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Mgr Schneider sur Amoris laetitia: « certaines affirmations apparaissent difficiles à interpréter selon la doctrine traditionnelle de l´Église »

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Mgr Schneider s’est exprimé sur Amoris laetitia. Nous reproduisons de larges extraits de son texte, traduit par Jeanne Smits. (Comme le souligne la traductrice, il s’agit d’une « traduction française autorisée »; nous répondons à son invitation tendant à une large diffusion par le présent article.) L’évêque auxiliaire d’Astana reconnaît de véritables problèmes dans l’exhortation apostolique du pape François. Le prélat affirme clairement qu’« il est incontestable que certaines affirmations apparaissent difficiles à interpréter selon la doctrine traditionnelle de  l’Église ».

Certaines affirmations d’Amoris Laetitia sont objectivement sujettes à de mauvaises interprétations

Notre Saint Père le pape François nous a tous invités à apporter notre propre contribution à la réflexion et au dialogue, concernant les délicates questions du mariage et de la famille. « La réflexion des pasteurs et des théologiens, si elle est fidèle à l’Église, si elle est honnête, réaliste et créative, nous aidera à trouver davantage de clarté » (AL, § 2).

En analysant avec honnêteté intellectuelle le texte de l’exhortation apostolique il est incontestable que certaines affirmations apparaissent difficiles à interpréter selon la doctrine traditionnelle de l´Église. Cela s´explique par l´absence d’une référence concrète et explicite à la doctrine et à la pratique constantes de l´Église, fondées sur la Parole de Dieu, et rappelées par le pape Jean Paul II : « L’Eglise, cependant, réaffirme sa discipline, fondée sur l’Ecriture Sainte, selon laquelle elle ne peut admettre à la communion eucharistique les divorcés remariés. Ils se sont rendus eux-mêmes incapables d’y être admis car leur état et leur condition de vie sont en contradiction objective avec la communion d’amour entre le Christ et l’Eglise, telle qu’elle s’exprime et est rendue présente dans l’Eucharistie. Il y a par ailleurs un autre motif pastoral particulier : si l’on admettait ces personnes à l’Eucharistie, les fidèles seraient induits en erreur et comprendraient mal la doctrine de l’Eglise concernant l’indissolubilité du mariage. La réconciliation par le sacrement de pénitence – qui ouvrirait la voie au sacrement de l’Eucharistie – ne peut être accordée qu’à ceux qui […] sont sincèrement disposés à une forme de vie qui ne soit plus en contradiction avec l’indissolubilité du mariage. Cela implique concrètement que … ils prennent l’engagement de vivre en complète continence, c’est-à-dire en s’abstenant des actes réservés aux époux » (Familiaris consortio, § 84).

Si Mgr Schneider reconnaît qu’aucune législation générale n’a été établie, il cite les passages d’Amoris laetitia qui affirment « que dans une situation particulière il n’y a pas de faute grave » (§ 336) et qu’il est possible de recevoir « l’aide de l’Église », et ce « dans une situation objective de péché », mais qui ne serait pas subjectivement imputable totalement ou partiellement (§ 305):

Le pape François n´a pas établi : « une nouvelle législation générale du genre canonique, applicable à tous les cas » (AL, § 300). Cependant il déclare au § 336 : « Pas davantage en ce qui concerne la discipline sacramentelle, étant donné que le discernement peut reconnaître que dans une situation particulière il n’y a pas de faute grave ». Se référant évidemment aux divorcés remariés le pape affirme au § 305 : « à cause des conditionnements ou des facteurs atténuants, il est possible que, dans une situation objective de péché – qui n’est pas subjectivement imputable ou qui ne l’est pas pleinement – l’on puisse vivre dans la grâce de Dieu, qu’on puisse aimer, et qu’on puisse également grandir dans la vie de la grâce et dans la charité, en recevant à cet effet l’aide de l’Église ». Dans la note 351 le pape précise son affirmation affirmant que : « Dans certains cas, il peut s’agir aussi de l’aide des sacrements. »

Mgr Schneider cite également un autre passage d’Amoris laetitia qui procède à un contresens en citant de façon erroné un passage de Gaudium et spes:

