Quelques questions à propos de l’affaire Senèze

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Encore quelques remarques et questions à propos de l’affaire Senèze, dont nous parlons depuis 2 ou 3 jours:

1) Tout d’abord, sur le fond, il ne me semble pas que beaucoup de personnes se soient précipité pour répondre aux explications érudites de Marie-Alix Doutrebente sur la cappa magna. Je ne suis pas aussi savant que cette dernière en matière liturgique, mais, si, effectivement, la signification de la cappa magna est de dévêtir les insignes mondains pour monter à l’autel, je suis assez estomaqué que l’on puisse trouver cela, sans plus d’explication, ridicule. Pour ceux qui n’auraient pas lu le fil de discussion dont il est question, voici ce que disait Marie-Alix Doutrebente:

« la signification de la cappa magna :

la « Cappa Magna » est un manteau d’environ 3,5 mètres d’étoffe de laine qui fait partie de l’habillement épiscopal (6 mètres de soie pour les cardinaux).

Il en « fait » partie (et non pas « faisait » partie), …de fait et de droit. En 1984, alors qu’était publié le Caeremoniale Episcoporum aujourd’hui en vigueur, au paragraphe 200 dédié aux habits des évêques, il est établi: « Magna cappa violacea, sine hermellino, in diœcesi tantum et sollemnissimis festivitatibus adhiberi potest », soit: « La cappa magna moirée, sans hermine, peut être utilisée seulement dans les diocèses et pour les festivités les plus solennelles. » (et le num. 64, et les nn. 126 et 192 expliquent où , comment et quand s’en vêtir et dévêtir avant les fonctions liturgiques).

Cet usage a donc été limité, mais personne ne l’a aboli. Et il est donc laissé à la faculté des excellentissimes évêques d’en user dans leurs propres diocèses pour solenniser des Visites Pastorales , fêtes patronales, ou autres circonstances…

La cappa, comme le reste des habits de chœur des évêques, est utilisée comme décrit au paragraphe 1202 du Caeremoniale: « Les habits sont portés par les évêques à chaque fois qu’ils se rendent publiquement en une église , où qu’ils en partent, quand ils sont présents à une liturgie ou une action sacrée sans la présider, et dans les autres cas prévus par ce Cérémonial » .

Mais il est intéressant de savoir aussi ce que sous entend le dépouillement de la Cappa, symbole de pouvoir et de prestige: c’est pour tout ce qu’elle représente de mondain qu’il est obligatoire que le prélat qui la revêt en soit dépouillé publiquement et « humilié » devant l’assemblée ! Puis, parement après parement,l’évêque est revêtu des habits de l’homme neuf, duquel parle Saint-Paul: la chemise, l’aube du baptême, la dalmatique de la charité, l’étole du pardon et la chasuble de la miséricorde. Enfin, revêtu du Christ, le prélat fait une seconde entrée dans l’église pour commencer la célébration eucharistique in persona Christi.

La dévêture de la cappa est une déclaration que le pouvoir et le prestige du monde n’ont pas de place à l’autel. »

2) Il semble que la tactique de Nicolas Senèze soit de faire oublier les insinuations insultantes à l’égard du cardinal Burke en insultant les journalistes qui s’indignent (Michel Janva est ainsi devenu un « salopard », tandis que l’honnêteté intellectuelle de Daniel Hamiche était mise en cause). Le moins que je puisse dire, c’est que le procédé n’est pas d’une élégance raffinée. Mais, surtout, il est parfaitement inefficace: je connais assez Michel Janva et Daniel Hamiche pour savoir qu’ils ont le sens du ridicule et sont encore capables de remarquer qu’une insulte à un cardinal de la sainte Eglise romaine proférée par un journaliste du principal quotidien catholique français est un peu plus grave que des noms d’oiseaux entre journalistes catholiques!

3) Daniel Hamiche a fait remarquer qu’il y avait une affaire dans l’affaire: Nicolas Senèze prétend que le cardinal Burke s’est fait remettre à sa place par la Congrégation pour la doctrine de la foi à propos de l’usage du préservatif. J’avais formulé, quant à moi, l’hypothèse que c’était, au contraire, des hommes comme le cardinal Burke qui avaient poussé à la publication de la note de la CDF. Ce n’était qu’une hypothèse, mais, au regard du texte et du contexte, elle me semble un peu plus vraisemblable que l’affirmation de Senèze. En tout cas, on attend toujours des informations qui permettraient de croire ce dernier.

