pas dans cette liste… Dans un article de ce jour sur Chiesa, le vaticaniste Sandro Magister analyse l’élection et en tire quelques enseignements…

« Sept jours après l’élection qui a porté Donald Trump à la présidence des États-Unis, les évêques de ce pays – ils sont plus de deux cents – ont également voté. Afin d’élire celui qui va être leur président au cours des trois prochaines années. Une élection à laquelle ils sont se sont rendus “comme s’il s’agissait d’un référendum à propos du pape François”, a affirmé clairement John L. Allen, le numéro un des vaticanistes des États-Unis. Et c’est un peu ce qui s’est effectivement passé, […]
Le fait est que lorsque, au mois de septembre 2015, François s’est rendu en visite aux États-Unis, il a ordonné aux évêques américains de changer d’orientation et de se comporter comme lui. Il souhaite qu’ils renoncent à la “prédication de doctrines compliquées”, au “langage rude et belliqueux de la division”, à “faire de la croix l’étendard de luttes mondaines”. En revanche, ils doivent adopter la “culture de la rencontre”, seule capable de transformer l’Église des États-Unis en “un humble foyer qui attire les hommes grâce à l’attrait de la lumière et à la chaleur de l’amour”.
Jorge Mario Bergoglio a associé à ces indications péremptoires une série de nominations d’évêques proches de sa manière de voir, au premier rang desquelles celle de l’archevêque de Chicago, Blase J. Cupich, qui sera également créé cardinal le 19 novembre […]

Le cardinal DiNardo, qui avait été nommé vice-président en 2013, a été promu au grade supérieur du premier coup, avec 113 voix sur 206, distançant nettement les autres candidats, qui ont tous obtenu 30 voix de moins que lui. DiNardo est l’un des signataires de la fameuse lettre “des treize cardinaux” qui avait provoqué la colère du pape François au début du synode du mois d’octobre 2015. Dolan également. Cependant il n’apparaît pas que ce fait leur ait porté préjudice au moment du vote. Bien au contraire […]

Lors des élections de 2013 […] il y avait parmi les candidats un nom qui n’apparaît plus trois ans plus tard, celui de Cupich, alors évêque de Spokane, le préféré de Bergoglio, qui l’a ensuite nommé à Chicago. Lors de l’élection du président, Cupich était arrivé septième, avec 10 voix, et lors de celle du vice-président il était arrivé cinquième à chacun des deux tours, avec 24 voix au premier et 17 au second. Cette année, rien. Cupich ne figure même pas parmi les dix candidats. C’est peut-être aussi pour cette raison que François le fait cardinal.
L’opération de renouvellement de l’épiscopat des États-Unis qui a été entreprise par Bergoglio est donc encore loin de produire un changement dans l’équipe dirigeante et dans l’orientation de l’épiscopat […] »

[Quant à l’élection des évêques à la présidence des cinq commissions qui étaient à pourvoir] « il faut signaler parmi eux un vainqueur et un vaincu. Le vaincu est McElroy, qui constitue avec Cupich le tandem des ultrabergogliens et qui est le fils spirituel de John Raphael Quinn, archevêque de San Francisco de 1977 à 1995 et théoricien d’une réforme radicale de la papauté. McElroy a été le secrétaire de Quinn et c’est celui-ci qui l’a consacré évêque lorsqu’il a été nommé, en 2010, évêque auxiliaire de San Francisco […] Le vainqueur est [Robert] Barron, proche du cardinal George [décédé en 2015] à Chicago et évêque auxiliaire de Gomez à Los Angeles depuis un an. »

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