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Mgr Shevchuk : « Sur douze paroisses gréco-catholiques à l’Est, seules les trois de Donetsk ont encore leurs prêtres »

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Mgr Shevchuk, archevêque majeur de l’Église gréco-catholique ukrainienne, alors en visite la semaine dernière à Paris, a donné un entretien au quotidien La Croix. Dans cet entretien, il avoue notamment ses craintes pour la survie de son Église dans les zones occupées par les pro-russes ou rattachées à la Russie. (Précédemment, il avait déjà affirmé que les gréco-catholiques, ne nourrissait aucune agressivité à l’égard de la Russie, tout en exprimant ses inquiétudes pour ses coreligionaires situés dans l’Est du pays.)

Pour les zones de l’Ukraine de l’Est, il affirme:

Sur douze paroisses gréco-catholiques à l’Est, seules les trois de Donetsk ont encore leurs prêtres. Les autres prêtres ont dû partir après avoir reçu des menaces personnelles. À Lougansk, un tiers environ des fidèles sont partis. Ceux qui sont restés n’ont plus de prêtres et sont livrés à eux-mêmes.

Quant à la Crimée:

Nos cinq prêtres sont toujours présents. Seuls les militaires ukrainiens et leurs familles ont quitté la région depuis son annexion par les troupes russes. Les cinq paroisses gréco-catholiques doivent à présent se faire enregistrer auprès de Moscou. Auront-elles encore le droit d’exister ou seront-elles juridiquement liquidées ? En attendant, les nouvelles autorités font tout pour débarrasser la Crimée de la présence ukrainienne et tatare. C’est une véritable persécution ethnique !

Par ailleurs, Mgr Shevchuk a bien connu le futur pape François, en Argentine, quand il était éparque à Buenos Aires. Visiblement, leurs relations ont toujours été cordiales, même si une certaine nuance peut apparaître concernant l’appréciation de la situation ukrainienne (le pape semble davantage ménager Poutine, préférant une analyse plus consensuelle à la crise):

Lorsque j’ai été nommé à la tête de l’éparchie gréco-catholique de Buenos Aires, en 2009, j’avais 38 ans et il était mon référent direct. Il m’a introduit auprès de l’épiscopat argentin et m’a beaucoup aidé dans ma tâche pastorale. Nous sommes restés proches. Je le rencontre à Rome tous les deux mois à la résidence Sainte-Marthe et le tiens directement au courant de la situation.

Toutefois, le pape délègue les questions internationales à la secrétairerie d’État et se concentre davantage sur la doctrine sociale et la défense des pauvres. Je ne peux lui imposer notre position sur l’Ukraine, ni instrumentaliser notre relation personnelle, ce ne serait pas moral. Nous nous comprenons bien. Il sait que ce que je lui dis correspond à la réalité et n’a rien d’idéologique.

9 comments

  1. de gerault

    j’ai une vierge peinte sur cuivre confiée par un prêtre pendant la guerre de Crimée,. Mon arrière grand père nous l’a confiée, qui pourrait l’identifier? je cherche à savoir sous quel vocable nous pouvons la prier.
    Merci

  2. Hervé Soulié

    Il ne nous manquait plus que cela !
    Après la persécution des chrétiens par l’islam, voilà maintenant la persécution des catholiques par les orthodoxes en Crimée et en Ukraine orientale….
    Je pense que l’on devrait interrompre la construction de l’église orthodoxe russe quai Branly en attendant d’être rassurés sur le sort de nos frères gréco-catholiques.

