Blase Cupich

Le choix troublant du pape François pour le diocèse de Chicago

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Le vaticaniste du quotidien La Repubblica, Sandro Magister, a publié ce matin sur son blogue Chiesa, une analyse intéressante sur la nomination, qui en a surpris plus d’un, de Mgr Blase J. Cupich (prononcez soupitche), évêque de Spokane (État de Washington) au siège archiépiscopal de Chicago, par le pape François le 20 septembre dernier. J’en reproduis l’essentiel avec, entre crochets, quelques commentaires ou liens. Sur l’élévation à la pourpre cardinalice du nouvel archevêque de Chicago, je serai plus réservé que Sandro Magister. D’abord, parce qu’un prochain consistoire n’est pas annoncé. Ensuite, parce que s’il survenait au printemps prochain, logiquement seul Philadelphie, c’est-à-dire Mgr Charles Chaput, serait susceptible de le recevoir puisque l’archevêque émérite, le cardinal Justin Rigali, demeure électeur, pour un éventuel futur conclave, jusqu’au 19 avril 2015. Ce n’est qu’après cette date que l’archevêque Chaput pourrait être créé cardinal, une possibilité renforcée par le fait que c’est Philadelphie qui sera l’hôte, du 22 au 27 septembre prochain, de la VIIIe Rencontre mondiale des familles. À Los Angeles, le cardinal Roger Mahony demeure électeur jusqu’au 27 février 2016 : difficile de créer cardinal l’archevêque Gomez avant cette date, sauf à admettre qu’on puisse avoir deux cardinaux électeurs pour un même siège diocésain – ce n’est pas impossible, mais rarissime. Quant à l’archevêque Cupich, et pour la même raison, il ne pourrait, théoriquement, être créé cardinal qu’après le 17 janvier 2017, date à laquelle le cardinal George il ne sera plus électeur – mais l’état de santé du cardinal est précaire, il y peut être rappelé à la maison du Père avant cette date. Tout cela, bien sûr, ce ne sont que des théories… Avec le pape François, on peut toujours s’attendre à de l’inattendu…

Alors qu’il était encore sous le choc causé par la nouvelle de l’éviction imminente du cardinal Raymond L. Burke, le catholicisme américain le plus conservateur et le plus traditionaliste – et historiquement le plus “papiste” – a reçu un nouveau coup de massue en apprenant la nomination du nouvel archevêque de Chicago.

La décision prise par François – choisir Blase J. Cupich comme nouveau pasteur du troisième diocèse le plus important des États-Unis – a jeté cette composante particulièrement dynamique du catholicisme américain dans une profonde dépression, presque au bord de la crise de nerfs. Il suffit de prendre connaissance des réactions des sites web et des blogueurs de cette catégorie de population pour constater à quel point elle est embarrassée et désappointée par cette nomination. Au contraire, la partie la plus progressiste du catholicisme américain – elle est historiquement hypercritique à l’égard des derniers pontificats – a célébré avec enthousiasme l’arrivée de Cupich, défini par la presse laïque comme un moderate, qualificatif fréquemment employé aux États-Unis pour désigner un liberal qui, sans être radicalisé, reste néanmoins un liberal.

Le prédécesseur de Cupich, le cardinal Francis E. George, a écrit, il n’y a pas très longtemps [novembre 2012, voir ici], dans [son éditorial] de l’hebdomadaire du diocèse : « Je mourrai dans mon lit, mon successeur mourra en prison et son successeur à lui mourra martyrisé sur la place publique. Mais, après celui-là, un autre évêque recueillera les restes d’une société en ruines et il aidera lentement à reconstruire la civilisation, comme l’Église l’a fait à de nombreuses reprises au cours de l’Histoire  ».

George s’est toujours montré très critique à l’égard de la dérive laïciste dans le domaine législatif qui s’est manifestée au cours de la présidence de Barack Obama, qu’il connaît bien depuis l’époque où celui-ci était sénateur de l’Illinois. Mais on a du mal à croire que sa prophétie puisse se réaliser, tout au moins en ce qui concerne son successeur immédiat. Pour le comprendre, il suffit d’examiner, même de manière sommaire, le parcours ecclésiastique du nouvel archevêque de Chicago.

Cupich, aujourd’hui âgé de 65 ans, n’est pas originaire de Chicago, comme George, mais d’Omaha, une ville qui est située dans l’état périphérique et rural qu’est le Nebraska. Le premier diocèse dont il ait été l’évêque est celui de Rapid City, où il succédait au conservateur Charles J. Chaput. Et c’est dans ce petit diocèse du Dakota du Sud qu’il s’est fait remarquer, en 2002, en interdisant à une communauté catholique traditionaliste de célébrer le triduum pascal selon l’ancien rite romain, dont Benoît XVI allait ultérieurement libéraliser l’usage, en 2007, par son motu proprio Summorum pontificum. Les catholiques conservateurs se souviennent également que, pendant le conflit qui a opposé les évêques des États-Unis à la Maison Blanche à propos de la réforme du système de santé, Cupich a été l’un des très rares prélats, moins d’une dizaine, qui n’ont pas dit un seul mot pour marquer leur opposition, alors même que la critique de l’Obamacare était non pas le point de vue de quelques évêques “extrémistes”, ou “cultural warriors”, comme on l’entend dire de manière péjorative, mais la position officielle de l’épiscopat.

Devenu évêque de Spokane en 2010, Cupich a interdit aux prêtres et diacres de son diocèse, l’année suivante, de prendre part à la récitation de prières devant les cliniques où des avortements sont pratiqués [notamment lors des campagnes des 40 Days for Life, voir ici]. Une interdiction nettement à contre tendance par rapport au “mainstream” de l’Église aux États-Unis. En effet la récitation du chapelet devant ces cliniques est pratiquée dans presque tous les diocèses américains. Et plusieurs dizaines d’évêques y participent, y compris, par exemple, le cardinal archevêque de Washington, Donald Wuerl, qui est pourtant moderate, et l’actuel président de la conférence des évêques, Joseph Kurtz, archevêque de Louisville. La voix de Cupich – les catholiques conservateurs le font remarquer avec consternation mais les progressistes avec satisfaction – se fait toujours entendre clairement lorsqu’il est question d’immigration ou de peine de mort, mais il est frappé d’aphonie à chaque fois que l’on discute d’avortement, d’euthanasie et de liberté religieuse, ou que l’on critique l’administration Obama en ce qui concerne la réforme du système de santé.

Un fait qui est significatif à cet égard est la décision qu’avait prise Cupich de doubler l’importance du service “Respect Life” dans le diocèse de Spokane, de manière à donner à la lutte contre la peine de mort autant de poids qu’à la lutte contre l’avortement.

