Etchegaray : même pas la pourpre aux joues

La vieillesse est un naufrage… Il a longtemps promené sa silhouette dégingandée et son nez cyranesque dans les couloirs de l’appareil épiscopal français, et enveloppé sa langue de bois dans les roulements d’un puissant accent méridional. À force de reculer comme un âne, il fut propulsé au sommet de la hiérarchie catholique. Il a ensuite, en bon cadet de Gascogne, ambitieux et retors, parcouru la planète en première classe, pour, disait-il, sentir battre le cœur du monde. Souriant et aimable avec les puissants, hautain et cassant avec les petits, on pouvait espérer, sa carrière terminée, qu’il se serait fait oublier dans une discrète retraite romaine.

Point du tout. Pour une sortie en beauté, en voilà une ! Le voilà grand-croix de la légion d’honneur, décoré par son excellence Manu-le-Chimique lui-même, venu à la pêche aux voix catholiques à l’occasion de la canonisation de Jean-Paul II et Jean XXIII.

Passe encore que les instances gouvernementales accrochent à un dignitaire romain une breloque propice aux bonnes relations diplomatiques. C’est de bonne guerre. Un vieux serviteur peut encore se sacrifier, sur ordre, à 91 ans. Mais on aurait pu envisager quelque discrétion. Un fervorino, comme on dit ici, quelques propos convenus, deux coupes de champagne, et hop !, l’affaire est emballée.

Non, non et non ! Il a fallu qu’il en rajoute. « Votre geste est républicain », a cabotiné le « Che » à l’adresse du Premier Ministre qui ne devait pas en croire ses maçonnes oreilles. Et de brandir les mânes de Pascal et de Voltaire. Pour le premier passe encore, mais cette crapule de Voltaire, partisan du servage et profiteur de la traite esclavagiste. Ces roucoulades sur la jeunesse, sans un mot pour les « Veilleurs » : une pantalonnade ratifiée par un parterre d’évêques extasiés. Ah ! La Croix, bannière du consensus et du ralliement, peut balancer l’encensoir et se pâmer devant la récupération européiste du prélat par le Premier Ministre français, tout cela scandalise. Cela scandalise les petits et les pauvres, n’en déplaise aux ânes apprêtés qui encombrent sa rédaction. Les simples diront : l’homme, à quel prix, Éminence ? Réponse : le prix d’un ruban rouge, entre le pétainiste Liénart et le rouge abbé Pierre.

Concluons, à propos de cette cérémonie qui précédait la double canonisation pontificale. Quand on sait qu’il a été de la génération qui a ergoté, chipoté face à Jean-Paul II, et lui a savonné la planche tant qu’elle a pu. Quand on sait qu’il a été de ceux qui ont œuvré de toutes leurs forces à saboter l’œuvre conciliaire dans un esprit contraire à celui du « bon pape Jean », tout cela donne envie de vomir…

La honte ne tue plus. La preuve ? Le Sacré Collège compte toujours le même nombre de membres depuis samedi.

32 comments

  1. Shimon

    Rien à ajouter à ce magnifique et salutaire article.
    Bravo Vini Ganimara.
    Il est temps que l’Église de France sorte des compromissions républicaines.

  2. Michel G.

    Melior est confidere in Domino, quam confidere in homine,
    Melior est sperare in Domino quam sperare in principibus.

    Mieux vaut s’appuyer sur le Seigneur que de compter sur les hommes,
    Mieux vaut s’appuyer sur le Seigneur que de compter sur les puissants.

    • Merci Michel, tout est là dans ce que vous rappelez, depuis le début de l’humanité; et ceci n’excluant pas cela, à savoir que nous sommes solidaires de ce qui se passe en réalité dans cette société d’aujourd’hui, où le Christ s’incarne toujours « ici et maintenant »……
      Les homme d’Eglise sont des hommes comme chacun d’entre nous avec les grandes faiblesses de chacun d’entre nous et l’ embourgeoisement de chacun d’entre nous…eux dans leurs sécurités…et nous dans nos « revendications » de sauvegarde de nos avantages; c’est du pareil au même…au regard de celui qui a tout simplement faim, et soif de vérité…en vérité …et en vraie souffrance vécue.
      Quand il reviendra, le Christ trouvera t’il la vraie foi sur terre dans le palais de nos insatiables sécurités toujours plus recherchées de manière individuelles par le collectif social et juridique …et canonique …et personnel ?!

      Je retourne donc avec vos deux phrases et m’en tiens à eux seules.
      MERCI MICHEL G.

      [signature modérée]

  3. c

    Ce qui est terrible c’est qu’avec ce genre d’affaire, certains peuvent encore s’écarter de l’Eglise parce qu’on montre une fausse église. Heureusement je pense que ceux qui ont la conviction de veiller, de prier en précurseurs et bien sûr de marcher pour dire ce qu’ils pensent dans la rue, savent que l’Eglise ce n’est pas ce type de prélat et que Saint Jean Paul II de la haut les soutient.
    Il y a néanmoins des bons cadets de Gascogne avec une saine ambition!

    • ok en parler en marchant dans la rue ce qui signifie, de ne pas cacher son opinion lorsque la discussion est amenée sur ces sujets…où que l’ on soit;
      nous ne sommes que de passage, et n’oublions point que nous aurons à rendre compte de notre position sur ces sujets ! ce qui veut dire aussi que l’homme seul ne peut bâtir SEUL ( en solitude sans Dieu)….sa vraie vie.
      De plus le temps de prière est un temps de vie avec Dieu , ce qui signifie , qu’autant que ce faire se peut, l’ on puisse ouvrir un sujet en discussion, et en tout lieu, avec l’ arrière plan et avant plan de  » penser » en disciple du Christ.
      MERCI à C

