Vive le Missel… de Saint-Jean XXIII !

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La canonisation du pape Jean XXIII n’a pas seulement entraîné l’ajout au calendrier liturgique d’un nouveau saint ou l’adjonction de nouvelles prières à la forme ordinaire du Missel romain. C’est aussi la forme extraordinaire du Missel romain qui se trouve ainsi requalifiée, ce qui n’est pas le moindre des paradoxes de ces qualifications présentes qui agissent sur le passé. On parlait de Missel tridentin ou de Missel de Saint Pie V. L’explication était logique en raison de la promulgation d’une nouvelle édition du Missel romain, en 1969, par le pape Paul VI. Le rattachement de la nouvelle édition du Missel romain à Paul VI devait forcément créer un lien, dans les esprits, entre un livre liturgique et le pape. Puis, à la suite du Motu proprio Ecclesia Dei de 1988, on parla de Missel de 1962 ou de Missel de Jean XXIII. En effet, l’autorité romaine avait retenu comme édition normative du Missel romain anté-paulinien l’édition de 1962 (et non celle de 1965, comme ce fut le cas par l’indult de 1971). Par la suite, on a parla de Missel du Bienheureux Jean XXIII, puis de forme extraordinaire du rite romain. Ce devait être l’effet de la béatification de 2000 et du Motu proprio de 2007. Certes, les expressions mentionnées précédemment sont utilisées alternativement. Désormais, à la suite de la canonisation du 27 avril 2014, le missel traditionnel pourra bénéficier d’un patronage illustre. Bref, un bon coup de publicité ! Et si l’on faisait campagne sur le Missel du pape Saint-Jean XXIII ? Cela pourrait permettre de balayer les accusations de passéisme ou d’opposition à l’action du pape Jean XXIII. Petite anecdote: l’abbé Berto, théologien de Mgr Lefebvre, avait reconnu que le Missel approuvé en 1962 mettait en oeuvre la constitution conciliaire Sacrosanctum Concilium…  Est-ce le cas de l’ensemble des célébrations actuelles ?

 

Jean-Marie Vaas

5 comments

  1. Lamblin

    Bravo ! Je n’y pensais pas et pourtant, c’est la stricte vérité ! Si on avait continué de pratiquer ce rite, nos églises ne seraient pas vides aujourd’hui.

    • Jean-Marie Vaas
      Author

      On peut effectivement le penser: la forme extraordinaire bénéficie d’un rayonnement auprès de personnes très différentes. En soi, ellene peut attirer tous les catholiques, mais elle ne saurait laisser insensible un grand nombre d’entre-eux.

  2. Thierry

    Je vais régulièrement (mais non tous les dimanches) assister à la messe selon le rite extraordinaire qui n’est pas célébrée dans la paroisse dont je relève. La spiritualité qui s’en dégage, les gestes dévotionnels, les chants grégoriens et, pour tout dire, le rite qui est en lui-même un véritable exercice de piété et de dévotion, répondent mieux à mes aspitations.
    Ceci étant dit, il faut tout faire pour apaiser les esprits et ne pas raviver la « guerre liturgique ». Ne manifestons aucune agressivité, aucune critique acerbe, c’est totalement contraire à l’enseignement des Evangiles et de la morale chrétienne !
    La messe selon le rit ordinaire, selon le Missel romain de Paul VI, célébrée en LATIN en respectant toutes les rubriques liturgiques (qui sont normatives, il faut le rappeler !), comme il se doit (ou comme il se devrait), ainsi qu’on le célèbre avec grandeur à la basilique Saint-Pierre de Rome, est certainement tout aussi digne, respectable et sacré.
    C’est « l’adaptation », pour ne pas dire la déformation de ce rite par l’Eglise de France (usage exclusif du français, rejet du splendide art musical chrétien etc.) qui a jeté l’opprobre sur ce que l’on a appelé la « nouvelle messe ». Il y a eu quantité d’abus, d’inventions fantaisistes que tout le monde connaît et qui s’écartaient manifestement des consignes vaticanes et tout simplement de la « lex orandi, lex credendi ». Espérons que ces temps sont révolus et que lentement, avec les nouvelles générations de prêtres (si restreints soient-ils) et sous l’influence du rit extraordinaire et de ses promoteurs, les moeurs et usages liturgiques progressivement changeront pour redevenir ce qu’elles nauraient jamais dû cesser d’être.

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