Conférence du cardinal Burke sur “L’antidote à la culture de mort” : 8e partie

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Voici la 8e partie de ma traduction de la conférence du cardinal Raymond Burke donnée à Rome en octobre dernier.


Tous les liens vers les neuf parties de cette conférence sont accessibles ici.

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L’Orthodoxie catholique : l’antidote contre la culture de mort (8)




Le bien commun et la promotion de la culture de vie


Enfin, pour faire progresser la culture de vie, nous devons être très clairs quant au sens objectif du bien commun. Le Concile œcuménique Vatican II a décrit le bien commun comme l’« ensemble de conditions sociales qui permettent, tant aux groupes qu’à chacun de leurs membres, d’atteindre leur perfection d’une façon plus totale et plus aisée » (Gaudium et Spes, « Sur l’Eglise dans le monde de ce temps », 7 décembre 1965, n° 26). L’accomplissement des individus et des sociétés ne se définit pas de manière subjective, par exemple par ceux qui sont au pouvoir. C’est l’accomplissement de ce qui est inscrit dans la nature même de l’homme, dans la nature elle-même. C’est l’accomplissement en vue duquel Dieu nous a créés et a créé notre monde, et non pas l’accomplissement qu’à un moment donné, nous pouvons trouver attrayant ou utile. Il est intéressant de noter que le mot anglais, fulfillment [« accomplissement » au sens de « remplir pleinement »], est la traduction du mot latin perfectio, c’est-à-dire la perfection de l’individu ou du groupe conforme à la nature et à la fin propres de l’homme.

Pour faire progresser la culture de vie, nous devons être très clairs quant à la nature objective du bien commun et de la perfection qui le rend possible. Tous ceux qui emploient le terme ne comprennent pas sa vraie signification. Un théologien catholique européen bien connu, en commentant le discours inaugural du président des Etats-Unis, Barack Obama, à l’université Notre Dame le 17 mai 2009, déclarait :

« De fait, le discours à l’Université Notre Dame paraît parsemée de références prises au sein de la tradition chrétienne. On voit par exemple une expression qui revient fréquemment, common ground  (« terrain commun ») qui correspond à un concept fondamental de la doctrine sociale de l’Eglise, celui du bien commun. » (Georges Cottier, O.P., « La politica, la morale e il peccato originale », 30 Giorni, 2009, n° 5, p.33.)

Le bien commun fait référence à une perfection objective qui n’est pas définie par le commun accord de certains d’entre nous. Le bien commun est défini par la création elle-même telle qu’elle est sortie de la main du Créateur. Non seulement la notion de terrain commun ne correspond pas à la réalité du bien commun, elle peut bien constituer son antithèse, par exemple si la société d’un commun accord accepte comme bon pour la société ce qui est, en réalité, toujours et partout mauvais.

Pour reprendre les paroles du pape Benoît XVI, le bien commun est « le bien du “nous-tous”, constitué d’individus, de familles et de groupes intermédiaires qui forment une communauté sociale » (Caritas in veritate, n° 7). Le bien commun répond aux « besoins réels de notre prochain » ; « Tout chrétien est appelé à vivre cette charité, selon sa vocation et selon ses possibilités d’influence au service de la polis » (Caritas in veritate, n° 7). Benoît XVI nous console et nous exhorte à aller de l’avant dans la recherche du bien commun :

« L’amour de Dieu nous appelle à sortir de ce qui est limité et non définitif ; il nous donne le courage d’agir et de persévérer dans la recherche du bien de tous, même s’il ne se réalise pas immédiatement, même si ce que nous-mêmes, les autorités politiques, ainsi que les acteurs économiques réussissons à faire est toujours inférieur à ce à quoi nous aspirons. Dieu nous donne la force de lutter et de souffrir par amour du bien commun, parce qu’Il est notre Tout, notre plus grande espérance » (Caritas in veritate, n° 78).








(Suite et fin demain, avec la publication de la conclusion.)
Raymond Leo Burke




Archevêque émérite de Saint-Louis
Préfet du Tribunal suprême de la Signature apostolique


Compte tenu de l’autorisation personnelle qui m’a été donnée par Son Eminence, et de la nécessité d’aborder ce texte comme un ensemble cohérent, je prie mes confrères bloggueurs de bien vouloir respecter le copyright de cette traduction et de ne pas la « copier-coller » en tout ou en partie, en dehors des courtes citations que l’usage permet, mais de renvoyer vers ce blog (ici pour la huitième partie) s’ils estiment le texte du cardinal Burke digne de l’intérêt de leurs lecteurs.
© leblogdejeannesmits (pour la traduction)

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