      François Perasse

  4. Emmanuel

    Cette compromission de nos autorités ecclésiales avec le pouvoir me refait penser à l’entretien récent de Mgr Pontier au journal Le Monde, et qui a été signalé par Riposte le 19 avril.
    Mgr Pontier, sur le thème de l’ouverture au monde, y tenait des propos inacceptables vis-à-vis de ceux qui ont le courage de résister face à des lois et des projets iniques dont les victimes sont les enfants, faisant perdre à la doctrine sociale de l’Eglise toute sa crédibilité.
    Premièrement, ces propos de Mgr Pontier traduisaient une ATTITUDE DE MÉPRIS inexcusable, calamiteuse, de la part d’un pasteur vis-à-vis de toute une partie du troupeau, celle qui s’est engagée généreusement, pacifiquement pour la défense du mariage et de la filiation, et qui dénonce en toute netteté la folie furieuse du gender. C’est du mépris de traiter les fidèles en question de « perturbés », de « soupçonneux ». C’est du mépris assorti d’un manque total de bienveillance. La tonalité est désagréable. Vraiment, on sent que ces brebis-là du troupeau ne sont pas du goût de Mgr Pontier ! On sent plus de ressentiment (nos évêques n’aiment pas qu’on les critique, ils se montrent plus ouverts au dialogue avec le monde qu’avec leurs propres fidèles…) que d’amitié. On croit rêver, de voir un pasteur habité par des attitudes aussi diamétralement opposées de ce qu’on attendrait de lui !
    Deuxièmement les jugements méprisants que Mgr Pontier se permet de porter sont en plus INFONDÉS et ERRONNÉS. Car il n’y a nul besoin d’être perturbé, bien au contraire, il suffit d’avoir un esprit droit, clair et honnête, pour savoir et pour dire que le gender étant une pure affabulation et une imposture aux visées mortifères, il est absurde de choisir une adepte de cette idéologie comme conférencière dans une session de formation de délégués diocésains. Et il n’y a nul besoin d’être soupçonneux, il suffit au contraire d’avoir les yeux grands ouverts et de se montrer responsable en faveur de la protection des enfants – quelle exigence plus impérieuse dans le cadre d’une doctrine sociale de l’Eglise digne de ce nom ? – pour reconnaître et dénoncer des réalités évidentes concernant la propagande développée auprès de nos enfants
    Mgr Pontier nous invite à« nous libérer de nos peurs et de nos idéologies personnelles ». Mais où est l’idéologie personnelle dans le fait justement de dénoncer des idéologies ? Où est la peur dans le fait d’avoir au contraire le courage de regarder et de dire la vérité en face ? La peur, elle est du côté de ceux qui craignent en pensant et en parlant vrai de se faire mal voir du monde, de perdre leur petit confort et leur petite tranquillité, au lieu d’avoir le courage et l’intelligence de relever le beau défi de travailler à faire briller la lumière de la vérité en sachant témoigner par notre vie en même temps qu’en trouvant les mots qui conviennent, inspirés par une attitude de bienveillance, d’écoute et d’amour. L’idéologie, elle est du côté de ceux qui idolâtrent le dialogue en en faisant une valeur en soi, déconnectée du respect de la vérité, vers la recherche de laquelle doit tendre tout dialogue. Il faut être à cet égard réaliste : le dialogue avec un adepte convaincu de l’idéologie du genre ne peut en aucun cas avoir pour objet d’enrichir notre propre vision sur la complémentarité entre l’homme et la femme, mais seulement d’essayer de comprendre chez l’interlocuteur comment il a pu tomber dans une telle erreur et d’essayer, si on le peut, de le ramener à la réalité et à la raison. Or un dialogue ainsi orienté n’a nullement lieu de se dérouler, pour revenir à cet exemple, dans le cadre d’une session de formation de délégués diocésains! Ne pas voir cela, c’est vouloir ignorer qu’une conception intellectuelle peut fort bien être, comme c’est le cas pour l’idéologie telle que celle du gender, complètement, radicalement fausse, et que lorsqu’on se trouve dans ce cas, il n’y a rien de bon à en tirer. Refuser d’ admettre cela, et tenir pour signe de peur et de fermeture d’esprit le fait de juger qu’une disciple de Judith Butler n’a rien à faire comme conférencière dans une session de formation de délégués diocésains, c’est tout simplement faire preuve de RELATIVISME.
    Vraiment, une partie de nos évêques baigne complètement dans le relativisme, c’est à dire dans l’irréalisme et dans l’oubli de la raison. C’est plus que grave, et Ils n’ont pas le droit de demeurer sourds, et qui plus est méprisants, face aux appels de ceux qui tentent de leur ouvrir les yeux en tirant auprès d’eux la sonnette d’alarme par toutes les voies possibles, celles des réseaux sociaux , des courriers, ou des demandes d’audiences.
    Mais Ils semblent vraiment bien sûrs d’eux.
    Comment peuvent-ils se croire à ce point fondés à l’être ? Ils connaissent pourtant l’histoire de l’Église en France , et ils savent bien que les périodes où des évêques se sont trompés sont assez nombreuses. Ils connaissent l’histoire de Jeanne d’Arc, ils connaissent les évêques et les prêtres jureurs pendant la révolution, ils savent l’attitude des évêques français lors du dogme de l’immaculée Conception, ils se rappellent qu’il n’y a pas si longtemps une grande part des évêques et du clergé était tombée dans l’idéologie marxiste, ils se rappellent quelle fut la froideur du premier accueil réservé par les évêques au pape Jean-Paul II lors de sa première visite en France, MGR ETCHEGARAY EN TÊTE…Alors, ils savent bien qu’ils sont faillibles, et que d’ailleurs il n’y a pas lieu de s’en étonner, ce sont des hommes comme tout le monde et il y a dans tous les métiers, y compris ceux de l’Église, des structures de péché. L’Évangile nous en a d’ailleurs bien prévenu. Donc, il ne faut pas s’en étonner à l’excès et ce n’est assurément pas une raison pour nous, simples fidèles, pour perdre la foi et l’espérance, ce serait irréaliste et anti-évangélique. Mais il nous semble que c’est une raison pour nos évêques de ne pas poser en principe qu’ils seraient infaillibles. Si donc ils voient qu’on les alerte avec insistance sur certains points, en argumentant en raison, ils doivent le considérer sans mépris et en s’interrogeant à expertiser honnêtement les signaux que l’on tente de leur adresser.

    • gaudet

      Cher Emmanuel !

      Je ne peux ici que vous adresser mes sentiments de grande reconnaissance , pour avoir produit un texte d’une puissance de vérité absolument extraordinaire , dont les qualités pédagogiques auprès du vrai peuple catholique sont d’une valeur inappréciable.

      Tout dans votre sublime intervention, tend à démontrer d’une manière dramatique et lumineuse que la majeur partie de notre épiscopat français, est littéralement tombée au même niveau que les ecclésiastiques jureurs, accordant leur allégeance coupable envers les monstres sanguinaires de la révolution de 1789, ou encore ces milliers de prêtres qui furent tragiquement abusés par les sirènes gauchistes, du terrible mouvement intellectuel bolchevique de ce maudit 20 ° siècle !

      Comme vous l’avez parfaitement souligné; l’évangile depuis le début nous avait prévenu, que bien des pasteurs dans l’avenir tomberaient dans le scandale, ou l’erreur la plus profonde .

      Notre Sainte Eglise est une institution hiérarchique voulue par notre Seigneur , mais ployant en permanence sous le poids constant et redoutable des multiples fragilités et indignités humaines inévitables . Ce n’est pas pour rien si énormément de grands et vrais saints ne se sont pas privés d’adresser de fort vifs critiques et reproches, à énormément d’évêques , de cardinaux et de papes, dont les déviances et les inconduites notoires , éclataient littéralement à la face de l’ensemble des humbles fidèles de base !

