Francois Spadaro

Amors Lætitia, la Civiltà Cattolica et la néo-morale

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Samedi dernier, sur RadioVatican, le Père Antonio Spadaro, S.J., directeur de la Civiltà Cattolica, grand organe officieux/officiel du Saint-Siège, a donné un entretien exposant la structure et les intentions de l’exhortation pontificale datée du 19 mars : « Amoris Laetitia : la doctrine est radicalement pastorale ». Cet entretien est d’autant plus important que ce jésuite fait partie de ce que l’on nomme à Rome l’« establishment bergoglien » et qu’il a été l’un des rédacteurs qui ont œuvré sur le document depuis septembre dernier (c’est-à-dire, avant la réunion de la dernière assemblée du Synode des évêques). En résumé les normes (celles concernant le mariage, mais par le fait toutes les règles issues de commandements divins) subsistent, mais elles sont mises entre parenthèses « pastorales ». Qu’on juge du cyclone qui emporte aujourd’hui la morale catholique par ce passage : « Il est possible que la question de savoir si les divorcés remariés ont accès aux sacrements ou non n’ait aucun sens, dans la mesure où elle renvoie à l’idée d’une règle générale applicable à tous les cas, en positif ou négatif. Le pape démantèle cette logique et affirme l’importance du discernement face à des situations qui sont très différentes. Il affirme donc tout d’abord très clairement que nous sommes appelés à former les consciences et non à prétendre les remplacer. Ce qui redonne donc une grande valeur à la conscience, laquelle doit ensuite se mesurer avec les pasteurs. C’est dans la confrontation avec ces derniers que l’on comprend quelle est la situation réelle que les gens connaissent, quel est le degré de responsabilité et l’on peut alors comprendre si l’accès [aux sacrements] est possible ou non ».

9 comments

  1. Le pape a raison parce que, si l’on prétend qu’être divorcé remarié est un péché, celui-ci étant un acte humain, il répond à quatre conditions selon la morale chrétienne, celle de l’Evangile, à savoir la préméditation, la liberté, la responsabilité et la conscience morale ou la raison droite. Or, la plupart des divorcés remariés ne répondent pas à ces quatre conditions, pour que leur situation de divorcés remariés soit vraiment qualifiée de péché pouvant les éloigner de la Communion; d’où l’appel au sens du discernement, de l’accompagnement pastoral de chaque couple, de l’écoute et de l’étude de chaque situation; En bref, certains évêques et prêtres le font déjà car, disent-ils, le prêtre ne fait pas le gendarme: il revient aux couples divorcés remariés, s’ils ne se reprochent rien dans leur for intérieur, s’ils aiment le Christ, de communier à son Corps. Devant Dieu, chacun sera tout seul…ne réduisons donc pas notre Foi à l’immédiateté de la vie, pensons aussi à l’après la mort…

    • Jacques jacques

      Jean serait-il divorcé ?
      La communion ne peut pas être reçue en état de péché grave comme l’adultère, justement pensons aux conséquences après la mort.

  2. Cette position est radicalement à l’opposé de l’enseignement magnifique de Saint-Jean Paul II dans Veritatis splendor, qui est celui de la valeur universelle et objective des commandements.

    C’est un effondrement.

  3. onclin

    C’est une évidente mise à niveau du catholicisme vers le protestantisme pour tout, particulièrement pour le mariage, par les paroles du jésuite Spadaro :
    1 Les protestants ne reconnaissent pas la valeur du décalogue, car il se heurte à leur principe de la justification. Application Spadaro : En résumé les normes (celles concernant le mariage, mais par le fait toutes les règles issues de commandements divins) subsistent, mais elles sont mises entre parenthèses « pastorales ». Donc on n’en tient plus compte comme base de réflexion et d’absolu, ici le catholicisme rejoint le protestantisme dans sa « praxis » et non l’inverse.
    2 Le mariage est un sacrement pour le catholique et donc non « bornable » sinon il ne répond plus à la définition d’absolu. Ainsi si on le met « entre parenthèses » par en amont (deux motus proprios) et en aval (conclusion du synode) on rejoint la position de Spadaro et son principe du « entre parenthèses ». L’absolue sacralité est alors dissoute et on rejoint la position des protestants sur le mariage qui n’a jamais été un sacrement. Ainsi la « praxis » peut en discuter sans ombrage de la notion de sacrement ou dogme, c’est ce qui s’est passé.
    3 « Il affirme donc tout d’abord très clairement que nous sommes appelés à former les consciences et non à prétendre les remplacer. » Il est normal étant sur les pas du protestantisme qu’il parle ainsi Il marque par là que la position du pasteur (il ne dit plus prêtre) obéit à la définition du pasteur protestant sous forme de simple conseil, car il n’y a aucune hiérarchie dans le protestantisme, tous sont en fait pasteur par défaut, cela entraîne que, quelque soit les conseils de la « personne » qui est en face pour le conseiller, ce sera « toujours » son « for interne » qui prendra la seule décision finale et celle-ci sera invincible et juste, or nous savons qu’est établi dans l’Église catholique depuis Vatican II, la primauté de la conscience individuelle, comme dans le culte protestant. Le pape Paul VI n’a t’il pas parlé concernant de la religion catholique de la religion de l’homme (sous entendus conscience)
    Les paroles de ce pape François avec Scalfari ne peuvent se comprendre que dans un pur jus protestant :
    « Très Saint-Père, existe-t-il une vision unique du Bien ? Et qui la définit ?
    “Chacun de nous a sa vision du Bien et aussi du Mal. Nous devons l’inciter à aller vers ce qu’il pense
    être le Bien”.
    Si pour ce pape le bien d’un, peut être le mal d’un autre et le mal d’un, peut être le bien d’un autre, alors il se “marie” avec la pensée moniste de Calvin. Un seul principe créateur et Dieu est bien et est aussi mal. Dieu n’est donc plus infiniment bon et le diable est une erreur de conception spécialement venant de la bouche du Christ, car cela ne répond pas à la définition d’un Dieu fondé sur le monisme de Calvin, ainsi le Christ devient l’image du premier homme “justifier” sans plus, ou le Christ est le premier prédestiné selon la volonté de Dieu.

