Le Syllabus et Gaudium et Spes également légitimes?

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Dans Présent de demain, Jean Madiran parle d’un livre de l’abbé Aulagnier récemment paru sur la « Politique de Jean-Paul II » et, plus particulièrment sur « Mémoire et identité », testament politique du pontife défunt. De cette recension, je retiens ces quelques lignes:

« Face au monde actuel, issu de la Révolution française, le Concile avait le choix entre deux attitudes pastorales que Jean-Paul II tient pour également légitimes :
— soit une attitude de contestation polémique et de condamnation doctrinale, ce fut celle de l’Eglise depuis (et contre) la Révolution
française, avec le Syllabus de Pie IX et les enseignements pontificaux de Léon XIII à Pie XII ;
— soit une attitude refusant désormais, à la suite de Jean XXIII, de prononcer des condamnations doctrinales, préférant aller « à la rencontre du monde contemporain » et engager avec lui un « dialogue constructif». »

« Egalement légitimes ». Cela mérite d’être regardé de près. Je n’avais pas retenu de ma lecture de « Mémoire et identité » cette analyse de Vatican II par Jean-Paul II. Mais, naturellement, si la pensée du précédent Pape est bien retranscrite ici, nous devrons bien en déduire que les options pastorales de Vatican II sont discutables. Cela va de soi, en un sens: les options pastorales sont par nature discutables. Mais c’est tout de même une intéressante nouveauté. Nouveauté spécialement intéressante dans le contexte des discussions entre Rome et Ecône: si Jean-Paul II considérait comme également légitimes les « options pastorales » du Syllabus et de Gaudium et Spes, on voit mal comment on pourrait imposer à la Fraternité St Pie X de signer son approbation inconditionnelle de Gaudium et Spes. Affaire à suivre… et si certains lecteurs ont des éléments pour infirmer ou confirmer cette lecture, qu’ils n’hésitent surtout à donner les pièces du dossier en commentaire!

18 comments

  1. Benoît Lobet

    Les options d’un Concile, même ses options pastorales, ne peuvent – faut-il encore le redire – être remises en cause que par un autre Concile.
    Point.

  2. Luc Warnotte

    L’abbé Lobet tombe ici dans un dogmatisme bien étrange. Son ton sectaire et tête-à-claques tranche avec l’extrême indulgence dont il faut preuve par ailleurs pour les pires hétérodoxies et hétéropraxis.

  3. Le vrai problème est que le Syllabus de Pie IX possède toutes les notes de l’infaillibilité du Magistère Pontifical extraordinaire : existerait-il dans l’Eglise depuis Vatican II un double Magistère infaillible contradictoire?

  4. de la Croix Guy

    Il est à remarquer le zèle avec lequel les attardés défenseurs ringards de Vatican II (dont Lobet ) s’acharnent encore à défendre dans un combat désormais desespéré et d’arrière garde l’importance pastorale ( et non doctrinale ) de Vatican II …

    On a vu le résultat…

  5. Louis Charles

    On ne peut pas avoir de dialogue constructif avec le Diable et sa création la République.

    Lors de sa tentation dans le désert, est-ce que le Christ à chercher à dialoguer avec Satan. Non, il l’a désarmé et chassez en rappelant certaines Vérités.

    Mais nous devons faire une différence entre la création du diable (la République) et ceux qui la composent (les républicains) c’est ceux-là que les prêtres et les fidèles devraient comme l’a demandé le Seigneur Jésus : « allez de part le monde prêcher la bonne parole, guérissez les malades et chassez les démons » en étant « doux et humble de cœur comme je le suis ».

  6. Benoît Lobet

    Je voudrais bien savoir quelles sont les « pires hétérodoxies et hétéropraxies » pour lesquelles je suis indulgent…
    J’ai simplement rappelé un point de doctrine chrétienne, qui est de l’Eglise indivise : seul un Concile (Oecuménique, de surcroît) peut revenir sur le texte (l’interprétation, c’est autre chose) d’un Concile Oecuménique précédent.
    Et, donc : re-point.