      En cela Pontier et sa conférence des évêques de France, nous font songer à une sorte de calamiteux théâtre de vaines marionnettes qui profitent du temps leur restant , pour encore accomplir leurs déplorables gesticulations modernistes et progressistes, avant de passer heureusement la main, à une nouvelle génération , dont on peu espérer que les positions doctrinales seront solides et ancrée, dans la tradition morale de notre Eglise millénaire

      L’avènement de cette invraisemblable génération d’ecclésiastiques , soit dangereux aventuriers théologiques ou bien plutôt maniaques mondains du relativisme moral le plus abject , bien dans le style de ce haut fonctionnaire de Pontier, doit être perçu comme une épreuve , éventuellement salutaire , pour notre capacité de patience, en attendant une aube nouvelle de rétablissement indispensable des véritables fondamentaux , sur lesquels l’Eglise a érigé son socle indestructible !

      Et encore toutes mes félicitations pour votre texte magistrale !

    • A Z

      A tous en général, et à Emmanuel en particulier.

      Bravo et merci, mais concrètement, que pouvons-nous faire, pour interroger, interpeller davantage nos évêques, de cette manière ou sur ces matières, dans l’espoir qu’ils commencent à en finir avec l’illusion d’optique qui est celle de la majorité d’entre eux, depuis bientôt trois quarts de siècle ?

      Ils veulent avoir l’esprit en rose et veulent voir la vie en rose, et ils veulent que les catholiques qui ne sont pas les adeptes de cette « coloration du christianisme » ne se manifestent pas, ne se mobilisent, pas, n’argumentent pas, ne s’organisent pas.

      La dialectique qui est à l’oeuvre est même une dialectique de culpabilisation du contradicteur, afin qu’il intériorise la défaite et se soumette ou se démette :

       » si vous considérez le christianisme catholique comme un accompagnement humanisateur, face à ce que nous appelons les aspirations légitimes des hommes et les évolutions légitimes du monde, alors, vous avez une attitude authentiquement évangélique.  »

       » si vous considérez le christianisme catholique comme une alternative christianisatrice, face à ce que vous appelez le constructivisme rationaliste, l’individualisme utilitariste, le matérialisme productiviste, le relativisme subjectiviste, alors, vous avez un comportement vraiment idéologique, vous êtes fermé, nostalgique, passéiste, et non ouvert, rempli par l’espérance, et tourné vers l’avenir.  »

      J’ai pour ma part la conviction que depuis 1945, la plupart des clercs, au sens large, considèrent peu ou prou que les seules idéologies absolument incompatibles ou inconciliables avec le christianisme sont le fascisme et le nazisme ; à partir de là, tout est compatible ou conciliable avec la Foi surnaturelle et la loi naturelle, sous réserve de déplorations des « abus » et des « excès », « accidentels, conjoncturels, imprévisibles et involontaires », de l’individualisme ou du collectivisme, du libertarisme ou de l’égalitarisme, ou de ce que l’on pourrait appeler le rational – socialisme et le sociétal -socialisme, en faisant référence à l’une des sources d’inspiration de ce que nous subissons ou de ce dont nous sommes témoins, en France, depuis le milieu des années 1970.

      A partir de là, tout est homologable à « l’esprit de l’Evangile », à la « fraternité », aux « valeurs chrétiennes », et les « signes des temps » servent à la fois d’instrument d’accompagnement et d’instance de légitimation, de véhicule conceptuel, à l’avant et au volant duquel il ne reste plus qu’à faire monter le bon vieux « sens de l’histoire »…

      Mobilisons-nous et organisons-nous davantage pour résister, c’est le mot, à cet angélisme, à cet irénisme, à cet utopisme, qui se veut jeune comme l’Evangile et orienté vers l’avenir, alors qu’il est vieux comme la tentation de se conformer au monde présent, de confondre dialogue et alignement, globalement approbateur, sur les intentions inspiratrices des principes ou pratiques non chrétiens, ou plutôt sur les intentions inspiratrices attribuées par ces clercs à ces principes ou à ces pratiques.

      Je vois venir le jour où nous aurons droit à cette phrase, ou à son équivalent : « vous avez axiologiquement tort, puisque vous êtes épiscopalement minoritaires ! »

      Comme si l’adhésion à la Foi surnaturelle et à la loi naturelle, la promotion de l’une et de l’autre, étaient une question d’adhésion ou de ralliement à la position majoritaire, d’abandon ou de reniement d’une position minoritaire…

      Bon courage dans ce contexte et excellente continuation à tous.

      A Z

  5. gypsiking

    Merci! C’est la première fois qu’enfin l’on ose dire la vérité sur ce personnage qui a toujours su se cacher derrière les dehors du bon curé de campagne… J’en suis même étonné… Abominable évêque de Marseille qui a eu l’opportunité de se refaire une « virginité à Rome, homme en effet méchant avec ses prêtres, cassant, impoli…Mais qu’ajouter à ce portrait?

    • A Z

      A l’attention de gypsiking

      Bonjour et merci pour votre message,

      Je ne sais pas en quoi Mgr Etchegaray a été un « abominable évêque de Marseille », ni en quoi il a eu « l’’opportunité de se refaire une « virginité à Rome » ; merci beaucoup pour toute information englobante et objective qui ne serait pas synonyme d’indiscrétion, et qui serait à la fois concise et précise, si vous le voulez bien.

      Merci beaucoup et à bientôt.

      A Z

  6. Prions pour eux.
    Ce ne sont aussi des hommes et comme nous peuvent se tromper.
    Ne rien dire, c’est reconnaître qu’ils disent la vérité
    C’est notre devoir de dire notre désaccord

  7. Thècle

    @Emmanuel
    Merci pour votre analyse pleine de vérité
    vous dites : « L’idéologie, elle est du côté de ceux qui idolâtrent le dialogue en en faisant une valeur en soi, déconnectée du respect de la vérité, vers la recherche de laquelle doit tendre tout dialogue. »
    Voilà qui doit viser aussi le dialogue interreligieux avec l’islam.

  8. minestrone

    Prochaine etape : la beatification du Pere Etchegaray…. ou sa pantheonisation… comme on voudra.
    Blague a part, que cet homme qui aurait été il y a 60 ans tout au plus vicaire général de Bayonne soit au firmament de l église de france et de l église romaine en dit long sur le serieux avilissement que nous vivons.
    Mais M. Ganimara, quel article! Merci d oser dire la vérité douloureuse….

  9. gégé

    Le rouge de la honte ne tintait pas son front de pourpre.
    La honte, ils la boivent tous les jours jusqu’à la lie sans la trouver amère!
    Devant l’Eglise qu’ils nous laissent ils devraient se rouler dans la poussière et faire acte de repentance.

  10. Goupille

    Les évêques concordataires qui ont démoli l’Eglise de France reçoivent leur récompense.
    Qui Cardinal de fonction, qui Académicien, qui la Légion d’Honneur.
    Senza vergogna…

    Car, se retrouver dans une caque informe avec de vieilles meneuses de revue et de jeunes bruiteurs adeptes du Hellfest doit, désormais, se refuser.
    Tout est pourri au Royaume de Danemark.

  11. Goupille

    P. S : Erreur : Les bruiteurs Hellfestiens ne se sont vu attribuer que la Chevalerie des Arts et des Lettres…
    Mais c’est la même main qui arrose les mêmes ineptes.

