Mgr Vancottem nomme un vicaire épiscopal « limogé » par Mgr Léonard!

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Nous avons appris récemment par la « Libre Belgique » (merci à B.) la nomination par Mgr Vancottem, nouvel évêque de Namur (voir ici) de l’abbé Jean-Marie Jadot, doyen d’Arlon, comme vicaire épiscopal du diocèse.
Cet abbé Jadot est défini par Christian Laporte comme « dynamique doyen d’Arlon, un homme d’ouverture aux autres religions et à la laïcité, s’il en est et s’il en fut » – ce qui ne laisse pas d’inquiéter quand on sait lire entre les lignes…
Mais ce qui est franchement « exotique », c’est que l’abbé Jadot avait déjà été vicaire épiscopal de 1985 à 1990… date à laquelle Mgr Léonard, nouvel évêque de Namur, l’avait « remercié ». En d’autres termes, Mgr Vancottem, successeur à Namur de l’actuel primat, déclare publiquement qu’il va mener une politique contraire à celle de son prédécesseur. Décidément, la perplexité que nous affichions voici déjà plus d’un an ne diminue pas…

33 comments

  1. chribu

    Pouvez-vous (re)expliquer quel est le rôle d’un vicaire épiscopal et quel est son influence potentiel? Si son influence est réel, alors, oui, il y a vraiment de quoi nous conforter dans notre inquiétude…

  2. Jos van Namen

    Le Vicaire général eexerce toute le pouvoir de jurdiction de l’évêque et agit en son nom dans tous les domaines de la pastorale diocésaine. Le Vicaire épiscopal exerce cette juridiction pour une partie spécialisée de cette pastorale ou sur une région particulière. Il y a ainsi, p.ex. un Vicaire épiscopal pour l’enseignement, un Vicaire épiscopal pour les vocations, un Vicaire épsicopal pour les causes canoniques… Souvent aussi, en France, ce titre est donné à des espèces de « grands doyens » qui ont la responsabilité d’une partie du diocèse.

  3. Benoît Lobet

    Un vicaire épiscopal est, comme du reste l’indique son nom, un « vicaire de l’évêque ». Contrairement au « vicaire général », qui est le vicaire de l’évêque pour l’ensemble du territoire diocésain et des secteurs pastoraux (d’où la qualification de « général ») , un vicaire épiscopal se voit confier la responsabilité d’une partie du diocèse ou d’secteur particulier de la vie pastorale (enseignement, diaconie, liturgie, etc.) L’abbé Jadot – duquel, rassurez-vous, il n’y a rien à craindre! – s’est vu confier, si je ne me trompe, la responsabilité, au nom de l’évêque de Namur, de la province du Luxembourg (belge), donc d’une partie territoirale du diocèse de Namur, qui englobe les deux provinces de Namur et du Luxembourg.
    L’abbé Jadot était jusqu’ici curé-doyen d’Arlon, poste à lui confié par Mgr Léonard alors évêque de Namur, ce qui est un poste important dans le diocèse de Namur, puisque le doyen d’Arlon occupe le chef-lieu de la province du Luxembourg belge. Que ses responsabilités soient maintenant étendues à tout le territoire provincial, cela n’a vraiment rien d’étrange!

  4. Et quels sont les rôles du vicaire épiscopal ?

    Il est membre du conseil épiscopal de l’évêque et à ce titre, il est le délégué de l’évêque à la pastorale de la province de Luxembourg. Je dois donc entretenir des liens avec mes confrères, avec les assistants paroissiaux, et m’occuper des nominations des prêtres.

    Le vicaire épiscopal doit aussi accompagner le conseil pastoral de la province et accompagner les doyennés.

    J’y ajoute encore le sacrement de confirmation que je serai appelé à célébrer à la place de l’évêque. Cette mission de vicaire épiscopal m’invite à la réflexion… ¦
    http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20110623_00016200

  5. Melmiesse

    « un homme d’ouverture aux autres religions et à la laicité » c’est demander aux non catholiques d’etre acceptés par elles; n’est-ce pas Jésus Christ qui a dit « je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups » ce n’est apparemment pas le cas de l’abbé Jadot

  6. Abbé du Diocèse de Namur

    Cette nomination est un désastre pour notre diocèse et beaucoup de jeunes prêtres ne sont pas du tout content de cette nomination! Qu’on se le dise! C’est la pastorale de l’Anti-Rome!

