La théologie du corps et de l’amour de Benoît XVI

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Notre consoeur Jeanne Smits a traduit le très beau discours de Benoît XVI aux membres de l’Institut Jean-Paul II pour le mariage et la famille. J’y relève notamment ces quelques lignes:

« La chair, reçue de Dieu, est appelée à rendre possible l’union d’amour entre l’homme et la femme et à transmettre la vie. Les corps d’Adam et d’Eve apparaissent, avant la Chute, en parfaite harmonie. Il y a en eux un langage qu’ils n’ont pas créé, un éros enraciné dans leur être, qui les invite à se recevoir mutuellement du Créateur, afin de pouvoir ainsi se donner. […]
L’union en une seule chair devient ainsi union pour la vie afin que l’homme et la femme puissent aussi devenir un seul esprit. De cette manière s’ouvre un chemin où le corps nous enseigne la valeur du temps, de la lente maturation dans l’amour. A cette lumière, la vertu de chasteté reçoit une nouvelle signification. Il ne s’agit pas d’un « non » aux plaisirs et à la joie de la vie, mais du grand « oui » à la vie en tant que communication profonde entre personnes, qui a besoin de temps et de respect, dans un voyage ensemble vers la plénitude, et en tant qu’amour qui devient capable d’engendrer la vie et d’accueillir généreusement la nouvelle vie qui naît.
Il est certain que le corps contient aussi un langage négatif ; il nous parle de l’oppression de l’autre, du désir de posséder et d’exploiter. Néanmoins, nous savons que ce langage n’appartient pas au dessein originel de Dieu, mais est le fruit du péché. Lorsqu’il est détaché de sa signification filiale, de son lien avec le Créateur, le corps se rebelle contre l’homme, il perd sa capacité à faire transparaître la communion, et il devient le lieu de l’appropriation de l’autre. […]
La Chute n’est pas le dernier mot sur le corps dans l’histoire de la Rédemption. Dieu offre aussi à l’homme un chemin de rédemption du corps, dont le langage est préservé au sein de la famille.
Si après la chute Eve reçoit ce nom : Mère des vivants, c’est la preuve que la force du péché ne parvient pas à annuler le langage originel du corps, la bénédiction de la vie que Dieu continue d’offrir lorsque l’homme et la femme s’unissent en une seule chair. La famille, voilà le lieu où la théologie du corps et la théologie de l’amour se recoupent. C’est ici que l’on apprend la bonté du corps, le témoignage qu’il rend d’une origine bonne, dans l’expérience de l’amour que nous recevons de nos parents. Ici se vit le don de soi dans une seule chair, dans la charité conjugale qui unit les époux. Ici s’expérimente la fécondité de l’amour, et ici nos vies s’entrelacent avec celle des autres générations. C’est au sein de la famille que l’homme découvre sa rationalité, non comme un individu autonome qui s’auto-réalise, mais en tant que fils, époux, parent, dont l’identité se fonde dans le fait d’être appelé à l’amour, de se recevoir des autres et de se donner aux autres.
Ce chemin de la création trouve sa plénitude dans l’Incarnation, avec la venue du Christ. Dieu a assumé le corps, il s’y est révélé. »

Est-il besoin de noter que nous sommes à des années-lumière du prétendu « mépris du corps » que les modernes barbares prêtent à l’Eglise (comme si la religion de l’Incarnation pouvait mépriser le corps!)?
Est-il besoin aussi de noter que les fameux « points non négociables » (défense de la vie, défense de la famille et liberté d’éducation) trouvent ici leur enracinement profond? C’est parce que Dieu avait un dessein éminent pour l’union entre l’homme et la femme que cette union est pro-créatrice, qu’elle est la cellule de base de la société, et que l’Etat doit regarder cette cellule de base comme la prunelle de ses yeux, n’intervenant que pour la protéger et l’encourager…
Décidément, ce qui me frappe le plus dans la doctrine catholique, c’est son admirable cohérence: notre doctrine politique est un corollaire de notre anthropologie et celle-ci nous est dictée par la Révélation et, tout spécialement, par la Révélation du Dieu incarné…

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