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Une campagne de “sensibilisation” pour le don de gamètes

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C’était prévu dans la loi de bioéthique telle qu’elle a été révisée cette année, et voilà, on y a droit : une campagne publicitaire nationale de l’Agence de la biomédecine, organisme public, sollicite les dons de gamètes – ovules et spermatozoïdes – auprès du grand public. Pour les dons d’ovule, la campagne s’appuie notamment sur la nouvelle possibilité de les conserver par congélation profonde, validée par la même loi.

Présenté comme un « geste de solidarité », le don de cellules reproductrices est vendu sous le slogan : « Vous pouvez donner le bonheur d’être parents ». Deux encarts sont prévus pour la « presse grand public », les mêmes « visuels » étant déclinés en affiches pour orner les cabinets des gynécologues, urologues, andrologues, sages-femmes… et pédiatres.

 

Seules conditions : être majeur et en bonne santé, et avoir moins de 37 ans, pour les femmes, et 45 ans, pour les hommes.

Un « numéro vert » permet de découvrir le centre de dons de gamètes le plus proche et deux sites internet, l’un pour les femmes, l’autre pour les hommes (et tant pis pour le « gender » !) donne toute l’information requise. Enfin, pour ce qui est de l’information…

L’on y découvre, par exemple, ce témoignage d’une donneuse : « Oui, les piqûres ce n’est pas très agréables, le ventre est un peu ballonné, mais c’est ponctuel et largement supportable et qu’est-ce que c’est par rapport à ce que cela peut apporter ? » A peine un petit bémol à propos de l’« hyperstimulation ovarienne ».

Or les problèmes et risques liés à la stimulation ovarienne sont multiples, comme en attestent bien des femmes engagées dans un processus de traitement de la stérilité ou de procréation artificielle, et a donné lieu à ce film, Eggsploitation. Film américain, qui s’intéresse aussi à l’exploitation de ces femmes jeunes et belles qui aux Etats-Unis peuvent tirer plusieurs milliers de dollars d’un don d’ovocytes, alors qu’en France le don de gamètes et anonyme et gratuit. Mais les risques de santé évoqués sont les mêmes.

Une psychanalyste, Eva Weil, vient expliquer que la plupart des donneuses – venues souvent par « solidarité » – ne réalisent pas bien ce qu’est un ovocyte et le dissocient de l’enfant ; elle raconte aussi que la plupart se disent indifférentes à l’idée que des enfants naîtront qui auront un fort lien avec ceux qu’elles ont déjà, c’est à peine si elles prennent conscience de son existence.

Côté hommes, le site dédié vante l’altruisme des donneurs et décrit la procédure – accueil simple et discret, salle privée, possibilité de venir accompagné, mise à disposition de « revues » (mais « il peut aussi en apporter »).

Pour finir, des brochures (pour elle et pour lui) seront diffusées par les professionnels de la santé évoqués plus haut pour pousser  à leur tour les hommes et les femmes à donner leur gamètes et à laisser s’éparpiller dans la nature  des enfants qu’ils ne connaîtront jamais…

Voilà donc à quoi le gouvernement dépense l’argent du contribuable. Encore avons-nous échappé à ce qui était prévu dans les moutures initiales de la loi : elle prévoyait des campagnes spécifiques au lycée, dans l’enseignement supérieur, à l’armée et, annuellement, dans les grands médias. Seule cette dernière cible a été retenue, mais on reste en présence d’un intolérable matraquage.

© leblogdejeannesmits.

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