Dans le même chapitre VIII de l´exhortation,  § 298, le Pape parle des « divorcés engagés dans une nouvelle union … avec de nouveaux enfants, avec une fidélité prouvée, un don de soi généreux, un engagement chrétien, la conscience de l’irrégularité de sa propre situation et une grande difficulté à faire marche arrière sans sentir en conscience qu’on commet de nouvelles fautes. L’Église reconnaît des situations où l’homme et la femme ne peuvent pas, pour de graves motifs – par exemple l’éducation des enfants -, remplir l’obligation de la séparation ». Le pape cite dans la note 329 la constitution pastorale Gaudium et spes du Concile Vatican II d’une manière malheureusement incorrecte, puisque le concile se réfère dans ce texte uniquement au mariage chrétien valide. L´application de cette affirmation aux divorcés remariés peut donner l´impression qu´on assimile, non pas en théorie mais en pratique, une union de divorcés au mariage valide.

L’auteur pointe les omissions d’Amoris laetitia, à commencer par l’oubli des principes formulés par Familiaris consortio et Veritatis splendor:

L´admission des divorcés-remariées à la Sainte Communion et ses conséquences

Malheureusement Amoris Laetitia est dépourvue de références littérales aux principes de la doctrine morale de l´Eglise tels qu´ils ont été formulés dans le § 84 de l´Exhortation Apostolique Familiaris consortio et dans l´encyclique Veritatis splendor du pape Jean Paul II, notamment sur les sujets suivants qui sont d´une importance capitale: « le choix fondamental » (Veritatis splendor, §§ 67-68), « péché mortel et péché véniel » (ibid., §§ 69-70), « proportionnalisme, conséquentialisme »  (ibid., § 75), « le martyre et les normes morales universelles et immuables » (ibid., §§ 91ss.). Toutefois une citation littérale au § 84 de Familiaris consortio ou de certaines affirmations plus marquantes de Veritatis splendor rendrait l´exhortation invulnérable à des interprétations hétérodoxes. Des allusions générales aux principes moraux et à la doctrine de l´Eglise sont totalement insuffisantes dans une matière controversée à la fois si importante et si délicate.

Mais ce sont les dangereuses conclusions auxquelles peuvent conduire l’exhortation apostolique Amoris et laetitia que l’évêque relève: la violation du sixième commandement. Citons juste une phrase qui peut résumer ces conséquences:« la violation permanente, consciente et libre du sixième commandement de Dieu ainsi que de la sacralité et de l´indissolubilité du premier mariage valide, dans le cas de divorcés-remariés, ne serait plus alors toujours un péché grave, c´est à dire une opposition directe à la volonté de Dieu. »

Des membres du clergé et même de l´épiscopat affirment déjà que selon l´esprit du chapitre VIII d’Amoris Laetitia il n’est pas exclu que dans certains cas exceptionnels les divorcés-remariés puissent être admis à la Sainte Communion sans qu’il leur ait été demandé de vivre en continence parfaite.

Si l’on admet une telle interprétation de la lettre et de l´esprit de l’exhortation il est alors logique, par honnêteté intellectuelle et selon le principe de non-contradiction, d’accepter les conclusions suivantes :

Le sixième commandement de Dieu interdisant tout acte sexuel en dehors d´un mariage valide, ne serait plus universellement valable car il admettrait alors des exceptions. En l’occurrence les divorcés-remariés pourraient légitimement pratiquer l´acte conjugal et y seraient même encouragés afin de conserver la « fidélité » mutuelle, cf. AL, § 298. Il y aurait donc une « fidélité » dans un style de vie directement contraire à la volonté expresse de Dieu. Malheureusement il se trouve qu’encourager et légitimer des actes qui sont en eux-mêmes et en tous temps contraires à la volonté de Dieu irait contre la Révélation Divine.

La parole Divine du Christ : « Que l’homme donc ne sépare point ce que Dieu a uni » (Mt 19, 6) ne serait plus alors valide pour toujours et pour tous les époux sans exception.

