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L’Église, espérance du politique

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Tribune libre de Viven Hoch, sur Cyrano.net

Le christianisme ne serait aucunement politique. Il ne pourrait pas prendre part comme tel au politique, ni s’y engager. Lui même n’aurait de droit aucune prise sur l’être-ensemble des hommes, et devrait, au nom de la séparation du temporel et du spirituel – elle-même issue des tréfonds du christianisme – rester à une distance respectueuse de l’organisation du cadre temporel de la marche de ce monde. Ses actes terrestres n’ont ni couleur, ni effets, ni puissance concrète, et ne déploient aucune consistance « physique » et « charnelle ». La vie et les œuvres de Jésus lui-même ne sont que de pures idées complètement déliées du concret humain et des difficultés de l’être-ensemble. Le christianisme est « spirituel » ; la politique est bassement « concrète ». Jésus n’eut pas été homme que l’être-ensemble quotidien de l’humanité serait resté identique. Si l’homme est un être de relation – donc au prise avec l’être-ensemble et son cadre, la politeia – et si le Dieu chrétien est celui qui vient en permanence et continuellement changer la marche du monde par son Esprit, alorsJésus-Christ est l’homme politique par excellence et le principe qui réhausse constamment le politique à ses fins ultimes – en espérance, pour le moment…

Mais c’est bien parce que Jésus s’est fait homme qu’il est impossible de le dépolitiser totalement. Un homme, étant concret, ouvre son flanc aux choses humaines. Un Dieu, s’étant fait homme, s’ouvre à la quotidienneté humaine et à son organisation – la polis. Les zélotes contemporains de Jésus ont bien tenté de récupérer politiquement la figure de Jésus – pour la libération du peuple d’Israël des mains des romains, et ils furent loin d’être les seuls – jusqu’aux prêtres ouvriers communistes ou acteurs douteux de la théologie de la libération. La compromission de l’Église dans certaines affaires bassement politiques a pu aussi gêner la libération d’une parole politique du fidèle en tant que fidèle. Mais l’Eglise a fait son bilan et en a tiré les justes conséquences, notamment en acceptant de ne pas entrer en gestion directe des affaires publiques.

 

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