  7. Benoît Lobet

    Ce qui n’est plus à démontrer, c’est que la foi catholique inclut désormais dans son contenu même les textes du Concile Vatican II, qui sont tout à la fois pastoraux et doctrinaux, et ne seraient réformables que par la tenue d’un nouveau Concile. Je suis peut-être un attardé, mais je connais les règles que la foi catholique se donne à elle-même. Et je constate que, ici comme ailleurs, des gens qui se veulent « plus catholiques que le pape »… le sont généralement moins!

  8. Je suis en désaccord avec M. l’abbé Lobet; son point de vue est de la doctrine « conciliariste » condamnée par la Bulle « Execrabilis » de Pie II. Le Magistère suprême appartient au Souverain Pontife SEUL ou au concile AVEC le Souverain Pontife (Nota Praevia du Chap.3 de Lumen Gentium).
    Donc : un Pape peut défaire un concile (non doctrinal et qui n’a pas anathématisé).A plus forte raison peut-il l’interpréter.

  9. franz

    Vatican II , ses pompes et ses oeuvres, seront peut -être remis en cause par un concile futur qui en fera le procès, mais que l’on ne peut espérer pour l’instant… Avant cela, ce sont les réalités d’aujourd’hui qui l’auront mis à mal : douloureuse agonie de l’Eglise catholique du moins dans le monde occidental, désaffection des catholiques, décadence généralisée, quasi disparition de certains sacrements (confession, ordre, baptême,…).
    Quant aux pires « hétérodoxies et hétéropraxies », il suffit de regarder l’état de la liturgie, des cours de religion, du catéchisme, et des « opinions » divergentes des prêtres « officiels » sur des sujets comme le célibat ecclésiastique, l’homosexualité, la présence réelle de NS dans l’eucharistie, la virginité de Marie, … pour se rendre compte que chacun y va de son petit couplet. Et sur ces sujets-là, on entend bien peu les autorités officielles de l’Eglise s’exprimer… Les coups de baton sont réservés aux tradis et aux lefévristes, c’est plus commode.

  10. Benoît Lobet

    Je signale respectueusement à Mr Santiago que tous – je dis biens tous – les documents du Concile Vatican II ont été signés, ratifiés, approuvés et promulgués par le pape Paul VI. La Bulle « Execrabilis » du pape Pie II, de 1460, n’a donc rien à voir en l’espèce, puisqu’elle se borne à condamner et à vouer à l’excommunication les conciliaires qui voudraient promulguer contre le pape. Ce qui ne fut absolument pas le cas lors du Concile Vatican II, parfaitement légitime, et dont je répète qu’il ne pourrait être contredit que par un autre Concile convoqué par le pape. Du reste, je ne sache pas qu’aucun pape ayant régné après le Concile Vatican II (Jean-Paul Ier, Jean-Paul II, Benoît XVI) ait jamais seulement évoqué l’idée de remettre en cause les textes et documents de Vatican II, au contraire tous les ont cités comme une source féconde de leur ministère apostolique, en ce compris l’actuel Pontife.
    Que le Concile Vatican II ait remis en cause certaines condamnations du Syllabus de Pie IX, c’est évident – cela prouve tout simplement que l’Eglise catholique est capable de revenir sur certains jugements circonstantiels et d’en atténuer la portée. C’est ce qui fait d’Elle, précisément, une institution vivante et non figée dans la mort.

  11. Pierre de Vacquerie

    Monsieur l’abbé Lobet, souffrez-vous d’amnésie ou essayez-vous de travestir la réalité? (Nous sommes bientôt à Laetare)

    Chaque fois qu’une pratique « peu dans la ligne de l’Eglise » se fait jour en Belgique et qu’elle est dénoncée ici, vous minimisez, vous tentez d’expliquer, voire d’excuser… Mais quand un catholique défend ici, non pas par bigoterie ou intégrisme, mais au nom de textes pontificaux ou traditionnels, la foi et ses pratiques, vous invoquez d’autres textes pour les étouffer et les vilipender.

