Le Pape et les théologiens dissidents peuvent-ils être des interlocuteurs « en dialogue »?

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Je lis un article daté de dimanche dernier sur le blogue de mon confrère Frédéric Mounier, correspondant de « La Croix » à Rome, qui me laisse perplexe. Intitulé « Les voix d’Eglise peuvent-elles s’écouter ? », cet article parle de deux messages différents:
1) L’homélie de Benoît XVI aux nouveaux évêques consacrés samedi, dont j’ai parlé moi-même hier, dont Frédéric Mounier retient notamment le discours anti-moderne, ou même « anti-mode », si j’ose dire:

« Benoît XVI a affirmé que l’évêque ne devait être “un esclave de l’esprit de l’époque“ et devait avoir “le courage de s’opposer aux courants du moment“. »

2) Et la pétition de 143 théologiens germanophones dont j’ai également parlé samedi dernier (le jour où le Pape sacrait ces nouveaux évêques qu’il exhortait à avoir le courager de s’opposer aux courants du moment, mais je vous promets que je ne l’ai pas fait exprès!), réclamant la « fin du rigorisme moral » et autres joyeusetés qui ont sans doute été à la mode quand ces braves gens étaient jeunes!

Et Frédéric Mounier de conclure:

« Voici donc deux voix, diversement autorisées, qui s’expriment publiquement sur des points essentiels dans la vie de l’Eglise. Me revient en mémoire une récente homélie à Rome de Mgr Hervé Giraud, évêque de Soissons et président de la commission épiscopale pour les ministres ordonnés. Il réunissait à Rome l’ensemble des recteurs des séminaires en France. Il leur a demandé, à eux et à leurs séminaristes, d’être attentifs à la voix de l’autre, à ses arguments, à sa logique qui nous perturbe a priori.
Sur les grands dossiers d’Église, comme ci-dessus, est-ce possible ?

J’avoue que cette conclusion en forme d’interrogation me semble bizarre. Bien sûr, tout le monde est « pour » l’écoute et le dialogue, mais, dans l’Eglise, l’écoute est d’abord l’écoute de la Révélation, transmise par les Apôtres, puis l’Eglise enseignante, et le dialogue doit être normé par la recherche du vrai et du bien. Certes, notre confrère parle de voix diversement autorisées, mais la mise sur le même plan du Pape et d’un groupuscule archi-minoritaire de contestataires me semble franchement problématique. Je ne suis évidemment pas opposé à ce que le Pape écoute les « questions » du monde moderne, mais je ne crois pas qu’il ait attendu ces 143 théologiens pour se préoccuper du fossé qui sépare notre Eglise du monde occidental décadent. En revanche, si ces théologiens revendiquent la qualité de théologiesn catholiques, il y a une chose qui devrait être élémentaire: qu’ils écoutent le Pape!

2 comments

  1. Le schisme est latent dans l’Eglise catholique depuis près de quarante ans;il est probable que la CEF partage la position des 143 théologiens mais elle n’ose pas le dire ouvertement. Si la CEF s’oppose aux 143 théologiens elle aurait réagi clairement, ce qu’elle s’est bien gardé de faire, elle attend les réactions de la base.
    Pourquoi minimiser le poids de ces 143 théologiens? S’ils disent maintenant clairement ce qu’ils souhaitent c’est parce qu’ils espèrent remporter la partie contre le Pape. F.M. contre l’Eglise du Christ, la bataille est engagée sournoisement. Il faut se battre, prier et faire pénitence pour l’Eglise du Christ et notre Pape.

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