  12. Suor Clotilda

    Mystère qu’il ait si longtemps tapé dans l’oeil du pape Jean Paul II qui l’envoyait à droite et à gauche dans les pays en voie de développement porter sa « bonne parole » (on imagine avec quelles distorsions, comme il est souligné dans l’article), en particulier au Vietnam, où cela n’avait pas arrangé les choses, c’est le moins qu’on puisse dire. Le pape étant lui-même peu souvent à Rome… Quand le chat n’est pas là… Il y aurait un livre intéressant à écrire sur la Curie en roue libre de 1978 à 2005 (ces dates étant extensibles dans un sens comme dans un autre hélas!!!)

  13. Un témoignage irréfragable concernant le récipiendaire à l’époque archevêque de Marseille.

    Venu à la Major (Sainte Marie Majeure) pour une célébration, le père Roger ETCHEGARAY entra dans la sacristie où les membres du vénérable chapitre, le clergé, les grands clercs et le sacristain l’attendaient. Avant même de répondre aux respectueuses paroles de salutation prononcées par Mr le chanoine Laurent CAPRILE, curé Archiprêtre de la cathédrale, d’un ton autoritaire et brutal l’archevêque lui dit ceci « vous avez 75 ans aujourd’hui, j’attends votre lettre de démission »
    Mr le chanoine CAPRILE bon et saint prêtre s’exécuta. Remplacé par le curé de la Ciotat, il fût envoyé dans une paroisse difficile de la banlieue marseillaise où il y mourut de chagrin.
    C’est ainsi que l’archevêque ETCHEGARAY pratiquait sa paternelle charité envers certains prêtres les plus dociles.

    • gaudet

      Casabianca Dominique @

      nous vous remercions , pour nous avoir permis de prendre connaissance de ce témoignage de première main sur le comportement morale de cet ecclésiastique, ou la plus élémentaire vertu de charité et de bienveillance, semble absente !

      Si Etchegarray pense plaire à notre Seigneur en pratiquant l’humiliation injuste et publique , il se trompe lourdement ! à moins bien sur que la notion de jugement de Dieu et de gravité des fins dernières , n’est plus aucune signification pour lui, auquel cas non seulement il est dénué de la plus élémentaire bonté, mais en plus il cultive en lui même une idéologie libérale et moderniste éhonté, le plaçant parmi les hérésiarques !

      La fonction ecclésiastique n’est donc plus pour lui un vrai témoignage de foi, mais simplement la concrétisation d’une ambition carriériste réussie, faisant de lui non pas un pasteur charitable et soucieux de ses brebis, mais plutôt un haut et parfait fonctionnaire d’administration, dont la vocation aurait été bien davantage du coté de l’ENA ! du quai d’Orsay , ou du conseil d’état , que de celui de la touchante humilité chrétienne , conduisant évidemment aux plus grands sacrifices personnels pour le salut de ses frères !

      A ce stade on peut réellement se demander pourquoi , cet homme là n’a pas embrassé un parcours semblable à un certain François Hollande, et n’a pas dés le départ choisi la fréquentation des ors de la république, au lieu de se faire passer pour un pasteur spirituel catholique, qu’il ne sera de fait jamais !

      Infliger des humiliations au point de conduire des innocents au désespoir mortel, est du niveau d’un grand commis de l’état actuel, pour qui la froideur de cœur et d’esprit est un penchant naturel, mais non pas d’un serviteur de l’Eglise ( en principe ) , mais non pas d’un vrai serviteur de l’Eglise désireux avant tout de mourir à soi même pour le bien des plus humbles , et en particulier ceux partageant avec lui l’insigne honneur du sacerdoce !

      En conclusion pouvons nous tous sans restriction définir que cette breloque  » appelée légion d’honneur » remis par les mains d’un pire ennemi de l’Eglise de France, vient opportunément consacrer la fausse et mensongère vocation religieuse d’un homme , complice objectif des forces maçonniques criminellement oppressives .

  14. bibi

    Ces gens là se tiennent par la barbichette
    et ne nous défendrons jamais. Pire, en cas de grande persécution ouverte, ils nous laisserons seuls.
    De plus, ils n’ont pas les références ni la formation suffisamment étayée pour prendre la mesure des enjeux immenses et très lourds qui nous attendent…

    • Florentinus

      nous sommes déjà laissés seul, chèr(e) Bibi… Rome est sourde depuis 40 ans aux cris des bons prêtres, des familles, … Ils ne sont pas au courant, pense-t-on souvent… C’est faux!

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  16. M

    Juda était au plus haut niveau, si prés de Dieu qu’il en a perdu le sens de l’humilité !

    Comme Lucifer !

    Alors, si vous ne redevenez pas comme des petits enfants, vous n’entrerez pas au Paradis !

    Une clé pour entrouvrir la porte étroite, l’humilité !

    Notre Eglise de France devrait nous aider à prier, il en est rien !

    Trouvez donc des Prêtres, des Évêques, des Cardinaux qui aident le peuple à la pénitence, au sacrifice, à la prière ! ils sont si rare ……ceux qui disent la Vérité dans son intégralité, parlant de l’Enfer et de Satan AUSSI !

    Notre pays est entre les mains du mal, beaucoup jouent avec le feu depuis si longtemps que La Fille Aînée de l’Eglise est étouffée par les fumées de Satan! Il est urgent de nous tourner vers Notre Sainte Mère Marie pour que ce réalise pleinement le Royaume de Dieu.

    C’est Elle, Sainte Marie ET Saint Michel l’Archange oublié volontairement par notre Eglise, qui DOIVENT être priés afin de faire le nécessaire pour que se réalise la Volonté de Dieu . Ce sont les petits, les Enfant de Marie qui vont faire refleurir notre Pays . Depuis Fatima en 1917, Elle est à l’oeuvre, Elle à attendu jusqu’en 1960 Avec Vatican II et son message de Garabandal mais c’est fini puisque son message n’à pas été entendu, Elle vient par nos prières écraser la tête de Satan (Apo 12)!
    Pour preuves, demandez donc aux prêtres pourquoi toutes les Dévotions à Marie sont supprimées, bâclées, détournées, ignorées si ce n’est pour que le peuple ne se tourne pas vers Celle qui à dit Oui !

    Celle qui à dit Oui à la Vérité ! Celle qui vient donner l’Esprit Saint aux frères de Jésus !
    Encore un peu de temps et tout ce réalisera Selon les Ecritures !