  7. Pierre de Vacquerie

    Une précision s’impose, même si elle est négligeable. Jean-Marie Jadot n’a pas été « limogé » par Mgr Léonard. Il est simplement passé à la trappe à l’arrivée de celui-ci sur le siège de Namur. Mgr Léonard, en arrivant, a en effet usé de son droit de créer un tout nouveau conseil épiscopal, sans garder aucun membre de l’ancien. L’abbé Jadot, fraîchement nommé dans ce conseil, a ressenti cela comme une injure.

    A la fin de l’épiscopat de Mgr Mathen, l’abbé Jadot était « vicaire épiscopal chargé du suivi de l’assemblée de Nassogne ». Cette assemblée n’était autre qu’un semblant de synode diocésain dont les conclusions trahissaient les tendances gauchistes et pélagiennes de ses participants.

    En ce qui concerne son ouverture « aux autres religions et à la laicité », il est connu pour avoir, dès son arrivée à Arlon, chef-lieu de la province de Luxembourg, transformé le traditionnel Te Deum de la Fête nationale et de la fête du Roi en une cérémonie pluraliste, avec participation sur pied d’égalité de lui-même, d’un pasteur protestant, du ministre officiant israëlite, d’un imam et du représentant de « l’Action laïque », mouvement de la libre pensée érigée en culte en Belgique.

    Le diocèse de Namur, aujourd’hui, vibre aux sons du « Chantier paroissial » amené de Liège par Mgr Warin, l’évêque auxiliaire. Ses objectifs sont très proches de ceux de l’assemblée de Nassogne. Lui aussi devrait « rendre l’espérance ». Or, son seul résultat, jusqu’à présent, est la suppression de nombreuses messes dominicales dans les doyennés, manière de faire espérer les fidèles.

    L’abbé Jadot est chargé d’appliquer le « chantier » dans la province de Luxembourg. Il reprend, en quelque sorte, sa casquette de Nassogne. Rénovateur ou liquidateur?

  8. @l’abbé Lobet, je ne vous connais pas, mais je ne suis pas du tout optimiste comme vous l’êtes. Par contre je connais le prêtre Jadot depuis l’âge de mes 8 ans et je rejoins le commentaire signé par un abbé du diocèse de Namur sur ce site. Si comme vous le dites cette promotion n’a rien d’étrange, Benoit 16 aurait dû le nommer eveque auxiliaire de namur au lieu de choisir un prêtre du diocèse de Liège! Et si Arlon était un poste important cela se saurait depuis longtemps. (signé Joel devillet, né à Arlon)

  9. Diable Vert

    Vous savez, au point où l’Église de Belgique se trouve, il n’y a plus rien d’étonnant.

    On a beau se gargariser, pour ne pas avoir mal, il ne reste rien du christianisme en Belgique si ce n’est quelques FAÇADES d’écoles ou d’hôpitaux. Le reste sont des décombres.

    Le constat est douloureux et on ne peut pas dire que tout va mal. Les églises sont vides, les familles ont perdu la Foi, il y a 40 ans qu’on ne fait plus le catéchisme (mis à part des carabistouilles), les couvents sont à vendre ou vendus, mais tout va bien. On sous-estime combien la minorité de chrétiens est active, engagée …

    Tout cela est faux ! Et ceux qui prétendent le contraire sont aveuglés par leurs erreurs.

    Il faut pleurer pour avoir des gens dans les Fabriques d’église, on va pêcher les pauvres innocents du coin (quand ils le veulent bien et sans formation) pour faire le pseudo catéchisme. Arrêtons de rire, s’il-vous-plaît.

    Le pire, ce sont les curés soixantehuitards qui ont cette situation catastrophique sous les yeux et qui ne voient pas que c’est la faillite du christianisme chez nous.

    On a beau faire, le ver est dans le fruit. On a l’impression que tous leurs trucs sont creux et stériles.

    Impossible d’ouvrir leurs yeux.