L’arrivée de Cupich à Chicago donne donc l’impression que l’on va revenir à l’époque du prédécesseur de George, le cardinal Joseph Bernardin. Celui-ci était un fervent défenseur du catholicisme liberal aux États-Unis et c’est lui qui pourvut d’une éléphantesque machine bureaucratique la conférence des évêques américains dont il fut président entre 1974 et 1977 et “dominus” jusqu’à sa mort, survenue en 1996. Et l’ère Bernardin paraît donc être de retour grâce à un geste du pape François qui a surpris et pris à contre-pied un épiscopat, celui des États-Unis, qui doit en grande partie sa physionomie actuelle aux nominations qui y ont été faites par Jean-Paul II et par Benoît XVI.

Que cette nomination ait été une surprise, on a pu s’en rendre compte en constatant que, quelques jours à peine avant que la nomination ne soit annoncée, lorsque l’hebdomadaire Our Sunday Visitor, qui est le plus officiel des périodiques catholiques des États-Unis – le président de la maison d’édition de ce nom est le journaliste Greg Erlandson, membre de la commission chargée de la réorganisation des médias du Vatican qui s’est réunie à Rome pour la première fois la semaine dernière – a cité huit noms de successeurs possibles du cardinal George, il n’a pas mentionné celui du prélat choisi par le pape Jorge Mario Bergoglio, c’est-à-dire Cupich. Que, d’autre part, cette nomination ait pris à contre-pied l’épiscopat des États-Unis, cela peut paraître évident lorsque l’on prend connaissance des résultats des élections dont sont issus les actuels président et vice-président de la conférence des évêques, élections qui ont eu lieu il y a moins d’un an de cela, au mois de novembre 2013. Lors de ces élections, en effet, Cupich figurait parmi les dix candidats en présence. Et sa candidature était considérée par ses collègues comme étant, ecclésiastiquement parlant, la plus nettement “progressiste” de toutes celles qui étaient présentées. Or, lors du premier tour de scrutin, qui eut comme résultat de porter immédiatement à la présidence le vice-président sortant, c’est-à-dire l’archevêque Kurtz, qui avait obtenu le score de 125 voix sur 236, Cupich arriva seulement sixième avec à peine 10 voix. Il était devancé quant au nombre de voix par le cardinal archevêque de Houston Daniel N. DiNardo (25 voix), par l’archevêque de Philadelphie Chaput (20 voix) [l’archevêque avait fait savoir qu’il ne souhaitait pas assumer cette mission], par les archevêques de Los Angeles José H. Gomez et de Baltimore William E. Lori (15 voix chacun), et par l’archevêque de la Nouvelle-Orléans Gregory M. Aymond (14 voix). Ensuite, lors des deux tours de scrutin qui furent consacrés à l’élection du vice-président, Cupich fut bien loin d’être élu, puisqu’il arriva en cinquième place (sur neuf candidats), que ce soit au premier tour, avec 24 voix sur 236, ou au second, avec 17 voix sur 235.

En ce qui concerne Chicago, donc, le pape François n’a pas tenu compte des orientations de l’épiscopat local, contrairement à ce qu’il a fait, par exemple, en Espagne […] Il semble que le pape n’ait pas non plus tenu compte des indications données par le cardinal George, qui aurait demandé comme coadjuteur un prêtre de son diocèse. C’est le contraire de ce qui a été fait pour Sydney, où François a nommé archevêque, le 18 septembre, le dominicain Anthony Colin Fisher, très apprécié par l’archevêque sortant, c’est-à-dire par ce cardinal George Pell, de tendances conservatrices, que le pape a appelé à Rome comme “tsar” du système économico-financier du Vatican.

Il y a un seul point sur lequel François a procédé pour Chicago de la même manière que pour Madrid et pour Sydney. Dans les trois cas, il a procédé à la nomination sans la faire préalablement discuter par les cardinaux et évêques qui constituent la congrégation pour les évêques, même si c’est lui qui les a tous nommés l’an dernier, avec de nouvelles entrées significatives et des épurations tout aussi significatives (la plus spectaculaire étant celle du cardinal américain Burke).

En ce qui concerne Chicago, il semble bien que le pape François ait procédé à une consultation toute personnelle, parallèle à celle du dicastère. La nomination de Cupich aurait été en particulier recommandée au pape par deux cardinaux, Oscar Andrés Rodríguez Maradiaga et surtout Theodore McCarrick, archevêque émérite de Washington, l’un des principaux membres de la vieille garde liberal de l’épiscopat américain […]

Au point où en sont les choses, il va être intéressant de voir ce qui va se passer, en ce qui concerne les États-Unis, lors du prochain consistoire où seront créés de nouveaux cardinaux. Il y a actuellement trois diocèses américains traditionnellement cardinalices qui sont dirigés par un archevêque qui n’a pas encore reçu la pourpre : Chicago, Los Angeles [José H. Gomez] et Philadelphie [Charles J. Chaput]. On peut facilement imaginer que le pape François va accorder la barrette à celui de Chicago, le seul des trois qu’il ait nommé lui-même. En revanche il sera intéressant de voir si, par la même occasion, la pourpre sera accordée au diocèse de Los Angeles, dont l’ordinaire fait partie du clergé de l’Opus Dei, ou bien à celui de Philadelphie (pas aux deux ensemble, parce qu’il semble impensable que le pape Bergoglio crée trois nouveaux cardinaux américains d’un seul coup). Ou si, au contraire, en guise de signal supplémentaire à envoyer outre-Atlantique, la pourpre accordée à Chicago restera la seule. Sans rééquilibrages.

30 comments

  1. Gilles

    Globalement d’accord avec votre pronostic « cardinalice ».

    Deux interrogations personnelles, toutefois :

    1- Par rapport à Mgr Gomez, quid des relations de François avec l’Opus Dei après le violent épisode Livieres de la semaine dernière ?
    2- Quid des deux autres sièges cardinalices non cités par Sandro Magister : Detroit (1,5M de catholiques, 4 auxiliaires, 542 prêtres) et Baltimore (siège plus modeste mais historique des Etats-Unis)?

    • Riposte

      @Gilles

      Sur le point 1, pas de commentaires…
      Sur le point 2, vous avez raison de signaler ces deux autres sièges “cardinalices”. En effet, les cardinaux William Keeler (Baltimore) et Adam Maida (Détroit) ne sont plus électeurs, ce qui laisse une possibilité d’élévation à la pourpre cardinalice des archevêques William Lori et Allen Vigneron.

      • ephrem

        En Europe même, le siège primatial de Malines-Bruxelles a été « oublié » lors du dernier consistoire et n’a désormais plus de cardinal électeur … L’actuel archevêque, nommé par le Pape Benoît XVI, n’est sans doute pas dans la ligne.