Il deviendrait possible dans certains cas particuliers de recevoir le sacrement de la Pénitence et la Sainte Communion avec l´intention de continuer à violer directement les commandements divins : « Tu ne commettras point d’adultère » (Ex 20, 14) et : « Que l’homme donc ne sépare point ce que Dieu a uni. » (Mt 19, 6; Gen 2, 24)

L´observance de ces commandements et de la Parole de Dieu ne serait plus en ce cas que théorique et non pas pratique, conduisant les divorcés-remariés à vivre d’illusions : « Mettez la parole de Dieu en pratique et ne vous contentez pas de l’écouter, ce serait vous illusionner. » (Jacques 1, 22) On pourrait donc parfaitement croire intellectuellement au caractère divin du sixième commandement et à l´indissolubilité du mariage sans toutefois poser les actes correspondants.

La Parole Divine du Christ : « Celui qui répudie sa femme et qui en épouse une autre, commet un adultère à son égard ; et si une femme quitte son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère » (Mc 10, 12) n´aurait plus de portée universelle, mais admettrait des exceptions.

La violation permanente, consciente et libre du sixième commandement de Dieu ainsi que de la sacralité et de l´indissolubilité du premier mariage valide, dans le cas de divorcés-remariés, ne serait plus alors toujours un péché grave, c´est à dire une opposition directe à la volonté de Dieu.

Il pourrait exister des cas de violation grave, permanente, consciente et libre d´un des autres commandements de Dieu (par exemple la corruption financière), dans lesquels on pourrait accorder à la personne incriminée l`accès aux sacrements, en fonction de circonstances atténuantes, sans lui demander une sincère résolution d´éviter désormais les actes de péché et le scandale.

Le pérenne et infaillible enseignement de l´Église ne serait plus universellement valide, notamment celui confirmé par le pape Jean Paul II dans Familiaris consortio, § 84 et par le pape Benoit XVI dans Sacramentum caritatis, § 29, selon lequel les divorcés-remariés ne peuvent recevoir les sacrements que s’ils vivent dans la continence parfaite.

L´observation du sixième commandement de Dieu et de l´indissolubilité du mariage serait un idéal qui ne serait pas accessible à tous, mais en quelque sorte réservé à une élite.

Les paroles intransigeantes du Christ qui commandent aux hommes d´observer les commandements de Dieu, toujours et en toutes circonstances même parfois au prix de souffrances considérables, c´est à dire en acceptant la Croix, ne seraient plus valides. Or nous lisons dans l’Ecriture : « Si ta main droite est pour toi une occasion de chute, coupe la et jette-la loin de toi ; car il est avantageux pour toi qu’un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier n’aille pas dans la géhenne. »  (Mt 5, 30)

Admettre des couples en « union irrégulière » à la Sainte Communion et leur permettre de pratiquer les actes qui sont réservés aux époux dans le cadre d’un mariage valide, équivaudrait à usurper un pouvoir, qui n’appartient à aucune autorité humaine, car il s´agirait, ni plus ni moins, que de prétendre corriger la Parole de Dieu même.

 Source: Le blog de Jeanne Smits.

23 comments

  1. Rebecca

    Notre Pape utilise le regard et l’écoute intérieur …. Il va au-delà des apparences et du contexte . Ses paroles viennent de son propre coeur à coeur avec le BonDieu ; inspiré par les longues heures d’adoration, de contemplation de notre Seigneur, il nous invite à revêtir les sentiments du Christ .
    « Que l’homme ne sépare point ce que Dieu a uni  » Si nous suivons votre raisonnement encore faudrait-il que ce soit bien Dieu qui les ait uni ! Soyons honnête ! Combien d’entre tous se sont mariés pour faire la volonté de Dieu ?
    « Les fidèles risquent de mal comprendre la doctrine de l’Eglise …  » ce n’est pas l’Eglise que nous sommes appelés à comprendre, écouter et mettre en pratique … Ni même les saints ! C’est uniquement le Christ, son action dans l’Eglise et dans la vie des saints … Et même dans notre propre vie à l’exemple de Marie : « Marie gardait tous ces evennements et les méditait dans son coeur »
    Les exigences du Christ ? : Faire la Volonté du Père, aimer son frère comme soi même … Sommes nous prêts à aller communier où nous confesser pour celui ou celle qui n’est pas en mesure de le faire ? Notre offrande en esprit et en vérité, Dieu, lui même, s’en servirai . Et oui, nous aurons peut être d’avantage de souffrance … Mais quelle joie de participer à la moisson ! Quelle joie de revêtir les sentiments du Christ ! Quelle joie de demeurer dans la confiance(en Dieu) !
    Si le Pape François me demandait mon avis je dirais le parrainage, ou plutôt le « fraternage  » .