    Un journal avait, la semaine dernière, cet article dans ses colonnes
    Une étude récente montre que la pratique du culte catholique s’effondre en Wallonie. Et la descente aux enfers n’est pas près de s’arrêter.

    L’Adrass (Association pour le Développement de la Recherche Appliquée en Sciences Sociales) vient de réaliser une étude sur la pratique du culte catholique en Wallonie.

    Le rapport final vient de sortir et a de quoi inquiéter Monseigneur Léonard et toute la hiérarchie cléricale par ses conclusions : depuis quarante ans, le catholicisme est en chute libre. Un désintérêt de la population wallonne pour l’Église qui va aller en s’accélérant.

    Ainsi, entre 1967 et 2008, par exemple et selon une double étude du CRISP et de la KUL, les événements religieux sont tombés en pleine déliquescence, les baptêmes passant de 92,8 % à 54 %, les mariages de 83,5 % à 28, 8 % (trois fois moins !) et la pratique dominicale du culte de 33,9 % à 7, 4 %.

    Notons que c’est entre 1998 et 2008 et la chute est la plus vertigineuse. Et quand on sait que, déjà en 1967, on estimait que la Wallonie était en pleine crise de déchristianisation, on imagine l’ampleur des dégâts.

    Bien pire en 2050

    Partant de cette constatation, l’Adrass s’est donc projetée dans l’avenir. Et elle ne voit aucune raison à ce que la diminution de la pratique religieuse en Wallonie connaisse un ralentissement, que du contraire.

    « Nous n’avons pas réalisé de scénarios de croissance positive car on n’a découvert aucun début d’inversion de tendance », explique André Lambert, de l’Adrass. À la limite, le scénario le plus favorable au maintien de la pratique du culte serait celui ou on déciderait de garder les valeurs atteintes en 2008. Mais aucun fait ne vient étayer cette tendance. »

    Le calcul de l’Adrass est simple : si la tendance des 10 dernières années se confirme, en 2030, alors que la Wallonie comptera 500 000 personnes de plus et une population sensiblement plus âgée, les catholiques wallons ne seront plus que 17 % alors qu’ils sont encore 37 % actuellement. Et 3,2 % des Wallons iront encore à la messe contre 6,8 %.

    Le pire pour l’Église catholique n’est pourtant pas encore là : en 2050 (dans 40 ans), 8,4 % des Wallons seulement seront catholiques. Parmi les tranches d’âge les plus jeunes, on n’en trouvera même plus ! Et seulement 1,6 % se rendront encore à l’église le dimanche.

    Petite précision de la part d’André Lambert, auteur de l’étude : « Nous avons pris en compte la visibilité des pratiques religieuses. Par catholiques, nous entendons les personnes qui participent activement à des événements religieux : baptêmes, mariages, funérailles ou culte. Le sentiment religieux ou la conviction, c’est autre chose ».

    Et c’est évidemment beaucoup plus difficile à évaluer.¦

  10. Philippe Coeurderoy

    La situation belge est effectivement alarmante.

    Je ne crois pas que l’on puisse faire comme M. l’abbé Lobet: prendre en exemple un secteur où la pratique se tient encore plus ou moins et laisser supposer qu’il en est ainsi partout.

    L’Église de Belgique est très malade et je ne pense pas que ce soit sur Mgr. Vancottem qu’il faille compter pour relevé la situation.

    Je me demande bien ce que Mgr. Léonard pense de ce choix.

  11. chribu

    @ abbé du diocèse de Namur,

    Je partage plutôt votre avis. Mais autour de moi, je rencontre peu (voire pas du tout) de prêtres criant haut et fort leur désarroi devant cette désintégration de la foi. A vous lire, ces prêtres semblent encore exister…, mais où les trouver? Je suis aussi du diocèse de namur, donnez des pistes….

  12. Diable Vert

    Cher chribu,

    Il y a des cas isolés, croyez-moi, j’en connais personnellement. Mais comme ils ne marchent pas dans les combines pastorales désastreuses, ils sont réduits au silence et placés hors d’état de nuire.

    Vous le savez bien quand même: on est obligé d’être d’accord et on ne peut rien remettre en question. Cette imposture pastorale est générale et isole les quelques clercs qui comprennent le jeu.

