L’Eglise de France doit sortir de la sécularisation

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Le Salon beige cite cette phrase du Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine, reçu par KTO à l’occasion de la sortie de son livre « Homme et prêtre » (Ad Solem):

« Il faut que l’Eglise de France se remette en cause avec ses systèmes et sorte une bonne fois pour toutes de la sécularisation… »

13 comments

  1. Benoît Lobet

    Je suis toujours ébahi par ce genre de propos, c’est pourquoi je réagis encore une fois. Comme si « sortir de la sécularisation » était, pour l’Eglise de France ou pour n’importe quelle autre, une question de (bonne) volonté! La sécularisation est, au dire de tous les sociologues, de toutes obédiences (cathos ou non), un fait. Un fait qui a trouvé son origine dans la Révolution française, s’est poursuivi avec des cahins et des cahas depuis (voir les revirements de Napoléon, héritier de la Révolution, mais qui signe quand même un concordat avec Pie VII dans l’espoir de conforter son pouvoir), s’est durci en France en 1905 avec les lois Combes, s’est compliqué dans les vingt dernières années avec le multiculturalisme de nos populations (et leur « multicultualisme » : l’Islam est, de fait, en nos pays, la deuxième religion, et les Etats veulent garder leur indépandance par rapport aux éventuels diktats religieux non tant catholiques que musulmans), etc., etc.
    Il me semble donc assez puéril de faire dépendre la « sécularisation » ou « laïcisation » de nos pays d’Europe du Nord (le phénomène est très différent partout ailleurs dans le monde, notamment aux Etats-Unis d’Amérique)d’une « volonté », quelle qu’elle soit. Contre de telles vagues qui durent depuis si longtemps, il me semble que la volonté n’a rien à faire. MAIS : il se pourrait que, paradoxalement, cela soit une chance pour le christianisme : retrouvant une position humble (et finalement celle du Christ lui-même dans sa propre société), il redeviendra crédible non à la manière des puissants de ce monde, mais à sa propre manière, infiniment plus subversive.

  2. ema

    Sortir de la sécularisation c’est déjà faire comme le fait le Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine, à Marseille: montrer sa spécificité de prêtre catholique, et c’est déjà un cela sortir de la sécularisation!
    Proclamer haut et fort malgré la « dictature » du politiquement correct ce que dit l’Église en matière de respect de la vie, de la liberté religieuse, de la liberté d’éducation, le dire avec des mots simples et clairs, c’est déjà sortir de la sécularisation.
    Humilité oui, mais aussi beaucoup de courage, pour nos prêtres et pour nous qui devons témoigner au travail, au cours d’une conversation entre collègues, entre amis, en nous occupant de nos enfants, etc.
    Avec l’aide du Seigneur

  3. Matthieu

    Je viens de finir l’éblouissant livre de Zanotti Zorkine. Réduire les propos lumineux de ce saint prêtre à cette seule phrase est une injustice. Fondé sur une grande confiance dans la grâce surnaturelle, n’attaquant jamais nommément les personnes, les critiques du Père Michel-Marie, remplies de bienveillance et d’amour, portent plus efficacement que celles de ce blog ou du réseau de Riposte catholique. Tout ceux qui veulent redresser l’Eglise de France doivent le faire avec les armes du Christ: la prière, l’humilité, l’amour, et l’affirmation des vérités de la foi. Comme dit l’auteur de ce blog dans sa présentation, « le grand jeu du « tir au pape » me semble légèrement anachronique ! », j’ajoute que celui de « tir à l’Eglise en France » ou « tir à l’évêque » aussi.

  4. Benoît

    Merci pour ce rappel historique.
    .
    Mais je crois qu’il y a autre chose en cause dans l’affirmation initiale. C’est l’esprit de « dhimmitude » où bien des évêques se montrent bien timorés à affirmer et défendre la foi de l’Eglise et les valeurs qui en découle.
    .
    Ainsi récemment un évêque qui accepte qu’on ne prie pas le Notre Père dans sa cathédrale « en respect » de la « diversité » de l’assemblée réunie pour le 800e anniversaire de la construction de sa cathédrale.

    Cf: http://www.osservatore-vaticano.org/relations-avec-les-etats/abus-de-pouvoir-laiciste-a-reims/comment-page-1

  5. Guy de la Croix

    Une fois de plus on reconnait B L parmi les quelques uns qui sont encore englués dans cet esprit minimaliste qui confond tout , et sous prétexte de faire l’éloge de la fragilité ( Livre d’un prêtre belge révolté contre Rome)veut mettre Dieu au niveau de l’homme plutôt que l’homme au niveau de Dieu…tout le monde il est bon tout le monde il est gentil, surtout pas d’efforts , pas de volonté même pas pour faire la volonté de Dieu..

  6. olivier

    Au cours de cette émission, il a a fait aussi une critique sur le fonctionnement bureaucrate de l’Eglise, il trouve absurde que pour tout le monde le catéchuménat soit de trois ans. Il rappela que Pierre baptisa une foule immense. Pour certains, il n’est besoin que de quinze jours, d’autres trois ans… L’Eglise doit s’adopter à la personne après tout nous sommes la religion qui s’intéresse plus aux personnes qu’aux troupeaux.
    Prions pour qu’un jour, il devienne évêque.

  7. Pierre de Vacquerie

    La sécularisation de la société est un fait inévitable, c’est évident. Mais le drame, que fait bien ressortir le P. Zanotti dans ses propos, est qu’elle s’est immiscée jusqu’à l’intérieur de l’Eglise. Abandon de l’habit, séminaires qui ne sont plus que des « convicts », mélange des clercs à la population, abandon de tout sens du sacré, y compris dans la liturgie et la célébration des sacrements. De cela, il faut sortir, il faut rendre à l’Eglise son rôle d’espace du sacré au milieu d’une société sécularisée. Le P. Zanotti est l’un de ceux qui manifestent le mieux ce retour. Il est dans le monde tout en étant hors du monde. Un prêtre parfaitement évangélique.

    Un tel homme correspondrait tout à fait aux critères invoqués par la déclaration des 21 prêtres pour avoir des évêques dans la ligne du présent pontificat. Un nom qui, je l’espère, sera bientôt retenu à la nonciature.

    Hélas, on n’y est pas encore, et le 5 juin, la catastrophe va se produire : François Fonlupt, homme fade, triste et de théologie douteuse, sera évêque. Merci Lustiger pour les bases que tu as posées dans cette Eglise de France qui se déglingue.

  8. Xagère

    j’aime assez le commentaire de Benoît Lobet et suis plutôt d’accord avec lui. J’espère surtout que sa conclusion est proche de la vérité et c’est ce que prône la vertu de l’espérance…

  9. Melmiesse Gilberte

    après la resurrection, Saint Pierre et les apotres n’ont pas été politiquement corrects et ils ont été emprisonnés,ils avaient de la volonté, du courage, une foi qui leur donnaient de la conviction…jusqu’au martyr

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