  2. Votre texte est trop révérencieux, du genre: « vous me permettrai, cher confrère, en tout respect, de diverger , quelque peu, de certaines de vos affirmations, que j’ai , peut être mal comprises, de votre torchon papal. »

    Soyez donc direct et vrai, comme ce Jésus que vous citez.

    La question est de savoir ce que les petites brebis du Seigneur, dont je fais partie doivent faire lorsque un pape à la poigne de feu est hérétique; comment communier des mains d’un clergé qui vit dans le péché en compagnie d’hommes et de femmes qui crachent au visage du Fils-de-Dieu-Sauveur en qui nous croyons et que nous aimons ??????????

    A

  3. Votre texte est trop révérencieux, du genre: « vous me permettrai, cher confrère, en tout respect, de diverger , quelque peu, de certaines de vos affirmations, que j’ai , peut être mal comprises, de votre torchon papal. »

    Soyez donc direct et vrai, comme ce Jésus que vous citez.

    La question est de savoir ce que les petites brebis du Seigneur, dont je fais partie doivent faire lorsque un pape à la poigne de feu est hérétique; comment communier des mains d’un clergé qui vit dans le péché en compagnie d’hommes et de femmes qui crachent au visage du Fils-de-Dieu-Sauveur en qui nous croyons et que nous aimons ??????????

    Qu’est-ce que vous entendez faire, continuer, comme si de rien était ou casser la baraque ?????

    • toto

      @Pierre Faucher
      Et bien commencez vous-même à casser la baraque à votre niveau de brebis et nous attendrons pour voir les résultats…Mgr Schneider sera ravi de voir vos résultats et de suivre votre exemple…

      • toto,

        Je commence déjà à m’assumer en m’exprimant ouvertement son mon nom contrairement à vous qui vous cachez sous un pseudonyme.

        Votre ironie est fort déplacée de la part de quelqu’un qui se présente comme un guide de la vrai foi.

        • toto

          « à vous qui vous cachez sous un pseudonyme. » Cela change quoi? Il ne faut faire acception de personne. Ce qui compte, c’est ce qui est dit, le sens de ce qui est dit, pas la personne qui le dit. Et qui me dit que votre nom est bien le vrai et pas celui de votre grand père paternel ou de votre voisin de palier?
          toto, c’est l’idiot du village, ce n’est pas choisi au hasard…

  4. jpr

    Amoris Laetitia traduit moins la véritable miséricorde divine que l’accoutumance au péché de nos sociétés qui infecte aussi une église plus soucieuse de l’image qu’elle donne d’elle-même que de la Vérité : le Fils de Dieu s’est fait homme pour libérer les hommes du péché et de sa conséquence qui est la mort.
    A la suite de mai 68, de trop nombreux prêtres ont oublié la véritable nature du péché : un infernal esclavage.
    Avec Amoris Laetitia, le pape François, plutôt que de montrer un visage de miséricorde, montre celui d’une complaisance, complaisance coupable puisque, se moquant du pêcheur, l’on renonce, par le relativisme, à lui présenter le chemin de sa libération intérieure. Pire, par le même relativisme, on décourage ceux qui ont eu jusqu’à présent le courage, contre vents et marées, de rester fidèles.

    • Robert

      Amoris Laetitia , l’exhortation apostolique est le magistère ordinaire universel du souverain Pontife !
      De ce fait , préservé par le Dogme de l’infaillibilité pontificale ( assiste par le Saint Esprit ) de toute erreur !