    Comme vous pouvez le ressentir, j’ai une aigreur certaine vis-à-vis de cette mafia. Retenez ceci: il n’y a pas plus intolérant que les tolérants.

    Qui bat la mesure de l’Église belge ? Des modernos endiablés, des gauchistes, des hérétiques, des anti-romain ….

    Non, je ne suis pas aigris ! Ce n’est pas cela être aigris, c’est de la lucidité. Mais je préfère être lucide qu’imbécile.

    Le grand malheur de ce petit pays, c’est qu’on ne sait pas rassembler les forces d’opposition au Régime sous la même bannière.

    Soyez rassuré, je ne peux mal de manquer d’Espérance car je compte beaucoup sur l’œuvre biologique.

    Courage à tous !

  13. Jos van Namen

    L’abbé Lobet, comme toujours, est d’un optimisme béat. Je suis d’accord avec lui sur un point cependant : l’abbé Jadot n’est pas dangereux. C’est un homme plus soucieux du paraître que de l’être, assez prétentieux. Tant qu’il peut briller et réunir autour de lui les louanges d’une cour d’adeptes, ils est content. Vous me direz : et ses excentricités pour les Te Deum? C’est la même chose : donner dans l’innovation pour se faire aduler!

  14. Pierre de Vacquerie

    @Philippe Coeurderoy. Ce que pense Mgr Léonard de ce choix? Je me demande s’il peut encore penser. Il a eu le tort, en arrivant à Malines, de ne pas faire comme il a fait à Namur : renouveler le Conseil épiscopal. Il a reconduit tous les membres de ce conseil. Même chose pour l’administration. Il est donc pieds et poings liés pour le gouvernement de son diocèse.

    Il en est de même pour la Conférence épiscopale. Il est bien sûr peu suivi par les évêques et ceux-ci ont décidé que désormais, les évêques ne s’exprmieraient plus individuellement, mais que la Conférence elle-même publierait des communiqués collectifs. Ajoutons à cela la campagne médiatique pour le faire taire…. et nous comprenons la situation actuelle.

    Ceux qui avaient quelque espoir lors de la nomination de Mgr Léonard à Malines n’ont plus droit qu’à un seul sentiment : une immense déception. Le renouvellement de l’épiscopat n’a pas eu lieu : on a nommé des « vieux de la vieille » en fin de carrière à Namur et à Bruges, des Danneels boys comme auxiliaires… Et celui qui aurait pu parler n’a plus qu’un droit : se taire.

    Oh qu’il est beau, le printemps de l’Eglise de Belgique, la nouvelle Pentecôte annoncée par le Cardinal Suenens! L’Eglise de Belgique est à l’image du pays : en déglingue…

  15. Diable Vert

    L’abbé Lobet, selon mes sources, est un carriériste aveuglé.

    Il ne sera JAMAIS en opposition avec sa hiérarchie.

    Si un homme comme lui s’intéressant à OV cautionne les aberrations de son diocèse, il est déconcertant.

    Surtout, qu’il ne se dédouane pas !!!! Sous prétexte qu’il s’intéresse à l’Église et trouve sa place dans son Église.

    Toutefois, s’il pense que c’est son jeu, libre à lui, s’il ne s’enjambe pas dans les décombres, pourquoi pas ?

  16. Benoît Lobet

    Cher Monsieur de Vacquerie,

    dire que, par exemple, Mgr De Kesel, à 64 ans, est « un vieux de la vieille en fin de carrière », par exemple, ne me paraît pas être le fruit d’un jugement marqué au sceau de l’objectivité.

    Dire que les choix romains en matière d’épiscopat belge vous déconcertent ou vous déplaisent, serait probablement plus conforme à la vérité.

    Pour les critiques, vous vous trompez d’étage!

  17. Abbé du Diocèse de Namur

    Nous assistons à une véritable catastrophe dans le Diocèse de Namur avec un évêque auxiliaire qui ferait mieux de démissionner…Son « chantier paroissial » est un appel à remplacer les prêtres par des laics! Heureusement le clergé est lent à le suivre,car beaucoup de vieux prêtres ne veulent plus changer à leurs âges… Mais ouvrons les yeux!

  18. Abbé du diocèse de Namur

    Mais vous savez…pas mal de prêtres feront ce que bon leur semble..comme d’habitude! Et l’évêque auxiliaire sera « peiné » de ne pas voir son « bébé » grandir…

  19. Benoît Lobet

    Diable Vert,

    on ne fait pas carrière dans l’Eglise!
    J’aime l’Eglise, et c’est pourquoi je lis OV, c’est pourquoi j’essaie, à ma place – une place qui m’a été confiée, je n’ai jamais cherché à remplir les diverses fonctions que j’ai eues depuis mon ordination – j’essaie, dis-je, de faire avancer l’Eglise. J’ai de l’estime pour certaines personnes que vous décriez ici, de façon partiale et peu informée souvent, et quelquefois même avec une méchanceté qui n’a d’égale que la bêtise. Quand je connais ces personnes, ce qui est le cas de l’abbé Jadot, de Mgr De Kesel, de Mgr Léonard, de Mgr Vancottem, de Mgr Warin, etc., vous pouvez, j’imagine, comprendre que je veuille les défendre contre cette méchanceté et cette bêtise.
    Oui, l’Eglise de Belgique, comme partout ailleurs en Europe du Nord, est en crise.
    Non, les solutions que vous préconisez ne sont pas les bonnes : la restauration d’un passé dont on voit aujourd’hui la faillite ne conduirait qu’à creuser encore celle-ci, et du reste, cette restauration est impossible.

  20. Abbé du diocèse de Namur

    Comme c’est amusant cher abbé Lobet…Savez vous que les séminaires traditionnels ont pleins de vocation? Quand les notres sont vides? Savez vous aussi que même le Saint Père a compris en libéralisant la messe Tridentine que désormais il faudra compter avec les prêtres du « rite extraordinaire » dans une dizaine d’années vu que les ordinations du « rite ordinaire » sont si peu nombreuses…Et ne revons pas d’une Eglise composée de Laics qui vont prendre la place des clercs,comme le souhaite certains évêques en mal d’espèrance..Non ce n’est pas du tout la perspective du Vatican…ne révons pas! Arretez de pratiquer « l’angélisme » en parlant de certains confrères en mal de modernité…ou de vaine gloire personnelle comme un certain vicaire épiscopal…

  21. Benoît Lobet

    Cher « abbé du diocèse de Namur », je crois que le Motu Proprio a permis à une sensibilité plus traditionnelle de s’exprimer, et je m’en réjouis, mais je doute fort que cela aille au-delà, et par exemple vers une remise en cause pastorale de la participation des laïcs à la vie de l’Eglise, telle que souhaitée par le Concile Vatican II, ou vers une remise en cause d’autres orientations fondamentales de la vie ecclésiale du même Concile. D’abord parce que le Saint Père ne le peut pas, et surtout parce qu’il ne le veut pas (n’oubliez pas qu’il était lui-même expert à ce Concile) : voir les gestes oecuméniques et de dialogue interreligieux qui sont et seront les siens, par exemple.
    Les séminaires « traditionnels » sont peut-être remplis, mais de séminaristes qui viennent d’un peu partout : la comparaison est donc bancale. Et je doute fort que, dans nos diocèses, un retour sans plus à des convictions et des pratiques pré-conciliaires soit envisageable ou souhaitable. La très grande majorité des chrétiens ne comprendrait rien à cela, et, à juste titre, les évêques ne l’envisagent même pas une seconde – en ce compris Mgr Léonard!

  22. chribu

    @Abbé du diocèse de Namur

    Le chantier paroissial est un leurre,… pour avoir participé aux différentes réunions d’informations organisées par le bras droit de l’évêque auxiliaire de l’époque (et parti depuis….)je peux réellement me demander ce qui a motivé cette mise en place… je n’ai senti à aucun moment un désir d’oeuvrer pour Dieu mais bien d’établir, dans des structures humaines, des personnes en vue de faire fonctionner une machine, rien de plus….
    Seulement voilà, j’ai vu peu de prêtres vraiment enthousiastes, mais plutôt fatalistes… et ces « forces vives » sur lesquelles l’évêque auxiliaire espérait puiser, ces laïcs engagés qu’il comptait trouver dans chaque paroisse s’essouffle à vue d’œil.
    Oui, la situation est lamentable…et rien de bon à l’horizon…

  23. Diable Vert

    Monsieur l’Abbé Lobet,

    Vous dites que je suis méchant et bête. Vous ne pouviez pas mieux trouver !!!!!

