“L’Osservatore Romano” accueille un auteur qui nie la Résurrection…

Hier dans son blogue Settimo Cielo, le célèbre vaticaniste Sandro Magister s’étonne de la présence répétée d’une nouvelle signature dans L’Osservatore Romano, faussement qualifié de « quotidien du Pape ». Il s’agit de Marco Vannini, auteur sexagénaire et prolifique spécialisé en mystique. Pour la deuxième fois en un mois, Marco Vannini a signé, le 4 mai, un article d’une page entière intitulé « Cosa serve per pensare ». Ce qui étonne Sandro Magister, c’est la « distance abyssale entre [s]es conceptions [de Vannini] et celles qui fondent le Credo chrétien ». Magister signale un précédent article de Vannini, paru Vendredi Saint 18 avril dans le quotidien La Reppublica. L’auteur donne son sentiment sur la signification que Pâque a pour lui. Après avoir rappelé que la résurrection d’entre les morts était « une vieille fantaisie apocalyptique juive », Vannini écrit que la résurrection du Christ « fut plus une construction théologique qu’un fait réel », une « expérience spirituelle » qui ne peut être vécue que de l’intérieur et non pas de la manière dont l’a soutenue saint Paul « dont le cerveau malade, comme l’a écrit Nietzche, n’a pas compris le message évangélique sur la mort de l’âme et sa renaissance dans l’esprit (…) L’affirmation paulinienne que notre foi est vaine si le Christ n’est pas ressuscité (…) est [la] plus antiévangélique qui soit ». Bon, c’est une opinion… mais dans L’Osservatore Romano ?

16 comments

  1. toto

    Le BéaBa de la subversion est l’infiltration des institutions que l’on veut détruire. Du temps de st Pie X, c’étaient les modernistes qui polluaient les congrégations, les revues, mais ils étaient combattus. Du temps de Pie XII c’étaient les agents soviétiques qui infiltraient les séminaires et se faisaient ordonner prêtres et montaient dans la hiérarchie. Vatican II a « canonisé » ces infiltrés. Il y a longtemps que la presse dite « catholique » distille ses hérésies, preuve que l’infiltration a pleinement réussi et qu’elle culminera avec l’Antéchrist.

  2. remy

    Vu les énormités qu’a écrit Nietzche (ses thuriféraires peuvent le nier, il est néanmoins un des inspirateurs principaux de la philosophie nationale-socialiste ), et la folie qui s’est emparé de lui à la fin de sa vie, son avis sur la santé mentale de saint Paul ou d’autres personnages n’est pas crédible.

    Concernant la résurrection du Christ, d’où l’importance de ce « signe » qu’est le linceul de Turin.
    Son existence même est un défi à l’intelligence, on sait avec certitude que cette image n’a pu être faite par des hommes du moyen age ou de la Renaisance (ou d’aujourd’hui d’ailleurs).
    La seule manière rationnelle et scientifique d’expliquer son existence est d’admettre que c’est bien le Linceul qui a servi à envelopper le corps de Christ …
    C’est bien un signe, laissé par la Providence divine pour conforter les chrétiens de l’ère scientifique, qui pourraient douter de cette résurrection.

  3. Besonhé maurice

    Cette prise de position (je ne veux pas dire « croyance) hérétique est d’ailleurs celle de certains membres du clergé qui ne se privent pas de la diffuser (je crains qu’ils soient nombreux dans le clergé dit progressiste )…
    Je me souviens d’une discussion après la vigile pascale avec le doyen de l’église de Spa (Belgique) de l’époque :
     » la résurrection s’est passée dans la tête des apôtres, ce n’est pas un fait matériel, le cadavre du Christ était resté dans le tombeau … etc  » .
    Au moment de Pâques 2014 , dans ses émissions de propagande antichrétienne, la RTBF présentait entre autres un moine défroqué qui « démasquait » enfin l’Evangile : la résurrection est une invention des disciples, témoin, la grosse pierre roulée de côté et les garçons en blanc vus par les femmes, les linges et le suaire soigneusement mis de côté : les ossements de Jésus pourraient sans doute être retrouvés quelque part dans le désert… pauvre misérable apostat, il avait un visage pathétique de désespéré.
    Bien entendu ce qui gêne est nul et non avenu : « Saint Paul est un « déséquilibré » doublé d’un menteur » et j’en passe!
    Xrestos anesti!

