Belgique : euthanasie forcée ? Un exemple français

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Alors que la direction de l’hôpital Saint-Jean de Bruges en Belgique, mis en cause par une femme médecin à propos du décès de son père, proteste de l’excellence de ses soins et rappelle qu’il a été pionnier dans la mise en œuvre de l’euthanasie légale, je reçois un long commentaire-témoignage d’un psychiatre français confronté à la maladie de sa mère. Plutôt que de laisser son commentaire se noyer dans les méandres du blog je préfère le passer ici en tant que message à part entière. C’est un commentaire anonyme, il ne donne pas d’indications permettant de vérifier les faits, je le publie tel quel. Parce qu’il me paraît, hélas, très plausible. Parce que j’ai vu moi-même – du moins en ai-je la forte conviction – un diagnostic de globe vésiculaire chez une personne âgée (qui m’est proche) posé 18 heures après son entrée aux urgences…

Jeanne, je suis psychiatre donc médecin et je veux témoigner de ce qui s’est passé pour ma mère de par les actes de médecins pour qui que le serment d’’Hippocrate n’a pas la meme valeur que celle qu’il a pour moi. Celà se passe en France. Mon témoignage s’intitule « N’OUBLIONS PAS LE COMPLOT E(U)THANAZISTE QUI SE TRAME CONTRE LA VIE DES PERSONNES AGÉES » A ma mère et à tous ceux que l’actuelle « barbarie à visage mondain » juge indignes de vivre… 

Puis-je vous raconter une histoire personnelle qui donne l’état des lieux et l’état d’esprit régnant dans certains hopitaux ( espérons que ce ne soit pas dans tous…) en matières de traitement des personnes agées atteintes d’Alzheimer . Il s’agit d’un hopital de province qui se vante de sa modernité (énergie solaire et tutti quanti …pour le batiment ça va… !), ce qui lui a valu, la semaine dernière, la visite de notre ministre de la santé – agapes et boisson n’ont pas manqué sauf pour les infirmières amères « quand on pense au mal fou que l’on a à obtenir, en ce temps de canicule, de l’eau pour nos malades ». 

C’est dans cet hopital que se situe l’histoire de ma mère qui est aussi la mienne et celle de ma famille et si je la raconte c’est qu’elle est paradigmatique de la façon dont on traite les vieux dans certains hopitaux … modernes !!!! En espérant que ce n’est pas dans tous … Je précise que je travaille à 800 km du lieu où vit ma mère dans la meme maison que ma sœur. Je précise aussi que je suis psychiatre, et que c’est dans le plus grand effroi que j’ai accueilli, il y a 5 ans, le diagnostic posé d’Alzheimer élucidant quelques uns de ses oublis et raidissement dans son caractère, Il y avait chez elle ces oublis, quelques confusions et désorientations, quelques idées fixes et déambulations pour vérifier si une des poules qu’elle élevait n’avait pas échappé au carnage opéré par une renard dans son poulailler 2 ans auparavant. 

C’est lors d’une de ces vérifications qu’a eu lieu sa chute et devant l’hématome de la hanche qui s’en est suivi j’ai téléphoniquement conseillé à ma sœur de l’amener à l’hopital vérifier une absence de fracture du col du fémur tout en l’incitant à en profiter pour demander au médecin hospitalier de l’hospitaliser quelques jours : le temps d’équilibrer un léger traitement anxiolytique et sédatif qu’il valait mieux prescrire et équilibrer sous surveillance hospitalière vu la sensibilité, toujours particulière, de chaque etre à ce type de traitement psychotrope. 

Deux jours après son hospitalisation on m’annonce que ma mère est en coma. Le médecin que je contacte me parle d’une « hypersensibité aux psychotropes ». Je me rends sur place et j’apprends, 1°) que n’ayant plus de place en gériatrie on a mis ma mère dans un service de médecine générale ; 2°) que ce que l’on m’a annoncé etre « une sensibilité aux psychotropes » est, en fait, l’effet d’un traitement erroné qui lui a été prescrit : parce qu’elle était opposante et insomniaque on n’a rien trouvé de mieux que prescrire a une femme de 84 ans, pesant 60 Kg, et n’ayant jamais été malade ni pris un quelconque psychotrope, 3 injections de 25 mg Intra musculaire (75 par jour) de Loxapac. 