  17. Emmanuel

    A Gaudet, Giroud, Thècle et AZ
    Un grand merci notamment à Gaudet, aussi à Giroud, à Thècle, et à AZ pour leurs propres textes et pour leurs remerciements et leurs encouragements, c’est vrai que cela fait toujours très plaisir et que cela donne du courage, bien utile pour la suite.
    Je ressens que, peut-être, nous atteignons un moment qui pourrait être important dans notre combat, et je partage complètement l’interpellation qu’AZ s’adresse à lui-même et à nous tous sur le thème : que peut-on faire de plus pour réussir enfin à ouvrir un peu les yeux de nos évêques, pour beaucoup d’entre eux encore complètement fermés à tout ce qu’on peut leur dire, alors même que ce que nous leur disons est l’évidence même, à la lumière de la foi et de la raison…
    C’est évidemment une question essentielle, et il me semble que le moment est venu de développer une vraie réflexion stratégique pour ouvrir le dialogue dans l’Eglise. Car là est le problème, dans cette impossibilité de dialoguer dans l’Eglise.
    Quelle est donc la cause de ces erreurs constantes d’une partie de l’épiscopat que nous dénonçons? AZ donne sans doute déjà une bonne piste lorsqu’il évoque cette image frappante de l’« illusion d’optique». Mais quelle est donc la source de cette illusion ?
    On pense souvent au manque de courage. N’y aurait-il pas plutôt un manque de foi au sens de manque de ce « réalisme chrétien » auquel Benoît XVI invitait les chrétiens dans sa belle exhortation apostolique, Verbum Domlni (2010) : « La personne réaliste est celle qui reconnaît dans le Verbe de Dieu le fondement de tout ». Ce réalisme chrétien doit nous conduire à mettre notre confiance en la personne du Christ et donc en sa Parole et donc dans le fait que sa Parole va dans le sens du bien pour l’homme et pour le monde et donc encore à accepter réellement sa Parole y compris dans ce qui peut apparaître le plus éloigné de nos souhaits humains.
    On peut voir aussi à la source de cette « illusion d’optique » un irrespect, plus ou moins conscient, de cette loi naturelle de l’esprit humain, de l’intelligence humaine que le Créateur a déposée en nous, et qui réside dans les lois universelles du raisonnement, dont la pertinence ne se limite pas au champ strictement scientifique mais vaut également, évidemment, pour éclairer les conduites : cet irrespect se manifeste par des incohérences avérées et repérables dans la pensée elle-même comme entre la pensée et l’action.
    Si l’on en vient maintenant à la stratégie, QUE FAIRE ? Par quel bout prendre le problème ? La réponse nous parait résider dans le fait de retenir résolument comme angle privilégié d’interpellation et, espérons-le dès que possible, de dialogue avec nos évêques, l’identification précise des écarts commis par rapport à la raison, sous la forme d’irrespect de la logique ou d’irrespect de la réalité de faits. Nous serons ainsi sur un terrain légitime, parce que nous ne faisons pas de procès d’intention, et nous pouvons apporter la preuve de ce que nous avançons par un raisonnement logique et le contrôle des faits, et ainsi nous ouvrons le dialogue, en raison, si l’interlocuteur veut bien s’y prêter. La mise en valeur de ce DEVOIR DE RAISON, en association avec la foi, apparaît essentielle, car en s’assignant le respect de cette exigence de la cohérence dans la pensée et de cohérence entre la pensée et l’action, chacun se trouve conduit au droit chemin, car la conscience de l’exigence de cohérence favorise l’obéissance à la foi et donne le courage nécessaire à cette obéissance.
    C’est pourquoi il nous semble que si aujourd’hui un large mouvement se développait, alimenté par chacun de nous, de dénonciation précise de toutes les défaillances observables, au sein de notre Église, par rapport à un juste exercice de la raison, cela pourrait, au bout d’un certain temps, finir par faire bouger les lignes dans la direction de la vérité. Ainsi un chemin serait ouvert pour un vrai dialogue en Eglise, le plus urgent et le plus facile puisque nous sommes tous d’accord sur les principes qui nous viennent de la Révélation!

    • A Z

      Rebonjour et merci à Emmanuel,

      1. Il faut que vous compreniez que nous sommes en présence de personnes, la plupart de nos évêques, qui sont passées, en quelques générations, depuis 1945,

      - de la confusion entre espérance chrétienne et optimisme à l’égard du monde, confusion communisante, puis socialisante,

      - à l’antichambre de l’orphelinat, vis-à-vis d’un certain type de messianisme politico-religieux, axiologique et idéologique.

      2. Pour dissimuler le fait qu’ils en sont là, mais cela le manifeste plus que cela ne le dissimule, il leur reste à actualiser cette confusion volontaire entre espérance et optimisme, en adhérant désormais à la version sociétalisante de cette confusion ; à mon avis, ils en sont là, en France, depuis le début des années 2010.

      3. Il y a à cela au moins deux raisons fondamentales :

      - D’abord, la crainte de ne pas être en permanence dans le wagon de tête du train de l’histoire : pour eux, aller vers l’avenir du monde, ou vers la vision qu’ils en ont, et aller vers Jésus-Christ, c’est à peu près la même chose ; cela a un petit côté : « Cours, catholique, le jeune monde est devant toi ! » Il y a là un complexe d’infériorité intellectuelle, vis-à-vis de l’esprit et de la vie du monde, vis-à-vis du devenir du monde, des « aspirations légitimes » de l’individu contemporain et des « évolutions légitimes » du monde contemporain, comme si celles-là étaient inerrantes et celles-ci infaillibles.

      - Ensuite, l’opinion, ou plutôt le préjugé, selon lequel leur positionnement bénéficie en permanence d’un excédent d’authenticité évangélique, d’une supériorité morale incontestable et incontournable, sur le positionnement des catholiques « identitaires » et « intransigeants » ; lisez ce qu’écrivent ces évêques : il y a ceux qui adhèrent à « l’esprit de l’Evangile », qui font bon accueil aux « signes des temps », qui portent en eux et autour d’eux « les valeurs chrétiennes », et il y a nous, les cathos coincés, frileux, tradis, voire fachos, enfermés et repliés sur nos certitudes d’hier, et non ouverts ni déployés vers les horizons les plus fraternels et les plus prometteurs.

      4. Vous parlez de dialogue,

      - mais, d’une part vous êtes en présence de personnes qui ne reconnaîtront jamais qu’elles ont été trompées, qu’elles se sont trompées, et qu’elles ont trompé, voire qu’elles trompent encore aujourd’hui (il n’est que de songer à ce que l’on continue à faire dire au Concile, aujourd’hui),

      - et, d’autre part, vous êtes en présence de personnes qui, dans le meilleur des cas, emploient les mêmes mots que vous, mais pour leur donner un sens différent, voire opposé, au sens que leur donne un bon dictionnaire, qui est aussi le sens que vous leur donnez.

      5. Le meilleur exemple, c’est le mot pastoral :

      - Savez-vous ce qu’est une activité pastorale ? C’est normalement l’activité d’un pasteur, ou c’est une activité qui a une dimension pastoral ou qui est dans un domaine pastoral ; jusqu’ici je pense que je ne vous apprends rien.