      • ephrem

        Pensez aussi à la capitale de l’Europe. Le siège primatial de Malines-Bruxelles a été « oublié » lors du dernier consistoire et n’a désormais plus de cardinal électeur … L’actuel archevêque, nommé par le Pape Benoît XVI, n’est sans doute pas dans la ligne.

  2. toto

    Qui se ressemble s’assemble.
    Pour détruire tout le bien que SER le cardinal Burke à fait aux USA en faisant nommer de vrais évêques quand il était à la congrégation pour les évêques, il fallait agir vite et brutalement, comme un vulgaire despote de république bananière. Virer Burke , la bête noire des libéraux et placer ses copains, ou les copains de ses copains. Tous libéraux, c’est-à dire hérétiques et schismatiques.

  3. de la Croix Guy

    Un pape pro Obama…pro mort…qui prêche à tout vent la collégialité mais qui fait tout rien qu’à sa tête… qui ne cesse de parler de miséricorde mais qui agit avec colère pour interdire aux Franciscains de l’Immaculée de dire la messe…qui expulse en exil le cardinal Burke… le cardinal américain le plus en pointe aux USA et à Rome’ et dans le monde fidèle à ce qui reste de l’Eglise…et la nomination d’un évêque pro mort au siège du plus important diocèse des USA Chicago…

    Trop c’est trop … demandons comme pour l’autre François… qu’il s’en aille au plus vite…

  4. Laurence

    Choix troublant? Vous avez le secret des euphemismes! Et si on cessait la papolatrie et que vous reconnaissiez franchement que ce pontificat est une grande entreprise de demolition?

  5. Bjam

    Ce serait trop demander d’avoir un portrait du personnage indiqué en 2 lignes. Désolé de vous le dire mais se farcir un texte énorme pour apprendre ENFIN que ce type est un progressiste, en contradiction avec le titre de l’article, c’est irritant.

  6. luc perrin

    Il me semble que la nomination de Mgr Cupich est un signal puissant en direction de l’épiscopat américain dont le pape connaît fort bien les sentiments et les tendances. Buenos Aires est située dans les Amériques pour qui l’aurait oublié. A Paris, on sait qui est qui en Belgique, Allemagne, Autriche et Pologne pour donner une comparaison.

    Le signal est double : une intimidation immédiate en vue du Synode puisqu’on voit mal les évêques états-uniens, sauf Blase Cupich justement ou l’invraisemblable Roger Mahoney, être en faveur du kaspérisme sabordeur de Magistère et des Écritures.
    Mais il est aussi une indication que le pape et son cercle veulent « casser » l’épiscopat états-unien, en effaçant tout ce que peut à peu Jean-Paul Ii surtout et un peu Benoît XVI avaient construit : le redressement spectaculaire du catholicisme américain, complètement affaibli et anémié par les … maîtres de Mgr Cupich précisément et les nominations calamiteuses faites par Paul VI. Il y eut même un de ces évêques américano-montiniens qui a défroqué ; pour ce qui est des scandales pédophiliques, on sait combien ces évêques ont péché en couvrant les pires turpitudes.

    « La révolution du pape François atteint l’Amérique » a ainsi commenté John Allen, l’ultra néo-libéral et néo-moderniste observateur. En fait, ce serait plutôt retour à 1968-1972 et une époque qu’on pensait bien révolue.
    Une « réaction » pour le coup franchement passéiste au lieu d’une révolution (en faut-il ?) tournée vers l’avenir. En arrière toute, telle semble être la devise du pape régnant.

    • de la Croix Guy

      Oui , je me demande qui peut encore avoir des doutes sur ce pape jésuite ( le 1er pape jésuite depuis Pierre …) et hérétique qui est en train de tout casser dans ce qui reste de l’Eglise…… faut il obéir à un tel énergumène… qui reflète le vrai esprit jésuite … progressiste et gauchiste à fond…

  7. Dominique

    Le Père Bergoglio est ou a été jésuite. Quelques remarques :
    – Ignace de Loyola avait refusé de son vivant que les jésuites deviennent cardinaux : François Borjia n’a jamais été cardinal malgré la puissance de sa famille. Jacques Lainez non plus malgré son rôle déterminant au Concile de Trente.
    – Le Père Bergoglio se veut « évêque de Rome » et impose la démission à 75 ans aux évêques. Qu’il se l’applique !
    – Qu’après cet intermède calamiteux, on nous rende le Pape Benoit XVI, écarté par les magouilles progressistes.
    En fait, sachant comment les jésuites sont choisis et formés depuis Pedro Arrupe, Bergoglio ne peut que représenter la ligne la plus progressiste de cette congrégation.
    http://goodjesuitbadjesuit.blogspot.fr/2013/05/price-of-sodomy-196-million-dollars.html
    Cas du jésuite pédéraste Donald McGuire.

    • Perrin Luc

      Pour la démission à présenter à 75 ans, ce n’est pas le pape François qui a pris cette mesure mais une décision pastorale de Vatican II avalisée par Paul VI.
      Au demeurant, Pie VII en 1802 avait fait de même, il avait été bénédictin, pour imposer les évêques concordataires nommés par Napoléon Bonaparte, Premier Consul.

      Elle ne lie pas l’évêque de Rome ni pour lui-même ni pour les autres : le pape peut très bien attendre avant d’accepter une démission présentée à 75 ans par un évêque. Le cas est fréquent.
      Je ne pense pas, avec l’allongement de la durée de vie, qu’il soit utile de voir les papes démissionner à 75 ans ou à 80.

      Cependant, comme vous le savez, l’actuel pape a déjà dit publiquement qu’il pourrait démissionner d’ici deux à trois ans et que son pontificat serait court. Il peut aussi changer d’avis après coup.

      Saint Célestin V ora pro nobis

  8. Crespin-Jeaugeart

    @ de la Croix Guy et @ Dominique.

    Pierre était jésuite ?

    Vous devriez relire votre histoire de François : il n’a jamais été sur la ligne « progressiste » de P. Arrupe. Vous dites là une ânerie. Quant à Benoît XVI « écarté par les magouilles progressistes », là aussi, vous devriez relire votre histoire du pape allemand. Ceci fut confirmé par JM Guénois dans son dernier ouvrage.

