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La rencontre du pape François et du patriarche orthodoxe Tawadros II appréciée par les catholiques égyptiens

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C’est ce qui ressort d’une dépêche de l’Agence Fides d’aujourd’hui.

« La rencontre entre le pape François et le patriarche Tawadros II a été cause de joie, surtout chez les personnes les plus simples. Maintenant, le souhait est que le chemin vers l’unité puisse progresser au travers de pas concrets et importants ». C’est ce qu’indique à l’Agence Fides S.B. Ibrahim Isaac Sidrak, patriarche d’Alexandrie des coptes catholiques, évoquant les espérances ayant surgi au sein de la communauté catholique égyptienne à la suite de la récente rencontre intervenue entre l’évêque de Rome et le patriarche copte orthodoxe. Selon le patriarche copte catholique, « le fait même de résider dans la même Domus Sanctæ Marthæ a permis à S.S. François et à Tawadros II de se retrouver, non seulement à l’occasion de la rencontre officielle mais également de partager d’autres moments de rencontre et de prière. Un contexte familier similaire permet de faire affleurer beaucoup de choses ». Jeudi 9 mai, au moment de son arrivée à la Domus Sanctæ Marthæ, le patriarche Tawadros II a été accueilli sur le seuil de celle-ci par le pape François en personne.
Dans son discours au patriarche copte orthodoxe, le successeur de Pierre a rappelé la joie « de nous reconnaître unis dans l’unique Baptême, dont notre commune prière est une expression spéciale qui aspire au jour où, le désir du Seigneur s’accomplissant, nous pourrons communier à l’unique calice ». Selon le patriarche copte catholique, « pour parvenir à la pleine communion, le chemin est long et il faudra peut-être du temps. Mais il serait déjà très important de reconnaître sur le plan concret que nous et nos frères coptes orthodoxes partageons le même baptême ». Dans l’Église copte orthodoxe prévaut en effet encore la pratique de rebaptiser les nouveaux membres provenant de l’Église catholique. Le patriarche Tawadros pourrait, selon différentes sources, inscrire la question à l’ordre du jour d’un futur synode. La pratique des chrétiens « rebaptisés » crée des malentendus et des scandales, contredisant les rappels à un témoignage partagé de l’Évangile.
Le patriarche copte catholique apprécie le fait que, dans les discours officiels du pape et du patriarche copte orthodoxe n’ait été fait aucune référence directe à la phase compliquée de la vie politique et sociale égyptienne. « Il s’est agi d’une rencontre ecclésiale. La référence faite par le pape François à “l’œcuménisme de la souffrance” a été très belle et très spirituelle. Mais toute interprétation selon une clef seulement politique finirait par réduire la portée même de ces paroles. Nous, chrétiens, devons être unis pour servir les autres. Notre unité ne peut jamais être réduite à une alliance politique contre un ennemi commun ».

Le pape François a reçu de Tawadros II un médaillon pectoral à l'effigie de la Bienheureuse Vierge Marie qu'il s'est empressé de passer…

Le pape François a reçu de Tawadros II un médaillon pectoral à l’effigie de la Bienheureuse Vierge Marie qu’il s’est empressé de passer…

3 comments

  1. Jean Ferrand

    Il serait intéressant de savoir exactement pourquoi l’Eglise copte, dans la pratique ordinaire, ne reconnaît pas la validité du baptême catholique. J’avoue l’ignorer. Parce qu’il est pratiquée par infusion et non par immersion totale ? Peut-être. Ou bien y a-t-il d’autres raisons théologiques ?

    Il faut se souvenir que saint Cyprien, évêque de Carthage, ne reconnaissait pas la valeur du baptême conféré hors de l’Eglise catholique, même s’il était trinitaire. Car, disait-il, hors de l’unique Eglise catholique du Christ, il ne peut y avoir ni le Saint-Esprit, ni ses dons, ni donc les sacrements.

    Est-ce un raisonnement semblable tenu par les prêtres coptes car, selon eux, en dehors de l’Eglise copte, on ne serait plus dans la véritable et unique Eglise du Christ ? Je pose la question.

    Il semble que le pape Théodore II ne tiendrait pas cette position. Selon lui, il s’agirait sans doute d’une attitude prudentielle et exagérément restrictive, sur laquelle on pourrait revenir. Je le souhaite.

    Mais on touche là du doigt la difficulté du dialogue oecuménique, après des siècles de séparation.

  2. Jean Ferrand

    Ce qu’en pense un évêque copte-catholique :

    Vous attendez-vous ici à ce que les choses évoluent ?

    Oui. Le Pape Tawadros lui-même l’a dit. Le Pape Chenouda avait exigé un rebaptême parce que selon lui, l’unité dans la foi était une condition indispensable pour la reconnaissance du baptême catholique. Il se référait ici à l’épître aux Éphésiens, où il est question d’un seul Seigneur, d’une seule foi, d’un seul baptême. La difficulté proviendra du fait que le synode copte est toujours composé de nombreux partisans de Chenouda. Mais il y a aussi des évêques qui ne suivaient que par pure obéissance et non par conviction la ligne de Chenouda en ce qui a trait au rebaptême. Je ne peux donc pas pronostiquer s’il y aura un changement de la ligne de conduite. Mais j’ai le sentiment que la cordialité du Pape et l’ouverture d’esprit des représentants de la Curie ont positivement impressionné Tawadros et ses compagnons, dont aussi des élèves de Chenouda.

    Il résume bien ce que je voulais dire, et d’une manière autorisée, qui n’était pas la mienne.

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