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Le cardinal Marc Ouellet, papable de l’extrême centre

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Le vrai danger du conclave 2013 ? Qu’il en sorte une Église romaine en eau tiède…

Le cardinal Marc Ouellet, Québécois, 69 ans, polyglotte, né sur le terreau d’une famille catholique nombreuse, défenseur courageux de la vie, est un homme humainement très sympathique. Différemment sympathique de l’autre papable, tout aussi ratzinguérien que lui, qu’il talonne dans les pronostics qu’établissent entre eux les vaticanistes, Angelo Scola, archevêque de Milan. Membre de la Compagnie de Saint-Sulpice, Marc Ouellet a l’aimable caractère policé des fils de Monsieur Ollier.

Certains journalistes jouent entre eux à prédire un conclave tout à fait paradoxal, un conclave exceptionnel, un conclave encore jamais vu. Ce pourrait être selon eux un conclave « tout Ratzinger », faisant suite à une fin du pontificat ratzinguérien, elle-même exceptionnelle, ou le pape qui disparaît est encore vivant et laisse planer son ombre sur la désignation de son successeur. En effet, Benoît XVI ayant démissionné de sa charge de Successeur de Pierre, du (pratiquement) jamais vu, sa présence morale pourrait rester plus puissante peut-être que sa présence physique. Du coup, il ne serait pas totalement impossible, disent ces étranges augures, que deux ratzinguériens ultra-fidèles se partagent les voix des électeurs vêtus de la pourpre romaine : Scola l’Italien, et Ouellet le Canadien. Lesquels électeurs auraient alors à choisir, si ce cas bizarre se présentait vraiment, c’est-à-dire si après les premiers votes ces deux hommes restaient seuls en lice, entre la continuité et… la continuité.

Oui mais… Mais ce serait entre la continuité (plus) musclée, avec Scola, et la continuité douce avec Ouellet. On assisterait alors dans la Sixtine à une partie d’échecs entre, non pas les blancs contre les noirs, ni même les blancs contre les gris, mais les plus blancs contre les simplement blancs.

Avec bien sûr, en fonction du résultat, une assez notable différence à terme : si les seconds  l’emportaient, l’Église entrerait plus sûrement avec son pape sortant dans un état de catholicisme en maison de retraite.

Ceux qui font cette curieuse hypothèse estiment que tous les mécontents du règne de Benoît XVI, les libéraux, les sodaniens (le cardinal Sodano l’a déjà fait savoir), les filoniens (cardinal Filoni), les ravasiens (cardinal Ravasi), et tous les autres “changementistes”, n’ayant pas de candidat de gauche (en fait pas de candidat centre gauche) qui puisse faire vraiment le poids, c’est-à-dire qui puisse atteindre les 40 voix dans les premiers scrutins, préfèreraient voter contre une continuité (un peu) vigoureuse, en votant pour une continuité souple.

A cet égard, Marc Ouellet serait l’homme de la situation, le moindre mal pour eux. Après les grandes peurs (très fantasmées) qu’a causées à ses débuts le pontificat de Benoît XVI, on aurait un pape qui ne ferait peur à personne. Ni au début du pontificat, encore moins au milieu, et à la fin vraiment plus du tout. La Vie le décrit, à juste titre, comme calme, humble. Et aussi comme tenant des discours intransigeants contre la sécularisation, ce qui est une image nécessaire pour le conclave de 2013. Intransigeant, mais avec des tempéraments qui pourraient rassurer une partie des électeurs de la Sixtine.

D’abord, Marc Ouellet, s’il est un théologien « de continuité » et non « de rupture », est tout le contraire d’un thomiste : c’est un disciple enthousiaste de Hans Urs Von Balthasar qui fut une sorte de théologien poète très prisé par la revue de centre-droit Communio, un théologien dont certains thomistes disent plaisamment : « Il était peut-être chrétien, mais sûrement pas catholique ».

Ensuite, Marc Ouellet sait pratiquer de petites ouvertures. Sur les divorcés remariés, point sensible entre tous chez les ecclésiastiques libéraux, un peu, pas trop, mais libéraux quand même : « Les personnes peuvent retrouver l’état de grâce devant Dieu, dit le cardinal Ouellet, même dans le cas d’une limite objective d’un mariage qui fut un échec, lorsque se noue une nouvelle union qui est peut-être la bonne mais pour laquelle il n’est pas possible d’établir que le premier mariage est nul ». Diantre ! On pourrait retrouver l’état de grâce en menant une vie commune hors mariage… Ce fils de M. Ollier a de sérieux trous dans sa théologie morale.

Et puis, si Marc Ouellet a tenté un redressement lors de son épiscopat à Québec, son diocèse est resté ce que sont tous les diocèses canadiens : le catholicisme de plus en plus minoritaire y est miné par le mépris général et auto-désintégré par un progressisme aussi virulent qu’il y a vingt ans (et aussi ridicule : les prêtres clowns, pour donner l’exemple qui frappe).

Enfin et surtout, il y a les nominations épiscopales du cardinal Ouellet, du genre « surtout pas de bruit, surtout pas de vagues », dont la France notamment bénéficie avec stupeur pour les uns, soulagement pour les autres, depuis l’accession de ce ratzinguérien pur jus à la tête de la Congrégation des Évêques, en 2010.

Ainsi, paradoxe réellement douloureux, un des plus sympathiques membres du Sacré Collège, un homme de piété et de charité, qui a pris des positions courageuses contre l’ignorance religieuse qui désintègre le catholicisme canadien qui fut un des plus florissants du monde, un homme d’Église qui s’est élevé avec vigueur contre les politiques de mort, pourrait devenir le candidat refuge des partisans du centre mou et de la gauche plate.

Ces journalistes de science fiction jouent peut-être à se faire peur. Mais il y a vraiment de quoi avoir peur : car en dehors de toutes les suppositions baroques, le vrai danger du conclave de 2013, c’est qu’il en sorte une Église romaine en eau tiède.

 

14 comments

  1. eljojo

    Il y a dans ce texte un certain nombre d’inconsistances notoires.

    Tout d’abord une alternative Scola/Ouellet n’a rien d’évident, puisqu’ils sont tous deux des hommes de la Curie et que justement dans le contexte actuel les cardinaux pourraient, comme en 1978 choisir quelqu’un d’extérieur à ces querelles de chapelle.

    Ensuite il est tout simplement calomnieux et diffamant de faire porter le chapeau de la déchristianisation à Mgr Ouellet, pour ce que c’est un phénomène global auquel n’échappe à peu près aucun diocèse occidental.

    Par ailleurs il est assez spécieux de douter de la catholicité de Hans Urs Von Balthasar qui fut créé cardinal par Jean-Paul II. Plus encore, Joseph Ratzinger fut un des fondateurs de Communio, qui a été largement soutenue par le mouvement Comunion et Libération dont est issu le cardinal Scola qui d’ailleurs coordonne la revue à l’échelle mondiale.

    On peut ajouter qu’il est carrément stupide de parler de « gauche » ou de « droite » dans l’Eglise.

    Enfin, de manière plus profonde, on pourrait s’interroger sur le profil du meilleur candidat à l’épiscopat, à Rome ou ailleurs, et, très clairement, ce n’est pas une ligne « dure » qui est nécessaire, pour ce que les gens ont besoin d’être aimés inconditionnellement avant d’être jugés, même si cet amour nécessite un discours de vérité. C’est d’ailleurs là le paradoxe Ratzinger : cet homme, considéré comme un rigoriste fut en fait un prodige de douceur et de délicatesse.

    Alors de grâce, cessez cette désinformation délétère.

    • lOUISE GAUTHIER

      Au cours de cette semaine, n’ai cesse de lire des Choses disgracieuses. Le Quebec ne semble plus avoir de respect pour le CHRIST lui-meme et ses enseignements. Les gens qui tentent de discrditer dans son ENSEMBLE l’Eglise sont ceux, en general, qui aimeraient que le Pape se leve et dise…..ca va, le mariage hors de l’Eglise, ca va. L’homosexualite, ca va, le Christ etait en accord avec tous ces manquements aux lois ?

