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Six FFI frappés de suspense “a divinis” : va-t-on bientôt les brûler ?

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Le commissaire Volpi et le pape François

Le commissaire Volpi et le pape François

Cependant que nous publiions notre dernier article sur les Franciscains de l’Immaculée (FFI), on prenait connaissance de ce nouveau rebondissement dévoilé par le blogue Rorate Cœli, et immédiatement repris partout, spécialement en Italie, commenté de manière très forte par le vaticaniste Marco Tosatti : six Franciscains ont été frappés de supense a divinis (interdiction de célébrer la messe et de donner les sacrements) par le commissaire Fidenzio Volpi.

Nous savons pour notre part que ces six religieux, prêtres non Européens, ne se sont rendus coupables d’aucune rébellion, mais qu’ils ont seulement tenté de se protéger d’une insupportable persécution morale dans les maisons où ils continuaient à demeurer. Le commissaire Volpi ne maîtrise manifestement plus ni ses nerfs, ni la situation. Il les a frappés de cette lourde peine (la même par laquelle Paul VI frappa Mgr Marcel Lefebvre en 1976 lorsqu’il célébra une messe publique à Lille malgré son interdiction) sans dialogue préalable et surtout dans la plus grossière, pour ne pas dire la plus cynique illégalité. Pas l’ombre d’un procès préalable. Les deux sommations préalables et la mesure de suspense notifiées en même temps (à la manière des policiers qui abattent les malfrats et font les sommations quand ils sont à terre). Nul doute que si le commissaire ne revient pas sur son décret, celui-ci sera annulé.

La morale, si l’on peut dire, de cette affaire, c’est que sa divulgation tombe extrêmement mal pour le gouvernement du Pape François, dont “l’état de grâce” est en train de voler en éclat : limogeages du cardinal Burke et de l’évêque de Ciudad del Este, fronde des cardinaux contre la “thèse Kasper”, désormais dominée par la voix du cardinal Pell, personnage incontournable de la réforme de la Curie, continuation de l’épuration anti-ratzinguérienne des Congrégations. Les prélats d’Amérique latine vivant à Rome font remarquer qu’ont été importées sur les bords du Tibre les méthodes de gouvernement musclées et expéditives de Jorge Bergoglio à Buenos Aires, sans jamais aucun retour en arrière. C’est ce qui explique qu’aucune correction de tir, même minime, ne soit intervenue dans cette affaire des FFI, dont tout montrait dès le début qu’elle était catastrophique du point de vue pastoral et aussi du point de vue de l’image du pontificat. Car Rome n’est pas Buenos Aires. La Curie romaine et le Collège cardinalice, sont moins maniables que les bureaux de la calle Rivadavia et que les prêtres argentins. Chacun des coups de force partant de Santa Marta est immédiatement connu du monde entier. Si l’on ajoute que des épiscopats entiers, Espagne, États-Unis, entre autres, sont de plus en plus circonspects devant l’amateurisme magistériel qui se manifeste dans la Chaire de Pierre, on comprend qu’une bonne partie du monde ecclésiastique pense désormais la période présente comme une parenthèse.

17 comments

    • Desiderius

      L’Eglise se doit de suivre de façon plénière et de nouveau les enseignements et les décisions de Sa Sainteté le Pape émérite Benoît XVI, acteur de Vérité. Le peuple de Dieu, des consacrés, des diacres, des prêtres, des évèques, des cardinaux sont blessés. Dans le coeur de l’Eglise, ma Mère y a t’il encore l’Amour et la fidélité?

  1. alex

    C’est minable: il n’y a aucune charité fraternelle ni explications motivées, sans transparence ni gradualité… ni procès équitable envers la défense… c’est diaboliquement destructeur des âmes et humanités consacrées, et fier de l’être en plus.

    Une vraie politique de brutes épaisses qui en dit long sur le mépris des Commandements et Conseils de NSJC et son évangile !

    Quand l’appareil religieux gouvernemental arbitraire devient et se confirme structure de Péché, source de mal , méchancetés gratuites et souffrances graves, il y a de fortes chances qu’il disparaisse car NSJC a vaincu le Péché, le Mal et le Monde, même le monde des religiosités fantaisistes illégitimes.

  2. toto

    Un abus de pouvoir de plus, un.
    Le kapo Volpi est manifestement soutenu par le pape, comme l’est le guignol Kasper.
    Et le juge qui a accueilli la plainte des franciscaines de l’Immaculée et qui aurait pu accueillir celles des six prêtres suspendus a divinis, SER le cardinal Burke vient juste d’être viré! Curieux non ? C’est pas beau ça?
    Nous allons être servis dans les prochains jours. Accrochez-vous à votre chapelet, ça va chauffer au synode!

  3. Emmanuel

    OUI….très certainement j’y pense depuis longtemps, il faudra bien que nos instituts « ecclesia dei  » le reconnaissent, regardent la réalité en face, ne se bouchent plus les oreilles comme la plupart et acceptent de rejoindre si nécessaire la fraternité Saint Pie X.