    Voulez-vous des exemples? La défense inconditionnelle et catégorique de propos inqualifiables de G. Ringlet, que vous considérez comme un prêtre fidèle, entre autres sur la désacralisation du sacerdoce. Lorsqu’un certain capucin, honte de l’Eglise de Belgique, bénit des « unions » de personnes de même sexe, vous êtes là pour expliquer que ce n’est pas si grave que cela. Lorsqu’un prêtre « hors normes » prête son église aux mahométans pour la prière du vendredi, vous nous dites simplement que « vous savez que l’évêque n’est pas content ». Mais si l’on a le malheur d’oser dire un seul petit mot sur une constitution qui vous est chère, alors nous sommes immédiatement taxés d’hérésie.

    Deux poids, deux mesures, M. l’abbé, tel vous apparaissez. Vous allez le nier, bien sûr. Dans ce cas, une seule solution : accordez votre image à ce que vous voudriez être.

  12. Luc Warnotte

    M. de Vacquerie, vous semblez connaître l’abbé Lobet. Savez-vous s’il fait exprès de se moquer du monde ou s’il est comme ça de naissance?

  13. Benoît Lobet

    J’ai simplement dit que l’abbé Ringlet n’avait jamais été soupçonné par sa hiérarchie : vrai ou faux? Je ne me suis jamais prononcé sur les agissements en effet déplorables du capucin en question, et si vous voulez le savoir, je les désapprouve complètement; j’ai relayé le mécontentement de mon évêque à propos du « prêt » d’une église à des Musulmans, un mécontentement que je partage aussi : vrai ou faux? Pour le reste, je rappelle ici simplement des éléments de la foi commune de l’Eglise à propos d’un Concile Oecuménique.
    Plus généralement, c’est souvent parmi les bloggeurs d’ici que je trouve deux poids et deux mesures : on apprécie le pape et on le révère, mais on critique ses décisions quand elles ne plaisent pas (v.g. l’élection des auxiliaires de Bruxelles-Malines, la béatification jugée prématurée de Jean-Paul II, la convocation de la prochaine rencontre d’Assise, etc.) : oui ou non?
    Que chacun revienne à de la cohérence, sans attaques ad hominem (indignes) mais en s’appuyant sur des arguments.

  14. Louis Charles

    Est-ce que la Vérité de la Sainte Trinité se discute : « que votre langage soit : Oui, oui : Non, nom : car ce qui est de plus, vient du mal. (Matthieu : 5, 37)
    Or l’œcuménisme est ce qu’il y a entre oui et non.

    Pour le concile Vatican II, aucune décision de ce concile ne relève de l’Infaillibilité, ainsi que l’a reconnu Paul VI lui-même le 12 janvier 1966 :

    « Etant donné son caractère pastoral, le Concile a évité de prononcer de façon extraordinaire des dogmes dotés de la note d’infaillibilité ».

    Cité par le Marquis de la Franquerie dans « La Vierge Marie dans l’histoire de France », p 239.

    Nul besoin d’un autre Concile pour annuler ou rectifier le Concile Vatican II. Le Pape peut user de son Infaillibilité pour cela. Mais il peut en être empêcher par certains religieux.

    Car voici ce qui se passe au Vatican :
    http://christroi.over-blog.com/article-le-vatican-infiltre-par-des-satanistes-pere-gabriele-amorth-exorciste-en-chef-de-rome-64741099.html

  15. Laurence Dumoulin

    Ce P. Lobet est visiblement un personnage scandaleux. Il provoque vraiment du scandale dans les âmes.
    Quelle responsabilité pour un prêtre! Le mieux serait qu’il se taise au lieu de s’enfoncer et de scandaliser encore plus.

  16. Benoît Lobet

    Chère Madame Dumoulin, mon propos quand j’interviens sur ce blog consiste à rappeler la foi catholique. Si elle vous scandalise, tirez-en les conséquences!

  17. Pierre de Vacquerie

    « Plus généralement, c’est souvent parmi les bloggeurs d’ici que je trouve deux poids et deux mesures : on apprécie le pape et on le révère, mais on critique ses décisions quand elles ne plaisent pas (v.g. l’élection des auxiliaires de Bruxelles-Malines, la béatification jugée prématurée de Jean-Paul II, la convocation de la prochaine rencontre d’Assise, etc. »

    C’est bien la 20ème fois que vous le répétez. Vosu faites des copier-coller ou quoi?

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