4) A ce stade, j’aurais donc deux questions à poser à Nicolas Senèze:

a) Oui ou non, considérez-vous que le port de la cappa magna soit un symptôme d’une « homosexualité refoulée »?

b) Oui ou non, pouvez-vous publier les informations qui vous permettent d’affirmer que le cardinal Burke s’est fait tancer par la CDF?

Naturellement, je doute que le grand journaliste daigne répondre à un petit blogueur comme votre serviteur. Mais une question plus grave encore se pose alors, dont parle mon confrère Christophe Saint-Placide: que pense la direction de « La Croix » de ces propos insultants?

Car « La Croix » n’est pas n’importe quel quotidien: c’est le quotidien « officieux » de l’épiscopat français. Il ne s’agit pas seulement (ce qui serait déjà gravissime) d’une insulte d’un cardinal par un journaliste isolé, mais d’une accusation qui risque de toucher beaucoup de prélats, à Rome et ailleurs, et proférée par un homme qui, précisément, brandit son titre de journaliste de ce quotidien particulier.

Oui, ma dernière question, sera celle-ci: que pose de ces propos insultants la direction de « La Croix » (et, accessoirement, qu’en pensent les évêques français)?. Et elle attend une réponse plus claire que les vagues démentis, qui ne démentent rien, de Nicolas Senèze

7 comments

  1. internaute

    Mais qui peut encore s’intéresser à vos persifleries et vos chasses à l’homme franchement ? Vos méthodes pour détruire les gens sont tout simplement abjectes et contraire à l’évangile.

    Si vous preniez la peine de lire Nicolas Senèze vous sauriez qu’il ne correspond en rien au portrait que vous en faîtes.

    Quant à la cappa magna, oui, reporter ce genre de machins est effectivement douteux aujourd’hui au XXIe siècle.

  2. de la Croix Guy

    Merci à Marie-Alix Doutrebente de remettre les choses en place. Et surtout d’aller à la racine du mal , car si La Croix est effectivement le porte parole des évêques de France c’est bien là l’origine du problème : l’Eglise de France…pardon gallicane de France…

  3. Michel

    De grâce, dans vos articles, ne mentionnez jamais le journal « La Croix » comme catholique. Ce n’est pas un journal catholique!!!
    Dites plutôt:
    – ex-catholique
    – feu catholique
    – pseudo-catholique
    – dit catholique
    – …

  4. Mingdi

    Une homosexualité refoulée n’est elle pas préférable à une pédérastie assumée? Tout cela, avec les histoires de travelos sur le chemin de la rédemption qui proposent charitablement des capotes à leurs honorables clients, est dans l’air du temps, des temps de bas-empire. Là où est le cadavre, là se rassemblent les aigles, et l’air y est plus respirable. M Senèze n’a-t-il pas généralisé à partir de certains anglicans « smells and bells » qui pataugent dans le crapoteux revendiqué? Il y a aussi des religieux cradoques qui font leur coming out à 85 ans alors qu’ils jouissaient jusque là d’une réputation au-delà de tout soupçon.

  5. Melmiesse gilberte

    parler « d’homosexualité refoulée » c’est insultant pour celui qui le reçoit mais lorsqu’il s’agit de la Curie après ces affaires de pédophilie c’est outrageant et révoltant
    le Français lambda va se moquer de Seneze car après la « guerre en dentelle » du 18eme et les atours des dames du 19eme tout le monde sait que les dames contemporaines cachent leurs dentelles dans les soutiens gorges et les petites culottes Seneze l’ignore ;serait-il homo?

  6. Thierry

    En quoi est-ce douteux internaute?Il ne s’agit pas d’une chasse à l’homme,mais de reconnaitre que l’on a péché,car nous sommes bien dans un contexte Catholique ici!Pour terminer je paraphraserai son éminence Raymond cardinal Burke »A outrage public,réparation publique! ».

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