    • de la Croix Guy

      Il faut être aveugle ou être soi même un progressiste acharné pour ne pas nier ce que tout catholique doit malheureusement constater dans les faits perpétrés par ce malheureux pape … vous ne citez que vos impressions personnelles sans preuve aucune… aucun fait…
      Voici par contre les faits qui se multiplient depuis le début de ce triste pontificat moderniste et progressiste :
      – Interdiction personnelle et irrévocable par Bergoglio aux Franciscains de l’Immaculée de dire la messe de toujours ( remise en vigueur par Benoit XVI ) quelle belle miséricorde de la part de ce pape…on n’a jamais vu ça…
      – Le choix de Bergoglio de Goldman Sachs […] comme banque du Vatican… eh oui et ( le saviez vous ?)la réception par François des des le début de sa nomination au siège du vicaire du Christ de la secte judéo maçonnique la plus en pointue pour démolir la Sainte Eglise … B’nai B’rith…
      – le choix d’un cardinal schismatique Kasper pour introduire la demande au synode de donner la communion aux baptisés qui vivent en état d’adultères…
      -l’expulsion du vatican du cardinal Raymond Burke pour l’empêcher de continuer à défendre l’Eglise dans la fange vaticane
      – La nomination d’un évêque pro mort au siège épiscopal de Chicago ( qui défraie l’épiscopat et les catholiques des USA entiers…
      – le suspens à divinis de 5 prêtres des Franciscains de l’Immaculée

      C’est digne du meilleur soviet suprême

      Si cela ne vous suffit pas …bonsoir

      • Riposte

        @ de la Croix Guy

        Les commentaires sont libres sur Riposte Catholique – dans les limites du droit et de la bienséance –, mais on ne peut laisser passer l’affirmation que l’archevêque Cupich de Chicago soit « pro mort » ou que le cardinal Kasper est « schismatique ». C’est outré et outrageant.

      • Crespin-Jeaugeart

        @ delaCroix Guy

        Progressiste ou aveugle, peu importe.

        Je m’étonne que vous remettiez en cause la légitimité de ce pape et de ses décisions.

        On m’a toujours appris qu’il était infaillible.

        J’ajoute que vos adversaires auraient pu dire la même chose sur Benoît XVI (par exemple quand les excommunications furent levées). Ils ne l’ont pas fait. Pas un évêque « progressiste » n’a demandé à cette occasion la démission du pape.

        D’où mon questionnement actuel, en vous lisant.

        • Perrin Luc

          @ Crespin-Jeaugeart
          Que de confusions et de raccourcis dans votre bref commentaire, mais tâchons de les dissiper car plusieurs catholiques ont les mêmes « croyances » que vous, croyances qui ne sont pas la doctrine catholique mais une religion papolâtrique qui n’est pas la religion catholique, une sorte de caricature ubuesque : non le pape n’est pas Père Ubu ou la Reine de Coeur d’Alice au pays des merveilles.

          a) confusion :  » la légitimité de ce pape » ? Si le pape François était illégitime, cela voudrait dire qu’il n’a pas été élu régulièrement, que son élection aurait été extorquée par une pression (laquelle ???) ou que les cardinaux réunis en conclave n’étaient pas authentiques.
          En bref, je ne vois guère de contestation de la « légitimité du pape » François : je vous rappelle que Mgr Fellay, de la FSSPX ne conteste pas la « légitimité du pape ». Les seuls à repousser toute légitimité aux papes élus après Jean XXIII sont les sédévacantistes, un très modeste courant numériquement.

          b) « légitimité des décisions » ? C’est autre chose. Certaines décisions de pape – dans l’histoire – ont été illégitimes. Un pape peut abuser de son pouvoir, c’est l’élément humain du gouvernement de l’Église. Quand Boniface VIII a fait assassiner Célestin V, l’évêque émérite de Rome de l’époque, le précédent démissionnaire avant Benoît XVI, vous m’accorderez qu’il s’agissait d’une décision « illégitime ». Quand Sixte-Quint a cru bon de publier une Néo-Vulgate bâclée, qui a fait sursauter au XVIe à cause des erreurs de traduction introduite pare le pape lui-même, son successeur a fait retirer immédiatement et détruire les exemplaires approuvés pontificalement pourtant. Clément VIII a donc jugé illégitime et pour le moins calamiteuse la décision de Sixte-Quint.
          Plus récemment, Benoît XVI a réfléchi – il est bien plus « progressiste » que le pape actuel sur ce sujet – et a enseigné à propos de la déviation papolâtrique. dans son homélie pour sa prise de possession de sa cathédrale du Latran le 7 mai 2005. Il y dénonce l’idée – la vôtre – que le pape est un « monarque absolu », une sorte de Louis XIV ou de Pierre le Grand tsar russe qui faisaient de leur volonté l’alpha et l’omega … non aucun pape ne peut dire « la foi c’est Moi ».
          Je cite ce texte puissant de Benoît XVI, trop peu connu et médité :

           » Le pouvoir conféré par le Christ à Pierre et à ses successeurs est, au sens absolu, un mandat pour servir. L’autorité d’enseigner, dans l’Eglise, comporte un engagement au service de l’obéissance à la foi. Le Pape n’est pas un souverain absolu, dont la pensée et la volonté font loi. Au contraire: le ministère du Pape est la garantie de l’obéissance envers le Christ et envers Sa Parole. Il ne doit pas proclamer ses propres idées, mais se soumettre constamment, ainsi que l’Eglise, à l’obéissance envers la Parole de Dieu, face à toutes les tentatives d’adaptation et d’appauvrissement, ainsi que face à tout opportunisme. »
          source : http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/homilies/2005/documents/hf_ben-xvi_hom_20050507_san-giovanni-laterano_fr.html

          Lui même, par le motu proprio Summorum Pontificum de 2007, a reconnu que les décisions de Paul VI qui tendaient à frapper d’obsolescence l’usage du « missel » de saint Jean XXIII étaient illégitimes car abusives, débordant ce qu’un pape peut légitimement décider.
          On s’interroge aussi surtout depuis les dernières années de Jean-Paul II, mais déjà avec Pie XII en 1954, sur l’état de santé d’un pape quand cela peut affecter ses capacités cérébrales : maladie d’Alzheimer par ex.

          c) « On m’a toujours appris qu’il était infaillible » ? Evidemment mais en quoi … l’Église sainte des pécheurs, disait feu le cardinal Congar. La formule est très juste et pose des distinctions. L’infaillibilité du pape est circonscrite (cf. Vatican I et Vatican II) aux questions de « foi et de moeurs ». Faire un mauvaix choix de personne ne relève pas du privilège d’infaillibilité. Si on vous l’a « enseigné », on vous a enseigné des sottises.

          Beaucoup de théologiens et de canonistes tendent, au contraire, à restreindre le champ de ce privilège de l’infaillibilité « extraordinaire », comme son adjectif l’indique. Jean-Paul II et la CDF dirigée par le cardinal Ratzinger se sont exprimés sur le sujet en 1994 et 1995 à l’occasion de la Notification sur le rejet définitif de toute ordination sacerdotale pour des femmes car contraire aux Écritures et à la Tradition.