  4. jejomau

    du peu que j’en vois, j’en conclus qu’il s’agit d’un moderno. Bref : d’un JESUITE formé à la Française par exemple…

  5. Melmiesse

    si Jésus n’est pas ressuscité, alors Marie ne peut pas l’être ,donc selon cet auteur ,ne plus réciter: « je vous salue Marie » on ne salue pas une morte; et « Sainte Marie , mère de Dieu… » elle ne peut plus être mère de Dieu, car Dieu tout puissant fait ce qu’il veut. C’est un auteur dynamite, tout le christianisme tombe comme un château de cartes ou alors on dit n’importe quoi

  6. Bien sûr, ces propos controversés n’ont pas paru dans « l’Osservatore romano », mais dans « la Reppublica ». Mais si j’en crois cet article, ils datent de moins d’une quinzaine avant que le journal supposé pontifical accueille la signature de son auteur et il est invraisemblable que ceux qui ont accepté son article l’aient fait sans savoir ce qu’il avait écrit moins de deux semaines auparavant.

    Certes, Marco Vannini n’est pas le premier de nos jours à mettre en doute la réalité de la Résurrection et Mgr Noyer, ancien évêque d’Amiens, n’avait pas craint, en 2010, d’écrire :

    « Faut-il croire tout ce qu’on raconte ? Et la résurrection de Jésus est-elle autre chose qu’une rumeur ? Des gens disent qu’ils ont vu. Des gens ont vu des gens qui ont vu. [...] Aujourd’hui il n’est pas possible de rester dans cette confusion entre l’évangile de Jésus-Christ et les rumeurs qui ont couru après sa mort, entre la foi en sa mission et la crédulité en des anecdotes merveilleuses.
    Du reste, si on veut être précis, personne n’a cru en la résurrection de Jésus. Celle de Lazare avait eu une autre évidence. On a employé ce mot faute de mieux. Les
    apôtres après la mort de Jésus ont compris que son entreprise n’était pas achevée, que sa mission continuait, que sa Parole gardait sa puissance, que sa présence avait changé d’évidence.
    Être croyant ce n’était pas être crédule mais garder la foi en celui qui les avait émus, changés, mobilisés, transformés. Un instant, la croix les avait ébranlés. Ce dimanche matin ils reprenaient confiance. C’était leur foi qui était ressuscitée. Née dans la rencontre de Jésus, leur foi leur faisait dire : il est toujours vivant ! »

    Et apparemment, soit personne ne l’a su à Rome, soit cela a laissé tout le monde indifférent…

    Pourtant, il est évidemment extrêmement choquant de voir un quotidien qui pour n’être pas « le journal du pape » s’affirme cependant comme un quotidien catholique accueillir des articles d’un homme qui nie plus ouvertement encore que Mgr Noyer la réalité de la Résurrection du Christ et qui ose affirmer que Saint-Paul pour qui, « si le Christ n’est pas ressuscité, notre foi est vaine » était un « cerveau malade ».

    Pour moi, et je crois pour des centaines de millions de Catholiques, notre foi est principalement fondée sur le fait que la Résurrection du Christ a été attestée par des témoins oculaires, et des témoins qui ont préféré la torture et la mort plutôt que de cesser d’attester cette Résurrection.

    S’il ne s’agissait que d’une « rumeur », comme le dit Mgr Noyer, ou d’une idée née d’un « cerveau malade », comme l’affirme Marco Vannini, en quoi, en qui pourrais-je croire ? Certainement pas dans le Christ dont tout ce que je sais serait alors mensonges et fantasmagories.

  7. Néanderthal

    Qu’aucune solide réaction du Pape François à cet état de fait scandaleux justifiera, s’il en était encore besoin, les différents qualificatifs employés par la Fraternité Saint-Pie X pour désigner Rome et son apostasie manifeste.

    • Je ne pense pas que Rome apostasie. Il ne faut pas oublier que les seuls actes qui engagent l’infaillibilité pontificale et l’autorité de l’Eglise sont ceux dans lesquels le pape l’engage ouvertement. Aucun acte pontifical (à l’exception des béatifications et canonisations) de nos derniers papes n’a engagé l’infaillibilité pontificale. Que le pape commette des erreurs, même graves, dans sa conduite de l’Église, ne signifierait donc pas que Rome apostasie, simplement que le pape est homme et, quand l’Esprit ne l’inspire pas pour que ses décisions soient infaillibles, il est sujet à l’erreur.

