La pilule associée à un risque plus élevé d’infection par le VIH du sida

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La pilule, et plus largement les moyens contraceptifs hormonaux seraient associés à un risque plus important d’infection par le virus du sida, aussi bien chez les femmes que chez les hommes, au terme d’une analyse par observation d’un échantillon randomisé de couples dont l’un des partenaires était infecté par le virus de l’immunodéficience humaine et l’autre non, en Afrique subsaharienne.

L’étude, publiée en ligne par The Lancet Infectious Diseases, estime que le risque d’infection est près deux fois plus élevé pour une femme séronégative d’être infectée par son partenaire lorsqu’elle utilise un contraceptif hormonal que pour les femmes ayant recours à une autre méthode contraceptive ou n’en utilisant aucune, selon Jared Beaten et autre de l’Université de Washington à Seattle. Cette étude souligne aussi pour la première fois qu’un homme séronégatif dont la partenaire est infectée encourt un risque accru d’infection si la femme en question utilise un contraceptif hormonal – en l’occurrence, un contraceptif de longue durée, une injection de medroxyprogesterone acetate, plus utilisée dans les 7 pays africains que les contraceptifs oraux, où un total de 3.790 couples séro-discordants ont été suivis au cours de deux études longitudinales distinctes portant sur environ une ou deux années.

L’infection des femmes séronégatives au début de l’étude a atteint 6,61 pour 100 personnes/an chez les utilisatrices de contraceptifs hormonaux contre 3,78 pour 100 personnes/an chez celles qui n’en utilisaient pas (étude sur 1.314 couples).

Chez les hommes séronégatifs au début de l’étude les taux d’infections se sont établis respectivement à 2,61 sur 100 personnes/an et 1,51 sur 100 personnes/an selon que la femme avait recours ou non à un contraceptif hormonal (étude sur 2.476 couples).

Dans les deux cas, le risque associé aux contraceptifs oraux (pilule) n’a pas été considéré comme significatif, quoique augmenté.

Les auteurs de l’étude relativisent ces observations en notant que relativement peu de personnes dans la zone étudiée sont sous contraceptifs hormonaux et que relativement peu de personnes ont été infectées ; ils ajoutent que d’autres facteurs ont pu jouer.

Il n’empêche qu’au chapitre de l’interprétation des données les auteurs recommandent que les femmes soient mises en garde par rapport au risque accru de transmission du sida, prônant la « double protection » du préservatif et le choix de méthodes non-hormonale ou à faible dosage hormonal pour les femmes infectées ou exposées au VIH.

L’étude a été financée par le National Institute of Health américain et par la Fondation Bill & Melinda Gates.

© leblogdejeannesmits.

1 comment

  1. P.Le Carpentier

    Je vous conseille de lire;
    « Amère Pilule »
    Vous apprendrez tellement de chose, sur le côté négatif de ce type de contraception, que vous n'en reviendrez pas!
    Cela va des enfants hyperactifs, à la multiplication des cancers de tous genre et j'en passe.

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