  4. Denis

    J’en viendrais à regretter mon soutien récent, quand il a été question d’autoriser l’usage de la force pour sauver nos frères d’Orient!

    Quoi qu’il en soit, le dénigrement de policiers qui risquent leur vie face à des malfrats de plus en plus sans foi ni loi, justement, me paraît injuste et excessif! Il est vrai que la comparaison entre des malfrats et les FFI n’est pas bien subtile non plus, ces derniers seulement n’étant pas coupable de quoi que ce soit, eux…

  5. Devgir

    Toute cette presse malfaisante qui cherche à nuire au pape François sans connaître les dossiers, ferait mieux de se taire et d’attendre. Ces incursions malsaines et injustes dans des affaires en cours sont malhonnêtes : c’est une stratégie anti-catholique, une agression anti-religieuse qui n’échappe à personne !.

    • sygiranus

      C’est cela : fermez les yeux encore plus fort, mettez un bandeau bien noir par dessus… et continuez à marcher. On verra bien où vous arriverez !

  6. Bonjour Monsieur vous faites preuve de beaucoup de naïveté concernant ce pape. Enfin ouvert vos yeux même si cela est douloureux votre âme s’en trouvera mieux croyez moi. Le pape fait notre concile sans toutefois réunir sont petit monde au grnd jour.

    • Anne Lys

      Réponse à Fetis

      Le pape François a écrit, dans l’encyclique « Evangelli Gaudium » : °°°°°On ne peut plus affirmer que la religion doit se limiter à la sphère privée et qu’elle existe seulement pour préparer les âmes pour le ciel. °°°°°

      Cette phrase, qui condamne clairement la politique de « l’enfouissement » prônée et pratiquée par un grand nombre d’évêques en Occident et en particulier en France, peut contribuer à nous rassurer sur les intentions réelles du pape François.

      Ses méthodes, son ton (et son apparente ignorance de bon nombre des problèmes du monde occidental) peuvent indisposer certains. Mais tant qu’il affirme tenir bon sur l’essentiel, la totalité du dogme et de l’enseignement du Christ, tant qu’il l’exprime, par exemple par sa déclaration rapportée par Mgr Fernandez, évêque de Cordoue : « ce que le Christ a institué, « le pape ne pas ne peut pas le changer » »), on peut passer sur des questions de forme.

      Vous me direz que cela fait « une belle jambe » aux Franciscains de l’Immaculée s’ils sont innocents de toutes les accusations portées contre eux et que la méthode du pape est de laisser la bride sur le cou à ceux qui les condamneraient injustement.

      Mais si c’est douloureux pour certains, cela ne met pas en cause la doctrine de l’Eglise…

      • sygiranus

        Mais, comme par hasard, personne ne veut changer le dogme : du Cardinal Kasper à Mgr 23, pour prendre des exemples récents, tous jurent la main sur le cœur que l’enseignement de l’Église reste inchangé et irréformable, mais… vous comprenez…., il y a des cas…, l’Église est une mère… et bla, bla, bla… et bla, bla, bla…! Et au final , dans l’action concrète, tous les beaux principes sont foulés aux pieds et les pécheurs, confortés dans leurs actes objectivement peccamineux. Lorsque le Saint Père répond « Qui suis-je pour juger ? », on ouvre des yeux ronds ! Lorsqu’il parle de paix sociale et non de grâce à implorer pour répandre le Royaume du Christ, on s’interroge. Lorsque on voit l’épuration au Vatican menée sur les « conservateurs » – il vaudrait mieux dire : les tenants de l’orthodoxie – après qu’il eut promis des réformes importantes, on redoute la suite et les conséquences d’actes forcément couverts de son autorité. Appeler à contrer le djihad, comme St Pie V, et ne pas brandir, comme lui, son chapelet sous prétexte – à mots couverts – de mariolâtrie, consterne, surtout aux alentours de l’anniversaire de Lépante !

  7. Anne Lys

    Je crois qu’il serait regrettable que Riposte catholique puisse apparaître comme en révolte contre le pape. Il ne faut pas oublier que la visite canonique a été ordonnée non par le pape François, mais par le pape Benoît XVI. En raison de la révolte d’une minorité ? Possible. Mais ce n’est pas le pape François qui a déclenché ce qui semble être devenu la volonté (du pape ? ou seulement du commissaire Volpi et de quelques ecclésiastiques ?) affichée : détruire les Franciscains de l’Immaculée. Votre article d’hier semble indiquer que l’arbre des réformes des FFI ne porte pas d’excellents fruits. À moins, évidemment, que le commissaire ait éliminé des fruits pourris en très grand nombre, en majorité même, parmi eux.