      - Savez-vous, à présent, ce qu’est une attitude pastorale ? Croyez le ou non, mais pour eux, dans les faits, une attitude pastorale, c’est une attitude consensuelle à tout prix, fraternelle à tout prix, « consensualiste fraternitaire », non avant tout à destination des catholiques pratiquants les plus fidèles, mais avant tout au bénéfice, souhaité ou supposé, de tous les autres, des chrétiens non catholiques, des croyants non chrétiens, des non croyants…

      6. Un autre exemple, c’est le mot dialogue : posez-vous donc la question de savoir ce que signifie concrètement une expression telle que : une ambiance propice au dialogue, un climat porteur de dialogue, un état d’esprit ou un événement générateur de dialogue ; pour eux, dans les faits, l’auto-censure pacifiste intra-catholique est la condition sine qua non, en faveur de la coexistence pacifique inter-religieuse : prendre bien soin de ne pas exhorter les croyants non chrétiens à la conversion, sous la conduite et en direction du seul vrai Dieu, ni, par voie de conséquence, à l’abandon des erreurs, en matière religieuse, qui éloignent de Dieu ou qui opposent à Dieu, Père, Fils, Esprit, c’est pour eux, pour ainsi dire, « le prix à payer », pour avoir « enfin » une attitude « charitable » et « fraternelle », et non plus pinailleuse ou prétentieuse, intolérante ou intransigeante, avec nos frères croyants non chrétiens…

      Comprenez bien, à partir de ce qui précède, que la première tâche à accomplir est celle-ci : il y a tout un vocabulaire, il y a bien des argumentaires, qui ont valeur d’occupation du temps de cerveau catholique disponible et d’usurpation d’identité confessionnelle, pour empêcher coûte que coûte la plus légitime et la plus libératrice des interrogations humaines : l’interrogation sur le choix des mots, le droit des mots, le poids des mots et le sens des mots : petit exercice, qui relèvent des travaux pratiques : relisez les discours d’ouverture et de clôture de chaque session plénière de l’épiscopat français, depuis le début ou le milieu des années 2000, et faites la liste des mots qui sont toujours employés, et celle des mots qui ne sont jamais, je dis bien jamais, employés…

      Le devoir m’appelle, je vous laisse donc sur ces quelques réflexions, mais croyez-moi, la première tâche à accomplir consiste à démasquer tout un langage au service de tout un message, qui tend à transformer le christianisme en un humanisme volontairement soumis à l’angélisme, à l’irénisme, à l’utopisme.

      A Z

    • A Z

      Rebonsoir à Emmanuel,

      1. Dans le prolongement de ma récente réponse à votre message en date du 5 mai 2014, je vous suggère cette piste de réflexion, pour identifier « l’illusion d’optique » que j’ai déjà récemment évoquée ; effectuez un instant un effort sur vous-même, exposez votre esprit, puis faites-le ou laissez-le succomber, à la tentation de croire qu’il n’y a quasiment qu’un seul texte, dans l’ensemble des documents du Concile, et que ce texte a une valeur dogmatique, non officielle, mais effective : ce texte, c’est Gaudium et Spes, alors qu’il est et qu’il n’est qu’une constitution pastorale, et non dogmatique, et qu’il n’a jamais été question de le dogmatiser, dans l’esprit de ses rédacteurs, comme en témoigne la précision qui figure juste avant l’avant-propos…et qui n’est presque jamais citée.

      2. Eh bien, mettez-vous un instant à la place de tous les clercs qui considèrent pour ainsi dire que, de tous les textes du Concile, c’est LE texte qui a le plus d’importance, voire LE seul texte à avoir de l’importance, tous les autres textes du Concile, et, à travers eux, tous les autres textes du Magistère passé, présent, à venir, devant être subordonnés à ce seul texte, et surtout à l’état d’esprit dont il est en partie à la fois le reflet et le vecteur.

      3. Si vous effectuez cet effort sur vous-même,

      - vous dresserez plus facilement la liste des sujets adossés ou adossables à cette dogmatisation de Gaudium et Spes, et vous appréhenderez tout aussi facilement la manière angéliste, iréniste, utopiste, d’évoquer ces sujets, dont j’ai déjà parlé ;

      - vous obtiendrez plus facilement la liste des thèmes non adossés ni adossables à cette valorisation disproportionnée de Gaudium et Spes, et vous identifierez tout aussi facilement la seule manière, non « consensuelle » ni « fraternelle », d’aborder ces thèmes, thèmes que les clercs ne veulent presque plus aborder, et manière que les clercs ne veulent presque plus utiliser.

      4. Si vous connaissez un peu le document du Concile dont il est question, vous comprendrez pourquoi j’ai parlé d’une confusion épiscopale, d’abord « communisante », puis « socialisante », et, enfin, aujourd’hui « sociétalisante », entre l’espérance en Dieu et l’optimisme face au monde.

      5. Dans le contexte français, ce que je viens d’écrire constitue la clef de compréhension d’énormément de choses, qui gravitent au sein ou autour de l’aveuglement volontaire de la très grande majorité des évêques français d’avant-hier, d’hier, et d’aujourd’hui ; n’étant pas lubacien, je suis d’autant plus objectif pour reconnaître qu’Henri de Lubac a été parmi les premiers à comprendre, dès le début de la troisième session du Concile, que les discussions et réflexions conduites autour du futur texte Gaudium et Spes allaient aboutir à un détournement de finalité du Concile, avant la fin de celui-ci, en direction d’une vision des choses qui relève de ce que j’appelle fréquemment « l’horizontalisme humanitariste ».

      6. J’ajoute ici le point suivant : il faut savoir que les évêques français ne sont d’accord ni avec nous, les catholiques « identitaires » ou « intransigeants », ni entre eux, ce qui est plus nouveau, plus récent ; pour pouvoir montrer cela, pour pouvoir cacher ceci, ils sont quasiment obligés d’avoir le registre de discours, fréquemment fade et tiède, qui est le leur, ou en tout cas celui de la majorité d’entre eux, au niveau des instances de la CEF.

      7. Mon approche, je termine ce message sur cette ultime précision, n’est pas conspirationniste, diabolisatrice, incriminatrice, inquisitoriale, ou moralisatrice ; mon approche est avant tout analytique : ce n’est pas avant tout en comparant le Magistère épiscopal hexagonal contemporain au Magistère pontifical antérieur au Concile, mais en analysant le Magistère épiscopal hexagonal contemporain, à la lumière du Magistère pontifical postérieur au Concile, que j’ai pris la mesure du fait que les références au Concile, sous la plume de nos évêques, ont très fréquemment un caractère rhétorique, sophistique, tacticien : beaucoup disent prendre appui sur un Concile dont ils ne respectent même pas l’autorité respective et spécifique de chacun de ses textes, exactement comme si l’un d’entre nous ne retenait de Vatican II que Dignitatis Humanae ou Nostra Aaetate, et ne les lisaient pas en subordonnant son appréciation à l’autorité surplombante de Dei Verbum et de Lumen Gentium.