      • toto

        @Robert et autres infaillibilistes:
        « L’infaillibilité ne joue que dans des conditions très restrictives. Il faut que le pape s’exprime comme pasteur universel : est donc exclue la prise de position sur des problèmes particuliers. Il faut ensuite qu’il engage explicitement l’autorité apostolique du pape, celle qu’il détient comme successeur de Pierre : sont ainsi exclues les prises de position personnelles et les enseignements de circonstance, même très officiels comme les encycliques. Enfin, il faut que les « définitions » touchent à la foi et aux mœurs : sont ainsi exclues les questions politiques, ce que redoutaient les gouvernements de l’époque. »
        Croire que Vatican I a institué une infaillibilité automatique dès qu’un pape ouvre la bouche n’est pas catholique. D’ailleurs il est piquant de constater que ceux qui pratiquent cette erreur deviennent soit papolâtres, soit sédévacantistes.
        Les premiers dogmatisent « Laudato si » (« enseignement de circonstance sur le faux réchauffement climatique »), « Amoris Laetitia » (enseignement de circonstance sur les pécheurs publics en mal de reconnaissance ecclésiale) etc et veulent les imposer à tous, les seconds, puisque le pape ne peut pas dire de conneries, en déduisent qu’il n’est pas pape. Les deux attitudes montrent un esprit totalitaire. Pierre a renié le Seigneur TROIS fois.

        • Robert

          Oui ,

          1) ex cathedra , depuis la chaire de St Pierre , le St Siège à Rome .
          2) pasteur universel = qui oblige l’église universel = Amoris Laetitia est pour l’église universelle
          3) la Foi et moeur ou moral
          4 ) avec attention d’obliger = l’exhortation apostolique

          Amoris Laetitia est un document du magistère ordinaire Universel à l’église Universelle !
          Depuis la chaire de St Pierre = ex cathedra
          Qui concerne la morale ( les moeurs ) !
          Du souverain Pontife , Pasteur Universel de la Ste Eglise Catholique Romaine !

          De facto qui est sous la protection de l’infaillibilité Pontificale dite négative .préservé de toute erreur
          Au meme titre qu’une encyclique d’un souverain Pontifes ou un décret d’excommunication .

          Nous sommes obligés par la foi catholique à croire toutes les choses que contient la Parole de Dieu, Écriture ou Tradition, et que l’Église propose à la foi comme divinement solonnelle, mais encore par son magistère ordinaire universel.
          (Pie XII, Décret du Saint-Office excommuniant le R.P. Leonard Feeney S.J., Document Pontificaux de Sa Sainteté Pie XII, 1953, p.63)

          CONSTITUTION DOGMATIQUE « Dei Filius », CHAPITRE III, De la Foi. Pape Pie IX 1870
          « Or, on doit croire d’une foi divine et catholique tout ce qui est contenu dans les saintes Écritures et dans la tradition, et tout ce qui est proposé par l’Église comme vérité divinement révélée, soit par un jugement solennel, (Ex cathedra) soit par son magistère ordinaire et universel. »
          IIIe SESSION DU CONCILE ŒCUMÉNIQUE DU VATICAN. PIE, ÉVÊQUE, SERVITEUR DES SERVITEURS DE DIEU. Le saint Concile approuvant, en perpétuel souvenir.(base du canon 1323.1)

  5. toto

    Quelle clarté de pensée et de doctrine qui s’exprime par des propos nets et précis chez Mgr Schneider.
    Quelle confusion et brouillard dans les propos du pape. Comment est donc sa pensée?

  6. Gershom Leibowicz

    Les évêques docteurs de la loi.
    Encore un évêque qui veut enfermer la parole de Dieu dans un corpus de règles et de normes. Encore un évêque pour qui l’Evangile n’est qu’un prétexte à l’affirmation de la prééminence d’une doctrine idolâtrée comme le faisaient les docteurs de la loi que fustigeait Jésus. Tout le discours de Jésus refuse le légalisme et l’auto justification .Il suffit de commettre l’adultère en pensée pour offenser Dieu , il n’y a plus d’autojustification possible, nous ne sommes jamais en règle avec Dieu. Personne n’est en situation régulière, nous sommes tous en situation irrégulière à fortiori lorsque nous nous contentons de respecter les prescriptions légales. A la place du légalisme Jésus instaure le respect la volonté de Dieu qui ne peut pas se réduire à une norme morale; la volonté de Dieu c’est l’amour du prochain envers lequel nous sommes toujours en dette.

