Benoît XVI et le latin

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Malgré les sabotages et les annonces catastrophiques des médias, le Pape poursuit avec succès sa visite apostolique au Royaume-Uni et je m’en réjouis naturellement.
Il faudra revenir longuement sur tout ce qui a été dit et fait par Benoît XVI et nous le ferons pendant les prochains jours.
Mais, d’ores et déjà, je voudrais signaler un fait que la plupart des observateurs, au moins francophones, n’ont pas noté: le Pape, je l’ai dit, célèbre pontificalement dans la langue de l’Eglise, le latin. Nous savions déjà qu’il utilisait cette langue pour ses messes privées; il n’avait jamais hésité à l’utiliser pour telle ou telle prière. Mais je crois que c’est la première fois que tout le canon (et pas seulement le canon) est récité en latin par Benoît XVI lors d’une messe à laquelle assistent de nombreux fidèles… qui ont en commun la même langue (en l’occurrence l’anglais). Evidemment, l’argument habituel de l’utilisation du latin comme langue commune ne tient pas dans ce cas: contrairement aux messes célébrées à Lourdes ou aux JMJ, tous les fidèles parlent anglais dans ce cas précis.
Par conséquent, la seule justification de l’utilisation du latin par Benoit XVI est bien la logique de « réforme de la réforme » (ou, si l’on préfère, de « retraditionalisation » du nouveau rite).
La chose est d’autant plus remarquable que la nouvelle traduction anglaise du rituel est toute récente. Et c’est là le fait peu noté: malgré une nette amélioration des traductions liturgiques, et malgré le peu d’enthousiasme des évêques britanniques, Benoît XVI a délibérément choisi de célébrer en latin. Toujours sa stratégie des petits pas et de la réforme par l’exemple…

8 comments

  1. Boris Maire

    Au Portugal, déjà, le Saint Père avait utiliser le Latin pour le Canon et la Préface.

    A Malte également.

    Il y a une certaine omerta médiatique sur l’usage du latin dans la forme ordinaire : tout le monde semble cherchait, « tradis en tête », à faire croire que le Latin est l’apanage de la seule forme extraordinaire.
    D’ailleurs, les médias, les « tradis » et les progressistes ne disent-ils pas « messe en latin » au lieu de « forme extraordinaire » ?
    SI.

    Tel est le tort causé volontairement par tous ces gens.

    D’ailleurs, la célébration latine par le Pape de sa messe privée avait fait dire récemment à certains « tradis » qu’il utilisait la forme extraordinaire. Quelle méconnaissance crasse !

    Ce n’est donc pas la première fois que le Pape utilise, en dehors de sa messe privée et de Rome, le Latin pour le Canon : il ne fait que suivre stricto sensu le Concile :

    54. Latin et langue du pays à la messe

    On pourra donner la place qui convient à la langue du pays dans les messes célébrées avec le concours du peuple, surtout pour les lectures et la « prière commune », et, selon les conditions locales, aussi dans les parties qui reviennent au peuple, conformément à l’article 36 de la présente Constitution.

    On veillera cependant à ce que les fidèles puissent dire ou chanter ensemble, en langue latine, aussi les parties de l’ordinaire de la messe qui leur reviennent.

    Mais si quelque part un emploi plus large de la langue du pays dans la messe semble opportun, on observera ce qui est prescrit à l’article 40 de la présente Constitution.

    Nous voyons, dans cet article rarement cité mais qui est le seul à parler de langue dans le cadre de la Messe, que le Concile n’a jamais prévu que le Canon puisse être dit dans une autre langue que le Latin.

    UdP,
    Boris

  2. Lecroart

    En cette période de crise économique,d’incertitudes mondialistes ce voyage en Angleterre ne me parait pas des plus opportuns. Le vatican apparait comme bien riche (ce qui n’est pas le cas pour notre pauvre Eglise de terrain)
    Cela parait comme un acte médiatique qui a toute les chances de provoquer une réaction inverse.
    L’image rétrograde qu’il donne est épouvantable vis à vis de l’extérieur. Surtout en cette période de super méditisation. (il apparait comme amorphe.
    Etonné et auto satsfait d’occuper une telle fonction.)De quoi donner du grain à mouder aux autres confessions.

  3. Kris Vancauwenberghe

    Boris Maire, ces discussions sur « le bon concile » Vatican II font un peu sourire. Etajnt donné que ce concile a dit tout et le contraire de tout, chacun peut y trouver un argument pour sa thèse. La constitution « Sacrosanctum concilium » en est un exemple particulièrement éclatant. Le principal problème de Vatican II est sans doute celui-là.

  4. Luc

    Lecroart, tout d’abord ce n’est pas un voyage en Angleterre mais en grande-Bretagne, puisque le pape a aussi été en Ecosse (il a même commencé par là).
    Ensuite, si on vous comprend bien, étant donné que les media attaquent l’Eglise et le pape, le mieux est de s’écraser devantl’anticreligiosité moderne? Remarquez bien que c’est ce que Vatican a fait. Avec les résultats qu’on voit.

  5. Thierry

    Le grain à moudre est donné aux seuls qui sont radicalement Christiques,c’est à dire certains évangélistes,les Orthodoxes,et… les…Catholiques!Vous avez internet lecroart,mais vous ne regardez pas la TV!Et mème dans les sondages les plus impitoyables,,10% de Catholiques et 33% de personnes qui approuvent la visite papale,cela devrait vous faire réfléchir!

  6. Boris Maire

    Après vérification, le Pape avait déjà utilisé le Latin pour la prière eucharistique n°3 et pour le Canon Romain lors de sa visite à Lourdes en 2008.

    Rien de nouveau sous le soleil sinon que certains se réveillent … avec quelques années de retard !

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