      8. Je vous prie de bien vouloir m’excuser pour ces réponses certes longues et vous souhaite une excellente continuation ; comprenez bien que celui d’entre nous qui soumet son analyse relative au monde actuel à une survalorisation, plus aveuglante qu’éclairante, de Gaudium et Spes, risque de ne jamais comprendre par quels moyens, pour quelles raisons, ce qu’il est convenu d’appeler la modernité est globalement en situation intérieure, spirituelle, d’apostasie immanente, vis-à-vis du christianisme, même si elle ne se limite pas à cela, loin de là…

      A Z

  18. Emmanuel

    Merci vraiment à AZ pour ses deux contributions extrêmement intéressantes. Je suis entièrement d’accord au niveau du diagnostic, sous réserve d’une précision que je veux apporter au sujet du dialogue.
    J’ai tout-à-fait conscience que le dialogue est en l’état actuel radicalement impossible, d’ailleurs exactement pour les raisons qu’ AZ expose fort bien, que les responsables ecclésiaux dont il s’agit se montrent radicalement fermés à toute auto-critique en vérité, et qu’ils jouent en permanence avec le sens des mots, comme AZ le dit bien ( au point 4 de son premier texte), ce qui est antinomique du langage et donc du dialogue. En fait ON EST EN PLEIN SOPHISME comme AZ le dit bien encore ( au point 7 de son deuxième texte). Je suis donc bien d’accord sur tout ça, et JE CONSIDÈRE MÊME QUE C’EST LE CŒUR DU PROBLÈME AUQUEL NOUS SOMMES CONFRONTÉS.
    Mais je veux ajouter une solution de sortie de crise. La situation est très grave, et inacceptable. Que peut-on faire ? Il faut donc en venir à la stratégie. A cet égard, nos deux pistes de réflexion sont, me semble-t-il, à la fois convergentes et complémentaires.
    Il est en effet important de construire une stratégie, car nous avons affaire à une citadelle complètement fermée sur elle-même et il faut savoir comment on tente d’y entrer, et de plus, il faut une approche intellectuellement solide, structurée, comme vous dites vous-même, analytique.
    Vous identifiez la source de l’erreur, en soulignant la polarisation des évêques sur Gaudium et Spes qui leur fait oublier tout le reste. Je propose en complément une démarche consistant à cumuler toutes nos forces de travail, d’analyse et d’interpellation constructive pour repérer et signaler jour après jour, les erreurs concrètes auxquelles ceci les mène, dans leurs propos et dans leurs positions, comme résultat de la TRANSGRESSION DE CETTE LOI NATURELLE DE L’INTELLIGENCE HUMAINE QUI EST CELLE DU RESPECT DE LA RAISON, cet instrument irremplaçable que le Créateur a déposé en chacun de nous.
    Je propose à tous une coopération. Dans un procès, il faut des preuves. L’objet de notre combat est de plaider pour que soit retrouvé dans l’Eglise le respect de la raison et de la cohérence. Pour cela je propose que chacun de nous, dès qu’il observe une telle transgression, la consigne en termes objectifs et référencés, en précisant soit l’erreur de fait soit l’erreur de logique soit la manipulation sur le langage, finalement relève la déviation sophistique à l’œuvre.
    Ainsi s’accumuleront autant d’éléments de preuve, de pièces à conviction, dans le juste et noble procès que nous engageons.
    Progressivement, il faudra bien que ceux qui sont dans l’erreur finissent par se rendre compte que les choses ne vont pas. On ne peut laisser les choses en l’état absolument inacceptable où elles sont aujourd’hui.
    Je commence cette DÉFENSE PRATIQUE DE LA RAISON. Pour faire vite, DPR.
    « La sagesse est le premier des biens. La déraison est le pire des malheurs. » Sophocle.

    DPR, constat n° 1. Déclaration au journal Le Monde du 20-21 avril 2014, de Mgr Pontier.
    Mgr Pontier montre ici qu’il n’accepte plus finalement de concéder vraiment comme une erreur le fait qu’ait été dans un premier temps requise Mme Brugère en tant que conférencière dans une session de formation de délégués diocésains. Ce n’était qu’ « une imprudence des organisateurs qui auraient sous-évalué la force des réseaux militants organisés et réactifs à l’égard de ce qui leur parait déviant. Mais on a aussi pu vérifier qu’il y avait dans notre Église des chrétiens tellement blessés, tellement perturbés, tellement soupçonneux sur le monde d’aujourd’hui qu’ils ne parviennent plus à s’ouvrir à une possibilité de dialogue, de rencontres ». Autrement dit, on a sous-évalué la militance et la stupidité de toute une bande de perturbés dans l’Église, mais sinon c’était en soi, sur le fond, une bonne idée de faire venir Mme Brugère à cette session.
    Outre le caractère scandaleusement méprisant, évidemment inacceptable de la part de quelqu’un qui est censé être pasteur, vis-à-vis de toute une partie des fidèles, on ne peut que noter la déraison qui réside dans le fait de persister et signer sur le bien-fondé de requérir Mme Brugère, adepte des théories de Judith Butler, comme conférencière à une session de formation de délégués diocésains. Cette position est manifestement déraisonnable, car pour asseoir le bien-fondé d’une telle position, il faudrait soutenir soit que les théories de Judith Butler présentent quelque vérité, soit que des théories sans aucune vérité sont intéressantes à présenter à des délégués diocésains. Or l’un et l’autre terme de l’alternative sont aussi aberrants l’un que l’autre, comme marqués du relativisme le plus total.
    A CETTE OBJECTION RAISONNÉE, IL N’Y A PAS DE RÉPONSE RAISONNABLE POSSIBLE, d’où l’esquive du Président de la CEF par le sophisme et par le mépris.

    DPR, constat n ° 2. Déclaration dans le Figarovox à l’occasion de la fête de Pâques 2014 de Mgr Brouwet.

    En parlant des débats qui venaient d’avoir lieu à Lourdes lors de la réunion de la CEF, Mgr Brouwet a notamment déclaré : «Je crois que les media ont exagéré la vivacité des débats. Les évêques sont tous d’accord sur la nécessité de susciter des échanges, des dialogues, des réflexions de fond, en particulier sur les sujets de société avec tous ceux qui ont des convictions y compris quand elles ne sont pas les nôtres. C’est indispensable pour bien comprendre les enjeux d’un débat. Nous ne pouvons pas réfléchir seuls. Le problème est de savoir si nous avons encore la culture de cette recherche longue, patiente, exigeante du bien, du vrai, du juste. Un lent travail de raison est nécessaire là où on préfère, par économie intellectuelle, l’émotion et les slogans. »

    Mgr Brouwet nous dit qu’il faut savoir susciter des échanges, des dialogues, « avec tous ceux qui ont des convictions y compris quand elles ne sont pas les nôtres ». Soit. Mais qu’en est-il lorsqu’on se trouve dans le cas où les convictions dont il s’agit sont totalement déraisonnables, comme étant le produit d’une idéologie ? On ne saurait nier sans faire montre d’irréalisme ou de relativisme, qu’un tel cas puisse se produire, comme l’idéologie du gender nous en offre une illustration. Il est clair que si l’on se trouve dans ce cas, le dialogue avec ceux qui sont ainsi clairement dans l’erreur ne peut avoir comme utilité que d’essayer de leur faire comprendre leur erreur, en vue de les aider à retrouver le chemin de la vérité, ou encore de comprendre soi-même par quel chemin, qu’il peut être utile de connaitre pour l’avenir, ils ont pu en arriver à se fourvoyer ainsi. Un tel dialogue ne peut être conduit que dans des conditions bien appropriées, dans un cadre de relations personnelles et certainement pas dans une séance publique comme une session de formation de délégués diocésains, car ce n’est pas en public que l’on peut faire comprendre à quelqu’un qu’il se trompe et que la position qu’il soutient est raisonnablement indéfendable.

