Mgr Chaput plaide pour le soutien aux médias catholiques

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Je vous propose ci-dessous ma traduction de l’allocution de Mgr Charles Chaput, ancien archevêque de Denver, archevêque désigné du prestigieux diocèse de Philadelphie, aux Etats-Unis, faite à Madrid à un groupe de jeunes Américains au cours d’une session sur la liberté religieuse organisée par les « Knights of Columbus ». Il y a là des expressions (à propos d’un « droit » à l’athéisme, une liberté religieuse sans nuances, la démocratie, le pluralisme) qui seront certainement matière à discussion. Je n’ai pas voulu couper dans le texte, mais le donner tel qu’il est. Il me semble particulièrement important – à la journaliste que je suis – en ce qu’il souligne le devoir de s’informer, de résister à la désinformation ambiante en soutenant, matériellement, les médias catholiques – journaux, sites, blogs – soucieux de présenter la vérité à propos de la foi et de gagner des âmes au Christ.


Bien entendu Mgr Chaput cite des journaux et agences anglophones. Je vous laisse transposer sa liste en titres francophones…


Vous trouverez certainement dans ce texte d’autres éléments à retenir. J’en ai souligné quelques-uns en gras.




Les JMJ et la liberté religieuse

Je voudrais commencer en vous racontant une histoire.

Il était une fois une étudiante dans l’une des plus anciennes universités du monde. Elle a fait une pause dans son travail pour rendre visite à la chapelle catholique sur le campus. Tandis qu’elle s’y tenait en silence – priant pour un parent malade, ou tentant de calmer sa tension avant un examen – la chapelle s’emplit soudainement de bruit. Quelque soixante-dix condisciples s’engouffrèrent en masse dans le lieu en scandant des slogans anti-chrétiens. Ils hurlaient des obscénités contre l’Eglise et des insultes contre le Pape.

Deux femmes issues de cette foule grimpèrent sur l’autel. Puis – comme le raconte l’étudiante venue prier – ces femmes arrachèrent leurs t-shirts en se vantant de leurs tendances homosexuelles. La jeune étudiante catholique, et quelques autres, quittèrent la chapelle, apeurées.

On tend à penser à l’Espagne comme à un pays catholique. Mais cet exemple de sectarisme anti-catholique s’est produit ici-même, dans cette ville magnifique, à l’université Complutense de Madrid. Et cela n’a pas eu lieu dans les années 1930, ni même dans les années 1960. Le fait s’est produit au début de cette année : en mars 2011. Donc, c’est aujourd’hui le bon jour pour parler de liberté religieuse. Et Madrid est un bon endroit pour le faire.

La liberté religieuse signifie de pouvoir rendre librement le culte de notre choix. C’est aussi la liberté de prêcher, d’enseigner, et de pratiquer notre foi ouvertement et sans crainte. Mais c’est encore davantage. La liberté religieuse concerne le droit des croyants, des chefs et des communautés religieuses de prendre vigoureusement part à la vie publique.

La liberté de religion suppose deux choses.

Premièrement, la « liberté de religion » suppose que les êtres humains disposent de leur libre arbitre comme faisant partie de leur dignité humaine fondamentale. Et parce qu’ils peuvent raisonner et choisir librement, ils seront souvent en désaccord sur la nature de Dieu et le meilleur chemin pour le connaître. Certaines personnes choisiront de ne pas croire en Dieu du tout – et ils ont un droit à leur incrédulité.

Deuxièmement, la « liberté de religion » suppose que les questions à propos de Dieu, de l’éternité et du but de la vie humaine sont véritablement d’une importance vitale pour le bonheur des hommes. Et par conséquent, les gens doivent avoir la liberté de rechercher et de vivre pleinement les réponses qu’ils trouvent à ces questions fondamentales, sans l’immixtion du gouvernement.

La liberté de religion ne peut coexister avec une liberté qui serait une absence de religion. Le fait d’écarter de force la foi religieuse de la sphère publique d’une nation et de ses débats publics ne sert pas la démocratie. Cela ne sert ni la tolérance ni le pluralisme véritables. Mais aboutit au contraire à imposer une sorte d’athéisme d’Etat officieux. Pour le dire autrement, si nous empêchons les Eglises chrétiennes ou d’autres communautés religieuses de prendre une part active à la vie civique de notre nation, nous imposons en réalité une nouvelle forme d’intolérance sponsorisée par l’Etat : une religion sans Dieu.

Le degré de liberté religieuse dont jouissent les hommes dépend de l’endroit où ils vivent. Quelque 70 % de la population mondiale vit dans des pays qui restreignent sévèrement le droit de pratiquer la religion. Cette réalité déplaisante n’a fait que s’aggraver.