    Je suis comme une bête blessée, à chair vive, entendant sonner l’hallali. Dans cette situation, on n’est pas méchant, certainement pas ! Mais on souffre de manière cruelle. Je suis déçu que vous n’ayez pas décrypté ce message. Et si je souffre, c’est parce que j’aime. J’aime qui ? l’Église. Sinon, je ne serais pas à l’écran mais tout entier à mes passions.

    Vous dites ne rien espérer de la restauration ? Et bien moi je n’espère rien de votre printemps.

    Désolé, les fruits en sont trop amères. Je ne dis pas qu’il n’y a qu’à célébrer la forme extraordinaire pour que ce soit magique. Non ! Mais qu’on l’a célèbre et qu’on enseigne le vrai catéchisme et qu’on donne les bons cours de religion dans les écoles.

    Que la liturgie soit théocentrique et non anthropocentrique. Que la nécessité de la confession sacramentelle soit dite, redite … Que la notion de Bien et de Mal (péché/état de grâce) soit réaffirmée. Que le Salut (Paradis/enfer)soit, à nouveau, enseigné.

    Permettez-moi de citer ce qu’un saint prêtre me disait, de manière imagée, il y a une vingtaine d’années « On a changé l’hameçon, comment s’étonner de ne plus rien prendre ». D’où des séminaires vides. Quel jeune de 18 ans va renoncer au mariage, à des enfants pour les carabistouilles qu’on nous raconte. Il reste ça et là une âme généreuse genre Médiatrice et Reine ou Amis de Lourdes qui fait le pas, mais dans quel contexte.

    Pour ce qui est du carriérisme à l’intérieur de l’Église, excusez-moi, pas de fausse humilité s’il-vous-plaît !

    Pour revenir quelques lignes plus haut, si je souffre, je suis sourd à l’hallali. Il ne faudrait pas s’y méprendre.

    Permettez-moi de vous dire mon amitié surnaturelle.

  24. Benoît Lobet

    Cher « Diable Vert »,

    je peux comprendre votre souffrance et, jusqu’à un certain point, je la partage. Là où nous divergeons, c’est en effet sur les causes du recul institutionnel de l’Eglise catholique en Belgique, et donc aussi sur les remèdes à apporter. Imputer ce recul au seul Concile Vatican II et à des mises en oeuvre en effet souvent malheureuses ne me semble pas suffisant : c’est un état de société qui a changé, c’est un consumérisme effrayant qui s’est emparé de notre pays comme de certains autres. Le vernis catholique ne faisait que recouvrir la société belge, on constate qu’il ne l’avait pas imprégnée.
    Je crois sincèrement que beaucoup de prêtres ont conscience de cela et oeuvrent pour que la foi catholique soit vraiment présente dans la société belge durant les décennies à venir. Elle y sera sur un mode probablement plus modeste qu’autrefois, mais je constate tous les jours que beaucoup de chrétiens veulent des communautés vivantes, chaleureuses, de belles liturgies, que beaucoup se dévouent pour les pauvres, que beaucoup veulent transmettre la foi à leurs enfants, à leurs petits-enfants. Je trouve donc que les critiques souvent formulées sur ce blog à l’encontre des évêques de Belgique (et j’en connais en effet quelques-uns très bien) sont injustes, qu’elle contribuent à faire souffrir davantage l’Eglise, une Eglise qu’en effet nous aimons vous et moi.
    D’où mes réactions : je protesterai ici chaque fois que je trouverai qu’une analyse est partiale, insuffisamment fondée ou, pire, qu’un propos est injurieux : ce n’est pas ainsi que l’on (ré)agit dans l’Eglise, jamais.
    Bien cordialement!

  25. Diable Vert

    Monsieur l’abbé,

    Permettez-moi de désosser votre message.

    je vous cite « La très grande majorité des chrétiens ne comprendrait rien à cela, et, à juste titre … » Je ne crois pas qu’on se soit posé cette question lors de l’agiornamento, si ?