  4. Le retour du fils prodigue a été précédé par un repentir, un aveu de ses fautes et un retour au Père, c’est à dire une conduite nouvelle.
    C’est tout le Sacrement de Pénitence.
    Mais l’ambiguïté du texte papal laisse entrevoir un accès aux sacrements sans changement de conduite.
    La notion de péché semble absente…..

  5. Alex

    Démanteler la morale catholique, c’est aussi démanteler la doctrine de l’Eglise, donc c’est démanteler l’Eglise.
    Tout cela pour plaire au monde et à ses envies, pour épouser et imiter le monde pas à pas, finalement.

    Raison de plus pour prier pour le pape et sa cour, ainsi que pour son successeur qui pourra toujours remettre l’Eglise en ordre, c’est vital pour Elle.

  6. Jacques jacques

    Le laxisme de Vatican II dit  » pastoral  » a vidé les église.
    Le Pasteur qu’est l’église, pensait que la rigueur morale faisait fuir le troupeau. Il est évident qu’un troupeau mal encadré se disperse.
    Le berger n’est plus le bon. C’est ce que nous pouvons constater.
    Impossible pour le pape et les modernistes de ne pas s’en rendre compte, et ils persévèrent dans l’erreur.
    Matthieu 7, 15-21 Gardez vous des faux prophètes, qui viennent à vous vêtus en brebis mais qui au-dedans sont des loups rapaces.C´est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez.

    Errare humanum est, perseverare Diabolicum.

  7. Jacques jacques

    Venez communier ! Venez communier !
    Vous avez divorcé ?
    Oui
    Combien de fois ?
    3 fois ?
    Mais je m’étais trompée maintenant c’est le bon.
    Vous avez eu d’autres relations extra conjugales ?
    Oui mais rarement .
    Vous n’avez pas avorté ?
    Si mais deux fois seulement, la première fois parce que je n’avais que 15 ans .
    Et la deuxième ?
    Nous étions jeunes mariés et nous ne voulions pas rater notre voyage de noce.
    C’est pas grave Dieu est miséricordieux.
    Venez communier ! Venez communier !
    Mais je suis salafiste.
    Ça fait rien c’est le même Dieu.
    La communion , c’est bien le corps de Jésus ?
    Oui et alors ?
    Ce n’est qu’un prophète, ce n’est pas Dieu.
    Et alors n’a t-il pas dit faite cela en mémoire de moi…
    Venez communier ! Venez communier !
    Mais je suis protestant , je n’ai pas le droit.
    Mais non, mais non, c’est l’église catholique qui était dans l’erreur pardonnez nous et venez partager avec nous le repas du seigneur.
    ETC ETC
    Bien sûr c’est caricatural, mais ce n’est que la caricature de Vatican II
    S’il n’est plus besoin de se confesser pour communier, s’il n’est plus besoin d’être baptisé, d’être confirmé, s’il n’est plus besoin de s’agenouiller, s’il n’est plus besoin de ne pas souiller le corps de Jésus Christ avec les doigts, s’il n’est pas besoin de demander pardon , avec ferveur, et de regretter sincèrement ses errements qui ne sont que péchés, s’il n’est pas besoin de demander à Dieu qu’il prononce une seule parole pour que nous soyons dignes de le recevoir, alors bien sur tout le monde peut aller communier, mais comme les protestants : une comédie en mémoire de…
    Mais gros problème si tout le monde peut communier, plus personne n’ira parce que ça ne vaudra pas plus qu’acheter un ticket de métro.
    La désacralisation et le laxisme de Vatican II, avec François finira par vider totalement les églises. Pape? Vous avez dit Pape?
    Venez communier! Venez communier ! La communion n’est qu’une manière d’aborder Dieu.
    Essayez notre manière ! Nous viendrons égorger les moutons avec vous, à votre manière..
    Venez communier ! Venez communier !

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