Le soi-disant « Printemps arabe » qui a eu lieu cette année a reçu une couverture médiatique importante. Mais peu a été dit du fait que les troubles dans les pays musulmans ont également créé une situation très dangereuse pour les chrétiens et les autres minorités religieuses en Afrique du Nord et au Proche Orient. En Egypte, des foules en colère ont attaqué des églises et des monastères chrétiens, réduits à rien par les flammes, en tuant les personnes qui étaient à l’intérieur. Les chrétiens ont fui en grand nombre les violences antichrétiennes en Irak, en Syrie et en Tunisie. En Arabie Saoudite, il est illégal de posséder une Bible ou de porter une croix. Au Pakistan, les chrétiens subissent fréquemment la persécution, la calomnie, les coups, et même la mort.

Nous devons aussi nous rappeler que la liberté religieuse n’est pas seulement assiégée dans des endroits comme la Chine, la Corée du Nord, et bien des pays musulmans. Elle est également menacée dans les environnements traditionnellement libres comme le sont les Etats-Unis et l’Union européenne. La foule de jeunes brutes qui faisaient de l’intimidation en violant la chapelle de l’Université Complutense ne sont pas isolés dans leur haine de l’Eglise catholique et des croyants.

Aux Etats-Unis, nos batailles à propos de l’avortement, de la vie de famille, du « mariage » homosexuel et d’autres questions sensibles ont provoqué des calomnies publiques féroces et des menaces de procès non seulement envers les catholiques, mais aussi contre les mormons, les évangéliques et les croyants d’autres dénominations. Et à peu d’exceptions près, les médias ont eu tendance à recouvrir ces questions sensibles d’un manteau tissé d’ignorance, de paresse et de parti-pris à l’encontre de la foi chrétienne traditionnelle.

Voilà la réalité dont vous hériterez en tant qu’adultes. Vous devez comprendre que l’Eglise est votre famille de foi ; et que l’Eglise – comme le dit un jour le bienheureux Jean-Paul II – est engagée dans une lutte pour l’âme du monde. Chacun d’entre vous, et chaque autre jeune femme ou jeune homme qui appartient au Christ, devra faire face à l’opposition, au ressentiment, et même à la persécution de la part du monde contemporain. Et cela signifie que vous devez vous préparer à être de bons apologistes : des défenseurs compétents de votre foi.

Nous nous trompons gravement si nous nous fions à des médias comme le New York Times, Newsweek, CNN ou MSNBC pour obtenir des informations fiables à propos de la religion. Ces médias d’information ne fournissent tout simplement pas une information digne de confiance à propos de la foi religieuse – et parfois ils ne peuvent tout simplement le faire, que ce soit en raison de ressources limitées ou en raison de leurs propres préjugés éditoriaux. Il s’agit d’opérations sécularistes dont l’objectif est le profit. Ils ont très peu de sympathie pour la foi catholique, et une bonne dose de scepticisme agressif à l’égard de n’importe quelle communauté religieuse qui affirme prêcher et enseigner la vérité de Dieu.

Alors à qui faire confiance ? Où aller chercher des informations fiables et des discussions intelligentes à propos de votre foi catholique ?

Eh bin, vous pouvez venir aux JMJ – mais cela, vous l’avez déjà fait. Par chance, vous vivez en un monde qui dispose de médias d’information radicalement nouvelles. Vous disposez de plus de choix médiatiques, et de davantage de manières d’y avoir accès, que j’aurais pu seulement imaginer à votre âge.

Beaucoup de ces choix incluent des médias catholiques exceptionnels comme la Catholic News Agency, EWTN, le National Catholic Register, Our Sunday Visitor, Salt and Light et le Catholic News service ; et puis il y a les blogs catholiques, les sites internet et les radio catholiques par satellite. Soutenez ces médias et encouragez leur bon travail pour l’Eglise. Visitez leurs sites internet. « Aimez »-les sur Facebook. Suivez leurs mises à jours sur Twitter. Ces excellentes sources médiatiques nourriront et approfondiront votre foi d’une manière dont les gros médias publiques sont incapables.

Je conclurai avec cette dernière pensée : nous ne pouvons pas changer la direction du monde nous-mêmes, ou tous seuls. Mais ce n’est pas non plus notre boulot. Notre boulot – et spécialement votre boulot en tant que jeunes leaders – est de laisser Dieu nous changer, et alors, à travers nous, Dieu changera les autres, et le monde. Nous gagnons le monde en gagnant une âme à la fois à Jésus et à son Eglise, en commençant par nous-mêmes. Nous gagnons l’avenir en commençant ici et maintenant, en ce temps qui nous est donné ensemble.

Ignorer le monde est un luxe que nous ne pouvons pas nous offrir. N’être pas informé sur le monde, ses problèmes et ses difficultés est un péché contre notre vocation de disciples. Aimez Jésus-Christ comme votre Seigneur et votre Frère. Aimez l’Eglise comme votre Mère. Connaissez votre foi, connaissez le monde et ses difficultés – et puis ouvrez vos cœurs. Laissez Dieu vous utiliser pour amener d’autres personnes vers la Rédemption que Dieu veut pour chacun de nous.

Mgr Charles Chaput

© leblogdejeannesmits pour la traduction.

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