          Reste l’infaillibilité de l’Église, le Magistère ordinaire dont le pape est l’émanation la plus haute.
          L’abbé bernard Lucien, qui fut mal présenté ici à Riposte catholique en 2012, a écrit une étude en tout point remarquable, je vous invite à la lire dans la revue de la FSVF Sedes Sapientiae ou en tiré-à-part. Des théologies/ecclésiologues « conciliaires » l’ont trouvée aussi intéressante que des traditionalistes.

          Elle n’a rien perdu de son intérêt, de son actualité.
          Il montre l’infaillibilité du « M.O.U. » (Magistère ordinaire universel, la nomination d’un prélat en un lieu déterminé n’en relève sans dout pas) mais aussi il distingue au sein des productions magistérielles ordinaires entre ce qui relève de la définition portant sur la foi et les moeurs et ce qui relève de l’ordinaire à but explicitement « pastoral ». Le N.O.M. par ex. avait cette visée exclusivement pastorale. Là l’élément humain donc faillible est présent : un choix, une décision même légitime peut se trouver mauvaix/mauvaise dans ses conséquences. L’infaillibilité de l’Église n’est pas en cause dans ce dernier cas.

          d)  » Ils ne l’ont pas fait. Pas un évêque « progressiste » n’a demandé à cette occasion la démission du pape. » En effet, pas à ma connaissance. Toutefois en 2006, plusieurs évêques français notamment individuellement ou en corps (2 textes régionaux) ont invité le pape Benoît XVI à ne pas reconnaître le droit des fidèles et surtout des prêtres (rit latin uniquement) au missel traditionnel. Pour ne prendre que cet exemple : des cardinaux critiquant le pape et même des textes magistériels, vous en trouverez sans peine à foison … à commencer par deux figures emblématiques pour le pape … François : feu le cardinal jésuite Carlo Maria Martini et l’actuel cardinal Kasper dans sa controverse des années 1990. On pourrait citer l’ultra-« progressiste » Mgr Quinn en son temps.
          Maintenant, Guy de la Croix (que je ne connais pas du tout) est-il « évêque » ?

          Des progressistes, prêtres, religieux et religieuses et laïcs, ayant rejeté Benoît XVI, il y en a eu des myriades en revanche, idem pour Paul VI et Jean-Paul II. Bref des Guy de la Croix « progressistes », néo-modernistes et/ou néo-libéraux plutôt, il y en a des milliers …
          Le Père Gérard Bessière, ancien journaliste à La Vie et curé, a ainsi « excommunié » Benoît XVI (sic) en 2009. C’est bien autre chose que de demander une démission … les « progressistes » ne se sont jamais gênés.
          source : http://www.ladepeche.fr/article/2009/03/14/573161-luzech-le-pere-bessiere-a-excommunie-le-pape.html

          e) dernier point là aussi que chaque baptisé(e) catholique devrait connaître et qu’on ne vous a pas « enseigné » visiblement. Le canon 212 du Code de droit canonique de 1983, post-conciliaire donc et en vigueur :

          « Can. 212 – § 1. Les fidèles conscients de leur propre responsabilité sont tenus d’adhérer par obéissance chrétienne à ce que les Pasteurs sacrés, comme représentants du Christ, déclarent en tant que maîtres de la foi ou décident en tant que chefs de l’Église.

          § 2. Les fidèles ont la liberté de faire connaître aux Pasteurs de l’Église leurs besoins surtout spirituels, ainsi que leurs souhaits.

          § 3. Selon le savoir, la compétence et le prestige dont ils jouissent, ils ont le droit et même parfois le devoir de donner aux Pasteurs sacrés leur opinion sur ce qui touche le bien de l’Église et de la faire connaître aux autres fidèles, restant sauves l’intégrité de la foi et des moeurs et la révérence due aux pasteurs, et en tenant compte de l’utilité commune et de la dignité des personnes. »

          Il faut faire montre de plus de « révérence » envers les pasteurs (tous du curé …, à l’évêque, au Père abbé, au pape) certes – le modérateur est intervenu pour rappeler ce point à très bon escient et G. de la Croix pourrait s’en souvenir – mais émettre une opinion publique sur les besoins spirituels et le bien de l’Église et l’utilité commune ne blesse aucunement l’autorité de la Hiérarchie et moins encore l’infaillibilité de l’Église. Vatican II a souligné le devoir des baptisé(e)s à s’engager dans le respect des rôles de chacun.
          Ni protestantisme insidieux ni religion papolâtrique : la foi catholique simplement.

          • de la Croix Guy

            Merci Mr Perrin pour cette mise au point tout à fait remarquable à laquelle j’adère à 100 %.

            Guy de la Croix

          • Henri Peter

            Merci Luc Perrin de cette mise au point que je trouve remarquable. Je regrette qu’elle ne fasse pas l’objet d’un article. Le débat continue mais avec vous la qualité est au rendez vous

  9. Degré

    Mon parrain etait l’abbé pierre grey ,chanoine de la cathédrale d’Amiens .Lors de la cérémonie de son enterrement dans le cœur de la cathédrale d’Amiens ,tous les prêtres du diocèse étaient la, et monseigneur Noyer ,évêque d’Amiens célébrait l’office .A côté du cercueil ,Guy, son compagnon depuis 20ans!!!!! Alors vous n’êtes qu’une bande d’hypocrites,la seule religion qui nie la sexualité ,pas de mariage chez les prêtres, d’où le nombre horrible de pédophiles non punis, qui traînent dans vos rangs.J ‘adore le pape François il est en train de me réconcilier avec mon eglise

    • Perrin Luc

      @ Degré.
      Si je comprends bien votre parrain, chanoine, aurait été parjure à ses promesses solennelles pendant au moins 20 ans dîtes-vous. C’est cela l’Église modèle qui vous enchante ?
      Il faudrait d’abord vous réconcilier avec les Evangiles et Notre Seigneur Jésus Christ :
      « Mais que votre parole soit: Oui, oui; non, non. Ce qui est en plus de cela vient du Malin. » (Matthieu, 5:37)

      Nulle part, il n’est enseigné « oui, oui » à tout.

      Cher Monsieur, adorez plutôt Dieu que … le pape, c’est beaucoup plus chrétien. Le Saint-Père n’en demande pas tant.

      Enfin vous mélangez tout : la « pédophilie » et l’homosexualité, et les deux avec le mariage des prêtres. Les prêtres latins célibataires sont bien loin d’être la 1ère catégorie sociale en matière de « pédophilie ». Le Belge Dutroux n’a jamais été ni prêtre ni même séminariste, pour ne prendre que cet exemple célèbre. Les pasteurs et rabbins sans parler des imams, tous potentiellement mariés, ont des cas aussi si ce n’est tout autant : la publicité à TF1 ou dans les journaux étant sélective, on en parle moins.