    Encore un évêque qui préfère le cadre rassurant de la doctrine trop humaine au souffle de l’Esprit que nul ne peut maitriser. Encore un évêque qui méprise l’Evangile.

    L’exégèse juridicisante de cet évêque constitue une insulte à la parole de Dieu.

    • toto

      @Gershom Leibowicz
      Si je vous comprends bien, Jésus qui est le fondateur de l’Eglise hiérarchique, se serait moqué de nous. Et que l’Eglise ne sert à rien puisque chacun peut vivre comme il veut. Jésus n’a pas viré le grand prêtre du siège de Moïse, ni les pharisiens du Sanhédrin, il a dit aux Juifs faites ce qu’ils vous disent (légalisme), pas ce qu’ils font (manque de charité): il a fondé SON Eglise avec les promesses de l’assistance du St Esprit.
      La volonté de Dieu c’est que nous l’aimions, l’amour du prochain est une conséquence. Et Jésus (qui est le Fils de Dieu) a dit: « celui qui m’aime, garde mes commandements ». On ne peut pas dissocier le respect des commandements et l’amour de Dieu. Les pharisiens n’aimaient qu’eux-mêmes et dissociaient les commandements de l’amour dû à Dieu. Si l’amour du prochain vous mène à violer les commandements, alors votre amour du prochain est faux.

    • Réponse à Gershom Leibowicz
      Vous dites : « ; la volonté de Dieu c’est l’amour du prochain envers lequel nous sommes toujours en dette. »
      Certes ; mais Jésus a pris le soin de définir la Vérité de l’Amour : Aimer « comme lui ».
      Jésus a-t-il aimé en paroles déconnectées des ses actes et en particulier de son acte principal, Sa Passion.
      Celle-ci nous a montré le tragique vrai de la vie humaine étroitement lié au drame fondamental de son Créateur. Jésus est venu nous affranchir du péché ; non pas en l’autorisant par l’effet d’une Miséricorde inconditionnelle ; mais en réaffirmant, au contraire l’aspect fondamentalement conditionnel de Sa Miséricorde. N’a-t-il pas envoyé ses disciples prêcher par toute la terre un baptême d’adhésion et de fidélité à son enseignement ? (voir Mt 28, 18 à 20).
      Jésus n’était pas formaliste ; il était formateur.
      Le Pape, expression de l’Église que le Rédempteur a fondée pour le prolonger, peut-il être « déformateur » de ce que jésus a pris la peine de définir clairement pour que les hommes ne s’égarent pas et ne se leurrent pas sur la vérité de l’amour selon Dieu ?
      Il en va du salut des hommes ; ça n’est pas rien !
      Le Grand Prêtre, le Pape de l’ancien testament était lui aussi « infaillible ». Il n’a fait que ne pas accepter la vérité de Jésus. L’Église en serait-elle là ?
      Et cela vous satisferait ?

    • @ Bourgeois
      Tout le monde de part son baptême a reçu l’Esprit Saint. Et même lorsqu’on fait l’onction d’huile dans le rite complémentaire du baptême, on déclare que la personne devient prêtre, roi et prophète. Le Saint Esprit n’est donc pas l’exclusivité du pape tout seul, ni des évêques, ni des prêtres. Il souffle pour tous équitablement. En plus, l’Esprit Saint n’entrera jamais en contradiction avec lui même, lui qui est la parole de Dieu. Il reste toujours cohérent. C’est donc absurde de dire qu’il faut s’ouvrir aux surprises de l’Esprit Saint, alors que ce même Esprit Saint en Jésus Christ a été bien claire et précis dans ses déclarations, notamment sur la question du remariage. Tout se passe comme si nous avons à faire trois dieux qui évoluent chacun de son côté, pouvant contredire l’un ou l’autre. Or il n’y a qu’un seul Dieu. En trois personne certes, mais un Dieu seulement. Allez donc contre ce que Dieu a dit n’est pas s’ouvrir à ses surprises, mais désobéir à sa volonté

