Conférence du cardinal Burke sur “L’antidote à la culture de mort” : 5e partie

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Voici la 5e partie de ma traduction de la conférence du cardinal Raymond Burke donnée à Rome en octobre dernier.


Tous les liens vers les neuf parties de cette conférence sont accessibles ici.

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L’Orthodoxie catholique : l’antidote contre la culture de mort (5)

Défis à l’obéissance au Magistère


L’obéissance au Magistère est difficile pour tout homme, à toute époque. La pratique de « l’obéissance de la foi » est difficile à maîtriser. La difficulté vient à la fois d’au-dedans de nous, et de l’extérieur. Nous souffrons les conséquences du péché de nos premiers parents, qui était fondamentalement un péché de désobéissance orgueilleuse, de rébellion contre la volonté de Dieu. La grâce du Saint-Esprit, déversée dans notre âme par le baptême, renforcée et augmentée dans notre âme par la confirmation, et nourrie dans notre âme par la Sainte Eucharistie, nous aide seule à dépasser notre tendance héritée à la rébellion et à la désobéissance.

Depuis l’extérieur, Satan ne se lasse jamais de nous proposer la même tentation qu’il proposait à nos premiers parents : la tentation d’agir comme si Dieu n’existait pas, comme si nous étions des dieux. Le monde qui nous entoure, la culture au sein de laquelle nous vivons, dans la mesure où ils ont succombé aux tromperies de Satan, est pour nous une forte source de tentation. Notre culture a de fait été décrite comme étant « sans Dieu » à la fois par le vénérable Pape Jean-Paul II et par le Pape Benoît XVI. Notre culture nous apprend à agir comme si Dieu n’existait pas. Dans le même temps, elle enseigne un individualisme radical et une préoccupation de soi qui nous conduisent loin de l’amour de Dieu et de l’amour du prochain.

Souvent l’absence d’obéissance au Magistère n’est pas totale mais sélective. Notre culture nous enseigne à croire ce qui nous convient et à rejeter ce qui nous est difficile ou qui constitue pour nous un défi. Ainsi nous pouvons facilement tomber dans le cafeteria Catholicism – catholicisme à la carte – : une pratique de la foi qui choisit soigneusement quelle partie du dépôt de la foi on va croire et mettre en pratique. Un exemple des plus tragiques du manque d’obéissance de la foi, y compris de la part de certains évêques, aura été la réponse de beaucoup à la publication de la lettre encyclique Humanae vitae de Paul VI, publiée le 25 juillet 1968. La confusion qui en a résulté a conduit beaucoup de catholiques vers des habitudes de péché en ce qui concerne la procréation et l’éducation de la vie humaine.

Le manque de loyauté en ce qui concerne l’obéissance au Magistère se voit également dans l’hypocrisie des catholiques qui revendiquent la pratique de leur foi mais qui refusent d’appliquer la vérité de la foi dans l’exercice de la politique, de la médecine, des affaires et d’autres entreprises humaines. Ces catholiques prétendent être personnellement en accord avec la vérité de la foi, par exemple pour ce qui est de l’inviolabilité de la vie humaine innocente et sans défense, alors que dans l’arène politique ou dans la pratique de la médecine, ils coopèrent aux attaques contre nos frères et sœurs à naître, ou contre nos frères et sœur que le poids des années, de la maladie ou de besoins spécifiques ont rendu faibles et fragiles. Leur désobéissance n’est pas en rapport avec telle ou telle vérité spécifique à la vie de l’Eglise, autrement dit, non pas à une matière d’ordre confessionnel, mais avec la vérité de la loi naturelle divine inscrite dans chaque cœur d’homme et à laquelle par conséquent tous les hommes doivent obéir.

L’obéissance de la foi nous oblige dans toutes les situations de la vie, y compris dans celles où il est le plus difficile d’accomplir ce que Dieu nous demande. En dernière analyse, l’obéissance de la foi peut exiger le martyre. Dans sa lettre encyclique Veritatis splendor, « Sur quelques questions fondamentales de l’enseignement moral de l’Eglise », du 6 août 1993, le vénérable Pape Jean-Paul II nous a enseigné qu’il ne peut y avoir de compromission quant à l’obéissance à l’égard du Magistère moral :

« Même dans les situations les plus difficiles, l’homme doit observer les normes morales par obéissance aux saints commandements de Dieu et en conformité avec sa dignité personnelle. Assurément l’harmonie entre la liberté et la vérité demande parfois des sacrifices hors du commun et elle se conquiert à grand prix, ce qui peut aller jusqu’au martyre » (n° 102a).



(A suivre. Prochain chapitre : « Le Magistère et la vie publique. »)
Raymond Leo Burke



Archevêque émérite de Saint-Louis
Préfet du Tribunal suprême de la Signature apostolique


Compte tenu de l’autorisation personnelle qui m’a été donnée par Son Eminence, et de la nécessité d’aborder ce texte comme un ensemble cohérent, je prie mes confrères bloggueurs de bien vouloir respecter le copyright de cette traduction et de ne pas la « copier-coller » en tout ou en partie, en dehors des courtes citations que l’usage permet, mais de renvoyer vers ce blog (ici pour la cinquième partie) s’ils estiment le texte du cardinal Burke digne de l’intérêt de leurs lecteurs.
© leblogdejeannesmits (pour la traduction)

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