Harry Potter : une interview de Michael O’Brien (5)

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Retour sur Harry Potter (5)

J’ai commencé la semaine dernière la publication d’une très intéressante interview exclusive de l’auteur catholique bien connu, Michael O’Brien (auteur de Père Elijah) publiée par LifeSite, il y a quelques jours. Elle revient sur le phénomène Harry Potter à l’occasion de la sortie du film qui clôt l’adaptation cinématographique des sept volumes de la série. O’Brien a consacré un livre au phénomène et a réitéré ses critiques ces jours-ci, et s’est trouvé – comme tous ceux qui osent dénoncer les dangers de la série – sous le feu roulant des critiques. Il répond ici aux objections qu’on lui oppose. Je remercie LifeSite pour l’autorisation de traduire et de présenter cette interview au public francophone à travers mon blog. Les propos de Michael O’Brien ont été recueillis par Steve Jalsevac. Le premier épisode a paru ici. Le deuxième est ici. Le troisième est . Le quatrième est .




S. J. — On a pu vous objecter : « Rien n’est tout blanc ou tout noir, il faut être extrêmement épais pour rejeter toute référence à la magie. »


M. O’B. — Je ne suis pas en train de rejeter quelque référence que ce soit à la magie. Non, je crois que la magie est réelle, dans la mesure où les esprits mauvais peuvent assister à l’exercice de l’art de la magie et de la sorcellerie et d’autres activités occultes, et peuvent sembler donner à celui qui les pratique des pouvoirs plus élevés. Le monde de Potter parvient très bien à donner un impact dramatique énorme à cet effet de la magie, avec beaucoup d’étincelles et de flashes et de récompenses émotionnelles. Malgré cela, il propose aux lecteurs un univers très plat, habillé au moyen d’une redéfinition surchargée de ce qui est blanc et de ce qui est noir, ce qui est en haut et ce qui est en bas.

La véritable guerre dans les cieux et sur la terre a une puissance dramatique bien plus grande. L’un des problèmes de la série des Potter est qu’elle nous donne un message faussé à propos de la vraie nature de cette guerre. Les amoureux du monde de Potter recherchent en réalité, et d’une manière tristement limitée, une sorte de pseudo-transcendance. On voit s’exercer dans l’histoire des pouvoirs préternaturels qui sont parfois prodigieux, mais ce sont des pouvoirs dont tous les écrivains fantastiques chrétiens, comme Tolkien et C.S. Lewis, ont montré qu’ils étaient destructeurs s’ils étaient laissés entre des mains humaines. Dans l’univers réel, au milieu du drame immense que nous vivons, les pouvoirs qui appartiennent légitimement à l’homme sont du domaine des vertus et du caractère, et lorsqu’ils s’exercent en toute humilité, ils conduisent à la rédemption. Dans le monde de Potter, la rédemption du monde advient par l’acquisition de connaissances secrètes et par ce qui conduit à parfaire les pouvoirs surnaturels, sans jamais vraiment développer de manière significative le caractère ou les vertus que nous pouvons voir si clairement chez les héros de Tolkien et de Lewis.

S. J. — Nous sommes trop affaiblis pour gérer de tels pouvoirs sans succomber à l’orgueil, je présume…


M. O’B. — Oui, notre orgueil est vraiment à la racine de cela. En même temps, nous sommes trompés et nous nous trompons nous-mêmes par lui.


S. J. —Un article de John Granger dans Christianity Today annonçait : « Harry Potter est là pour longtemps. » L’avez-vous lu ?


M. O’B.— Je ne l’ai pas vu ; mais j’ai débattu avec M. Granger à la radio et à la télévision plusieurs fois, je connais donc son argumentaire.

S. J. — Pouvez-vous nous dire rapidement en quoi ses arguments pourraient bien être faussés, tels que vous les voyez ?


M. O’B.— Je ne sais pas exactement ce qu’il a affirmé dans cet article. Cependant, dans son livre et ses articles il voit dans la série des Harry Potter une métaphore chrétienne. Cela résulte d’une lecture totalement superficielle de la série, très sélective en ce qui concerne certains détails, et de la mise de côté d’une quantité impressionnante de détails qui contredisent les valeurs positives et l’utilisation occasionnelle de symboles chrétiens.

Granger, tout comme nombre de chrétiens pro-Potter, se met en quatre pour trouver les bons points qui rachèteraient ces livres profondément désordonnés ; et bien évidemment dans une série qui compte plus de 4.200 pages, il y aura forcément des détails qui apporteront du poids à ses arguments, bien que cela exige de fermer les yeux dans une certains mesure sur les autres dimensions du livre.

Nous sommes tous immergés dans une révolution culturelle, qui a une influence sans précédent en raison du pouvoir des nouveau médias sur l’esprit et sur les émotions. Si nous espérons pouvoir juger correctement les vagues à venir de l’assimilation culturelle il nous faudra développer des dons de discernement qui ont été endormis depuis trop de temps au fond de nous. Il nous faut d’abord nous demander quel genre de messages la culture contemporaine nous délivre à propos de la nature du bien et du mal, et comment résister au mal ? Si ces messages sont faux, pourquoi les consommons-nous aussi avidement et avec une loyauté si belliqueuse ? Ces questions, nous les négligeons à nos risques et périls.

(à suivre)
© leblogdejeannesmits pour la traduction

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