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Mgr Moraglia sur les traces de saint Pie X ?

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Le 29 mars dernier, en la basilique Saint-Marc, Mgr Moraglia, nouveau Patriarche de Venise, a rencontré pour la première fois l’ensemble des prêtres de son archidiocèse. Il en a profité pour leur communiquer sa vision du sacerdoce et les inviter à la « charité pastorale » qui doit caractériser « chaque geste, chaque parole » du prêtre.

« Forme spécifique d’amour », « don de soi » qui prend racine dans la « réalité sacramentelle » de l’ordination sacerdotale, la charité pastorale ne se mesure ni aux actes du prêtre ni à son « efficacité ».

Comme l’affirme le « Directoire pour le ministère et la vie des prêtres » de la Congrégation du Clergé (1994) à son article 44 :

La charité pastorale court spécialement le risque d’être vidée de son sens par ce qu’on pourrait appeler le fonctionnalisme. Il n’est pas rare, en effet, de constater aussi chez certains prêtres l’influence d’une mentalité qui tend à tort à réduire le sacerdoce ministériel aux seuls aspects fonctionnels. ‘Faire’ le prêtre, rendre des services particuliers et garantir quelques prestations serait toute la raison de l’existence sacerdotale. Cette conception réductrice de l’identité et du ministère sacerdotal risque de mener la vie des prêtres vers un vide souvent compensé par des formes de vie non conformes à leur ministère. 

Et Mgr Moraglia de répéter que ce qui compte, ce n’est pas « ce que fait le prêtre » mais « qui il est ». Naissant de l’ordination sacerdotale, la charité pastorale « ne nous conduit pas là où nous voulons mais là où nous sommes envoyés ». Don total de soi, dévouement et esprit de sacrifice sont les ingrédients de la charité pastorale. Et si le

prêtre est fait, « comme tout homme », d’intériorité et d’extériorité, il doit se garder du risque de finir par accomplir ses actions extérieures, au service des autres, « pour d’autres motifs » que « le désir du salut des âmes ». Nombreux sont les dévoiements possibles de la vie sacerdotale, intérieure comme extérieure, au point d’en arriver à « aimer plus les œuvres, les titres académiques, nos publications, nos structures, celles qui nous entourent et servent notre activité pastorale que la fin pour laquelle toutes ces choses ont été constituées, à savoir les âmes ». 

D’où l’importance pour le prêtre de s’interroger sur ce qui motive ses silences et ses paroles.

Cet examen de conscience franc, serein, mais non dénué d’un peu de miséricorde envers soi, nous [aidera] à comprendre si nous sommes des hommes et des prêtres libres.

Et, pour ce faire, les prêtres ne doivent pas hésiter à demander « de l’aide à un confrère » capable « de dire la vérité avec amour et d’aimer avec vérité ».

Concluant cette réflexion sur l’essence de l’identité sacerdotale par l’invocation du saint Curé d’Ars et de « sa gigantesque charité pastorale », Mgr Moraglia a incontestablement, dès sa première rencontre avec son clergé, répondu favorablement aux espérances placées en lui.

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