Euthanasie et maladies dégénératives : comment la terreur s’installe

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Le « prêcheur » pro-euthanasie australien, le Dr Philip Nitschke, partisan de la présence de la « pilule de Drion » dans les armoires à pharmacie des personnes âgées pour qu’elles puissent mourir à leur convenance, a tenu ce mois-ci une réunion publique suivie d’un séminaire à huis-clos dans la ville australienne de Bendigo. L’un des thèmes principaux était le suivant :

« Faire des choix dans le contexte d’Alzheimer et de la démence. »


Le bon docteur Nitschke veut attirer l’attention sur le fait que les patients qui en souffrent se voient limités dans leurs choix – notamment celui de mourir – et souligner qu’à l’heure actuelle en Australie, l’euthanasie pratiquée sur une personne qui en souffre risquera davantage d’être qualifiée de « meurtre ».

Signalons (car cela ne manque pas de sel) que le séminaire à huis-clos à ce propos était réservé aux plus de 50 ans en pleine possession de leurs moyens intellectuels.

L’excellent site sur l’euthanasie Careful, du réseau australien MercatorNet, commentait hier le nouveau « cirque Nitschke » qui a pris les routes en Australie en expliquant qu’il annonce une « gestion stratégique par la terreur » de la question de la démence.

Nitschke, souligne l’auteur  de l’article, Paul Russell, ne cherche nullement à soulager les malades d’Alzheimer et les personnes âgées démentes, mais à faire du marketing en s’appuyant sur l’une de nos plus grandes peurs ; que nous soyons nous-mêmes un jour victimes de ces maladies dégénératives. « Il se focalise sur nos peurs naturelles et cela relève de la démographie : il vise un auditoire qui a le plus de chances d’acheter ce qu’il propose à la vente. » Laisser piquer les vieux incapables de prendre des décisions eux-mêmes : il s’agit d’aggraver encore un peu la proposition de légalisation de l’euthanasie en cours dans le South Australia…


Philip Russell s’interroge aussi sur l’interdiction faite aux moins de 50 ans d’assister au séminaire. Sans doute, imagine-t-il, pour éviter à Nitschke de se voir chasser de Bendigo comme un vulgaire marchand d’huile de vipère… Mais aussi :

« Et quid de notre jeunesse ? Que pensons-nous qu’il arrive dans les esprits d’adolescents en pleine incertitude lorsqu’ils entendent le message qui sonne clairement dans le boniment de Nitschke selon lequel certaines personnes auraient avantage à être mortes ? Dans l’Oregon, après la légalisation du suicide assisté par médecin, les suicides par d’autres méthodes ont augmenté au lieu de diminuer, contrairement à ce qui avait été prédit. (…)


« Pensez-y. Si l’euthanasie et le suicide assisté sont légaux, pensez-vous vraiment que les traitements excellents, mais souvent chers et parfois chronophages qui sont actuellement disponibles constitueront réellement une option si une solution moins chère et plus facile existe ? Certes, peut-être que personne de votre connaissance serait assez dur pour suggérer à un parent malade que la mort serait une meilleure solution, mais de manière subtile, dans ces circonstances-là, les gens peuvent en venir à penser qu’ils ont le devoir de mourir. C’était là sans aucun doute l’opinion de la baronne britannique Lady Warnock qui osa, il y a quelques années, annoncer à une assemblée de personnes en phase précoce de démence qu’elles faisaient peser une pression inacceptable sur les comptes publics et qu’elles avaient le “devoir de mourir”. Ce sont l’euthanasie et le suicide assisté qui limitent les choix, et non Alzheimer ou la démence.


« Nos vieillards, ceux qui son fragiles, les handicapés ont le droit de savoir qu’ils seront toujours soignés, et non tués. »


Je rappelle qu’aux Pays-Bas, l’euthanasie des personnes en voie de devenir démentes entre doucement dans les mœurs et est approuvée par la commission de suivi et de contrôle des actes euthanasiques. J’en parlais dès l’an dernier ici, je montrais la progression ici, et donnais un exemple frappant (mais il concerne un Britannique « suicidé » en Suisse, ici.

© leblogdejeannesmits.

1 comment

  1. Anonymous

    il va falloir rehabiliter les dignitaires nazi.
    je crois me souvenir que ces gens avaient déja organisé l'assassinat des vieux,déments et autres »associaux.

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