      AU cours de l’histoire, nous avons eu de mauvais papes, voire de très mauvais papes, ils n’ont pas engagé l’Eglise et celle-ci, non seulement s’en est toujours remise mais a puisé, dans la réaction qu’ils ont suscitée, une énergie nouvelle. Car les desseins de Dieu ne sont pas nos desseins…

      Ce qui ne veut pas dire que Jean-Paul II et Benoît XVI, ni aujourd’hui François, sont de mauvais papes. Mais ils sont ou étaient sujets à l’erreur.

      A mes yeux, les réunions d’Assise, les relations avec l’islam dans l’idée, que – comme d’ailleurs les Musulmans – je crois entièrement fausse, que nous adorons « le même Dieu », ont été et sont des erreurs, commises par des papes pour lesquels l’ennemi principal est (pour Jean XXII) le communisme athée et pour le pape François les sectes protestantes prosélytes en Amérique latine. Ils n’ont pas assez vu la menace islamique.

  8. Leon

    Cela ne m’etonne pas, mon cure dit que le Diable n’existe pas et qu’il pardonne avant même qu’on racconte ses péchés, etc, etc.

    • J’ai eu un curé « de même farine » (en latin : ejusdem farinae) qui en effet affirmait que nos péchés étaient pardonnés sitôt commis sans que nous ayons ni à nous en confesser (il était d’ailleurs partisan de ne pas confesser en privé et de participer à des « célébrations pénitentielles » collectives) ni même à nous en repentir; Bref, Dieu (dont, curieusement, il ne niait pas l’existence) était un mol édredon, recevant tous les coups et accordant cependant sa douce miséricorde sans réagir.

      Il semblait, à certains moments, ne pas être tout à fait convaincu de la Présence réelle.

      Quant à l’autorité pontificale, il la refusait totalement. « L’évêque de Rome » (disait-il, en reprenant cette désignation d’origine purement protestante anglo-saxonne, bizarrement reprise par le pape François qui, fils d’une église locale latine, n’a probablement jamais su qu’en se désignant presque exclusivement comme tel, il donnait raison à Henry VIII et aux princes allemands protestants qui l’utilisaient pour lui dénier toute autorité en dehors du diocèse de Rome) « va se faire sonner les cloches par les évêques [pour avoir érigé en abbaye le couvent traditionaliste du Barroux, reconnaissant par là la légitimité des Chrétiens qui se refusaient à tenir la Tradition pour nulle et non avenue]« . Et interrogé sur le sens de cette phrase, ajoutait : « L’évêque de Rome n’a aucune autorité sur les autres évêques. Il a une préséance purement protocolaire, liée au fait que le tombeau de Saint-Pierre se situe dans son diocèse. Mais que par une catastrophe quelconque ce tombeau vient à disparaître, il ne serait plus qu’un évêque parmi les autres… » Ces phrases, je les ai personnellement entendues.
      Il leur donnait autorité parce qu’il était, en plus d’être notre curé à temps très partiel, vicaire épiscopal.

      Je dois toutefois reconnaître que, peu avant de quitter la paroisse, puis de mourir, il était revenu à une position plus normale, reconnaissant la nécessité du sacrement de Pénitence pour le pardon des péchés et affirmant sa foi en la Présence réelle…

  9. rocheteau

    je ne comprends pas le manque de discernement, de simple prudence, de la direction de l’Osservatore Romano… à qui se fier ?… que La Croix invite n’importe qui à « témoigner » et exposer des théories fumeuses c’est déjà scandaleux, mais là, c’est un comble !

  10. professeur Tournesol

    Que certains mettent en cause tel ou tel dogme c est certes de l heresie, mais nier la resurrection !!! Comment se dire chretien ???
    Le pape François ferait bien de faire le ménage à l Osservatore Romano.

  11. professeur Tournesol

    Avec de tels theologiens et predicateurs, on s etonne que les églises se soient vidées. Ces gens devraient être conséquents et quitter les ordres.
    Jesus n est pas ressuscité, les apôtres sont des illuminés, l hostie est un bout de pain … mais venez à la messe !
    À ce train là on va embaucher Michel Onfray à l Osservatore Romano, Judith Butler et Caroline Fourest à Famille chretienne, Pierre Gataz à l Humanité, Brigitte Bardot au Chasseur français et Dieudonné à Tribune juive.

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