La pilule contraceptive modifie le cerveau

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La mémoire des femmes sous pilule contraceptive fonctionne différemment de celles qui n’avalent pas quotidiennement des hormones pour éviter de tomber enceintes. C’est le résultat étonnant d’une étude menée à l’Université de Californie Irvine (UCI) par la chercheuse Shawn Nielsen. Sous contraception, elles se rappellent les grandes lignes d’un événement ayant un impact émotionnel, mais pas les détails : les femmes sans contraception s’en souviennent mieux.

« Il n’existe qu’une poignée d’études portant sur les effets cognitifs de la pilule, alors que plus de 100 millions de femmes l’utilisent dans le monde », souligne la chercheuse. Son constat, ajoute-t-elle, ne signifie pas que la mémoire est abîmée en cas d’utilisation de la contraception hormonale : « C’est un changement par rapport au type d’informations retenues, et non un déficit. »

Voire.

L’expérience a consisté à montrer à deux groupes de femmes, les unes sous contraception hormonale, les autres ayant des cycles hormonaux normaux, des photos d’une femme, de son fils et d’un accident de voiture. L’histoire audio associée avait des variantes ; dans chaque groupe, on expliquait à certaines femmes  que la voiture avait heurté un trottoir, à d’autres que la voiture avait heurté le garçon, causant des blessures potentiellement mortelles.

Une semaine plus tard, les femmes ont été soumises à une interrogation surprise pour raconter ce dont elles se souvenaient. Celles sous contraceptifs – fût-ce depuis un mois seulement – se sont mieux souvenues des grandes lignes de l’événement : par exemple comment le garçon avait été emmené en urgence à l’hopital et comment les médecins avaient tout fait pour lui sauver la vie et rattacher ses deux pieds sectionnés dans l’accident.

Les femmes sans contraceptifs hormonaux se sont rappelé davantage de détails, comme la présence d’une  bouche d’incendie près de la voiture.

Shawn Nielsen, qui a travaillé ici avec un spécialiste du « sexe de la mémoire », Larry Cahill, observe que les différences ne sont pas étonnantes dans la mesure où la pilule inhibe des hormones sexuelles comme les œstrogènes ou le progestérone pour empêcher une grossesse : hormones que Cahill a lié à la forte mémoire « cerveau gauche » des femmes. Un fait qui pourrait expliquer la plus grande exposition des femmes au syndrome post-traumatique, quel qu’il soit. Les hommes, eux, ont une mémoire plus « cerveau droit » qui permet de retenir les faits saillants d’un événement et non les détails.

La modification cognitive met en évidence l’importance des effets de la pilule sur le corps féminin et aussi sur son esprit. Est-ce « mieux » d’avoir une mémoire qui fonctionne de telle ou telle façon ? Le fait est que ces différences apparaissent comme constitutives de la complémentarité des sexes, et qu’à jouer avec les hormones on bouleverse quelque chose qui pourrait bien avoir une importance dans la vie des femmes et leurs relations.

Leur cerveau en est réellement modifié, puisqu’il fonctionne – et donc se « programme » – différemment.

Je ne résiste pas au plaisir de rappeler ici ce qui fait partie des nouveaux programmes officiels de SVT de Première depuis cette rentrée :

« Hormis quelques rares régions du cerveau (hypothalamus), les différences anatomiques et physiologiques dues à l’influence des hormones sexuelles entre les cerveaux masculin et féminin ne sont pas plus importantes que les différences entre individus de même sexe. »


Une fois de plus, l’Education nationale a du retard…

© leblogdejeannesmits.

1 comment

  1. Anne Charlotte LUNDI

    Amère Pilule…
    de Ellen Grant – Préface de Lucien Israël & Henri Joyeux
     » 1968, c'est l'arrivée de la pilule dans notre pays, synonyme de libération de la femme.
    Des millions de femmes deviennent consommatrices pour avoir, enfin, seulement les enfants qu'elles désirent.
    1988, le Dr Ellen Grant, gynécologue véritable apôtre de la contraception hormonale, sonne le tocsin avec son livre  » Bitter Pill « .
    Elle dénonce les dangers de phlébite, d'accidents vasculaires cérébraux, d'infarctus du coeur chez des femmes jeunes, de cancers du sein et de l'utérus: « Prenez-la le moins longtemps possible! »

    Ce livre est courageusement préfacé par le Professeur Lucien Israël qui confirme la mise en garde.

    Mais, désinformation oblige, aucun grand média ne reprend l'information.
    Les directeurs de magazines féminins refusent de la diffuser jusqu'au jour où plusieurs de leurs collaboratrices très jeunes sont atteintes de cancer du sein.
    Le nombre de nouveaux cas de femmes atteintes de cancer du sein ne cesse de croître.
    En 1975, 7 000 cas sont découverts.
    En 2008 nous en sommes certainement à 53000 nouveaux cas, découverts chez des femmes de plus en plus jeunes.
    2011, le livre du Dr Ellen Grant n'a pas pris une ride.
    Toutes ses données scientifiques ont été confirmées.
    Ce qu'écrivait le Professeur Lucien Israël dans sa préface est devenue réalité. La pilule est vraiment dangereuse pour la santé! Même mini-dosée « 
    Sur Livres en Famille:
    http://www.livresenfamille.fr/p2674-ellen_grant_amere_pilule.html

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