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Le pape François sur la FSSPX: « Il ne m’a jamais dit que la Fraternité Saint-Pie X était dans l’erreur »

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Le journal Présent (8 novembre 2014) a donné un entretien très intéressant avec l’abbé Bouchacourt, supérieur du district de France de la Fraternité Saint Pie X.  L’abbé Bouchacourt, naguère supérieur de la FSSPX en Amérique du Sud, évoque ses souvenirs avec l’archevêque de Buenos-Aires, le futur pape François.  Dans l’extrait que nous reproduisons, l’abbé Bouchacourt affirme notamment de celui qui allait devenir le pape François: « il ne m’a jamais dit que la Fraternité Saint-Pie X était dans l’erreur. »Affirmation significative dans la mesure où quelques évêques seraient tentés par un excès de zèle, notamment sur la situation canonique de la FSSPX… À ce jour, il faut rappeler que les autorités romaines n’ont jamais considéré la FSSPX comme étant schismatique et/ou hérétique. Cela va toujours mieux en le disant. Dans ce même entretien, l’abbé Bouchacourt met en garde contre la « sinistrose » qui peut gagner certains traditionalistes.

(…) je reconnais qu’il a été gentil et complaisant. C’est sa manière d’agir : il faut « cheminer avec ceux qui ne sont pas en pleine communion », car c’est ainsi qu’il nous voit. Cheminer vers où ? On n’en sait rien. Il ne m’a jamais dit que la Fraternité Saint-Pie X était dans l’erreur.

— Mais on sait au moins qu’il la connaît. Dans quelles dispositions le sentez-vous vis-à-vis de la Fraternité ? Le pensez-vous capable de régler au mieux sa situation ?

— Je n’en sais rien.

— Vous ne dites pas non.

— Réellement, j’en doute vraiment. C’est un pasteur avant tout, les problèmes doctrinaux lui paraissent secondaires. Et puis, il aime déconcerter.

— Avez-vous une réaction au sujet du film Chemin de croix, qui « dénonce l’intégrisme catholique » de la Fraternité Saint-Pie X ?

— Une fois de plus, ce sont les catholiques que l’on attaque. Une société qui n’a plus la foi tourne en ridicule toute certitude – celle bien sûr que l’on peut tourner en ridicule sans crainte de réactions.

— Ces attaques ne sont-elles pas décourageantes ?

— Il me paraît primordial que nous, catholiques, nous nous gardions de la sinistrose même si la crise que traverse l’Eglise paraît s’éterniser. Nous avons la grâce d’avoir la foi, et nous avons Dieu avec nous comme nous l’a rappelé notre Supérieur Général Mgr Fellay à Lourdes. Bien sûr, le temps de Dieu n’est pas le nôtre, et cela nous déroute parfois. Mais le Christ sera vainqueur, restons-en persuadés. Cette certitude doit nourrir notre espérance.

 

13 comments

  1. La Fraternité Saint Pie X est, à mon avis pleinement catholique sauf sur un point quand même essentiel : comment peut-elle rejeter le Concile Vatican II alors que celui-ci a été approuvé et promulgué par le Pape qui détient le pouvoir accordé à Pierre par le Christ ? Cela me semble contradictoire et incohérent dans la mesure où elle accepte le dogme catholique que le Pape est infaillible. Il y a là une formidable contradiction de sa part.

    • Courivaud

      Il n’ y a pas de contradiction « formidable » dans la position actuelle défendue par la Fraternité saint Pie X. En effet, les actes approuvés par les pères conciliaires contiennent à la fois des éléments du dogme que l’on ne fait que rappeler et des éléments qui ne sont pas le dogme, mais une pastorale pure et simple. Cette dernière n’a rien d’infaillible et a passablement contredit le dogme dans les faits et pourtant, Paul VI et ses successeurs ont voulu considérer cette pastorale comme une vérité que l’on ne saurait contester. C’est là que réside cette contradiction, source de dangereuses ambiguïtés et porte ouverte à de nouveaux abus. Des représentants actuels du synode tels que Mgr Kasper s’en sont bien rappelés, pour justifier notamment leurs « thèses » sur la nécessité d’assouplir la discipline appliquée au sacrement du mariage.
      à l’époque de la discussion des textes conciliaires, le « coetus internationalis » dont Mgr Lefebvre faisait partie avait émis des réserves sur cette manière de faire coexister des éléments du dogme et des éléments qui n’en sont pas et ce n’est pas une adoption de l’ensemble de ces textes conciliaires qui pouvait résoudre cette difficulté.
      Pour comprendre cette position qui n’est en rien contradictoire, on peut lire utilement ce qu’écrit notamment l’abbé Laurent Jestin dans un des derniers numéros de « Catholica », signalé à juste titre par Pierre Brun dans « Riposte catholique », le 16 octobre 2014.

  2. Sami

    Le Christ n’entre pas dans nos querelles, il le dit expressément à propos de l’héritage .
    Et puis, il a choisi ses apôtres pour que ceux-ci soient d’abord avec lui.
    C’est ensuite qu’il leur promet d’être avec eux jusqu’à la fin du monde.
    Ensuite, c’est à dire quand ils auront intégré la Bonne nouvelle.
    Quand ils auront appris à s’aimer les uns les autres comme il les a aimés.

