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Appel lancé aux jeunes catholiques syriens à ne pas migrer

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Malgré les appels à l’accueil, à l’ouverture des frontières, l’indignation a ses limites, car cette démarche a aussi comme danger de vider certains pays de leur population. On peut se demander si les évêques occidentaux ne sont pas des… prophètes de malheur ! On prend ainsi le risque d’entretenir une stratégie de désespoir. Il faut rappeler qu’un pays qui connaît des difficultés n’est pas forcément un pays dévasté de fond en comble, ni même un champ total de ruines. La Syrie est aussi un pays qui connaît des territoires épargnés par la guerre, et on peut dire que, de fait, toute une zone reste sanctuarisée. Outre le sud, la partie « utile » de la Syrie comprend également un territoire qui va de Tartous à Lattaquié, en passant par Homs. Les chrétiens de Syrie veulent rester et sont fiers d’affirmer qu’ils sont des syriens à part entière, comme c’est, par exemple, le cas à Maaloula, qui se repeuple tranquillement. On comprend que le patriarche Grégoire III Laham estime que « la question centrale n’est pas de prendre et de donner des abris aux réfugiés, mais d’arrêter le conflit. » À cet égard, le règlement de la situation politique syrienne est, sauf exceptions, assez peu souligné. Pourtant, il est indispensable. L’irresponsabilité migratoire reste un traitement purement compassionnel. Dans une lettre ouverte aux jeunes catholiques syriens, le patriarche melkite met en garde contre le « tsunami » de  l’émigration. Sans formellement prohiber les départs, le patriarche appelle les jeunes à la patience et à la confiance. Par ailleurs, il déclare aussi la volonté de l’Église grecque-catholique « d’aider les familles qui retournent dans les villages qui ont été détruits mais qui sont maintenant pacifiés en leur donnant enfin une maison dans laquelle ils peuvent repartir à nouveau, pour reprendre graduellement la vie qu’ils avaient quittée ». Un appel lucide qui mérite d’être relayé. Le patriarche a souvent appelé les chrétiens à ne pas émigrer, comme ce fut le cas en décembre 2013. Saluons cette lucidité épiscopale: on regrette qu’elle ne soit pas davantage répandue. Il faut aider les chrétiens d’Orient, et, au-delà, tous les syriens à rester dans leur pays. Là est l’audace et la vraie responsabilité.

3 comments

  1. Françoise

    Nous sommes heureux de savoir que certaines paries de la Syrie ne sont pas rongées par le cancer et que des habitants, dont des chrétiens, peuvent y rester ou y retourner.

  2. em

    Bien sûr qu’il faut que les forces vives restent au pays. Il faut que les hommes prennent conscience que c’est à eux de défendre leur peuple même au risque de perdre la vie.
    Il faut surtout que les pays chrétiens leur viennent en aide sur place chez eux et leur fournissent des armes.
    A quoi va servir de déplacer des populations entières hors de leur pays d’origine ?
    L’Europe a subi des guerres, les peuples se sont battus sur place pour défendre leur pays, leurs familles, leurs biens. Tout n’a pas été sauvé, il y a eu de nombreux drames et des morts par milliers mais cela a mérité à leurs héritiers de conserver leur patrie et de pouvoir la transmettre à leur fils.
    Quel dommage que nos dirigeants actuels soient des traites à leur peuple et peu enclins à aider les chrétiens persécutés en Orient.
    Pauvre France qui n’est plus la Fille Aînée de l’Eglise ni l’Educatrice des peuples !

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