      Les gens de bonne foi, savent que presentement, on tente de discrediter l’Eglise Catholique du Quebec y compris Mgr. Ouellet. On acuse presentement, a la veille du Conclave, le Quebec entier de n’etre plus CHRETIEN.
      Les CHRETIENS devraient tous prendre la parole pour montrer au monde entier que c’est pas la verite. Oui, il y en a qui militent, sans succes pour une Eglise plus molasse. Mais ils n’y reussiront pas. Ils ne veulent pas de Mgr. Ouellet cet homme si bon et cultive ? Eh bien….l’esprit saint pourrait bien leur donner un pape a leur mesure….et ils et nous le regretterons tous. Il ya de grands changements qui s’annoncent a l’horizon. Plus que jamais, soyons vigileants. Et je prie pour Mgr. Oeulletl

  2. Abbé FdL

    Pour une fois, je laisse un commentaire pour dire que je n’aime pas beaucoup cet article. D’abord, il parle de l’Eglise en termes politiques (droite-gauche etc.). Il oublie ensuite que l’élection du pape ne résulte pas d’un choix simplement humain, ni d’un rapport de force : il vient d’abord du Saint-Esprit qui assiste la Sainte Eglise. Enfin, il ne me semble pas opportun de critiquer tel ou tel cardinal. A supposer que ce soit lui que Dieu nous donnera pour pape, comment ferez-vous pour le faire respecter et aimer après avoir publié qu’il était mou et tiède ? Il me semble que, pendant la vacance du Siège apostolique, le silence et la réserve s’imposent non seulement aux cardinaux, mais aussi aux fidèles : c’est le moment de laisser de côté les vues (trop ?) humaines, pour entrer dans la prière. Qui que soit le futur pape, qu’il soit béni, lui qui vient au nom du Seigneur.

  3. rocheteau

    heureusement l’Esprit Saint qui ne manquera jamais à l’Eglise aura le dernier mot : prions pour notre Eglise ! que par Marie notre Dieu triomphe

  4. Virginie Delcourt

    Certains commentaires laissent rêveurs. Il ne faudrait pas émettre d’appréciation au sujet ds cardinaux mais bêler gentiment… Dieu n’a-t-il pas dit qu’il vomissait les tièdes? Il est encore permis d’appeler un chat un chat. Cela n’a rien à voir avec de l’irrévérence:on peut respecter la fonction tout en pensant qu’elle est assumée par un médiocre. Allons, ce ne serait pas un scoop dans l’histoire de l’Eglise… Bien sûr, le pape est « qui venit in nomine Domini » mais çe n’empêche que certains ont été de vraies calamités et il n’est pas interdit (au contraire) de prier et d’agir pour éviter qu’un tel scenario se produise cette fois-ci.

    • rocheteau

      on verra bien qui sera désigné, faisons confiance à l’Esprit de Jésus pour ça.
      heureusement que seuls les cardinaux sont électeurs et qu’on ne fait pas appel à tout le monde, ni à tous ceux qui font leurs commentaires sur les prétendus éligibles… on a déjà eu bien des surprises (je pense à l’élection de Jean Paul II)
      et pour répondre à Virginie, cela fait quand même depuis plus d’un siècle, – depuis Léon XIII -, que nous avons des papes exceptionnels, chacun dans son genre.
      intensifions notre prière et faisons confiance

  5. brennou

    L’assistance du Saint-Esprit ne manquera jamais…, certes ! Encore faut-il qu’elle soit reçue ! C’est dans cette intention qu’il faut prier, sans pour autant se cacher la tête dans le sable.
    La douceur n’est pas la première qualité à demander pour un Pape ou un guide quelconque. Il doit confirmer ses frères dans la Foi et je ne sache pas qu’Urs Von Balthasar soit le mieux placé pour cela ! ! !

  6. Frankie

    C’est le conclave de tous les dangers ! Un pape avec tendances libérales disloquerait l’Eglise dont certains dogmes sont depuis Jean XXIII mis à mal ! Je viens de terminer la lecture d’un livre de Michael O’Brien « Père Elijah – une apocalypse ». Singulier de voir que ce roman aborde toutes les problématiques que nous connaissons aujourd’hui.
    Prions le Saint-Esprit pour qu’il nous donne un pape qui sache conserver la Tradition.

  7. Frankie

    Je vous recommande également, en cette période de pré-conclave, la lecture du livre Iota Unum de Romano Amerio. Une analyse de ce que le Concile, fort mal compris et interprété par certains clercs libéraux, a produit comme dégâts dans l’Eglise Catholique.

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