Le-pape-Francois-lors-messe-canonisation-Jean-Paul-II-Jean-XXII-place-Saint-Pierre-Vatican-27-avril-2014_0_730_340

Ne nous laisse pas succomber à la tentation

Download PDF
« Ne nous soumets pas à la tentation » : cette traduction dite « œcuménique » de la  sixième demande du Pater « μὴ εἰσενέγκῃς ἡμᾶς εἰς πειρασμόν, » était en usage dans l’Eglise postconciliaire depuis 1966. Elle a été abandonnée dans la traduction officielle liturgique de la Bible en 2013  mais curieusement maintenue jusqu’ici dans le missel de la forme ordinaire (1970) du rite romain.

Il est intéressant de constater que, dans ce discours prononcé devant le clergé lors de son présent voyage au Mexique, le pape François y a renoncé au profit de formulations plus conformes aux usages antérieurs :

«  (…) C’est ce Père que nous prions avec insistance tous les jours. Et que lui disons-nous, entre autres invocations ? Ne nous laisse pas tomber en tentation. Jésus lui-même l’a fait. Il a prié pour que ses disciples – d’hier et d’aujourd’hui – nous ne tombions pas en tentation. Quelle peut être l’une des tentations qui peuvent nous assiéger ? Quelle peut être l’une des tentations qui provient non seulement de la contemplation de la réalité mais aussi du fait de la vivre ? Quelle tentation peut venir de milieux souvent dominés par la violence, la corruption, le trafic de drogue, le mépris de la dignité de la personne, l’indifférence face à la souffrance et à la précarité ? Quelle tentation pouvons-nous avoir sans cesse – nous qui sommes appelés à la vie consacrée, au sacerdoce, à l’épiscopat – quelle tentation pouvons-nous  avoir face à tout cela, face à cette réalité qui semble devenir un système inamovible ?

Je crois que nous pourrions la résumer en un seul mot : résignation. Et face à cette réalité, l’une des armes préférées du démon, la résignation, peut nous tenter. « Et que pouvons-nous y faire ? La vie est ainsi ». Une résignation qui nous paralyse et nous empêche non seulement de marcher, mais aussi de faire du chemin ; une résignation qui non seulement nous effraie, mais qui nous fait aussi nous retrancher dans nos ‘‘sacristies’’ et dans nos sécurités apparentes ; une résignation qui non seulement nous empêche d’annoncer, mais qui nous empêche aussi de louer, nous retire l’allégresse, la joie de louer. Une résignation qui non seulement nous empêche de prévoir, mais qui nous empêche aussi de prendre des risques et de transformer.

Par conséquent, Notre Père, ne nous laisse pas succomber à la tentation. (…) »

Extrait de l’homélie aux prêtres, religieux, consacrés et séminaristes au stade « Venustiano Carranza »  à Morelia, Mexique, 16.02.2016).

Un signal ?

JPSC

Source Belgicatho

8 comments

  1. Chouan catho de Bretagne

    Ce verset du Πατερ ημων est la traduction fidèle de l’araméen, langue dans laquelle le Fils de Dieu nous a donné cette belle prière. Le latin a traduit à partir du grec et le post-conciliaire a traduit par un barbarisme qui est une offense à Dieu car c’est Satan qui tente.
    La version donnée par le Pape est celle qui devrait apparaître bientôt.

  2. Yves

    La polémique est francophone. On parle de la traduction française. Le pape s’est exprimé en espagnol ou en italien. Et le traducteur n’a surement as mesuré la portée de cette traduction.

  3. balanine

    Il est temps ! depuis 50 ANS !!!! des millions pour ne pas dire milliards de personnes ont ainsi blasphémé ! oui blasphémé ! comment peut-on seulement « penser » que DIEU le PLUS QUE PARFAIT, nous invite à la tentation ?
    Mais, et le Diable, le Menteur-Orgueilleux, lui ? ne fait rien ? non il ne nous tente pas ? et DIEU dans sa perfection parfaite, nous tenterait ? quelle audace, quel orgueil, quel mensonge !!!!!!

    Depuis 50 ans, heureusement, un petit troupeau à la suite de Mgr Lefebvre a refusé tout net de blasphémer ! et ce qui peut consoler, c’est que… certains ont résisté à la tentation de suivre cette folie oecuménique ! Alors il est temps que ce petit troupeau s’agrandisse et reprenne le chemin qui mène à Dieu le Père : Ne nous laissez pas succomber à la tentation, Mais délivrez-nous du Mal – Ainsi-soit-il !

  4. Antoine de Lisbonne

    Ayant suivi le catéchisme en langue portugaise (en France dans les années 70) j’ai donc appris une version conforme à l’originale. Cette hérésie est bien française mais pas universelle.

  5. job

    Cette phrase « ne nous soumets pas à la tentation » que j’entendais prononcer par des gens de ma famille et les fidèles paroissiens . m’a toujours « interpellé » d’instinct moi qui n’étais pas encore sur le chemin de Jésus Christ, m’accrochais les oreilles .Lorsque je faisais part de cette dissonance , »n’est ce pas Satan qui soumet à la tentation? » car pourquoi Dieu voudrait nous piéger?. On me répondait  » si c’est écrit comme çà , c’est qu’il y a une raison! qui es tu toi qui n’est pas croyant pratiquant pour contester une prière faite à Dieu?
    Ce qui m’amène à penser que chacun d’entre nous doit interroger son cœur et son esprit pour ne pas se laisser mener comme des montons vers Satan , mais doit au contraire devenir un croyant éclairé dans sa Foi et ne pas se résigner devant les difficultés de ce monde! Assumons notre Foi en Christ ressuscité et marchons dans ses pas .

  6. pelerin

    Ici en Angleterre nous Anglais Catholiques disent toujours ‘and lead us not into temptation.’ Je n’ai jamais entendu des critiques de cette phrase car n’est-ce pas la traduction de ‘et ne nos inducas in tentationem?’

  7. Pierre

    Moi suis un militant de la modification de ce passage du Notre Père, je trouve un peu alarmant votre critique concernant l’utilisation par des millions de blasphémateurs passifs de ce passage. L’obéissance à l’Eglise, comme à une Mère bienveillante, est bien plus anciens que les rubriques les plus classiques. Acceptant l’idée d’une légèreté dans la traduction du Missel de 70 il me semble mauvais et incorrect de parler de blasphème dans ce cas présent et de le garder pour ceux qui volontairement salissent le Saint Nom de Dieu. Par ailleurs, relisant le passage de Job, Dieu, dans son Amour ineffable et tout puissant, laisse l’Adversaire mettre Job à l’épreuve: complicité de tentation abusive ??? je ne voudrais pas être juré de ce procès !! Que Dieu nous soumette à la tentation ou le fait de le dire ou encore de le croire ne salit en rien la personne de Dieu !! Après tout, que le Tentateur par excellence soit l’adversaire c’est certain, mais que Dieu vérifie la qualité de notre foi en nous mettant face à la tentation pourquoi pas !! Reste toujours notre sacro-sainte liberté à mettre en oeuvre pour choisir la vie et pas la mort….et là notre comportement n’est franchement pas glorieux.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *