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Un drôle de commentaire

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Dans certains journaux catholiques, on se permet des commentaires partisans, nullement étayés. Ainsi, dans Pasteur, « Journal catholique d’information des quartiers Alleray, Necker, Pasteur, Vaugirard » (octobre 2015, p. 24), on lit la chose suivante: « tranchant avec nombre de ses prédécesseurs, plus prompts à juger et à interdire qu’à accueillir et à appeler à la conversion, le pape François a annoncé une Année sainte de la miséricorde. » Quels sont les papes visés ? Cela s’étend-il à Benoît XVI, à Jean-Paul II voire à Jean XXIII ? Comme on dit, maintenant, on rase gratis… Pourtant, il ne semble pas que les papes avant François – Paul VI, Jean-Paul Ier, Jean-Paul II et Benoît XVI – aient renié l’optique roncalienne, qui préfère user du remède de la miséricorde que celui de la condamnation… Autre question: l’appel à la conversion a aussi été le fait de papes qui, pourtant, condamnaient. L’Église romaine n’a jamais prêché le refus de toute conversion (bien au contraire). Les pontificats « de condamnation » ont aussi été des pontificats encourageant les missions (on peut ainsi songer à celui du bienheureux Pie IX). Enfin, même là où il y a eu condamnation, refus net du péché, on est sûr qu’il y a eu aussi miséricorde: le témoignage des grands confesseurs est là pour le rappeler. Bref, même en 2015, on peut écrire beaucoup de bêtises en révisant unilatéralement l’histoire – y compris récente – de l’Église. Il serait naïf de croire que nous vivons un âge d’or qui aurait succédé à un âge sombre (l’inverse est également vrai).

12 comments

  1. toto

    Depuis au moins l’an 1300 l’Eglise a institué des « années saintes » ou des années jubilaires pour raviver la foi des fidèles. Et c’étaient des moments de conversion, de prière, de pénitence, de pèlerinages où l’Eglise parlait surtout de la miséricorde de Dieu envers les pécheurs(nous le sommes tous) repentants. Je répète « repentants », qui allaient se confesser pour être en état de grâce et recueillir les fruits du jubilé.
    Il ne faudrait pas que l’année de la miséricorde qui va s’ouvrir soit l’occasion pour certains d’ignorer le péché ou de ne pas demander pardon, comme s’il s’agissait d’un distributeur automatique destiné à déculpabiliser les coupables non repentants. C’est bien notre époque satanique qui accable l’innocent pour innocenter le coupable: c’est l’inversion satanique contre le plan de Dieu.
    Dieu ne veut pas la mort du pécheur mais son repentir. Ce qui veut dire que sans repentir nous risquons la mort éternelle. Toute l’Ecriture tourne autour de l’Amour de Dieu qui exige le repentir des fautes (femme adultère, bon larron.
    Le St Curé d’Ars n’arrêtait pas de prêcher sur l’enfer et l’horreur du péché. Sa bienveillance au confessionnal pour les pécheurs repentants était légendaire. Comme son intransigeance envers les simulateurs et faux pénitents.

    • Cassianus

      « Déculpabiliser », le mot est bien choisi. En effet, il ne faut pas gratter beaucoup la surface de la nouvelle théologie du tout amour pour s’apercevoir que le mal moral y est confondu avec le sentiment du culpabilité. Les hommes seraient mauvais parce qu’ils auraient peur. Ils deviendraient bons s’ils prenaient conscience que Dieu les aime d’une manière inconditionnelle. De la sorte, le péché n’est autre chose qu’une crispation intérieure, un refus de s’ouvrir. Comme l’huître : elle se ferme parce qu’elle a peur, elle s’ouvre quand elle est en confiance. L’homme devient aimant quand il se sait aimé… De là l’horreur (la crispation !) des modernes devant toute allusion à la colère de Dieu. On ne veut plus que Dieu soit capable de se fâcher, sauf, évidemment, quand il s’agit des riches égoïstes et surtout des catholiques fondamentalistes, à qui l’on reproche le pire des crimes contre l’humanité, qui est de traumatiser les enfants avec des sermons moralisateurs.

    • agapé

      Il n’y a pas d’un côté les innocents et de l’autre les coupables. Nous sommes tous coupables.
      Que chacun essaie humblement de se convertir sans épier la démarche de son frère et dénoncer son manque de repentir, nous ne sommes pas dans son coeur.
      Le péché de pharisaïsme nous guette tous.