      Bref votre équation clergé marié = perfection morale me semble frelatée et infondée.

      Voici une intéressante réflexion sur la question du célibat religieux (et pas que des prêtres latins). Elle est intéressante tant par son ancrage dans la Bible que par sa référence à Vatican II :

      « 1. Selon le Concile Vatican II, le conseil évangélique qui vient en premier lieu est celui du don précieux de « la continence parfaite pour le Royaume des Cieux » : un don de la grâce divine « accordé par le Père à certains (cf. Mt 19, 11 ; 1 Co 7, 7) afin que, plus facilement, avec un cœur sans partage (cf. 1 Co 7, 32-34), ils se consacrent à Dieu seul dans la virginité et le célibat…, signe et stimulant de la charité et source spéciale de fécondité spirituelle dans le monde » (LG, 42). Traditionnellement, on avait l’habitude de parler des « trois vœux » – ceux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance – en commençant par la pauvreté, en tant que détachement des biens extérieurs, placés à un degré inférieur par rapport aux biens du corps et à ceux de l’âme (cf. s. Thomas d’Aquin, Somme théol., II-II, q. 186, a. 3). Au contraire, le Concile nomme expressément « la chasteté consacrée » avant les deux autres vœux (cf. LG, 43 ; PC, 12, 13, 14) parce qu’il considère qu’elle est l’engagement déterminant de l’état de vie consacrée. C’est aussi le conseil évangélique qui montre de la manière la plus évidente la puissance de la grâce, qui élève l’amour au-dessus des inclinaisons naturelles de l’être humain.

      2. L’Évangile manifeste sa grandeur spirituelle : Jésus lui-même a fait comprendre quelle valeur il attribuait à l’engagement dans la voie du célibat. Selon saint Matthieu, Jésus fait l’éloge du célibat volontaire tout de suite après sa déclaration sur l’indissolubilité du mariage. Comme Jésus a interdit au mari de répudier sa femme, les disciples réagissent : « Si telle est la condition de l’homme par rapport à la femme, il vaut mieux ne pas se marier ». Jésus répond, en donnant au « il vaut mieux ne pas se marier » une signification plus haute : « Ce n’est pas tout le monde qui peut comprendre cette parole, mais ceux à qui Dieu l’a révélée. Il y a des gens qui ne se marient pas car, de naissance, ils en sont incapables ; il y en a qui ne peuvent pas se marier car ils ont été mutilés par les hommes ; il y en a qui ont choisi de ne pas se marier à cause du Royaume des Cieux. Celui qui peut comprendre, qu’il comprenne ! » (Mt 19, 10-12). »
      source : http://www.servantesdespauvres-osb.org/vocation/Catechese-Jean-paul-II-la-chastete-consacre.php

      • Cassianus

        Le célibat, en tant que conseil évangélique, s’oppose au mariage, pas à la sexualité immorale. Si un prêtre vit en concubinage avec un « compagnon », il ne pèche pas contre contre le vœu de célibat, mais contre la loi morale. Le vœu religieux ne peut pas avoir pour matière un commandement de Dieu puisque l’obéissance aux commandements de Dieu n’est jamais optionnelle. Les prêtres promettent de ne pas se marier, pas de vivre chastement. Ce serait aussi absurde que promettre de ne pas tuer, de ne pas voler, de ne pas commettre d’adultère, etc. On ne promet pas une chose à laquelle on est obligé de toute manière.

        Du reste, promettre d’accomplir parfaitement un commandement de Dieu, n’importe lequel, serait, en plus d’impertinent, gravement présomptueux. Il n’est pas plus à la portée d’un homme de conserver la chasteté que se garder de tout orgueil, avarice, colère, gourmandise, envie ou paresse. Le vœu de pauvreté ne concerne pas l’avarice, mais, au sens large, la propriété personnelle ; le vœu d’obéissance ne concerne pas l’obéissance à Dieu ou à l’Eglise, mais l’obéissance volontaire à un supérieur désigné nommément : tel évêque et ses successeurs, tel père abbé et ses successeurs, etc.

        Par conséquent, il est possible d’observer des vœux sans observer la loi de Dieu. Un prêtre qui vit en concubinage avec un homme ne trahit pas son vœu de célibat puisqu’il n’est pas marié et cette turpitude ne peut en aucun cas être assimilée à un mariage. Il est innocent, à cet égard, du péché de parjure. Il est coupable d’un péché qui est péché pour tous les hommes, avec ou sans vœux religieux.

        Je crois que cet éclaircissement est nécessaire pour :
        1) ne pas mettre en parallèle l’union de deux homosexuels avec l’union libre d’un couple hétérosexuel, ce qui serait insidieusement imaginer la possibilité d’une sanctification pour la première comme il est possible de transformer une union libre en mariage béni par Dieu ;
        et pour
        2) ne pas tirer de la prêtrise une circonstance aggravante dans les affaires de mœurs, comme cela se fait si complaisamment dans la presse. Ce n’est pas le prêtre seulement qui est lié à l’interdiction de pécher, mais tout homme, puisque, par définition, le péché est ce qui est interdit. La grâce de l’ordination ne rend pas les hommes saints ni plus facilement sanctifiables. Toutes les horreurs que l’on voit dans les hommes, il faut s’attendre à les voir en soi-même et dans les prêtres. La connaissance de la loi morale, qui est, en l’occurrence, une loi naturelle, donc connue naturellement de tous les hommes, le fait même d’avoir la charge sacrée d’instruire les autres de ce qui constitue la vertu ne protègent nullement les prêtres des plus abominables péchés.

        L’Eglise, autrefois, était plus réaliste au sujet de la moralité des prêtres. Elle n’était pas laxiste, mais elle n’était pas non plus rigoriste et puritaine, c’est-à-dire hypocrite comme elle le semble parfois aujourd’hui quand elle approuve tapageusement le lynchage médiatique des prêtres qui ont commis certains péchés d’impureté. Il y a là une rigidité étrange, qui semble plus inspirée par la crainte des anticléricaux que par le zèle de la vertu.

        • Perrin Luc

          Ne jouons pas sur les mots Cassianus surtout si c’est pour faire une « casuistique » du laxisme, comme vous le faîtes.
          Qui peut souscrire à votre première phrase plus jésuitique, dans le pire sens du terme, que les thèses kaspéro-fortiennes exposées au Synode et en dehors ?