Qui connaît le Loxapac sait que celui–ci est un neuroleptique majeur qui vous fusille en deux temps trois mouvements n’importe quel fort des halles en état de grande agitation délirante, pesant un quintal et dans la force de l’age. Là ce fut prescrit en IM à une fragile créature de 84 ans, pesant 60 kg : si ce n’est pas encore de l’euthanazi cela révèle une indifférence totale aux conséquences mortelles d’un traitement prescrit à une pauvre femme agée dont les symptomes dérangent. Les trois jours suivants, ma sœur et moi nous nous relayons au chevet de ma mère en coma. Le personnel, en nombre réduit ( Economie, Economie hospitalière…) n’a pas le temps de vérifier si un patient se déshydrate, si des troubles mortels apparaissent, si des escarres s’installent ..

— Personne pour constater qu’un globe vésical commence – trouble mortel qui entraîne le blocage de la fonction rénale : c’est nous qui ferons le diagnostic et alerterons sur la nécessité urgente d’un sondage urinaire. 

— Personne pour constater l’apparitions de phlyctènes sur les fesses, signal d’un début d’escarres et d’une urgence à réagir, en changeant la position du malade toutes les deux heures et en installant un matelas anti-escarres. Réponse de l’infirmière que nous alertons : « Il faudrait la changer de position et la retourner toutes les deux heures (merci nous savons !) mais cette nuit je suis seule pour deux services et je ne peux pas. » – « Mettez-lui donc un matelas anti-escarres ! » – « Impossible , nous n’en avons plus : ils sont tous pris. On verra demain si nous pouvons en récupérer un à un malade qui en a moins besoin et le lui donner. » Faut-il préciser qu’une escarre a le temps de se creuser en quelques heures et peut être mortelle et que, si elle ne l’est pas, il faut des semaines ou des mois de soins coûteux pour la guérir. 

Face au coma les médecins ont prévu un scanner (comme s’ils ignoraient l’origine loxapac du coma) qui coute 300 à 400 euros mais là, devant ce coma et les conséquences de ce coma provoqué par leur traitement : Rien. 

Globe vésical = urgence : c’est la famille qui le découvre, le diagnostique, ( parce que nous sommes toute la journée auprès d’elle) et non les soignants débordés par la course qu’est devenu leur travail.  

Escarre = urgence : c’est nous qui découvrons les phlyctènes qui apparaissent quand les mesures préventives ne sont pas prises (faute médicale), et les mesures préventives sont simples : – un personnel infirmier changeant la position du malade toutes les deux heures pour que le point d’appui ne reste pas le meme – ou un matelas anti-escarres. Savez-vous le prix d’un matelas anti-escarres ? … 140 euros. Je n’ose penser que la pénurie serait voulue et que c’est aux patients agés que l’on fait payer le prix de cette pénurie (?). 

Le médecin-chef de service avec qui nous prenons contact pour signaler ces impasses (« mortelles » … ce que nous omettons de lui dire de peur que notre maman en fasse les frais) n’a pour toute réponse que la remarque cynique : « Si vous savez mieux soigner que nous vous n’avez qu’à la prendre chez vous. » Ce que nous faisons en hospitalisant maman à domicile et en mobilisant toutes nos connaissances infirmières et médicales… Nous soignons maman et ses escarres, et son infection urinaire et la paralysie consécutive au coma. 

Elle a récupéré : c’est à domicile qu’on l’a sorti du coma, c’est à domicile qu’on a rééduqué sa paralysie, qu’on a diagnostiqué son infection urinaire consécutive aux sondages. Et c’est maintenant une maman retrouvée. Bien sur ! il y a l’Alzheimer et sa mémoire est un archipel – des oublis mais aussi des plages de souvenirs jamais transmis auparavent et qu’elle nous délivre ; des tristesses et meme des désespoirs mais aussi son merveilleux sourire lumineux quand nous nous retrouvons (« oh ! ma grande je n’y croyais plus ! comment as-tu fait pour me retrouver » ; et cet amour des enfants toujours là et ses joies émerveillées quand ses arrière-petits-enfants – 6-7 ans – la prennent par la main pour la guider et la protéger. 

Et que l’age et l’Alzheimer lui aient constitué ces nuits de mémoires, cela n’empeche pas ces retrouvailles lumineuses où n’existe que l’amour qu’elle nous porte et que nous lui portons, amour qui peut enfin se dire et qui nous la fait unique et précieuse. 

Reste à dire à tous ces E(U)THANAZISTES, nouveaux barbares à visage mondain : « NO PASARAN » Vous ne nous aurez pas !  – Soigner OUI !  – Lutter pour que soient donnés à cette noble profession soignante les moyens d’accomplir dignement sa tâche et sa mission- que ce soit en hopital , centres palliatifs ou en maison de retraite : OUI – Lutter pour contrecarrer votre eugénisme euthaNAZIste au service de la mort qui se fait passer pour l’avenir de NOTRE HUMANITE : là se situe le vrai combat pour la dignité.

Un grand merci pour ce récit poignant mais plein d’espoir !

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