    Quand on constate que les séminaires ecclesia Dei engrangent, on se retrouve toujours face à cet argument qui est le vôtre « Les séminaires « traditionnels » sont peut-être remplis, mais de séminaristes qui viennent d’un peu partout : la comparaison est donc bancale », tout comme quand on constate la désertion de nos églises on nous réponds chaque fois « mais il faut voir en Afrique ». A tout prendre, je préfère un séminaire avec une macédoine de jeunes qu’un séminaire vide.

    « ….une remise en cause pastorale de la participation des laïcs à la vie de l’Eglise », vous voulez rire ma parole, ce n’est pas possible. Il n’y a jamais eu autant de laïcs engagés qu’avant Vatican II et il n’y en a jamais eu aussi peu qu’après ce Concile. Vous devez exercer votre ministère dans une région encore privilégiée penser cela.

     » …telle que souhaitée par le Concile Vatican II …. » Le dernier Concile ne représente pas à lui seul la Tradition de l’Église et n’était que pastoral. Quand vous écrivez, en parlant du St Père, « …D’abord parce que le Saint Père ne le peut pas … », je ne sais pas où vous avez trouvé le fondement d’une affirmation pareille.

    Vous désirez manifestement macérer dans le jus.

  26. Philippe Coeurderoy

    Diable vert,

    Autant votre message à l’abbé Lobet est pathétique, autant je partage vos analyses.

    @abbé du diocèse de Namur.
    Comment encore croire à tous ces projets qui s’articulent autour cinq modules répartis sur trois ans, dont l’évaluation se fera par groupe de six au cours de quatre soirées de rencontres afin que chacun puisse s’exprimer, et envisager ensemble d’autres pistes de réflexion.
    Blabla au glouglou.

    Pierre de Vacquerie,

    Vous semblez bien informé. La disparition de l’abbé Debeuquelare, gentlemen omniprésent sur la scène épiscopale belge, demeure pour moi une ombre. Il était pourtant bien séducteur.

  27. Benoît Lobet

    Cher « Diable Vert »,

    comme je l’ai déjà écrit ici tellement de fois : seul un Concile Oecuménique peut revenir sur les textes d’un précédent Concile Oecuménique. Le pape peut infléchir dans un sens ou un autre l’herméneutique d’un Concile, mais pas revenir sur ses textes eux-mêmes.
    Ceci est un point de doctrine…
    Et donc, les textes (Constitutions, Décrets, Déclarations) du Concile Vatican II, chacun selon son mode (une Constitution est plus contraignante qu’un Décret, lui-même plus contraignant qu’une Déclaration) ont force de loi dans l’Eglise tant qu’un autre Concile Oecuménique, convoqué par un pape, n’en aura pas décidé autrement!

  28. Pierre de Vacquerie

    La « chantier paroissial » est un plan qui succède à d’autres et aura le même sort : il passera à la trappe. Il est intrinsèquement mauvais parce que concocté par un prêtre intrinsèquement mauvais, probablement l’être le plus nuisible à l’esprit catholique de l’Eglise en Belgique, même si on ne parle que très peu de lui. J’ai cité le Vicaire général Borras de Liège. Je me demande même parfois si cet être croit encore en Dieu. Il a le complexe des gens de petite taille : l’arrogance, l’orgueil et la prétetntion, et croit que son pélagianisme (mais Pélage, lui, croyait en Dieu), va sauver la situation. Mgr Warin n’est pas méchant, mais moins malin que les autres. Et il boit naïvement ce que pond son confrère, et y croit sans exercer son esprit critique. Je ne lui jette pas la pierre, je m’irrite contre l’être malsain dont viennent tous ces plans.

  29. Sapignière

    Il est temps de dénoncer haut et fort ce qui se passe dans les diocèses! Et cette nomination est vraiment un retour en arrière…Oui oui en Mai 68…

  30. Sapignière

    De toute façon,un groupe de Laics catholiques,garde le Vatican au courant de ce qui se passe à Namur,via un ami Monsignor qui travaille à la congrégation pour les évêques…Il exyste des moyens sur pour que le Souverain Pontife soit informé de ce qui se passe à Namur!Des changements se feront bientôt sentir….

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