    Il n’est donc aucunement question de refuser le vrai dialogue, ni de se refuser « au lent travail de la raison » auquel seraient préférés « par économie intellectuelle, l’émotion et les slogans ». D’ailleurs Il n’y a nul besoin d’un lent travail de la raison pour pouvoir être sûr qu’il y a une différence entre l’homme et la femme ! Se montrer affirmatif sur l’existence de cette différence, à la fois découlant de l’expérience de la manière la plus évidente qui puisse être, et faisant partie des enseignements les plus centraux de la Révélation, ne nécessite pas un lent travail de la raison mais tout simplement un respect direct de la raison ! L’affirmer comme une certitude n’est nullement faire preuve de paresse soit d’ « économie intellectuelle » ou d’abandon à « l’émotion » et aux « slogans ».

    Mgr Brouwet ajoute ensuite: « Les chrétiens n’ont pas la mission de gagner les combats. Ils veulent seulement témoigner de l’amour de Dieu pour tout homme, un amour sans condition qui les appelle à la vie. C’est cet amour et lui seul, qui sauve le monde. »

    Soulignons le sophisme de ces propos. La formule selon laquelle « les chrétiens n’ont pas la mission de gagner les combats » appelle un commentaire. Evidemment gagner le combat n’est pas un but en soi, mais c’est le moyen. Puisqu’il s’agit ici d’un combat en faveur du bien commun et notamment de la protection des plus faibles que sont les enfants, « gagner le combat » c’est en fait le moyen de protéger les faibles.

    Il y a encore du sophisme dans la suite. Evidemment qu’il faut de « l’amour » et que c’est lui, ultimement, qui sauve le monde, mais est-ce à dire qu’il ne faille pas agir concrètement, avec amour certes, en recherchant s’il y a lieu des « stratégies », d’ailleurs sous l’inspiration, en effet, de l’amour, dont Mgr Brouwet parle à juste titre ? Comment pourrait-on valoriser la notion de doctrine sociale de l’Église sans reconnaitre en même temps la valeur de l’action concrète dans le monde pour contribuer au bien commun ?

    En conclusion, on nous trouvera peut-être bien sourcilleux sur le thème de L’EXIGENCE DE CLARTÉ ET DE RAISON DANS L’EXPRESSION DE LA PENSÉE, mais tel est bien notre message: SI L’ON SE MONTRE DESINVOLTE VIS-A-VIS DE CETTE EXIGENCE, ON ENTRE, SANS PEUT-ETRE SANS RENDRE COMPTE, DANS L’ARBITRAIRE, car les préconisations que l’on formule ne sont plus placées de manière précise sous le contrôle de la raison et de la foi et perdent finalement et leur légitimité et leur justesse. Les conséquences les plus graves, et les plus injustes, ainsi au rebours du bien commun considéré à la lumière de l’Évangile, ont toutes chances de pouvoir en découler.

  19. PAGUE Jean

    Bonjour,

    J’ai en vu incidemment que vous n’êtes pas en odeur de sainteté chez Le Pèlerin. Des articles à l’eau de rose (et les commentaires assortis) ; chez vous une prose plutôt directe – je dirais presque excessive, et peut-être aussi vite ficelée.
    Quoi, Liénart pétainiste et l’abbé Pierre rouge ? J’aurais adjectivé à l’inverse, si l’on veut bien se souvenir que l’abbé Achille Liénart, curé à Tourcoing dans les années 20, puis évêque de Lille – qui sera plus tard cardinalisé par Pie XI – surnommé le « cardinal rouge » pour avoir quelque peu bousculé le vieux patronat industriel du Nord-Pas-de-Calais. Un drôle de « pétainiste ».
    Pour sa part, Henri Grouès, dit abbé Pierre, ne cachait pas ses idées plutôt « modernistes » pour l’ordination des hommes mariés sur le modèle de l’Eglise orientale, nonobstant son pseudo « soutien » à Garaudy dans des circonstances mal éclaircies, ce qui lui a valu les commentaires pas vraiment conviviaux de L’Humanité.

    Pour en revenir à Mgr Etchegaray, vous me semblez mal informé et donc vous déformez. Qu’appelez-vous « ergoter face à Jean-Paul II et à quel sujet ? Ils étaient au contraire très proches ! Entre bien d’autres initiatives, c’est ce pape qui a élevé l’Opus Dei au statut de « prélature personnelle, c’est-à-dire un diocèse sans territoire (je ne sais pas trop ce que c’est, mais peu importe). Alors on voit mal comment Etchegaray aurait pu accepter d’ordonner une cinquantaine de prêtres de l’Opus s’il avait désapprouvé les orientations de Jean-Paul II ! Et en tout cas, cet homme est loin d’être un suppôt de la république laïcarde et amateur de rubans.

    Pour le reste, c’est de bonne guerre, comme vous dites. Une vieille tradition – dépit de la loi de 1905, des relations de bon voisinage entre l’Eglise et la République, Académie comprise. Je trouve positif et réconfortant qu’en ce temps d’antichristianisme, plus antichrétien qu’anticlérical, qu’en ces temps où l’on se demande vers quoi est embarquée l’Eglise, qu’un gouvernement socialiste se fende d’une décoration pour un prince de l’Eglise, comme on ne dit plus. Ce qui ne mange pas de pain, après tout.

  20. M

    Imaginez:

    une Ruche Royale dans laquelle toutes les abeilles savent ce qu’elles doivent faire et comment le faire.

    Chacune à une place prévue et on l’à formée pour cela des générations en générations, depuis les temps anciens ……
    Puis quelques unes entendent qu’en dehors de la Ruche, il se passe des choses différentes, certaines vont voir ce qui s’y passe (en désobéissant) et en parle entres-elles.

    C’est la Fumée de Satan ! décrite par le Pape Paul VI.

    Introduite par le biais de celui que l’on croit être l’Apiculteur, une fumée tellement opaque pénètre dans la Ruche, que tout devient trouble et empêche de voir la Vérité dans son intégralité !
    Une fumée générant une discorde dans les esprits, telle qu’il est « ‘interdit d’interdire » et de revenir en arrière (la liberté selon Satan, l’Orgueil qui l’a fait chuter avec des centaines d’anges ).Nous en sommes là aujourd’hui et depuis 1965, avec des expérimentation qui oblige chacun à montrer son orgueil, car ne pas accepter d’avouer que des erreurs ont étés commises, troublant le peuple et créant le désordre, c’est ne pas être humble ! Il est Temps que l’on demande la Vérité Intégrale à Notre Eglise !

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