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Autriche : la “messe interdite” du cardinal Burke à Vienne

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Voici ce que nous apprend le bulletin d’information vidéo de Gloria.TV, en langue anglaise, du 31 octobre. Traduction (à partir du texte anglais et de la traduction en espagnol) :

« Mercredi prochain [5 novembre], le cardinal Raymond Burke était supposé célébrer une messe selon le rite ancien dans l’église paroissiale Saint-Léopold de Vienne, qui appartient au très riche monastère de Klosterneuburg. Mais la messe a été annulée. Le prévôt de Klosterneuburg, le Père Bernhard Backovsky, a personnellement interdit au curé d’autoriser le cardinal à célébrer ».

Cette “interdiction” est non seulement un affront sans guère de précédent à un cardinal de Curie et préfet de Congrégation, mais aussi une violation de la lettre et de l’esprit du motu proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI. La paroisse viennoise Saint-Léopold de Donaufeld (en allemand Kirche zum Heiligen Leopold) n’ « appartient » pas aux chanoines réguliers de saint Augustin (CRSA) du monastère de Klosterneuburg, mais est une paroisse l’archidiocèse de Vienne dont l’ordinaire est le cardinal Christoph [von] Schönborn – on sait, par ailleurs, que ses positions lors du récent synode extraordinaire sur la famille étaient à l’opposé de celles du cardinal Burke. L’archidiocèse de Vienne a confié le soin pastoral de cette paroisse aux chanoines de Klosterneuburg dont le Père Bernhard Backovsky est « prévôt » ou « abbé ». C’est à l’invitation de Una Voce Austria que le cardinal Burke devait se rendre à Vienne les 4 et 5 novembre pour participer, au matin du 4, à un colloque autour du livre Demeurer dans la vérité du Christ auquel le cardinal Burke a collaboré. Dans la soirée du 4, à 18 h, le cardinal devait célébrer une messe selon la forme traditionnelle en l’église Saint-Charles-Borromée de Vienne, puis, le lendemain, à 8 h, une seconde messe pontificale en cette même église, ainsi que l’indique toujours le site de Una Voce Austria, mais le lieu de la messe avait été déplacé, fin octobre, vers l’église Saint-Léopold où elle ne sera donc pas célébrée. Un scandale de plus.

10 comments

  1. FERRARI

    Le ver est dans la pomme..
    Ce qui est grave, c’est d’écarter le Cardinal Burke à cause de sa position favorable pour la protection de la famille. Que va-t-il sortir du synode en cours ?

  2. Frappin

    Il me semble urgent que le Pape François se prononce ouvertement sur l’application du Motu-Proprio du Pape Benoît XVI,nous avons l’impression très forte qu’un certain clergé s’oppose au Motu Proprio de plus en plus ouvertement.
    Même si le rite traditionnel de la messe est « extraordinaire » il n’en reste pas moins que le Pape Benoît le place à égalité avec le Missel de 1969,espérons que ce règlement ne soit que provisoire dans l’attente d’une réforme en profondeur de la liturgie ou des liturgies issues du Concile.
    Il serait interressant de connaître l’opinion des fidèles,il me semble qu’ils sont directement concernés!

  3. Un curé de campagne

    Il suffit simplement de voir le droit canon au canon 357 § 2. « Les Cardinaux qui se trouvent hors de Rome et hors de leur propre diocèse sont exempts, en ce qui concerne leur propre personne, du pouvoir de gouvernement de l’Évêque du diocèse où ils résident ».

  4. Michel

    Cette interdiction est anormale, et n’est sans doute pas sans lien avec l’attitude scandaleuse du pape François vis-à-vis des cardinaux, dont le cardinal Burke, et d’autres tels le cardinal Müller, qui ont argumenté avec une clarté et une rigueur telles que leur position est impossible à contrer de bonne foi, pour s’opposer à l’ouverture de la communion, sous certaines conditions, aux divorcés civilement remariés.

    Comme leur position est impossible à contrer de bonne foi, tellement elle est juste et évidente, cela gêne et énerve le cardinal Kasper et le pape lui-même qui tiennent absolument à faire passer, en force s’il le faut, ce projet qui est une infidélité grave à l’enseignement du Christ et à la tradition la plus établie de L’Eglise. Et comme ils ne peuvent répondre honnêtement à ces cardinaux aussi éminents qu’honnêtes intellectuellement ( eux, a-t-on envie d’ajouter ), ils les insultent faussement.

    C’est ainsi que le pape François n’a pas craint, dans son discours de fin de synode où il a fait sa tirade sur les cinq tentations, de les traiter -sans les nommer, mais c’est manifestement d’eux qu’il s’agit- de « traditionnalistes » et d’ « intellectualistes », dans le cadre de l’évocation de la première tentation (à noter que les « progressistes », évoqués ensuite en fausse fenêtre pour ne pas avoir l’air de ne critiquer que les traditionalistes, mais ces derniers étant en réalité seuls visés, n’ont pas droit eux à l’aimable qualificatif d’ intellectualistes, qui serait donc l’apanage des seuls traditionnalistes et jamais des progressistes) et dans le cadre de l’évocation de la cinquième tentation, de gens au langage « minutieux », parlant pour « ne rien dire », remplis de « bizantinisme ».

    C’est une pitié d’entendre dire cela à propos de personnes aussi éminentes, aussi honnêtes intellectuellement, que le cardinal Burke ou le cardinal Müller. C’est à hurler, surtout si l’on pense que ceux qui traitent ainsi des personnes aussi respectables sont en réalité eux-mêmes précisément des adeptes du sophisme et du bizantinisme.

    D’une manière plus générale, ce discours sur les cinq tentations est particulièrement manipulateur et odieux, cela est sans doute passé trop inaperçu sous cet angle, cela n’a pas été assez dénoncé. Pour donner un autre exemple de ce qui ne va pas du tout dans la pensée de ce discours: quelle cette manière de rechercher la vérité dans la voie de ce compromis qu’il faudrait trouver entre traditionalisme et progressisme?. Pourquoi ne pas chercher directement la vérité à partir d’ une écoute confiante et raisonnable, tout simplement, de la Parole du Seigneur? Il y a en fait, dans cette vision de recherche constante de compromis entre des excès contraires un profond relativisme, comme si les mots, ceux notamment de l’Evangile, n’avaient pas par eux-mêmes un sens que des esprits honnêtes et droits peuvent comprendre tous de ma même manière. N’est-ce pas cette lecture toute simple et honnête que nos sophistes manipulateurs cherchent à éluder en prétendant renvoyer dos à dos, dans le cadre de faux débats, les traditionnalistes et les progressistes?

  5. P.Jean-François Thomas s.j.

    Le cardinal Burke est un vrai témoin de la vérité et de la charité. Il n’est pas étonnant que le Malin trouve tous les moyens et utilise tous les instruments humains pour l’empêcher de poursuivre dans sa mission. Cette interdiction est honteuse et scandaleuse, comme beaucoup d’autres décisions prises par des hommes d’Eglise, même au plus haut niveau. Mais les pierres continueront à crier.

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