L’université face au relativisme

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Je citais samedi l’article de Michel Boyancé sur l’enseignement supérieur libre. Voici ce que disait Benoît XVI à Prague:

« L’idée d’une éducation inclusive, fondée sur l’unité de la connaissance basée sur la vérité, doit être retrouvée. Cela est nécessaire pour contrecarrer la tendance, si manifeste dans la société contemporaine, à la fragmentation du savoir. Avec le développement massif de l’information et des technologies, la tentation existe de délier la raison de la recherche de la vérité. Détachée de l’aspiration humaine fondamentale à la vérité, la raison commence à perdre son orientation : elle se flétrit, que ce soit sous l’apparence de la modestie en se contentant de ce qui est partiel et provisoire, ou bien sous les dehors de l’assurance, en exigeant l’abandon de toute résistance aux requêtes de ceux qui donnent aveuglement une valeur pratiquement équivalente à toute chose. Le relativisme qui s’ensuit crée un contexte propice où de nouvelles menaces sur l’autonomie des institutions académiques peuvent se cacher. Alors que le temps des interférences dues au totalitarisme politique est révolu, n’arrive-t-il pas qu’à travers le monde, l’exercice de la raison et la recherche académique soient, plus ou moins subtilement, contraints de se soumettre aux pressions de groupes d’intérêts idéologiques ou de céder aux attraits d’objectifs utilitaristes ou pragmatiques à court terme ? Qu’arrivera-t-il si notre culture ne se construit plus que sur des arguments en vogue, sans grande référence à une authentique et historique tradition intellectuelle, ou bien sur les points de vue qui sont très largement promus et profondément ancrés ? Qu’arrivera-t-il si, dans un souci de préserver une laïcité radicale, elle se détache elle-même des racines qui lui donnent vie ? Nos sociétés n’en deviendront pas plus raisonnables, plus tolérantes ou plus aptes à s’adapter, mais seront au contraire plus fragiles et moins inclusives, et elles auront de plus en plus de difficultés à reconnaître ce qui est vrai, noble et bon. »

On voit ainsi la lourde responsabilité de l’université. Et qui aurait la naïveté de croire qu’en France, l’enseignement supérieur d’Etat répond à ces exigences fondamentales que rappelait le Pape? Même pour des raisons éminemment politiques, l’enseignement supérieur catholique est absolument nécessaire…

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