Retrouver le sens de la famille… à la CEF

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Le Salon Beige publie un texte percutant, suite à la rencontre du lundi 30 janvier (évoquée ici) avec les délégués diocésains à la pastorale familiale :

Malgré une mise au point de Vincent Neymon, directeur de la  communication de la CEF, pour couper court à des rumeurs venant d’une frange « dure », les délégués sont nombreux à parler entre eux de la chape de plomb qui pèse sur eux. Certains vont jusqu’à le dire publiquement. Ce ne sont donc pas de « rumeurs », venant d’une soi-disant frange « dure » dont souffrent les délégués diocésains, mais du défaut d’une parole claire de la part de ceux qui devraient annoncer l’Evangile en l’articulant explicitement avec le Magistère de l’Eglise, la Tradition, comme la constitution Dei Verbum de Vatican II l’a fort bien exprimé spécialement dans les paragraphes 8-9-10.

La récente mise au point du Cardinal Müller (ici) vient donc contredire la publicité faite aux initiatives et propositions hétérodoxes de tel ou tel modérateur de groupe comme celui sur l’accompagnement des divorcés remariés où le texte de référence, remis aux participants de la session de lundi dernier, était tout simplement l’interprétation hétérodoxe d’Amoris Laetitia par les évêques maltais. De la même façon, la question de l’intégration dans les communautés chrétiennes des personnes à tendance homosexuelle a lui aussi fait l’objet d’un traitement peu compatible avec l’exigence de retour à l’Evangile.

Une fois encore, le mot d’ordre de Mgr Brunindont on a pu apprendre l’ultra progressisme et l’a-dogmatisme, formulé dans l’un des groupes vient donc d’être formellement contredite par le Président de la congrégation pour la doctrine de la Foi. Non, la Foi de l’Eglise ne doit pas être réduite à la grille de lecture émotionnelle des drames humains, et l’art de l’accompagnement ne peut se soumettre à la fluctuation des états d’âmes de tel ou tel cas particulier, sans référence au Magistère de l’Eglise. Il existe une loi morale, une loi naturelle et c’est bien cela que l’a dogmatisme de la CEF sur ce sujet précis vient remettre en cause. Cette manière grave de remettre en cause l’enseignement de saint Jean-Paul II, repris par Benoît XVI et François, détruit l’Eglise.

Ne nous méprenons pas, vouloir être fidèle à l’enseignement du Christ n’est pas un frein à l’accompagnement des personnes en détresse, au contraire c’en est la condition. C’est très important de souligner ce point. On ne peut réellement accompagner les personnes en difficulté sans avoir en vue leur salut, et donc le nôtre. Car c’est bien de cela dont il s’agit. Tout l’Evangile en parle et ne parle que de cela : se convertir à la loi d’amour, qui n’est pas celle des pharisiens mais celle issue des Béatitudes et des commandements de Dieu et de l’Eglise. Tu ne tueras pas, tu ne commettras pas d’adultère, tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur … et ton prochain comme toi-même. La tendresse dont parle le pape François s’articule très bien avec la force de l’Evangile. Lorsqu’un père de famille rappelle la loi à son enfant c’est par amour. Dire à son enfant « ne fait pas ceci ou cela sinon tu vas te faire très mal » n’est pas faire preuve de pharisaïsme mais de responsabilité. Aimer, ce n’est pas seulement pleurer avec ceux qui pleurent en essayant de leur trouver une solution pour les consoler. C’est aussi demeurer avec eux aux pieds de la Croix, comme Marie.

Revenant à des considérations plus pratiques, pourquoi sont-ce presque toujours les jésuites du Centre Sèvre qui interviennent à ces sessions annuelles ? Le Père Thomasset (dont les déclarations fracassantes ont choqués de très nombreux catholiques), le Père Théobald, … Nous avions connu la fameuse affaire Brugère qui avait scandalisé la plupart des catholiques français… Pourquoi ne pas faire appel à des prêtres de la Communauté de l’Emmanuel, de la Communauté Saint Martin, de la Fraternité Saint Pierre, de la congrégation Saint Jean ? Pourquoi une grille de sélection des intervenants basée sur des critères politiques (exemple) et non pas pastoraux ? N’y a-t-il que l’Institut Catholique de Paris en France ? La réponse parle d’elle-même : les paroisses vivantes où les familles sont nombreuses, les diocèses et instituts qui ont des vocations sont ceux qui transmettent avec amour une doctrine claire.

Les langues se délient dans les rangs des délégués à la pastorale familiale, car au fond ce ne sont pas de polémiques qu’ils veulent, ils ne désirent tout simplement ne pas être pris en otage par des personnes qui se servent de leur position au sein de la conférence épiscopale et qui en fait font passer leurs idées personnelles. Quant à ceux qui parmi eux pourraient ne pas comprendre ces lignes, ils peuvent toutefois entendre que certains de leurs frères souffrent.

Une dernière réflexion s’impose : est-il réellement de la compétence canonique de la CEF que d’organiser de telles rencontres sur des thèmes qui relèvent de l’autorité de l’évêque dans son diocèse ? N’est-ce pas un abus de pouvoir ? La déclaration du Cardinal Müller, chargé par le pape des questions précisément théologiques, concernant la compétence exclusivement administrative de toute conférence épiscopale, remet dont clairement les choses au point. Le service Famille et Société de la CEF exerce réellement un abus de pouvoir qui est contraire, notamment par son lobbying affiché, à l’organisation de l’Eglise voulue par Jésus lui-même. C’est le successeur des Apôtres en lien avec le successeur de Pierre qui est chargé de consolider la foi et non une structure administrative transversale, nationale, qui a cette charge. Une galette des rois, une messe, un temps d’adoration, voilà qui pourrait être un bon programme pour cette rencontre, dont l’objectif initial était de faciliter les liens entre les délégués diocésains et créer une ambiance sympathique.