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Briser les lourdes chaînes des nouveaux esclaves

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Les journées mondiales de prières se suivent à un tel rythme qu’elles passent lus ou moins inaperçu, alors qu’elle devraient réveiller notre attention et nous remettre en question dans notre propre vie quotidienne. Les esclavages des temps modernes ne sont pas si loin que ça de nous et parfois notre manière de consommer ou de fermer les yeux se trouve être un des maillons de ces nouvelles chaînes.

Journée de prière contre la traite des personnes.

Il faut “Briser les lourdes chaînes” des “nouveaux esclaves” d’aujourd’hui, déclare le pape François à l’occasion de l’angélus, dimanche, 7 février, place Saint-Pierre.

« Demain, a rappelé le pape, nous célèbrerons la Journée de prière et de réflexion contre la traite des personnes, qui donne  tous l’occasion d’aider les nouveaux esclaves d’aujourd’hui à briser les lourdes chaînes de l’exploitation pour retrouver leur liberté et dignité : je pense à tant de femmes, tant d’hommes, et tant d’enfants! Il faut que tous les efforts soient faits pour mettre fin à ce crime, à cette honte intolérable. »

La Journée de prière et de réflexion contre la traite des personnes, est célébrée, pour la seconde fois, ce lundi 8 février, à l’occasion de la fête de sainte Joséphine Bakhita (1869-1947), « la petite Mère Noire », ancienne esclave au Soudan, devenue religieuse canossienne en Italie et canonisée par Jean-Paul II. Elle est la première sainte du Soudan.

Cette Journée contre la traite est organisée conjointement par les Conseils pontificaux pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement et Justice et Paix et par l’Union internationale des supérieures générales et des supérieurs généraux, dont les réseaux sont engagés sur place pour libérer ces « nouveaux esclaves », notamment le réseau Talitha Kum,  un réseau international de la vie consacrée contre la traite des personnes, représenté par « RENATE » en Europe, ou, au Canada « CATHII », ou au Sénégal : « Main dans la main », pour ce qui est de la francophonie.

Cette Journée veut sensibiliser l’opinion publique et promouvoir des « actions concrètes et courageuses », en venant en « aide aux victimes », souvent « des jeunes femmes inexpertes et analphabètes » et en dénonçant « les organisations criminelles et tous ceux qui profitent de la pauvreté et de la vulnérabilité des personnes pour en faire des objets de plaisir ».

Les célébrations pour le « Jubilé de la miséricorde pour la libération des esclaves d’aujourd’hui » culminent ce lundi 8 février mais elle ont commencé dès samedi 6 février, par une veillée de prière organisée dans la  basilique du Sacré-Cœur de Jésus, à Rome, d’où est parti un bref pèlerinage vers la Porte sainte de l’hôtel de la Caritas, près de la gare Termini, rapporte la même Radio Vatican.

La Croix, le portrait de sainte Bakhita et une chaîne, pour signifier l’esclavage que le Christ brise : ces symboles ouvraient la procession, qui rappellent les hommes, les femmes et les mineurs victimes de la traite. Un pèlerinage qui est ensuite parti près de la gare Termini, pour se diriger jusqu’à la Porte sainte de la Caritas, rue Marsala.

Au micro de Radio Vatican, Mgr Guerino di Tora, évêque auxiliaire de Rome et président de la fondation « Migrantes » explique que « la marche veut exprimer le pèlerinage de toute l’humanité souffrante, victime de toutes formes de traite » : « Nous avons voulu marcher au milieu de la ville, dans un lieu très fréquenté comme la gare Termini, véritable lieu de difficulté pour beaucoup de ceux que nous avons rencontrés, qui étaient étendus là précisément le long de la gare. Cela veut donc être une prise de conscience pour pouvoir indiquer à tout le monde cette réalité qui, parce qu’elle est vécue tous les jours, devient presque normale. Il faut alors que cela puisse vraiment être quelque chose qui nous invite tous à un engagement nouveau. »

On estime que, dans le monde, environ 21 millions de personnes peuvent être considérées comme des « esclaves », victimes du travail forcé, de la prostitution et d’autres formes d’exploitation. Le fléau de la traite des êtres humains est le commerce criminel le plus rentable après le trafic de drogue et la vente illégale d’armes : un « business » qui enrichit les criminels de plus de 32 milliards de dollars par an. Le phénomène touche souvent les réfugiés, contraints à se soumettre à des conditions inhumaines pour se garantir un passage à travers la Méditerranée. Caritas Milan dénonce le racket de la prostitution à l’œuvre derrière l’augmentation du nombre des femmes nigérianes demandant l’asile en Italie, la capitale lombarde constituant une plate-forme de redistribution des « esclaves » vers l’Espagne, l’Angleterre et l’Allemagne, rapporte la même source.

Don Aldo Bonaiuto, de la Communauté Pape Jean XXIII, engagée pour la libération de la prostitution, explique, toujours à Radio Vatican : « Nous ne pouvons pas oublier cette marée de personnes, en grande partie des jeunes et des très jeunes, qui quittent leur pays sur le continent africain, s’aventurant en Europe dans l’espérance de trouver une vie meilleure, surtout une vie dans laquelle il n’y ait ni guerres, ni terrorisme, où il n’y ait plus la faim, où il n’y ait plus la misère. Et ensuite, leur espérance est déçue quand ils sont contraints à travailler pour quelques pièces par jour afin de payer au « racketteur » l’argent nécessaire pour traverser la Méditerranée »

Source Zénith

Pour illustrer, sans toutefois exclure les autres lieu d’esclavage :

Un focus intéressant sur le trafic d’esclave dans le monde musulman.

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