          L’intervenant précédent, auquel je répondais, se plaçait sur le terrain de la loi morale et civile : votre réponse qui consiste à dédouaner le scandale d’Amiens (si le fait est avéré ?) est un peu bizarre. Nul ne dit que le prêtre, parce qu’il est prêtre, est exempt de tout péché, qu’il n’est pas soumis comme nous tous/toutes aux tentations de la chair et de l’esprit, à l’avarice etc. Point besoin d’enfoncer avec tant d’énergie une porte grande ouverte Cassianus.

          Le cas précis et il y a bien, à mon sens, parjure consiste à mettre en scène le non-respect des promesses, à exalter l’état de péché qui plus est dans une cathédrale et avec la caution de la hiérarchie, elle-même infidèle à ses propres promesses lors de la consécration épiscopale.

          Une fois encore, avec la Tradition bien établie dans « l’Église autrefois » depuis la réforme grégorienne pourchassant le nicolaïsme, le concle Vatican II dans le décret Presbyterorum ordinis (1965) chapitre III sur la « vie des prêtres » (le sujet) vous réfute mieux que moi en ouvrant par « la vocation à la sainteté » du prêtre et son lien avec l’efficaité de son ministère pastoral.
          Lisons, relisons ce passage en nous souvenant que Mgr Marcel Lefebvre trouvait ce décret admirable et en avait fait le fondement de son séminaire d’Écône au départ :
          « 12. La vocation des prêtres à la sainteté

          Les prêtres sont ministres du Christ Tête pour construire et édifier son Corps tout entier, l’Église, comme coopérateurs de l’ordre épiscopal : c’est à ce titre que le sacrement de l’ordre les configure au Christ Prêtre. Certes, par la consécration baptismale, ils ont déjà reçu, comme tous les chrétiens, le signe et le don d’une vocation et d’une grâce qui comportent pour eux la possibilité et l’exigence de tendre, malgré la faiblesse humaine [92] à la perfection dont parle le Seigneur : « Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5, 48). Mais cette perfection, les prêtres sont tenus de l’acquérir à un titre particulier : en recevant l’Ordre, ils ont été consacrés à Dieu d’une manière nouvelle pour être les instruments vivants du Christ Prêtre éternel, habilités à poursuivre au long du temps l’action admirable par laquelle, dans sa puissance souveraine, il a restauré la communauté chrétienne tout entière [93]. Dès lors qu’il tient à sa manière la place du Christ lui-même, tout prêtre est, de ce fait, doté d’une grâce particulière ; cette grâce le rend plus capable de tendre, par le service des hommes qui lui sont confiés et du Peuple de Dieu tout entier, vers la perfection de Celui qu’il représente ; c’est encore au moyen de cette grâce que sa faiblesse d’homme charnel se trouve guérie par la sainteté de Celui qui s’est fait pour nous le Grand Prêtre « saint, innocent, immaculé, séparé des pécheurs» (He 7, 26).

          Le Christ que le Père a sanctifié (c’est-à-dire consacré) et envoyé dans le monde [94] « s’est donné pour nous, afin de racheter et de purifier de tout péché un peuple qui lui appartienne, un peuple ardent à faire le bien » (Tt 2, 14), et ainsi, en passant par la souffrance, il est entré dans sa gloire [95].

          De même, les prêtres, consacrés par l’onction du Saint-Esprit et envoyés par le Christ, font mourir en eux les œuvres de la chair et se vouent tout entiers au service des hommes : telle est la sainteté dont le Christ leur fait don, et par laquelle ils progressent vers l’Homme parfait [96].

          Ainsi donc, c’est en exerçant le ministère de l’Esprit et de la justice [97] qu’ils s’enracinent dans la vie spirituelle, pourvu qu’ils soient accueillants à l’Esprit du Christ qui leur donne la vie et les conduit. Ce qui ordonne leur vie à la perfection, ce sont leurs actes liturgiques de chaque jour, c’est leur ministère tout entier, exercé en communion avec l’évêque et les autres prêtres. Par ailleurs, la sainteté des prêtres est d’un apport essentiel pour rendre fructueux le ministère qu’ils accomplissent ; la grâce de Dieu, certes, peut accomplir l’œuvre du salut même par des ministres indignes, mais en général, Dieu préfère manifester ses hauts faits par des hommes dociles à l’impulsion et à la conduite du Saint-Esprit, par des hommes que leur intime union avec le Christ et la sainteté de leur vie habilitent à dire avec l’apôtre : « Si je vis, ce n’est plus moi, mais le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20).

          C’est pourquoi ce saint Concile, pour atteindre son but pastoral de rénovation intérieure de l’Église, de diffusion de l’Évangile dans le monde entier et de dialogue avec le monde d’aujourd’hui, rappelle instamment à tous les prêtres qu’avec l’aide des moyens adaptés que l’Église leur propose [98], ils doivent s’efforcer de vivre de plus en plus une sainteté qui fera d’eux des instruments toujours mieux adaptés au service du Peuple de Dieu tout entier.  »

          « Doté d’une grâce particulière » dit le Concile. C’est l’évidence que le prêtre a une vocation de modèle et ceci a été retenu par la Tradition : le scandale causé par un prêtre a plus de retentissement négatif que celui dont un(e) laïc/que est le fautif. Le prêtre n’est pas protégé de soi, nul ne l’est pas même les saints, mais il a une « grâce particulière » et une exigence haute qui doivent le conduire à « faire mourir en eux les oeuvres de la chair » (Vatican II). C’est à bon droit que les media et les lois civiles font de l’état clérical un facteur aggravant pour certaines affaires délictueuses et c’est pleinement conforme à la Tradition latine au moins depuis l’époque carolingienne.
          Le « zèle pour la vertu » a animé l’Église dans ses réformes successives depuis plus de mille ans, spécialement la réforme tridentine, et Vatican II s’inscrit dans cette orientation en la matière.
          La casuistique caricaturale des jésuites du XVIIe a retrouvé grâce depuis 2013, semble-t-il, dans une part de la hiérarchie : elle reste ce qu’en disait Pascal et qui n’était pas un éloge.