    Si inquiétant que puisse paraître le comportement du pape François à certains, peu habitués à une certaine brutalité qui semble peut-être naturelle en Amérique latine et qui préfèrent certainement – et sans doute à juste titre – la courtoisie et la relative douceur des mœurs de l’Église européenne, il ne faut pas oublier que LE PAPE NE SAIT PAS TOUT, IL N’EST PAS AU COURANT DE TOUT. C’est d’ailleurs ce que je redoute le plus de la part du pape François : parce qu’il déjeune avec quelques ecclésiastiques chaque jour, parce qu’il adresse la parole à des fidèles inconnus et les écoute, parce qu’il use de Twitter et d’internet, il se croit beaucoup mieux informé que ses prédécesseurs. Or je crains qu’il n’en soit rien et qu’il ne reçoive, en fait, d’information que d’une toute petite camarilla bien organisée à laquelle il accorde une confiance qu’elle ne mérite pas toujours, alors qu’il a désactivé tous les moyens d’information dont usaient ses prédécesseurs depuis bien longtemps…

    Mais je crois qu’en fait, le pape est très mal informé. Je ne crois pas qu’il reçoive, par exemple, les textes que vous mettez sur la Toile, pas plus que beaucoup d’autres qui pourraient l’alerter sur des difficultés qu’il n’a pas pu voir.

    Je n’en veux qu’un exemple, assez trivial. Lors des JMJ l’an passé, personne n’avait pensé à prévoir un nombre de ciboires suffisant pour la distribution de la communion, pas même demandé aux prêtres qui participaient à la grand’messe sur la plage d’apporter leur propre ciboire. Résultat, on a utilisé, pour distribuer le Corps du Christ, de simples gobelets en plastique fragile, et j’ai tout lieu de craindre que beaucoup de ces gobelets, comportant encore quelques parcelles d’hosties consacrées, ont été purement et simplement jetés aux ordures. Or, je ne peux pas imaginer une seconde que si le pape avait été averti de ce problème, il n’aurait pas réagi avec vigueur : il est sans doute peu soucieux de la splendeur de la liturgie, mais il n’aurait certainement pas admis la possibilité d’un tel sacrilège. Simplement, il ne l’a jamais su.

    Donc, il est très possible que la visite canonique des FFI ayant été décidée par le pape Benoît XVI, le pape François soit persuadé qu’il y avait de très sérieux problèmes et fasse entière confiance à ceux qu’il a chargés de les régler, sans s’être informé ni de leurs décisions ni de ce que pourrait être la défense des « accusés ». Il se pourrait même qu’il ignore que certains de ceux-ci font l’objet d’une « suspense a divinis »… ou, s’il est au courant, qu’il soit persuadé, n’ayant entendu qu’un son de cloche, que la mesure est parfaitement justifiée.

    Je n’ai guère d’affinités avec la « manière » du pape François. Mais je crois qu’il veut vraiment servir Dieu et faire le bien de l’Église.

    • Perrin Luc

      @ Anne Lys.

      Dans ce cas précis, le pape François a entièrement assumé et approuvé toutes les décisions du cardinal Braz d’abord en juillet 2013, du Commissaire Volpi qui a son entier appui pour le moment.

      Comme vous le dîtes, c’est évident, un pape  » ne sait pas tout, n’est pas au courant de tout ». Mais ici, le pape sait tout justement et couvre les injustices manifestes à chaque étape. Comme Jean-Paul II avait choisi de couvrir les iniquités criantes au sein des Légionnaires du Christ, contre l’avis du cardinal Ratzinger et de plusieurs autres.

      Ajoutons que cette politique ouverte de persécution, de torture morale puis de mise en extinction d’une congrégation religieuse missionnaire et florissante avant les décisions approuvées et assumées du pape, sont en contraste violent avec les propos du même pape François qui loue une « théologie sereine » et la « miséricorde ». Où sont-elles ici ?

      Pire le pape régnant n’a pas caché vouloir s’informer au plus près, il téléphone à X ou Y, il a ainsi justifié son choix de résider à Sainte-Marthe, il a rencontré quelques FFI mais curieusement pas ceux victimes de la persécution du Commissaire qui a sa confiance … aveugle ici. Une confiance bien placée si on juge par les fruits désastreux que l’action du Commissaire a produit depuis plus d’un an.
      Surtout là encore qu’aucune faute canonique n’a jamais été mise en avant depuis le début dans cette affaire, chose qui souligne une fois encore son caractère idéologique de vendetta envers une congrégation religieuse.
      La comparaison avec le sauvetage réel pour le coup d’une congrégation vraiment atteinte par les fautes et pire de son fondateur, les Légionnaires du Christ, est éclairante pour voir qu’il y a un sérieux problème dans la persécution des FFI et désormais des Soeurs.
      Je ne vois pas comment on peut dire le contraire de bonne foi sauf à verser dans l’idolâtrie papolâtrique mais on n’est plus dans la foi chrétienne catholique à ce stade.

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