  3. Courivaud

    Le titre de cet article est falacieux :

    – d’une part, le journaliste ne prend qu’un extrait « choisi » dont il pense tirer l’idée dominante de l’entretien, suggérant que François Ier n’est pas hostile à la Fraternité Saint Pie X ce qui n’est pas franchement exact

    – parce qu’il s’agit pour « Riposte catholique » de défendre le pape François envers et contre tout à un moment où des doutes de plus en plus autorisés se manifestent sur son mode de gouvernement dans l’Eglise (et il ne faut pas confondre l’individualité de l’actuel titulaire du siège de Saint-Pierre avec sa fonction et sa mission dans l’Eglise universelle : les papolâtres, hélas, font cette confusion).

    • Jean-Marie Vaas
      Author

      Il faudrait peut-être éviter les interprétations, les sur interprétations, comme s’il s’agissait de faire du billard à 50 bandes… Il s’agit peut-être de rappeler que les propos de celui qui était encore à Buenos-Aires contrastent avec des ceux de prélats tenus à l’égard de la FSSPX. A l’heure où certains ironisent sur son absence de statut canonique, la traitent comme une véritable communauté séparée, on peut rappeler que des hommes d’Eglise ont refusé d’y voir un mouvement schismatique ou hérétique. La réalité actuelle de l’Eglise oblige à la prudence. Quant à choisir un titre, il faut forcément sélectionner une phrase.

      • Courivaud

        Cher Monsieur,

        De toute façon, cela ne change pas grand chose comme l’a dit le supérieur général de la Fraternité saint Pie X. C’est ce que l’on doit déduire de l’entretien ENTIER qu’il fallait donner en intégralité pour être sûr de ne pas se tromper. Et ce n’est pas parce qu’un journal de langue portugaise donne ce titre fallacieux que l’on doive le reprendre tel quel.
        Désolé pour vous, je ne sais pas jouer au billard, avec ou sans bandes. En revanche, votre remarque sur le comportement exaspérant de ces hommes d’Eglise, que vous évoquez dans votre commentaire, est adéquate.

  4. Pingback: O PAPA FRANCISCO SOBRE A FSSPX: “ELE NUNCA ME DISSE QUE A FRATERNIDADE SÃO PIO X ESTAVA ERRADA” | Dominus Est

  5. winstersheim

    Constitution dogmatique « Pastor aeternus » — 1er concile du Vatican — 18 juillet 1870

    C’est pourquoi, nous attachant fidèlement à la tradition reçue dès l’origine de la foi chrétienne, pour la gloire de Dieu notre Sauveur, pour l’exaltation de la religion catholique et le salut des peuples chrétiens, avec l’approbation du saint Concile, nous enseignons et définissons comme un dogme révélé de Dieu: le Pontife romain, lorsqu’il parle ex cathedra, c’est-à-dire lorsque, remplissant sa charge de pasteur et de docteur de tous les chrétiens, il définit, en vertu de sa suprême autorité apostolique, qu’une doctrine sur la foi ou les mœurs doit être tenue par toute l’Église, jouit, par l’assistance divine à lui promise en la personne de saint Pierre, de cette infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu que fût pourvue son Église, lorsqu’elle définit la doctrine sur la foi et les mœurs. Par conséquent, ces définitions du Pontife romain sont irréformables par elles-mêmes et non en vertu du consentement de l’Église.
    Si quelqu’un, ce qu’à Dieu ne plaise, avait la présomption de contredire notre définition, qu’il soit anathème.

    La promulgation de Vatican II n’a pas été annoncée sous le pouvoir de l’infaillibilité Pontificale. La dernière fois fut en 1950 pour le dogme de l’Assomption par le Vénérable Pie XII.

    1er novembre – Reine de Tous les Saints – Pie XII proclame le dogme de l’Assomption (1950)
    « Après avoir très souvent adressé à Dieu nos supplications, invoqué la lumière de l’Esprit de vérité, pour la gloire du Dieu tout-puissant qui a répandu sur la Vierge Marie les largesses d’une bienveillance toute particulière, pour l’honneur de son Fils, Roi immortel des siècles et Vainqueur du péché et de la mort, pour une plus grande gloire de son auguste Mère et pour la joie et l’exultation de toute l’Eglise, par l’autorité de notre Seigneur Jésus-Christ, des bienheureux Apôtres Pierre et Paul et par notre propre autorité, nous affirmons, nous déclarons et nous définissons comme un dogme divinement révélé que : « l’Immaculée Mère de Dieu, Marie toujours vierge, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée en corps et en âme à la gloire céleste ». Par conséquent, si quelqu’un, ce qu’à Dieu ne plaise, osait volontairement mettre en doute ce qui a été défini par nous, qu’il sache qu’il a totalement abandonné la foi divine et catholique.»

  6. Ces 2 définitions dogmatiques sont joliment formulées, et le doute n’est pas permis qu’il s’agit bien de dogmes. Mais je me souviens avoir lu quelque part, un jour, qu’un document ultérieur du concile V1 devait compléter la Constitution dogmatique sur l’infaillibilité papale et préciser les conditions de son exercice car dire que c’est quand il parle « ex cathedra » ne nous avance pas beaucoup, car on peut toujours discuter du moment où c’est ex cathedra ou pas.
    Mais cette précision n’a pas été possible finalement puisque le Concile Vatican I a dû être ajourné sine die à cause de l’occupation des Etats pontificaux par les troupes piémontaises pour réaliser l’Unité italienne.
    A mon avis, cette précision sur l’exercice de l’infaillibilité du Pape sera faite le jour où sera réalisée l’unité des Chrétiens avec les Orthodoxes ( qui sont infiniment plus proches de nous, doctrinalement, que les Protestants ) car je ne doute pas un seul instant qu’une telle Unité ne peut se faire qu’autour du Pape, dont les Orthodoxes reconnaissent la primauté d’honneur (  » primus inter pares  » ).

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