          • sygiranus

            Je comprends mal cette accusation de laxisme envers Cassianus qui se borne à sérier la gravité des fautes entre la rupture d’un vœu et l’impureté d’un homme d’Église.
            Les trois vœux ont pour objet .de dégager les pensées et l’action du religieux qui les formule, des contraintes de la vie sociale et de les orienter au service exclusif de l’Église, en général par le service du prochain (deuxième commandement). Par contre, la débauche sexuelle est la même dans le cas du mariage ou du célibat, qu’il soit consacré ou non.
            Ce qui aggrave le cas d’un prêtre (en général) qui abuse de son corps de quelque façon que ce soit, vient du fait que ce dernier est consacré au Seigneur comme celui du conjoint est consacré à l’autre. La hiérarchie incommensurable entre Dieu et l’homme mesure la différence de sacralité entre l’être du prêtre et celui de l’homme commun. C’est pourquoi l’impureté commise sur lui-même par un religieux est infiniment plus grave aux yeux de Dieu que celle, pourtant grande, d’un laïc du rang. On peut considérer qu’il y a rupture du vœu de chasteté à partir du moment où l’attention se porte de façon physique sur une autre objet que celui licite, mais la sacralité du corps qui supporte la souillure rend l’offense de celle-ci infiniment plus grande. Parjure et souillure s’ajoutent tout en restant distinctes.
            De la même façon qu’un suicide dans l’enceinte sacrée d’une église est plus offensant vis-à-vis du Ciel que partout ailleurs, la mise à l’honneur d’un homosexuel dans une cathédrale est pire que la plus dévergondée des GayPrides à Paris !

    • toto

      Pierre Grey Gay et Guy Gay? On aura tu vu
      Quel est l’intérêt pour le pécheur d’encenser le péché?
      Nota: on adore Dieu seul. On peut raffoler du pape, être dingue du pape, vénérer le pape etc…

    • Féru

      Les tendances pédophiles n’ont rien à voir avec le célibat, elles existent avant la prononciation des vœux, c’est un mal qui ronge aussi bien les célibataires que les hommes mariés !
      Quant au pape François, il m’a fait fuir de l’église et arrêter tous mes dons. J’attends son départ avec impatience, à moins que d’ici là je sois parti chez les orthodoxes, l’église catholique étant actuellement littéralement bouffée de l’intérieur par les progressistes mous dont on se demande ce qu’ils y font !

  10. Perrin Luc

    @ Syriganus Je crois que vous n’avez rien compris au post de Cassianus qui prétend exactement le contraire de ce que vous écrivez. Et vous répétez ce que j’ai moi-même écrit en l’attribuant à Cassianus. Bizarre … problème optique ?

    • sygiranus

      Il est vrai que j’ai laissé percer l’aspect subjectif dans mon exposé, ce qui n’aurait pas dû être.
      Au fond, le nœud de la question est : la débauche fait-elle l’adultère ou non ?
      La réponse, à mon sens, peut être : non.
      Concernant l’adultère, nous avons la parole du Christ : »Celui qui porte son regard sur une autre que son épouse, commet déjà l’adultère dans son cœur. » Faut-il que ce regard soit plus qu’une tentation. Mais Il reste dans l’espace normal de la relation d’un homme et d’une femme. Tout le reste est débauche. Au sens strict, la relation homosexuelle, n’intéressant pas un homme ET une femme, ne saurait être dans le même plan car elle sort de l’espace normal et la distinction de Cassianus entre une loi morale qui s’étend à tous et un vœu particulier de choix de vie me paraît tout-à-fait justifiée. Je verrais plutôt cette relation traitée par le dégoût et comme le dit Saint Paul : « qu’il n’en soit même pas question entre vous ! » Le prêtre homosexuel ne serait même pas coupable de rupture du célibat mais d’une passion immonde que malgré la grâce du Seigneur, il n’aurait pas su surmonter. Je parle bien entendu au for externe et l’éclairage d’un confesseur bien formé serait le bienvenu !

      • Perrin Luc

        Cette fois, prenant le contre-pied de votre post précédent (où est la logique de votre position ?), vous résumez la position de pure casuistique lexicale et aberrante de Cassianus. En fait, la promesse cléricale de célibat se comprend et a toujours été comprise comme une promesse de chasteté. Cela inclut donc forcément tout type de relation sexuelle et pas uniquement entre un homme et une femme.

        Voici ce que disait en 2002 Mgr Daucourt, évêque émérite de Nanterre, à ce sujet quand la question lui est posée. Sa réponse est simple et balaie les arguties casuistiques purement verbales. Elle est en outre charitable.

        « Question : « Un grand nombre de prêtres sont homosexuels et c’est pour cela qu’ils sont restés célibataires ! ».

        Dans la société tous les arguments sont bons pour contester ce célibat qui interroge et dérange. Dans l’Eglise, quelques nuances teintées de miséricorde doivent nous permettre d’être plus proches de la vérité et donc de l’Evangile.
        Avec le Père Xavier THEVENOT et d’autres, il faut d’abord rappeler qu’il y a non pas l’homosexualité mais des homosexualités. Il faudrait expliquer un peu. Ce n’est pas l’objet de cet article. Disons au moins qu’il faut distinguer la structure homosexuelle d’une personne et les pratiques homosexuelles. Oui, il y a des prêtres homosexuels et comme les autres prêtres ils ont choisi de vivre le célibat pour le Christ. Comme à toute personne qui s’est engagée dans le mariage ou dans le célibat, il leur est demandé d’être fidèles à leur choix, de vivre leurs sentiments et de chercher à être maîtres de leurs pulsions en fonction de leur engagement. Certes le Père THEVENOT relève « l’existence d’une compulsivité » chez un grand nombre d’homosexuels. Ce qui veut dire que pour ceux-là, le combat pour la fidélité est plus difficile. La réalité des homosexualités doit être nettement abordée dans le discernement des vocations.
        Mais certains ne découvrent vraiment leur homosexualité ou n’acceptent vraiment de la reconnaître qu’après leur ordination. Je connais des prêtres homosexuels qui sont des hommes de foi profonde et des pasteurs zélés. Eux aussi ont besoin d’amitiés. Ils souffrent souvent plus que d’autres et connaissent des faiblesses. Les paroles de Saint Augustin citées ci-dessus s’adressent donc aussi à eux. »

        « il leur est demandé d’être fidèles à leur choix (…) en fonction de leur engagement. » (Mgr Daucourt) C’est très exactement ce que j’écrivais, sans savoir que l’évêquede Nanterre avait déjà écrit cela fort bien avant moi.
        L’événement d’Amiens, s’il a eu lieu tel que décrit, est bien un grand scandale et une manifestation d’ « hypocrisie » totale [je reprends le mot du post initial] puisque se vanter d’avoir été infidèle à ses promesses post-mortem, quel plus grand aveu d’hypocrisie.

        • sygiranus

          La position de Cassianus n’est pas laxiste, elle est objective.
          Si vous ramenez, par subjectivité, l’homosexualité dans le champ normal des relations humaines, ne vous étonnez pas de l’ampleur au moins médiatique des mouvements LGBT et de la résurgence de Sodome dans nos civilisations (le Diable fait feu de tout bois !).
          La prudence est-elle ou a-t-elle été suffisante dans les instances dirigeantes des séminaires ?
          Lorsqu’on a un pied bot, il est peu prudent d’envisager une carrière de parachutiste !

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