pppantalla150609

Bébé avorté par erreur : l’Australie est horrifiée – mais pas assez

Download PDF

En Australie, une mère attendant des jumeaux vient de perdre ses deux petits garçons, à huit mois de grossesse, par avortement. Un seul des deux enfants devait être supprimé : il était porteur d’une malformation génétique cardiaque grave et sous la pression des médecins, la maman avait décidé de le faire avorter (ou « terminer » comme on dit chez les anglophones) pour ne garder que l’enfant sain. Mais au Royal Women’s Hospital de Melbourne, une erreur se produisit, une tragique erreur humaine. Malgré plusieurs vérifications de dernière minute par une échographiste expérimentée, c’est l’enfant sain qui reçut une piqûre létale.

On procéda alors à une césarienne d’urgence, opération de trois heures au cours de laquelle on « termina » également l’enfant malade, rapporte la presse australienne.

A huit mois de grossesse, les deux garçons avaient déjà reçu leurs prénoms. Il paraît que c’est la mort dans l’âme que leur mère a accepté la mise à mort de celui qui était malade, non parce qu’il représentait une menace pour son frère, semble-t-il, ni pour la santé de sa mère, mais parce que son pronostic vital une fois venu au monde était très mauvais et qu’il risquait, en cas de survie, de devoir subir de multiples opérations au cœur.

Sans disposer, évidemment, du dossier médical, on devine un peu comment se sont passées les choses. A ce stade de la grossesse les deux bébés étaient forcément viables. L’équipe médicale s’est-elle lancée dans une course contre la montre pour s’assurer de la mort du jumeau malade avant qu’il n’ait le temps de naître –  parce qu’à partir de ce moment-là il n’aurait plus été possible de le tuer ?

L’erreur sur la personne – mais oui, c’est une erreur sur la personne, et la preuve que deux êtres humains sont ici en jeu, et pas « un enfant sain et un fœtus défectueux » – a entraîné la mort d’un des deux frères. Le deuxième, le plus faible, a été « terminé », comme le dit la presse australienne, au cours de la césarienne d’urgence. La presse ne dit pas comment. Comment comptait-on extraire l’enfant mort si cela avait été le « bon » ? A-t-on fait la césarienne parce que de toute façon on entendait bien faire mourir le petit survivant  malade ? Celui-ci a-t-il été tué en cours de route, et comment ? Un médecin l’a-t-il achevé alors qu’on était en train de l’extraire du sein de sa mère ?

Toute cette horreur dépasse largement ce qu’en dit la presse australienne. Celle-ci parle du désarroi des parents, des enquêtes mises en route – il y en aura trois distinctes – pour déterminer les causes et les responsabilités qui ont abouti à l’erreur fatale, de la prostration de l’échographiste. Elle évoque la colère des parents qui auraient préféré qu’aucune publicité ne soit donnée à leur histoire.

Mais c’est une histoire exemplaire. Une histoire qui en dit long sur la mentalité de ces médecins qui croient bien faire en éliminant les plus fragiles, leur fausse bienveillance, leur confusion totale par rapport à leur rôle qui est de sauvegarder la vie. Elle en dit long sur ces parents que l’on pousse à faire le choix de l’eugénisme et à en porter le lourd fardeau – eux aussi on sans doute cru bien faire, parce qu’ils ont fait confiance, parce qu’ils ont eu peur, parce que les souffrances annoncées de leur tout-petit leur ont semblé insupportables.

Il y a eu deux morts dans cette tragédie, deux frères, l’un malade, l’autre en bonne santé. Il n’y en avait pas un qui valait mieux que l’autre, il n’y en avait pas un qui méritait plus de soins et d’affection que l’autre. En partant ensemble, ils ont mis en pleine lumière les contradictions et les hypocrisies de notre temps.

Plus jamais ça ? Il n’y a qu’un moyen : en finir avec l’horreur de l’avortement.

Mais le langage des médias ne permet pas cette prise de conscience. L’AFP en langue française rend ainsi compte de l’affaire : « Un hôpital de Melbourne, dans le sud-est de l’Australie, a ouvert une enquête jeudi après que des médecins ont interrompu accidentellement la croissance, à huit mois de grossesse, d’un jumeau sain au lieu de son frère atteint d’une grave maladie cardiaque. (…) Ils ont alors dû opérer une nouvelle fois, par césarienne, pour enlever le fœtus malade. »

© leblogdejeannesmits

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *