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Mgr Schneider: « Il y a quelques espoirs pour une reconnaissance canonique de la Fraternité Saint-Pie X »

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C’est la traduction d’un long entretien avec Mgr Athanasius Schneider, paru sur le site Rorate Caeli, que Benoît et moi met à disposition des lecteurs. L’évêque auxiliaire d’Astana (Kazakhstan) aborde des questions comme le dernier synode romain sur la famille, la liturgie ou la Fraternité Saint-Pie X, le tout sur fond de crise de l’Église, dont les différents aspects sont soulignés.

Mgr Schneider a d’abord été interrogé sur le schisme: il met cette notion en rapport avec d’autres notions, comme celle d’incroyance:

Le schisme, selon la définition du Code de Droit Canonique n. 751, signifie: le refus de soumission au Suprême Pontife ou de communion avec ces membres de l’Église qui sont soumis au Suprême Pontife. Il faut distinguer le défaut dans la croyance ou hérésie, du schisme. Le défaut dans la croyance ou hérésie est en effet un péché plus grand que le schisme, comme l’a dit Saint Thomas d’Aquin « L’incroyance est un péché contre Dieu lui-même, selon qu’il est en lui-même la vérité première, sur laquelle s’appuie la foi. Le schisme au contraire s’oppose à l’unité de l’Église, qui est un bien moindre que Dieu lui-même. Il est donc évident que le péché d’incroyance est par son genre plus grave que le péché de schisme » (II-II, q. 39, a.2c).

La vraie crise de l’Église d’aujourd’hui consiste dans le phénomène croissant que ceux qui ne croient pas pleinement et ne professent pas l’intégralité de la foi catholique occupent souvent des positions stratégiques dans la vie de l’Église, comme professeurs de théologie, éducateurs dans les séminaires, supérieurs religieux, prêtres de paroisse et même évêques et cardinaux. Et ces personnes avec leur foi défectueuse se professent comme étant soumis au Pape.

Le sommet de la confusion et de l’absurdité se manifeste lorsque ces clercs semi-hérétiques accusent ceux qui défendent la pureté et l’intégrité de la foi catholique d’être contre le Pape – d’être d’une certaine manière schismatiques, d’après eux. Pour les simples catholiques au sein de l’Église, une telle situation de confusion est un vrai défi pour leur foi, dans l’indestructibilité de l’Église. Ils doivent garder forte l’intégrité de leur foi conformément aux vérités catholiques immuables, qui nous ont été transmises par nos ancêtres, que nous retrouvons dans le catéchisme traditionnel et les travaux des Pères et les Docteurs de l’Église.

Sur la Fraternité Saint-Pie X:

Lorsque quelqu’un ou quelque chose n’a pas d’importance, personne ne le craint. Ceux qui craignent la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X craignent finalement les éternelles vérités catholiques et ses exigences dans la sphère morale et liturgique.

Lorsque la FSSPX s’efforce de croire, pratiquer le culte et vivre moralement comme nos ancêtres et les Saints les plus connus l’ont fait pendant une période millénaire, alors il faut considérer la vie et l’œuvre de ces prêtres catholique de la FSSPX comme un don pour l’Église de nos jours – voire un des nombreux instruments que la Divine Providence utilise pour remédier à l’énormité de l’actuelle crise générale de la foi, de la moralité et de la liturgie au sein de l’Église.

 

Dans quelques secteurs de la FSSPX, il y a toutefois, comme c’est le cas dans toute société humaine, des personnalités excentriques. Elles ont une méthode et une attitude qui manque de justice et de charité et par conséquence du vrai « sentire cum ecclesia », et le danger existe d’une autocéphalie ecclésiale et d’être la dernière instance judiciaire dans l’Église. À ma connaissance, toutefois, la partie saine correspond à la plus grande partie de la FSSPX et je considère que leur Supérieur Général, Son Excellence Monseigneur Bernard Fellay, est un vrai Évêque catholique, et de façon exemplaire. Il y a quelques espoirs pour une reconnaissance canonique de la FSSPX.

Pour Mgr Schneider, la crise actuelle sur les questions conjugales et matrimoniales  découle de la crise de la foi et du relativisme doctrinal:

En réalité la vraie source de l’actuelle crise dans l’Église, la crise du mariage, de la famille et de la moralité en général n’est pas la réforme liturgique, mais le défaut de foi, le relativisme doctrinal, dont découle le relativisme moral et liturgique. Car si je crois d’une manière défectueuse, je vivrai une vie morale défectueuse et pratiquerai le culte d’une manière défectueuse, indifférente. Il est nécessaire de restaurer d’abord la clarté et la fermeté de la doctrine de la foi et de la morale à tous les niveaux, et de là, commencer à améliorer la liturgie. L’intégrité et la beauté de la foi exigent l’intégrité et la beauté de sa propre vie morale et cela exige l’intégrité et la beauté du culte public.

Une intéressante réflexion nous est donnée sur le « papo-centrisme » ou la « papolâtrie »:

Durant de nombreuses générations jusqu’à nos jours, une sorte de « papo-centrisme » ou de « papolâtrie » a régné dans la vie de l’Église, qui est sans doute excessive comparée avec la vision modérée et surnaturelle de la personne du Pape et de la vénération qui lui est due, qui était le propre des temps passés. Une telle attitude excessive envers la personne du Pape génère dans la pratique une signification théologique excessive et fausse en ce qui concerne le dogme de l’infaillibilité papale.

Si un Pape disait à l’Eglise entière de faire quelque chose qui endommagerait directement une vérité divine immuable ou un commandement divin, tout catholique aurait le droit le de le corriger, dans une forme dûment respectueuse, mu par la révérence et l’amour pour l’office sacré, et la personne du Pape. L’Église n’est pas une propriété privée du Pape. Le Pape ne peut pas dire « Je suis l’Église », comme le roi français Louis XIV qui affirma: « L’ État c’est moi ». Le Pape n’est que le Vicaire, pas le successeur du Christ.

Le souci de la pureté de la foi est finalement une question concernant tous les membres de l’Église, qui est une, et un unique corps vivant. Dans les temps anciens, avant de confier à quelqu’un l’office de prêtre ou d’évêque, il était demandé aux fidèles s’ils pouvaient garantir que le candidat avait la juste foi et une haute conduire morale. L’ancien Pontificale Romanum affirme: « Le capitaine d’un navire ainsi que ses passagers ont des raisons de se sentir en sécurité ou en danger dans un voyage, ils devraient donc être unanimes dans leurs intérêts communs. » C’est le Concile Vatican II qui encouragea grandement les fidèles laïques à contribuer au vrai bien de l’Église, au renforcement de la foi.

Je crois qu’à une époque où une grande partie des détenteurs de l’office du Magistère sont négligents dans leur devoir sacré, l’Esprit Saint appelle aujourd’hui, en particulier les fidèles, à intervenir et à défendre courageusement la foi catholique, avec un authentique « sentire cum ecclesia ».

Mgr Schneider précise également que « le pape n’est certainement pas la mesure la tradition »: il s’appuie sur plusieurs affirmations du concile Vatican I. Au passage, d’un point de vue ecclésiologique, cet aspect limitatif du pouvoir pontifical de ce concile reste encore assez peu souligné:

Le Pape n’est certainement pas la mesure de la tradition, bien au contraire. Nous devons toujours garder en mémoire l’enseignement dogmatique suivant du Concile Vatican I: l’office des successeurs de Pierre ne consiste pas à faire connaître quelque nouvelle doctrine, mais à sauvegarder et exposer fidèlement le dépôt de la foi transmis par les apôtres (voir Constitutio dogmatica Pastor æternus, chap. 4).

Dans l’accomplissement d’une de ses tâches plus importantes, le Pape doit œuvrer afin que « l’entier troupeau du Christ soit tenu à l’écart de l’aliment empoisonné de l’erreur » (Premier Concile Vatican, ibid.). L’expression suivante, qui était en usage depuis les premiers siècles de l’Église, est une des définitions les plus marquantes de l’office papal, et doit en quelque sorte être une deuxième nature de chaque Pape: « Adhérer fidèlement à la tradition reçue depuis le commencement/le début de la foi chrétienne » (Premier Concile Vatican, ibid.).

Nous devons toujours prier afin que Dieu donne à Son Église des Papes avec une orientation traditionnelle. Il nous faut toutefois croire en ces paroles: « Ce n’est pas à vous de connaître les temps ni les ordres des événements que le Père a fixés de sa propre autorité » (Actes, 1, 7).

Mgr Schneider souligne les véritables finalités de ceux qui invoquent les expressions « évolution de la doctrine » et « compassion pastorale »: ils veulent, en réalité, « une religion naturaliste, adaptée à l’esprit du temps ».

Des expressions comme « évolution de la doctrine » et compassion pastorale » sont en effet des prétextes pour changer l’enseignement du Christ, contre sa signification et son intégrité pérenne, ainsi que les Apôtres l’ont transmis à l’Église entière, et comme il a été fidèlement préservé par les Pères de l’Église et les enseignements dogmatiques des Conciles Œcuméniques et des Papes.

Ces clercs veulent finalement une autre Église, et même une autre religion: une religion naturaliste, adaptée à l’esprit du temps. Ces clercs sont véritablement des loups habillés en brebis, flirtant souvent avec le monde. Non pas des pasteurs courageux, mais de plutôt des lapins couards.

30 comments

  1. Selon vos arguties, Paul et Jacques étaient-ils des schismatiques.

    Paul a repris Pierre parce qu’il était « CONDAMNÉ »

    Ce François …………… qui n’a rien à voir avec le vrai François ne cesse d’affirmer une chose et son contraire; c’est pourquoi il glisse entre les mains comme une couleuvre.

    Si vous croyez que la véritable église est celle qui suit la TRADITION, retournez à la foi et aux pratiques des pères apostoliques.

    La première réforme que je suggérerais serait le mariage du clergé pour ceux qui le désirent et sanctionner sévèrement ceux qui vivent dans l’adultère ou la fornication; les pédophiles en premier lieu.

    • toto

      Et bien mon cher, vous serez pape dans la secte que vous voudrez bien fonder et vous ferez ce que vous voulez. Vous aurez peut être 10 à 20 fidèles qui vous suivront, ce sera déjà une belle secte.

  2. Abbé André M.

    Personnellement, j’ai du mal à croire à la possibilité d’une reconnaissance canonique de la FSSPX sans contrepartie pour les progressistes. Je m’explique :

    Au nom de l’année de la miséricorde, on évoquera la possibilité d’une reconnaissance canonique de la FSSPX. Et, parallèlement, on évoquera également une reconnaissance canonique des séparés et réengagés (communément appelés divorcés-remariés). Ainsi, tout le monde sera content : traditionalistes et progressistes.

    Personnellement, je vois le coup venir… J’espère évidemment me tromper.

    • Ultima

      c’est fort possible que la manœuvre consistera bien a ce que vous évoquez !?
      C’est juste une question de temps , car la dit Fraternité est elle meme progressiste sur le fond de la Foi Catholique , ce qui la toujours place assis entre deux chaises depuis sa fondation .
      Ce qui la place au for externe clairement schismatique pour le moins et meme parfois elle véhicules des hérésies , plus particulièrement sur le Dogme de l’infaillibilité Pontificale défini par S.S Pie IX au concile Vatican I en date de 1870 , cela va meme jusqu’a nier l’infaillibilité de la Canonisation d’un Saint X ou Y !

      « Quand nous disons que l’Eglise est infaillible, nous ne demandons pour elle, il est bien essentiel de l’observer, aucun privilège particulier ; nous demandons seulement qu’elle jouisse du droit commun à toutes les souverainetés possibles, qui toutes agissent nécessairement comme infaillibles.
      Car tout gouvernement est absolu ; et du moment où on peut lui résister sous prétexte d’erreur ou d’injustice, il n’existe plus. (… )
      Il en est de même de l’Eglise : (…) ce gouvernement est donc de sa nature infaillible, c’est-à-dire absolu, autrement il ne gouvernera plus. »
      (Extrait du catéchisme du concile de trente, Tome 1, ed. Delhomme et Briguet, 1883, page 186)

      Cardinal L.-N. Bégin, LA SAINTE ÉCRITURE ET LA RÈGLE DE FOI, p.215, Québec, 1874 a écrit:
      Si donc l’on suppose un instant que cette Église est faillible, qu’elle sape la foi, qu’elle corrompt la morale, qu’elle enseigne l’erreur, elle cesse par là même d’être l’Église du Christ, et il serait vrai de dire qu’elle a apostasié, qu’elle n’est plus sa chaste épouse, qu’elle était bâtie non sur la pierre mais sur le sable, que les portes de l’enfer ont prévalu contre elle (!!!!!!!!!!!!!!), et que par conséquent le Sauveur a été infidèle à sa promesse ou n’avait pas prévu sa ruine future. La conséquence est rigoureuse; mais comme cette conclusion renferme un blasphème contre Dieu, il s’ensuit que les prémisses sont fausses et que l’Église du Christ est nécessairement infaillible.

    • Jean-Marie Vaas
      Author

      Il est effectivement dangereux de faire un coup à droite pour justifier un coup à gauche, et inversement. La politique de l’Eglise ne saurait consister en des « coups » ou des manoeuvres instantanées qui démontrent une chose: l’existence d’une véritable crise doctrinale. Mais prions pour qu’elle soit surmontée et que l’Eglise retrouve une nouvelle vigueur: cette crise pourra être un mal pour… un plus grand bien ! Ceci étant, on peut imaginer qu’une reconnaissance de la FSSPX peut à la fois aider le pape à ne pas laisser accréditer l’image d’un pontificat trop progressiste, mais surtout on peut imaginer que la réintégration de la FSSPX créérait une onde de choc positive. Une dynamique profitable à toute l’Eglise.

    • Daniel

      1°/ Mgr LEFEBVRE n’a jamais été schismatique, il a simplement tenu tête au Pape sur certains points de doctrine dévoyés (et il a continué à les enseigner selon la tradition dans son séminaire) et pour être autorisé à conserver la messe tridentine qui a été illégalement interdite. Il a donc été excommunié avec ses prêtres et les fidèles qui l’ont suivi. Mgr FELLAY reste sur la ligne du fondateur de la FSSPX et se dit toujours de l’Eglise et reconnait la réalité du Pape actuel tout en se permettant de le reprendre sur certains points. La FSSPX n’est pas seule à émettre des critiques, dans un sens traditionaliste ou moderniste. La FSSPX a été réhabilitée catholique » si l’on peut dire par le Pape BENOIT XVI, de même pour la messe Tridentine; sa reconnaissance, comme celle en Amérique du sud, peut donc être prononcée.
      2°/ car en fait le risque c’est un schisme avec les modernistes qui pour certains sont aussi hérétiques car ils ont été mal enseignés. Dès lors, la réintégration de la FSSPX au côté des autres fraternités et communautés de prêtres et de laïcs à « coloration traditionnelle » sauvera l’Eglise car peu suivront les modernistes et ceux qui suivront lâcheront rapidement la pratique religieuse, d’abord parce qu’ils appartiennent majoritairement aux plus de 65 ans et n’ont plus un avenir important, deuxièmement parce que « monter une « fraternité saint moderniste » avec le besoin d’argent et de lieux de culte n’est pas une mince affaire et beaucoup de clercs modernistes lâcheront et préfèreront se mettre dans l’alignement et sauver leur retraite. Les jeunes ne sont pas modernistes en matière de religion.

  3. DUFIT THIERRY

    Alors que La barque de Saint Pierre prend l’eau de toutes parts Mgr Schneider est un évêque catholique qui n’a pas peur de prêcher la doctrine catholique. Ses propos sont vraiment réconfortants. Si seulement de nombreux autres évêques étaient comme Mgr Schneider, la situation de l’Eglise serait moins catastrophique. Même si Mgr Schneider ne critique pas (encore) ouvertement les erreurs de Vatican II – qui sont à la source de la terrible crise de l’Eglise – on voit qu’il se rapproche de la Fraternité St Pie X. Dans cette apostasie générale actuelle prions l’Esprit Saint qu’Il éclaire d’autres évêques.

  4. Ultima

    Le pape Pie IX, Quartus Supra (n° 6), 6 janvier 1873 : » Cela a toujours été la coutume des hérétiques et des schismatiques de se dire catholiques et de proclamer leurs nombreuses déclarations pour amener les gens et les princes dans l’erreur »

  5. Ultima

    Le schisme pur, sans mélange d’hérésie, reste donc possible. Pratiquement, cependant, le schisme est une pente fatale vers l’hérésie, et l’on ne restera pas longtemps schismatique sans devenir hérétique. « Il n’y a pas de schisme qui n’invente une hérésie pour expliquer qu’il était bien de quitter l’Église, dit saint Jérôme 1. Et saint Augustin écrit: « L’hérésie n’est qu’un schisme invétéré . »

    • Jean-Marie Vaas
      Author

      C’est tout à fait vrai. Les derniers développements théologiques (récentes études des théologiens) sur la notion de schisme ont rappelé qu’un schisme termine généralement en hérésie. « L’hérésie n’est qu’un schisme invétéré . » Oui. Inversement, le schisme est une hérésie larvée.

      • DUFIT THIERRY

        Oui on assiste à un déferlement sans précédent d’hérésies à l’intérieur de l’Eglise : libéralisme, modernisme, œcuménisme. Toutes ces hérésies qui ont été maintes fois condamnées par les papes jusqu’à Pie XII inclus ont pénétré jusqu’à Rome depuis Vatican II. Le dernier exemple est la video papale mettant toutes les religions sur un pied d’égalité comme si toutes les religions étaient vraies.
        Après avoir détruit la doctrine et la liturgie les modernistes s’attaquent maintenant à la morale comme on l’a vu au dernier synode. C’est la perte des âmes et l’apostasie générale.
        Prions la Sainte Vierge pour qu’Elle nous délivre de ces hérésies.

        • Jean-Marie Vaas
          Author

          Plus grand est le péril, plus grand est, aussi, le « sauvetage ». Et là où le péché abonde, la grâce surabonde. Mieux voir le choses ainsi !

        • Ultima

          @DUFIT – Cette question aurait du se poser voilà 30-40 ans. Dès lors, la résistance catholique aurait agit en conséquence … mais non, les  » traditionalistes  » aiment les mythes, ils aiment se raconter des histoires quitte à contredire le Magistère s’il le faut.
          L’on pouvait invoquer le canon 2261 pour les prêtres catholiques ordonnés avant VII. Mais là, la théologie d’Écône a inculqué dans les intelligences que l’Église suppléait pour quasiment tout (voilà qui explique cette répugnance pour les lois de l’Église) … pas de juridiction ? Bof, l’Église supplée ! Acte illicite ? Bof, Dieu ne nous en demandera pas compte ! etc etc.
          On arrive même à se demander pourquoi devons-nous s’embêter à vouloir un Pape puisque tout fonctionne comme sur des roulettes ! Je vais à la messe à tous les dimanches, je me confesse, je reçois l’absolution, on peut aller voir Tissier de Mallerais pour une confirmation. Annulation de mariage ? pas de problème, la FSSPX est là avec son tribunal St. Charles Borromé ! On descend, on descend, et on arrive finalement au bout de la ligne où on se rend compte qu’on se heurtre au Magistère de l’Église … les uns se redresseront partiellement, les autres complètement, d’autres en viendront même à nourrir une aversion totale pour le Magistère, les Papes, et leurs lois contraignantes.

          Les prêtres de la FSPPX et c’est satellites . ne peuvent prétendre être ce qu’ils ne sont pas devant le for externe (du moins) ! Ils ne peuvent prétendre donner l’absolution et établir des chapelles un peu partout sur la planète et encore moins se prétendre ministre de l’Église.

          Si tu crois recevoir l’absolution tous les dimanches au moyen de ce genre de prêtre, cela n’engage que toi au for interne pas devant le for externe. C’est d’ailleurs le cas du canon 882 (tout prêtre non-approuvé peut donner le sacrement de pénitence à un fidèle seulement à l’article de la mort) qui lie seulement le fidèle au for interne, mais pas devant le for externe. Vous ne pouvez encore moins taxer de pharisaïsme ceux-là même qui vous disent ces choses parce qu’il s’agit de l’enseignement de l’Église qui lie la foi et l’autorité … autrement vous ne pourriez réciter sincèrement votre Crédo puisque l’Église pourrait nous tromper !

          C’est à peu près la même chose que celui qui prétend abolir devant le for externe une prescription de la loi divine parce qu’ayant apparament obtenu un mandat divin au moyen d’une révélation privée pendant son sommeil … dès lors il devra prouver sa mission divine devant ce même for, car autrement, passons outre comme disait St. François de Sales !

        • Ultima

          Marcel Lefebvre, entrevue à « Le Figaro », 4 août 1976 a écrit:
          D’autre part, s’il nous apparaît certain que la foi enseignée par l’Église pendant vingt siècles ne peut contenir d’erreur, nous avons beaucoup moins l’absolue certitude que le pape soit vraiment pape. L’hérésie, le schisme, l’excommunication ipso facto, l’invalidité de l’élection sont des causes qui éventuellement peuvent faire qu’un pape ne l’ait jamais été ou ne le soit plus.

          Non Monseigneur … non !

          1- pas éventuellement mais ipso facto … I-P-S-O-F-A-C-T-O !!!

          2- l’hérésie et le schisme ne sont pas de simples causes qui PEUVENT ÉVENTUELLEMENT (peuvent = peut-être que oui, peut-être que non) faire qu’un pape ne l’est plus, car ces dites causes, plutôt, FONT formellement, réellement, et absolument perdre le souverain pontificat !!!

          Donc il n’y a pas lieu d’utiliser le verbe « pouvoir » et le mot « éventuellement … ce qui véhicule l’erreur voulant que le Pontife romain doit être juger, condamné, et déposé par un tribunal ecclésiastique conformément à la fou-thèse lefebvriste.

          Rectifions donc :

          L’hérésie, le schisme sont des causes qui font qu’un pape cesse de l’être ipso facto !. ( Can 188 )

        • toto

          @Dufit
          C’est vous qui voyez clair, Ultima est empétré dans son rigorisme de légiste. Ultima n’a pas lu la déclaration de Mgr Schneider concernant l’infaillibilité.
          La famille de Mgr Schneider, allemands des Sudètes a été déportée en Sibérie par Staline, puis au Kazakhstan. Il en connaît un rayon sur les persécutions, faux-frères, espions, délateurs, bourreaux, geôliers. Sa foi a été passée au feu du creuset des persécutions communistes. C’est un évêque catholique comme il en reste peu. Avec son supérieur, Mgr Tomasz Peta, archevêque d’Astana, d’origine polonaise, il fait un travail considérable d’évangélisation dans ce pays ravagé par l’athéisme. Leur enseignement est clair comme de l’eau de roche. Quel contraste avec Kasper et Marx!
          Ultima ne nous a pas encore révélé les raisons de sa défense acharnée de la lettre de la loi.
          Omnes vulnerant, Ultima necat

          • Ultima

            @toto : est-ce que cela ci-dessous répond a votre question !?

            On peut toujours utiliser le Code comme lieu théologique négatif, en ce sens que la doctrine impliquée dans les lois du Code n’est jamais en contradiction avec la Révélation dogmatique ou morale. C’est ce que la proposition précédente a suffisamment démontré.
            Mais il faut aller plus loin, et affirmer que la doctrine impliquée dans les lois du Code est positivement conforme à la « doctrine catholique », c’est-à-dire à l’enseignement du magistère infaillible portant sur des vérités non révélées, mais dont l’Église se porte garante (par exemple : les « faits dogmatiques », certaines thèses philosophiques, etc.). Car si la vérité est une, l’Église infaillible ne saurait avoir une opinion dans son enseignement ex professo, et une autre opinion dans son Code.L’Ami du Clergé, 1919, n° 45

            toto , par cet extrait, que le mépris du droit canon bien typique en certains milieux de la ( tradition ) , a forcément ses racines dans un mépris du dogme et de la théologie …!

          • fg

            Le faux nez rigoriste d’Ultima ne trompe personne.
            Quand un cardinal, Bonny en l’occurrence, déclare sur KTO à l’issue du synode, qu’il est tout à fait possible de ne pas partager entre évêques les mêmes vérités de Foi, rien à redire !
            Mais que l’on ne s’avise pas de défendre l’intégrité des vérités issues des apôtres et éclairées par les docteurs de l’Eglise depuis près de 2000 ans: hérésie !

          • Ultima

            Il est évident, d’abord, qu’on ne pourvoit pas aux besoins spirituels des fidèles en violant les lois de l’Église. (Pie XII , Encyclique  » Ad Apostolorum principis » 29 juin 1958)

            R.P. Goupil, La Règle de la Foi, p.68 a écrit:
            L’Eglise est infaillible dans ses lois disciplinaires.
            Il est donc impossible qu’une loi universelle de l’Eglise soit dommageable à la société chrétienne.

            Abbé J.-F. André, Exposition de quelques principes fondamentaux de droit canonique, 1840 p. 4-6 a écrit:
            Du reste, cette doctrine qui consiste à regarder le droit canonique comme n’ayant plus son application dans notre époque, et à le remplacer par l’arbitraire, est en parfaite harmonie avec le despotisme civil qui veut tout tenir dans sa main, même l’Église, comme un rouage administratif. Absolu dans la tête, absolu dans les ressorts, le régalisme peut alors dicter des lois à l’Église.

            L’homme, « même spirituel, et renouvelé dans la connaissance de Dieu, selon l’image du Créateur, » doit être l’observateur et non pas le juge de la loi.
            In Œuvres complètes de Saint Augustin (sous la direction de l’abbé Raulx), T. I, Les confessions, livre treizième, Chap. 23, Bar-le-Duc, L. GUERIN & Cie Ed., 1864, p. 512

            L’histoire du zèle inconsidéré et orgueilleux d’Oza ( I. paralip. XIII )
            C’est manquer de foi que de penser que l’Église est en danger, que de prendre ses souffrances pour des dangers, et c’est aussi manquer de foi que de croire que nous pourrons la secourir par des moyens de notre invention ; mais c’est manquer de foi de la façon la plus coupable que de douter de l’arrivée du secours de Dieu comme Dieu le voudra, et au temps où Dieu le voudra. Nous n’avons qu’une manière bien simple de secourir l’Église dans tous les temps et dans tous les lieux : c’est l’obéissance à ses lois, à ses coutumes, aux désirs exprimés par son Chef.

            « Et lorsqu’on fut arrivé près de l’aire de Chidon, Oza étendit la main pour soutenir l’Arche, parce qu’il vit qu’un des bœufs l’avait fait un peu pencher en regimbant ; c’est pourquoi le Seigneur fut irrité contre Oza, et il le frappa pour avoir touché l’Arche, et il tomba mort devant le Seigneur. »( DE LA DÉVOTION À L’ÉGLISE – sermon prêché à Londres par le Père Faber, le jour de la Pentecôte.)

