P. Thomas Euteneuer : un « fléau » vient de s’abattre sur l’Amérique (1)

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Président de Human Life
International
, la plus grande organisation pro-vie au monde, le P. Thomas Euteneuer, que les habitués de mon blogue connaissent bien, consacre une série de trois réflexions
sur les causes et les conséquences de l’élection de Barack Obama. Elles sont rudes, n’ont rien à voir avec le “religieusement correct” ou la “langue de buis”. Elles sont donc catholiques.
Une nouvelle offensive vient de se déclarer aux États-Unis contre la vie et contre l’Église. Ne nous payons pas de mots : c’est une guerre, et une guerre à mort. Les plus faibles et les plus
vulnérables – en l’espèce les enfants conçus – en seront comme toujours les premières victimes. Mais ils ne seront pas les seuls.
Je publie aujourd’hui la traduction du premier volet de ce triptyque, qui a paru dans la lettre internet du P. Euteneuer du 14 novembre (n° 41). Si Dieu veut, je ferai paraître demain la
deuxième (n° 42, 21 novembre).

1. « Nous n’avons d’autre roi que César »


Désormais que les élections sont passées, nous pouvons séparer les vrais catholiques de ceux qui n’en sont que des simulacres. Ceux qui titubent encore sous le coup des résultats de l’élection
peuvent être sûrs qu’ils sont en bonne compagnie : celle des saints. Ceux qui ont dépassé la ligne de sang et pris la décision de se tenir du côté de la culture de mort ont besoin d’un sérieux
examen de conscience. Voyons ce que nous nous sommes infligés à nous-mêmes. L’Amérique a fait le « choix » d’un dirigeant maximum [1], et ce n’est pas très joli. En vérité, c’est l’un des coups
les plus ravageurs jamais infligé à la civilisation américaine, et je ne parle pas en hyperbole. Un personnage aussi saint que Mère Teresa a pu dire : « Une nation qui tue ses enfants
n’a pas d’avenir »
. De même, une autorité comme le P. Benedict Groeschel [2], a récemment déclaré que, dans notre pays, nous étions entrés dans « le commencement du crépuscule
»
– des mots affreux liés au fait d’avoir élu le plus extrémiste des candidats pro-avortement que l’Amérique a jamais eu le malheur de voir occuper la plus haute fonction dans notre
pays.
Une pareille chose est pourtant déjà arrivée. Quand le prophète Samuel se plaignit à Dieu que le peuple d’Israël voulait un roi, le Seigneur répondit que le peuple ne rejetait pas
Samuel, mais rejetait en fait Dieu Lui-même, Sa souveraineté et son Autorité sur lui (1 Sam 8). Il dit aussi à Samuel que le peuple devrait accepter les conséquences de sa perverse
demande et, comme nous le savons, le besoin poltron d’être comme les nations païennes qui l’environnaient fut une amère pilule à avaler. Ce rejet de son Dieu par le peuple d’Israël d’alors
rappelle celui qui surviendra mille ans plus tard quand le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs se tiendra devant eux dans la robe pourpre de la dérision d’Hérode, et qu’ils crieront, cette
fois avec véhémence : « Nous n’avons d’autre roi que César ! ». Fondamentalement, nous avons choisi Barabbas plutôt que le Christ. De nouveau.
Et les choix ont les conséquences qu’ils annoncent. Les conséquences de cette élection seront gravées dans notre conscience nationale pendant des années. L’une étant qu’en ayant élu des
extrémistes de l’avortement pour régner sur nous, et à la Présidence et au Congrès, nous avons désormais perdu la bénédiction promise dans le Psaume 41 (1-4) : « Heureux qui pense au pauvre
et au faible : au jour de malheur, le Seigneur le délivre ; le Seigneur le garde, il lui rend vie et bonheur sur terre : oh ! ne le livre pas à l’appétit de ses ennemis ! Le Seigneur le soutient
sur son lit de douleur ; tu refais tout entière la couche où il languit »
. Il est dur pour des Américains d’imaginer qu’une terre si sanctifiée puisse être déliée de cette bénédiction.
Pourtant, nous avons fait notre lit de douleur et nous devons nous y coucher.
Ce fait n’est pourtant pas survenu sans des mises en garde désespérées et continuelles quant à l’institutionalisation du mal. On ne pourra pas dire que nous n’avons pas été prévenus. Quand la
persuasion morale sur le meurtre des innocents ne fonctionnait pas, la science rationnelle en portait témoignage pour nous. Quand la science fut ignorée et qu’on opta pour les œuvres de mort, le
SIDA et les maladies sexuellement transmissibles survinrent pour réveiller les consciences des gens, mais cela n’améliora pas grand chose. Dieu dut alors permettre un assaut de terrorisme,
d’ouragans, de tornades, d’inondations, de feux de forêts, de tremblements de terre et de tsunamis au cours de la décennie écoulée qu’Il pensait capable de nous tirer des réalités mortifères de
la culture de mort, et de nous amener au repentir. Puisque cela n’arriva pas, Il nous frappa à l’endroit le plus sensible du corps humain : le portefeuille. Les prix de l’essence atteignant des
sommets et la crise financière auraient dû faire l’affaire. Il l’a pensé, mais de toute évidence cela n’a pas davantage fonctionné parce que notre peuple s’est obstinément refusé à être à tout
prix dissuadé de sa soif d’avortement, et il a mis au pouvoir tous ceux qui serviront les intérêts de ce programme impie pour les décennies à venir. Hélas ! nous devons tous tomber à genoux et
nous repentir du plus profond de notre cœur pour ce fléau que nous venons d’appeler sur notre nation bien aimée.
En même temps, mes amis, et malgré cette lugubre situation, c’est l’heure de rendre grâce à Dieu Tout Puissant pour les dons de la vie, de l’amour et de la famille dont Il nous a gratifiés. C’est
aussi l’heure d’engager sérieusement des efforts pour reprendre la culture de telle sorte que finalement notre politique puisse suivre la croissance d’une nouvelle culture de vie levant des
semences que nous plantons aujourd’hui.

À suivre, deuxième partie : « La culture catholique et l’élection de Barack Obama »

[1] « Maximum leader » dans l’original ; allusion au titre que s’était donné Fidel Castro : « el lider maximo » (le grand dirigeant).
[2] Un des célèbres « Franciscains du Bronx ».

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