Comment dit-on, déjà, schisme en austro-allemand ?

Ce n’est déjà plus une fronde, ce n’est plus même une révolte : c’est le triste spectacle d’une véritable révolution à son commencement que nous offre l’Église autrichienne. Nourri d’un fort complexe anti-romain, gangréné par le modernisme, alimenté par la gestion lamentable par la hiérarchie autrichienne des affaires de l’Église, le mouvement de contestation né en 2006 et connu sous le nom de Pfarrer-Initiative (Initiative des Prêtres) vient de frapper un coup redoutable en lançant en juin dernier un « Appel à la désobéissance » qui reprend la liste à peu près complète des poncifs du progressisme « catholique » : mariage des prêtres, ordination des hommes mariés, ordination des femmes, communion aux divorcés remariés, direction des paroisses sans prêtres par des laïcs, possibilité pour ces derniers de prononcer l’homélie, etc. Un appel signé par 329 prêtres autrichiens… Ce ne fut, évidemment, pas du goût du cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne et président de la Conférence épiscopale, qui se fit menaçant le mois suivant, sans toutefois dire avec clarté à quoi s’exposaient les dissidents :

« Un appel public à l’insubordination me bouleverse. Celui qui abandonne le principe d’obéissance détruit l’unité. Cela ne peut pas continuer. Si quelqu’un décide d’entrer en dissidence, cela entraîne des conséquences. »

La menace eut pour effet de faire rentrer quatre prêtres dans les rangs, mais en précipita quatre-vingt six de plus dans les bras de la Pfarrer-Initiative, portant ses effectifs à plus de 400 prêtres, quasiment 10 % du clergé autrichien ! Rentré de Madrid et de Rome à Vienne le 29 août, le cardinal, après avoir laissé le temps de la réflexion aux dissidents, vient d’en convoquer une délégation menée par son chef, Monseigneur Helmut Schüller – qui fut son collaborateur n° 1 comme vicaire général de l’archidiocèse de Vienne de 1995 à 1999! – pour des discussions à huis clos ce 10 septembre.
Une initiative, cardinalice celle-là, dont peu de responsables ecclésiaux, nonobstant l’œuvre du Saint-Esprit, pensent qu’elle sera féconde tant le raidissement des dissidents semble difficile à assouplir… Le Père Abbé du monastère de Herzogenburg, Maximilian Fürsinn, président de la Conférence des supérieurs religieux d’Autriche, pense que tout cela n’aboutira pas et que, de toutes les manières, « cela ne peut plus être réglé par le seul cardinal », mais qu’il faut impliquer « tout le monde : les évêques, les abbés, les religieux et les représentants de l’Initiative des Prêtres » – mais surtout pas Rome… Des États généraux de l’Église autrichienne en quelque sorte. On sait comment tout cela se termine…

10 comments

  1. Jean-Claude Chevalier

    ce genre de division a pour effet de provoquer les échanges sur différentes questions et auront probablement pour conséquence la perte de quelques prêtres égarés.

  2. Guy de la Croix

    Ceci est lamentable mais c’était bien prévisible et le responsable principal est celui qui il y a quelques années déjà s’est rendu au Vatican avec un dossier réclamant le mariage des prêtres… devinez qui ? Le cardinal Schönborn lui-même…
    à bon entendeur… quand on pense que 400 prêtres de la fraternité St Pie X attendent que Rome leur donne une prélature eux qui sont plus obéissants au Pape que la plupart des prêtres et évêques de France on croit rêver…

  3. JPM

    « 400 prêtres de la fraternité St Pie X (…) sont plus obéissants au Pape que la plupart des prêtres et évêques de France » :

    Il ne faut pas avoir peur du ridicule pour écrire cela.
    Cela fait 40 ans que le Pape leur demande d’accepter le dernier Concile, et ils n’obéissent toujours pas…

  4. Tonio

     » une délégation menée par son chef, Monseigneur Helmut Schüller – qui fut son collaborateur n° 1 comme vicaire général de l’archidiocèse de Vienne de 1995 à 1999!  »

    On a que ce qu’on mérite.
    ou
    On récolte ce qu’on a semé.

    Mais c’est tout de même ballot, hein !

  5. Nathalie

    Mais , je vais sembler brutale à certains, pourquoi ne sont-ils pas excommuniés purement et simplement, et basta. On coupe la branche pourrie d’où il ne sortira rien, ils ne sont plus catholique, ils iront fonder leur secte ailleurs s’ils veulent, mais ne viendront plus polluer l’église catholique. Si des gens les suivent ? Pas grave, il est préférable de garder un arbre en bonne santé qui donnera de belles branches à nouveau.

  6. Benoît Lobet

    « On coupe la branche pourrie » dite-vous, chère Nathalie.
    Avez-vous pensé la même chose lorsque les évêques lefebvristes ont été excommuniés?
    Certains propos ne devraient jamais être utilisés dans l’Eglise, pour personne… quelles que soient les sensibilités particulières que l’on éprouve.

  7. franz

    Il y aura sans doute dans l’avenir d’autres velléités de séparatisme dans les pays ou/et les diocèses décadents, gangrénés par l’hérésie moderniste.
    C’est évidemment une catastrophe mais peut-être serait-il plus sage – et intellectuellement honnête – pour ces prêtres, lorsque l’on se trouve dans une situation pareille, de quitter purement et simplement l’Eglise et de s’affilier à une des nombreuses sectes protestantes, où on peut trouver ce que l’on veut (des plus rigoristes aux plus…libérales).
    Personnellement, je frémis à l’idée des dégâts spirituels que ces prêtres peuvent faire dans l’exercice de leur sacerdoce dans l’esprit des fidèles.
    Et après cela, l’Eglise « officielle » se permet de donner des leçons de « fidélité » à la FSSPX !
    Enfin, la grosse crise n’est pas derrière nous mais devant…

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