            Les lois universelles (tel les lois canoniques du CIC 1917) sont infaillibles en ce sens que rien ne saurait y être dommageable pour la société chrétienne. Les materialiter de GDF, par exemple, n’hésitent pas à affirmer que suivre les lois canoniques sur la doctrine de la juridiction par exemple est desséchant, mauvais pour le salut des âmes, faire preuve de pharisaisme etc. Ainsi, une loi canonique rappelant un précepte de droit divin causerait universellement la perte de l’Eglise !

          • toto

            @Ultima
            Ce n’est pas le mépris du droit Canon, c’est le refus de voir le droit canon interprété pour défendre les abus de pouvoir des autorités en place.
            Ultima m’a tuer

          • Observateur

            Il faut savoir ! soit le droit canon a son importance, soit il n’en n’a aucune ! Les FSSPX ne sont pas avares de citations anciennes (Syllabus, etc…) pour appuyer leurs analyses ! #2poids2mesures ? Merci à Ultima pour ses justes remarques et questions légitimes.

            @toto : si vos arguments sont fondés, pourquoi attaquer Ultima par la mauvaise foi ? Vous avez répondu exactement comme les protestants et comme Golias, par l’argument de respectabilité sur la personne de Mgr Schneider.

            Il est assurément respectable – mais vous avez oublié de répondre sur le fond.

            Je ne connaissais pas l’existence du tribunal St Charles Borromée – c’est quand même une grosse couleuvre !

            @Daniel : Mgr Lefebvre n’a pas été excommunié pour ses positions doctrinales, mais pour avoir commencé une Eglise parallèle en sacrant 4 évêques, et sans accord pontifical. L’existence du tribunal St Charles Borromée renforce encore cette suspicion.

            Sur l’article : Mgr Schneider dit beaucoup de choses vraies. Il idéalise un peu la FSSPX. Le refus de communion avec les autres catholiques existe réellement chez eux – il faut dire qu’ils se considèrent comme les seuls catholiques, alors… Il y a de nombreuses preuves qu’il y a un GROS problème spirituel – qui doit quand même bien venir de quelque part, et je crois que ça vient du fait qu’ils sont hors de la protection de l’Eglise. Citons notamment la tendance à l’accusation à tout va : laissez 3 FSSPX entre eux, bientôt 1 fera scission (demandez à Mgr Williamson et à la Résistance). Il y en aurait à rajouter, mais inutile d’ajouter de l’huile sur le feu.

            Maintien de la position : l’Eglise aurait profit à la réintégration de la FSSPX, ET la FSSPX aurait profit à réintégrer notre sainte mère l’Eglise.

            Encore merci à Ultima, et que Dieu vous garde tous,

          • Ultima

            toto écrit : Ce n’est pas le mépris du droit Canon, c’est le refus de voir le droit canon interprété pour défendre les abus de pouvoir des autorités en place.

            – Qui a autorité pour interpréter les lois ?

            Can. 17:
            § 1 Le législateur, son successeur ou son mandataire a qualité pour donner l’interprétation authentique de la loi.

            – Comment doit etre interpréter les lois ?

            Can. 18 :
            Les lois ecclésiastiques doivent être entendues, selon la signification propre que revêtent les mots dans le texte et le contexte; si elle demeure douteuse et obscure, on doit se reporter aux lieux parallèles du Code, s’il en est, au but et aux circonstances de la loi, et à l’intention du législateur.

            toto , d’évidence vous avez des conceptions subjectivistes et de plus imprégniez de principes Maçonnique de libre penseur !

            La Sainte Eglise Catholique et le vicaire ( Légitime ) de NSJC a tout pouvoir sur le Foi et moeurs ainsi que la discipline !

            Quæ in patriarchatu » du Pape Pie IX en date du 1er septembre 1876:
            IL S’AGIT, VÉNÉRABLES FRÈRES ET BIEN-AIMÉS FILS, D’ACCORDER OU DE REFUSER OBÉISSANCE AU SIÈGE APOSTOLIQUE; IL S’AGIT DE RECONNAÎTRE SA SUPRÊME AUTORITÉ MÊME SUR VOS ÉGLISES, ET NON SEULEMENT QUANT À LA FOI, MAIS ENCORE QUANT À LA DISCIPLINE : CELUI QUI LA NIE EST HÉRÉTIQUE CELUI QUI LA RECONNAÎT ET QUI REFUSE OPINIÂTREMENT DE LUI OBÉIR EST DIGNE D’ANATHÈME.

            -d’évidence toto ( FSSPX ), vous reconnaissez , mais vous refusez opinatrement d’obéir !

            Vous faites le même raisonnement que les Lefebvristes : À Rome siège un antichrist, et l’antichrist ne peut être chef de l’Eglise, mais il doit toujours y avoir un Pape, donc l’antichrist est Pape !

          • toto

            Ultima , vous raisonnez et écrivez comme l’abbé Ricossa.
            Quant au portrait robot que vous faites de moi, vous avez tout faux.
            Ciao bambino

  6. Pinier Françoise

    J’ai trouvé ce commentaire lumineux, explicitant ce que je ressens en mon âme et conscience.
    Et pourtant, je fréquente depuis toujours les assemblées liturgiques paroissiales ordinaires, par peur de tomber dans ce péché de « schisme lefèbvriste » dont les maîtres à penser les plus hérétiques (et les plus installés) nous ont rebattu les oreilles. Ce que j’y ai vu confirme chaque minute les réflexions de Mgr Athanasius Schneider. Il y aurait tant à dire et tant à reprendre !..

    Je pense aussi (et ce n’est qu’une goutte d’eau dans la mer) à ce prêtre qui m’a confié avoir déchiré en tout petits morceaux, après l’obtention de son diplôme, des cours reçus au séminaire, tant ils étaient remplis d’hérésies. Ce prêtre, venu des pays de l’Est où il avait été persécuté pour sa foi, savait pourtant à quoi s’en tenir en matière d’idéologie athée !

    Oui ! Que rien ne nous sépare de l’Evangile du Christ tel qu’il nous a été prêché et de la morale chrétienne explicitée dès le début ! Les Pères de l’Eglise, les saints, nous montrent le chemin, la Vérité du Christ Jésus. « Si moi-même, si un ange du ciel, vient vous prêcher un autre Evangile que celui que vous avez reçu, qu’il soit anathème ! » écrivait saint Paul.
    Comprendre la miséricorde comme quelque chose qui relativiserait la Foi et la sainteté chrétienne serait diabolique. Pourquoi séparer ce que Dieu a uni ???…

  7. Je pense que ce fut précisément ce que disait le sage et expérimenté Mgr Athanase à propos des simples catholiques au sein de l’Église, une telle situation de confusion est un vrai défi pour leur foi, dans l’indestructibilité de l’Église.
    Ils doivent garder forte l’intégrité de leur foi conformément aux vérités catholiques immuables, qui nous ont été transmises par nos ancêtres, que nous retrouvons dans le catéchisme traditionnel et les travaux des Pères et les Docteurs de l’Église, dans cette situation complexe que nous vivons, avec plusieurs des hauts hiérarchiques sans de la foi et qui seront les plus touchés.
    Seraient-ils quelques uns des infiltrés dans l’Église à partir des franc-maçoniques?
    Lisez aussi la « Lettre ouverte d’un archêveque sur la crise de l’Église » de Mgr Jan Pawel Lenga,

  8. fg

    Il est plus que probable que la FSSPX souhaitera réintégrer l’Eglise romaine une fois que les évêques se décideront à exercer leur magistère.
    Personnellement, quand j’assiste à un baptême où les assistants mâchent du chewing-gum, envoient des SMS et, quand le curé interroge les parents sur ce qu’ils demandent pour leurs enfants (déguisées en princesses Disney pour les filles), il sourit béatement quand ceux-ci répondent: « pour qu’il ait les valeurs de Jésus ! », je remercie la providence de nous avoir donné Mgr Lefebvre.
    En ce qui concerne Mgr Bonny, mea culpa, il n’est pas cardinal, mais son interview sur KTO est bien réelle, elle vaut son pesant.

  9. fg

    Une dernière remarque: le Droit Canon n’est pas au-dessus des vérités de Foi ni même des conclusions théologiques. Il évolue (dernière mise à jour en 1983) et l’infaillibilité pontificale doit se comprendre comme reposant sur l’infaillibilité du magistère exercé par les évêques. Concrètement, on ne doit pas remettre en question un dogme promulgué ex cathedra qui vient augmenter sans contredire (évolution homogène) l’enseignement multiséculaire de l’Eglise car cela reviendrait à mettre en doute le contenu de la Foi dont les évêques sont les dépositaires vigilants. Si cette vigilance s’estompe, voire se met au service de forces ennemies de l’Eglise, on n’a pas le droit de rester les bras croisés.

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