  3. Gilberte

    Qui n’entend qu’un son n’entend qu’une cloche, dit le proverbe. Il manque le point de vue orthodoxe. Au lieu de lire « la Croix », lire plutôt la revue  » l’Eglise dans le monde » de février 2015, publiée par l’AED, qui explique les 2 points de vue: les catholiques qui se plaignent auprès du Vatican, et les accusations des orthodoxes non seulement au synode sur la famille mais par lettres à l’ONU, au Conseil de l’Europe. La politique s’empare de la religion: la Russie ne reconnait pas la religion gréco-catholique, et les gréco-catholiques ont approuvé le coup d’état du gouvernement de Kiev par des éléments douteux; Je pense que seule la politique peut éviter une « guerre de religion »

    • Luc

      Chère Gilberte, le point de vue « orthodoxe » est un point de vue hétérodoxe, hérétique et schismatique. En tant que catholiques, sur un site catholique, il me paraît normal de présenter le point de vue catholique. En matière politique les opinions peuvent être diverses mais en matière religieuse la vérité est unique et elle n’est pas négociable. Il est nécessaire de défendre l’unique Eglise de Dieu face aux persécutions des hérétiques. Ca n’implique aucune haine, juste l’amour de la vérité.

  4. Laurence

    Enfin, l’omerta est brisée. Ce que savent toutes les personnes un peu informées mais qui était caché au grand public par peur de déplaire a la « sainte Russie » est mis sur la place publique: la persécution de nos freres dans la foi par le schisme et l’hérésie photiennes (dites par antiphrase « orthodoxie »). Merci à Ripsote catholique pour avoir brisé ce silence et dit la vérité.

  5. Pauvre pécheur que je suis

    Dixit : (le pape semble davantage ménager Poutine, préférant une analyse plus consensuelle à la crise):

    Si je me rappelle bien, le pape François a déjà demandé l’arrêt des hostilités entre chrétiens en Ukraine !

    Si je regarde les dirigeants de l’Europe qui développent en outrance l’avortement, transgenre, mariage entre personnes de même sexe en ajoutant le suicide assisté même pour les handicapées dans certains pays, et que M. Poutine est contre cette philosophie néfaste pour nos sociétés, il faut savoir regarder tout autour de nos têtes aussi malgré les erreurs du maître du Kremlin + + +

    • Laurence

      « Pauvre pécheur que je suis », bien sûr les « Orange » véhiculent des valeurs nauséabondes de l’Occident moderne mais parler des « erreurs » du maître du Kremlin est un bel euphémisme. Outre ses persécutions contre l’Eglise catholique, il véhicule une idéologie soviétique qui n’a rien renié de son passé KGB. Les séparatistes russes en Ukraine organisent leurs manifestations avec drapeuax rouges aux pieds de statues de Lénine et, si vous suivez l’actualité, vous savez sans doute que Moscou est dans une rage folle depuis que Kiev commence à promulguer des lois de désoviétisation et de décommunisation. C’est très révélateur… Alors, faut-il préférer être orange ou rouge?… Pour moi, il est clair qu’il faut défendre nos frères dans la foi, indépendamment des questions politiques.

  6. L’Ukraine (où je suis allé en 1992) n’est pas une nation mais une collection de nationalités antagonistes qui ont vécu une histoire douloureuse, souvent manipulée par les nations voisines: la Pologne-Lithuanie qui est catholique de rite latin, la Moscovie devenue Russie qui est orthodoxe, l’Autriche-Hongrie qui a fortement soutenu le rite gréco-catholique en Galicie. Seule la Galicie (à l’ouest), ancien coeur de la « Rus » à Kiev avant les invasions tartares, a une forte identité nationale et a connu l’indépendance durant une douzaine d’années après la révolution russe. S’ajoute à tous ces motifs de dislocation le souvenir de la terrible famine organisée par Staline, qui tua 6 ou 7 millions de paysans dans les années 1930.
    Mais les malheurs actuels de l’Ukraine sont clairement causés par l’Union Européenne, manipulée par les USA, qui a provoqué les émeutes très violentes et le coup d’état de « Maidan ». De source reconnue polonaise, des snipers polonais ont – à la demande des USA – tiré depuis le 11ème étage de l’hôtel « Ukraïna » dans le dos des émeutiers (environ 30 morts) qui marchaient sur le siège du gouvernement et du cordon de policiers (environ 20 morts) qui tentaient de s’y opposer. Cela s’appelle « une provocation ».

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