Culture de Vie : l’Eglise catholique applaudit le président Bush

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Le 11 janvier dernier, la Chambre des représentants (députés) du 110ème Congrès des États-Unis, adoptait, par 253 voix contre 174, une loi de crédit
budgétaire autorisant l’utilisation de cellules souches prélevées sur des embryons humains, donc entraînant leur destruction.
Sitôt le résultat du vote connu, Richard Doerflinger, directeur-adjoint au secrétariat des affaires pro-Vie de la United States Conference of Catholic Bishops
(USCCB), la conférence des évêques américains, dénonçait, dans un communiqué le « vote de ce jour de la Chambre [qui] va obliger tous les contribuables à financer une
recherche sur les cellules souches, impliquant la destruction d’embryons humains »
, alors qu’il en existe une autre qui ne détruit aucun embryon humain puisqu’elle peut se mener sur des
cellules souches adultes, le placenta ou le cordon ombilical du nouveau-né. Ces dernières recherches ont abouti a des résultats curatifs spectaculaires, alors que les premières n’ont rien donné
à ce jour.

Mes lecteurs qui pourraient être – comme je l’étais encore voici peu – relativement ignorant des institutions américains, seront heureux de savoir que, pour être ratifiée automatiquement par le
Président des États-Unis, une loi doit être votée par les deux-tiers des membres du Sénat et de la Chambre des représentants. Ces derniers auraient donc du se trouver au nombre de 289 pour
obliger la signature du chef de l’exécutif [1]. Le compte n’y était pas, mais rien n’oblige le Président de s’y soumettre. D’où le rappel de Richard Doerflinger que « comme
cela s’est déjà produit, le président Bush s’est engagé à mettre son veto à une telle loi erronée et contraire à l’éthique »
. Mais le fera-t-il ?

Le 1er février, 36 sénateurs (soit plus du tiers du Sénat) demandaient « respectueusement » au Président « d’adresser une lettre aux Présidents du Sénat et de la Chambre,
réaffirmant [ses] fortes convictions de politique pro-Vie et leur notifiant [qu’il mettra son veto] à toute loi affaiblissant l’actuelle politique por-Vie »
.


La décision de George W. Bush tardant à se manifester, à la fin du mois suivant, le 30 mars, 166 députés (soit plus du tiers de la Chambre) pressaient le Président « de
s’engager publiquement à mettre son veto à toute loi de crédit budgétaire »
visant à « utiliser l’argent du contribuable pour financer des choses auxquelles s’opposent les Américains
pro-Vie »
.

Le 11 avril, la proposition arrivait au Sénat qui l’adoptait par 63 voix contre 34. Le président Bush faisait immédiatement savoir qu’il
opposerait son veto.

Dans deux lettres au contenu identique expédiées le 3 mai respectivement à Nancy Pelosi, Présidente démocrate de la Chambre de représentants et à Harry Reid,
Président démocrate du Sénat, le Président Bush déclarait : « J’estime que le devoir le plus fondamental d’un Gouvernement est de protéger l’innocent. Ayant cela à l’esprit, je mettrai mon
veto à toute loi susceptibles d’affaiblir les lois et décisions fédérales relatives à l’avortement, ou d’encourager la destruction de la vie humaine à toutes ses étapes [ …] Je vous écrits pour
qu’il ne subsiste aucun doute ou malentendu sur ma position quant à ces problèmes importants ».

Dès le lendemain, l’archevêque de Philadelphie, le cardinal Justin Rigali, président du comité des activités pro-Vie de l’USCCB faisait paraître un communiqué
enthousiaste : « J’applaudis le Président Bush pour sa lettre d’hier aux Présidents des deux chambres, s’engageant à mettre son veto à toute loi qui affaiblirait ou
annulerait les lois et les décisions qui protègent la vie humaine innoncente. Je fais pareillement bon accueil aux deux lettres signées par 34 sénateurs et 155 députés [2] s’engageant à
soutenir de tels vetos [ …] Ces engagements nous permettent d’être sûrs que pour le reste du terme de cette administration et de ce Congrès, les Américains n’auront pas à craindre que le
gouvernement fédéral poursuive d’autres voies qui les contraindraient à être impliqués dans le financement gouvernemental de l’avortement, des programmes coercitifs de contrôle démographique à
l’étranger, ou de la destruction d’embryons humains. Au lieu de cela, nous devrions travailler tous ensemble à développer le respect pour la vie humaine lorsqu’elle est le plus sans défense, à
soutenir les femmes et les familles confrontées à des grossesses non désirées, ou à prendre soin des membres de nos familles atteints par l’âge, la maladie ou le handicap »
.
Heureux Américains…

[1] La Chambre des représentants issue du renouvellement des élections de mi-mandat (mid-term elections) de novembre dernier, se compose au 22 avril de 232 députés
démocrates et de 201 députés républicains (2 sièges demeurant non pourvus).
[2] Ces deux chiffres (34 et 155) qui figurent dans le communiqué du cardinal Rigali et dans d’autres commentaires, sont curieux, car j’ai sous les yeux la photocopie des deux
lettres originales du Sénat et de la Chambre avec les listes de signataires que j’ai comptés et recomptés. Je maintiens mes chiffres : 36 et 166. De toutes les manières et dans toutes les
configurations, on se trouve au-delà du tiers fatidique.

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