  2. Gauvain

    Si grande est l’audace et si grande la rage avec lesquelles on se rue partout à l’attaque de la religion, on bat en brèche les dogmes de la foi, on tend d’un effort obstiné à anéantir tout rapport de l’homme avec la Divinité ! En revanche, et c’est là, au dire du même apôtre, le caractère propre de l’Antéchrist, l’homme, avec une témérité sans nom, a usurpé la place du Créateur en s’élevant au-dessus de tout ce qui porte le nom de Dieu.

    C’est à tel point que, impuissant à éteindre complètement en soi la notion, de Dieu, il secoue cependant le joug de sa majesté, et se dédie à lui-même le monde visible en guise de temple, où il prétend recevoir les adorations de ses semblables. Il siège dans le temple de Dieu, où il se montre comme s’il était Dieu lui-même.

    Saint Pie X – E supremi apostolatus (1903)

  3. allegro

    Les faussaires, les prévaricateurs, « les salauds » existent aussi dans l’Eglise, comme en témoigne « certains journaux catholiques ».
    … et, malgré l’annonce de l’année de la miséricorde, le repentir de tous ces « adorateurs du Pape François » s’apparente à une chimère.
    Bon, le Christ n’abandonnera jamais Son Eglise !

    allegro

  4. bob

    il y a encore beaucoup trop de personnes, y compris des catholiques, qui confondent miséricorde et tolérance.
    chez les franc-maçons, on pratique la tolérance…. (je sais de quoi je parle, je l’ai été). la tolérance est pratique car elle permet de faire ce que l’on veut car on accepte que d’autres fassent ce qu’ils veulent, envers et contre tout.
    chez les catholiques, on essaye de pratiquer la miséricorde. la démarche est bien plus difficile car elle oblige à une remise en question permanente, à aller se confesser, à accepter le regard de Dieu qui appelle à la conversion, y compris par les plus petites choses.

    • @ bob, je me permets d’ajouter la chose suivante : le verbe tolérer, très à la mode, permet de se donner bonne conscience et d’accepter n’importe quoi, il prend tout son sens quand on se pose la question suivante :  » Tolère-ton le BIEN ? « .

  5. BOMMIER

    C’est le mot miséricorde qui n’est plus compris. Pour la plupart de nos contemporains, miséricorde veut dire suppression de la notion même de péché. Pour eux, la miséricorde autorise ce qui est interdit. Pour la plupart des jeunes d’aujourd’hui, par exemple, prendre la pilule et user de son corps comme on le veut n’est plus un péché. « Parce que c’est l’évolution », « parce que l’Eglise prend toujours du temps avant de reconnaître ses erreurs, ou ses frilosités ». Pareil avec l’homosexualité. Il faut réformer l’Eglise qui pense des choses fausses et l’obliger ainsi à cette Miséricorde qu’elle prône. La miséricorde pour ces gens-là (et ils ont majorité) est aussi bien et peut-être plus un retour sur les positions de foi que l’Eglise avait, qu’une aptitude à pardonner. Le pardon, d’ailleurs, étant plus l’explication que ce qui était faute ne l’est plus; que tout le monde a le droit de tout, ou du moins a la possibilité de tout. C’est à l’Eglise de se conformer à cette attitude de renoncement de son dogme sur le péché et la rédemption christique. Il faut donc faire très attention quand on parle de miséricorde, car pour beaucoup, l’Eglise qui fait miséricorde, ce n’est point l’Eglise qui invite à la conversion, mais l’Eglise qui supprime la notion de péché.

  6. L'Alba

    Pour avoir mis l’intelligence à la place de Dieu, pour en avoir fait un Dieu, on n’a plus de remède contre ses impuissances manifestes ; on en vient à douter d’elle.
    Alors, on n’a plus rien.
    En matière intellectuelle comme partout, l’humilité qui met tout à sa place est la plus haute sauvegarde et la souveraine grandeur.

    A.D.Sertillanges – Saint Thomas d’Aquin (1931)

  7. Gilberte

    Dans les évangiles, le mauvais riche et le pauvre Lazare, le mauvais riche est bien torturé sans miséricorde malgré son repentir, et dans la série des malédictions il y a bien des jugements et des interdictions. Il ne peut pas en être autrement: peut-on élever un enfant sans jamais rien lui interdire et sans approuver ou désapprouver sa conduite, quel serait le résultat d’une telle éducation

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