      • @ Guillaume,
        Excusez-moi d’avoir magné l’ironie. Je ne disais pas le contraire de ce que vous dites.
        Je voulais dire, dramatiquement, que la réaction de monseigneur Schneider laisserait le Pape complètement indifférent. Il n’aura pour réponse que silence et mépris.
        La loi, c’est lui.
        Son exhortation a induit un schisme de fait entre ceux qui iront dans le sens des progressistes modernistes et ceux qui n’appliqueront pas l’ouverture à la déviance. Il le sait très bien. Qu’en a-t-il à faire ? Vous croyez qu’il s’est trompé et qu’il peut le réaliser et se rétracter ?
        Il s’accommode de tout; alors pourquoi pas d’une opposition, quelle qu’elle soit !
        N’oubliez pas, il rend tout le monde « compatible » Ce sera également le cas de ses opposants.
        Il applique simplement le proverbe : « Tout fait farine, au moulin »
        Même les « tradis » y passeront. Un détail piquant : Monseigneur Schneider s’est fait l’agent de la réintégration de la fraternité Saint Pie X dans le girons de l’Eglise, à la demande du Pape. Innocemment, à votre avis ?
        La grande religion syncrétique qu’ils (François et le Saint Esprit) nous concoctent ne s’embarrassera pas de si peu.

  7. Gershom Leibowicz

    à Toto

    merci de me répondre sur le fond.

    Jésus n’a pas institué l’Eglise hiérarchique telle que nous la connaissons. Celle ci est une construction théologique à postériori à partir du mandat confié à Pierre d’être le responsable de la première communauté. Le concile de Jérusalem a bien montré les divergences qui existaient entre la communauté de Jacques et celle de Pierre sur la question de la circoncision et qui n’ont pas été résolues par la voie hiérarchique.

    L’Eglise joue un rôle essentiel: nous rappeler en permanence que s’il existe des règles et des normes , choses nécessaires, le respect de celles ci est tout à fait insuffisant pour nous accorder au plan de Dieu pour sa création. Le respect de la loi ne nous dédouanne pas de notre obligation à nous convertir en permanence.Il ne s’agit plus de respecter une loi, il s’agit d’axer radicalement toute sa vie sur Dieu. Ne pas idolâtrer la doctrine ne veut pas dire que chacun peut vivre comme il veut, bien au contraire , cela signifie que ce que Dieu attend de nous est beaucoup plus exigeant que le simple et rassurant respect de la norme.

    L’amour du prochain n’est pas une conséquence de l’amour de Dieu , c’est sa condition même . L’amour du prochain C’EST l’amour de Dieu.(cf La parabole du bon samaritain , Saint Paul). C’est bien là tout le sens de l’incarnation. Le seul commandement est l’amour de Dieu ET l’amour du prochain qui lui est semblable (Matthieu 22, 37-39) L’amour du prochain ne peut pas être faux puisque l’amour du prochain et l’amour de Dieu sont équivalents.
    C’est bien là toute la nouveauté scandaleuse aux yeux de paiens , du Christianisme. Le Dieu de jésus Christ n’est pas un Dieu grec qui ne descend pas de son Olympe et que l’on adore en se conformant à des règles sensées l’attendrir.Le Dieu de Jésus Christ s’est fait homme et c’est en aimant l’homme que l’on aime Dieu.

    Mais l’incarnation et ses conséquences sont encore des idées neuves y compris dans l’église ,tant notre besoin d’un Dieu juge et lointain , notre besoin de religion au sens paien du terme est ancré en nous.

    Voilà à quoi sert l’Eglise : convertir notre besoin de religion en foi, en permanence

    • toto

      Je réponds sur le fond: vous niez l’assistance du St Esprit promise par Jésus à ses apôtres et bien entendu à leurs successeurs.

  8. gesrshom leibowicz

    à Toto

    Non seulement je crois à l’assistance du Saint Esprit promise par Jésus à Pierre et à ses apôtres mais je crois avec Saint Paulin de Nole que cette assistance bénéficie à tous les baptisés.( d’ou la justification du rôle du sensus communis fidelium et la notion de réception dans la gouvernance de l’Eglise)
    Par contre la reconnaissance de cette assistance ne peut relever d’une approche magique , mais bien d’un discernement concret et rigoureux qu’il s’agisse des clercs comme des simples baptisés.

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